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Full text of "Revue bibliographique et littéraire destinée à favoriser la propagation des bons ouvrages"

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Au début de Tannée, l’usage de la presse nous autorise à vous 
offrir nos souhaits ; mais Thorizon est trop sombre, la situation 
trop pénible, pour qu’il convienne de parler de bonheur. En ces 
jours difficiles et mauvais, le seul vœu digne de personnes aussi 
honorables que vous, c’est de bien comprendre toujours, et d’ac¬ 
complir avec énergie, les devoirs de bon Français et de fidèle 
chrétien : c’est à vous, respectables agrégés, qu’il appartient de 
montrer que l’élite de la nation française n’a pas désappris la 
fière devise de nos pères : Fais ce que dois , advienne que pourrai 

Et ce souhait, nous savons qu’il sera exaucé, car vous avez bien 
voulu répondre, avec un admirable empressement, au premier 
appel que nous avons pris la confiance de vous adresser. 

A l’occasion de la réorganisation de l’armée, nous avons promis 
votre concours, pour appbyer une pétition des pères de famille 
réclamant une aumônerie militaire; et par votre influence et 
votre zèle, nous sommes arrivés & recueillir, dans soixante et onze 
départements, 22,569 signatures, dont 17,687 légalisées. 

Et ce résultat, qui parait si grand, n’est qu’une faible expres¬ 
sion de ce que nous pouvons faire, par votre puissant patronage; 
car un cinquième à peine des agrégés ont pu répondre & notre 
appel : bien que nous ayons fait la dépense d’adresser & chacun, 
sous forme de lettres régulièrement affranchies, un exemplaire 
de la pétition avec un mot d’accompagnement, il parait qu’un 
grand nombre de ces lettres n’est pas parvenu (1). 

(1) Pour ceux de nos agrégés qui ne l'auraient pas reçue, et aussi pour garder le sou¬ 
venir de cette première manifestation de votre puissance, nous reproduisons ici, en 
forme de note, le texte de notre circulaire et la pétition elle-même : 

Circulaire adressé* à nos agrégés le 10 août 1871. 

AIessieur8. Pénétré de l’idée que chacun, dans les circonstances actuelles, doit ap¬ 
porter à la régénération sociale l’appoint des forces dont il peut disposer, j’ai oru devoir 
vous adresser la pétition ci-jointe. 

Veuillez, je vous prie, la lire aveo attention ; et si, après œtte lecture, vous croyez 
T. VII. 1 


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^ r. 








Voyez donc, respectables agrégés, ce que vous pourrez obtenir 
le jour où vous réunirez tous vos efforts pour provoquer, par votre 
légitime influence, une manifestation de la pensée, de la volonté 
de cette partie saine de la population dont la voix reste étouffée, 
parce que, trop souvent, on ne lui fournit pas l’occasion et le 
moyen de se faire entendre. 

Pour nous personnellement, nous nous mettons au service de 
quiconque voudra notre concoure pour une manifestation en 
faveur de la religion, de la morale et des principes d’ordre et 
de conservation. 

comme nous qu’il y a dans ta situation de notre armée 1 un mal qu’il faut combattre, 
notre, cause sera à moitié gagnée. 

Chacun de vous reçoit la même pétition ; s’il veut prendre la peine de la faire signer 
par dix pères de fiamille autour de lui, nous réunissons immédiatement plus de vingt 
mille* signatures, et combien d’entre vous pourront en trouver plua de dix. 11 serait utile 
que ces signatures fussent légalisées, lorsque cette formalité n’occasfonnera pas trop de 
dérangement, et nous vous prions de no pas garder cette pétition plus de huit jours. 

Nous sommes forcés de laisser à chacun de vous la charge d’affranchir le retour de 
cette pétition, nous n'avons que les ressources nécessaires à son envoi dans les conditions 
de prudence qui en assure le succès. 

IL ne m’appartient pas d'insister pour vous faire remarquer le magnifique faisœau 
que produira l’action individuelle de chacun de vous, et quel beau résulta? chaque abs¬ 
tention peut compromettre. 

11 me suffit de voua offrir un moyen de faire le bien que vous désirez, et de vous 
assurer que pour son accomplissement, Messieurs et honorables agrégés, je resterai tou¬ 
jours 

Votre très-humble et tout dévoué serviteur. 

F. Wattelier, 

Æministrateur de l’QRkwre de r Agrégations. 

Pétition lÉfet Pères de famille , afin d’obtenir une aumônerie dans Varmée. 

Messieurs les Représentants, 

La réorganisation de l’armée préoccupe tous le» esprit» en Francer, mai» elle est pour 
nous, pères de famille , l’objet de préoccupations plus vives : elle alarme nos cœurs, elle 
alarme plus encore nos consciences par la perspective des dangers moraux que la reli¬ 
gion seule peut conjurer et que dans tous les cas elle damnât être appelée* i* combattre. 

C’est an prix de seins et da sacrifices incessante que nous élevons nos familles k l’abri 
du vice et de l'irréligion; l’Etat doit continuer notre œuvre, dès qu’il substitue son au¬ 
torité à la nôtre en nous prenant nos enfants ;■ il doit nous accorder pour eux des ga¬ 
ranties morales et religieuses. Ces garanties n’existent pas aujourd’hui ; c’est à vous, 
Messieurs, de nous les préparer et de nous les assurer par une loi spéciale . 

Dans l’organisation militaire; tout est réglé, pour la service-matériel, mais lee intérêts 
moraux et religieux semblent systématiquement oubliés : personne dans l’armée n’ost 
chargé de les. représenter et de les défendre. Seule en Europe, la France ne tient nuj 
compte de la oonaoienoa du soldai, seule elle priva sae troupes d’tim Aumônerie régulière 
en temps ordinaire.. 

Aussi que deviennent nos soldats?... 

Enlevés à la sollicitude de leurs parent» à P&ge ofrla violon*» des passions rendrait 
si nécessaire la sauvegarde de la famille, jeté» au milieu des désordres des camps et des 
garnisons, privés de l’enseignement et des secours religieux, ils s’usent trop souvent dans 
la débauche et ne rapportent à leur retour que l’habitude et la contagion du vice. 
SLlaloi aoureUe ne* tient/paa*compte de cette situation, la jeunesse française appelée 


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Bans ecttc latte de l’intelligence, lés fraie de guerre sont mo¬ 
dérés : il est facile d’apprécier le total du Coût dé l'impression 
et de l’affranchissement : quant aux embarras et an travail de 
l’expédition, c’est une charge que nous sommes heuretfx et fiers 
d’accomplir avec notre famille, afin d’avoir quelque part, devant 
Dieu, à tout le bien qui se fera par cette action eommane de tant 
de personnes, pins distinguées eneore par l'élévation de leurs 
pensées et la générosité de leur cœur, qne par l’illustration de la 
naissance et leur haute position socialé. 


NÉCROLOGIE 


’ La rédaction de notre Revue Bibliographique vient de faire 

une perte bien sensible dans la personne de M. Estienne, un de 
nos collaborateurs les pins assidus. Cet homme de bien, ce 
Chrétien aussi instruit que zélé, avait coutume de partager ses 
loisirs entre notre œuvre et celle de Saint-François de Sales. 
Nous empruntons, au dernier bulletin de cette Œuvre, l’article 
nécrologique suivant : 

« Avant de commencer les nouvelles dé l’Œuvre pendant le 
• mois qui vient de s’écouler, nous devons remplir un devoir de 

justice et de reconnaissance envers la mémoire de celui qui les a 
presque Constamment rédigées jusqu’au mois dernier, et qne là 
mort ViCUt de nous enlever. H. Casimir Estienne, membre 
dd Conseil général de l’Association de Saint-François de Sales 

tout entière sons les drapeaux, sera en grande partie perdue de mœurs et de santé, et 
l'armée, an liVa d’être le salut du pays, sera sa perte inévitable. 

Vous êtes anse» intéressé» que nous, Messieurs les Représentants, à prévenir de 
malheur; faites une loi protectrice qui assure l’exereioe de la liberté religieuse de nos 
soldats, en organisant un service d'Aumônerie à poste fixe en tempe de paix et mobilisable 
en temps de guerre , et établissez ce service dans les conditions et ave# l’appui, le crédit 
et la proteotion nécessaires à son efficacité dans tonte l’armée. 

Cette loi, nous la réclamons comme pères de famille, nous la réclamons ait nom do 
la liberté religieuse de nos enfants, au nom do nos devoirs de pûtes, a* nota de la jus¬ 
tice et de l’intérêt du pays. 

la France humiliée, mutilée, adroit à de grands sacrifices; nous sommes prêts à les 
faire ; nous sommes prêts, s'ils le faut, à donner le sang de nos en (buts et notre 

Î ropre sang ; mais il est un sacrifice que le pays ne peut pis demander et qne nul n’a 
e droit d’accorder, c’est le sacrifioe de la conscience et de la foi* 




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depuis plus de dix ans, a rendu son àme & Dieu le 3 décembre, 
après une côurte maladie qui a achevé de le purifier par la 
souffrance. Il était jeune encore, mais il avait assez souffert et 
assez travaillé pour mériter le ciel. Une santé perdue depuis bien 
des années et des infirmités toujours croissantes faisaient de sa 
vie un sacrifice perpétuel. Hais elles ne pouvaient altérer sa 
sérénité, chasser le doux sourire qui régnait toujours sur son 
visage, ni ralentir son zèle pour la gloire de Dieu et le salut des 
âmes. Il venait assidûment au Conseil, assistait chaque semaine 
à ses séances, à moins qu’un redoublement de souffrances ne le 
retint forcément chez lui, et il y remplissait un rôle aussi impor¬ 
tant qu’il était modeste et caché. 

c( Ancien professeur de l’Université, il possédait une instruc¬ 
tion considérable, écrivait avec élégance, et donnait tous ses 
soins à la rédaction du Bulletin, qui fut pendant dix ans son 
œuvre plus que celle d’aucun d’entre nous. 11 se chargeait aussi 
de la mission délicate d’examiner les livres qui étaient proposés 
au Conseil, en rendait compte quand il les avait lus, et nous 
avions une telle confiance dans son goût et dans son jugement, 
que nous pouvions compter en toute sécurité comme ouvrages de 
propagande ceux qu’il nous proposait d’adopter. 

« Quoiqu’il fût dans une position de fortune plus que modeste, 
il avait la générosité que donne aux chrétiens l’amour de Dieu et 
des âmes, et nous avons lieu de croire qu’il fut l’auteur d’un don 
anonyme de 3,000 francs que notre Association reçut vers 
l’époque de sa fondation. Son humilité ne nous a jamais permis 
d’éclaircir à fond ce mystère. Quoi qu’il en soit d’ailleurs de 
cette libéralité, il avait l’àme assez grande pour qu’on l’ait 
supposé l’avoir faite, et, à défaut d’aumône matérielle, il a pro¬ 
digué pendant dix ans à notre chère Œuvre l’aumône plus belle 
encore de son dévouement, de ses prières, de sa plume, en un 
mot ce don de soi-mème qui est le propre des vrais chrétiens, 
imitateurs de Celui qui s’est donné pour nous jusqu’à la mort 
et jusqu’à la mort de la croix. 

<( Mgr de Ségur, président de notre Association, a dit la messe 
pour le repos de l’âme de notre bien-aimé confrère, et les 
membres du Conseil général ont uni leurs prières à celles du 
pieux prélat. Quoique nous ayons lieu d’espérer que cette âme 
si chrétienne et si charitable a trouvé grâce au tribunal de Dieu, 


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— 5 — 


nous la recommandons instamment aux prières de tous nos 
associés, et nous demandons pour elle un De profundis à chacun 
des lecteurs du Bulletin que H. Estienne a si longtemps rédigé, 
et un Memento spécial pendant la messe à tous les prêtres qui 
veulent bien s’occuper de notre Œuvre. » 




PREMIÈRE PARTIE 


OUVRAGES ÉDITÉS PAR NOUS OU DONT NOUS AVONS ACCEPTÉ 
LA PROPAGATION SPÉCIALE. 

i 

Nous sommes heureux d’enrichir notre catalogue d’une série 
considérable de volumes honorés des suffrages les plus compé¬ 
tents et les plus flatteurs. Le nom seul de l’auteur est déjà une 
recommandation : M. l’abbé Henry est un de nos écrivains les 
plus connus et les plus estimés par le public sérieux qui sait 
encore apprécier la vraie science et le talent littéraire. Nous nous 
bornons aujourd’hui à faire connaître l’ensemble de l’œuvre de 
M. l’abbé Henry, et à citer quelques-unes des nombreuses appro¬ 
bations qu’il a déjà reçues. 

LES MAGNIFICENCES DE LA BELIGION, recueil de ce qui a été écrit 
de plus remarquable sur le dogme, sur la morale, sur le culte divin, etc., 
ou répertoire, de la prédication, par M. l’abbé À. Henry, chanoine honoraire 
de Saint-Dié, directeur du pensionnat et de l’orphelinat agricoles de la Tri¬ 
nité à la Marche (Vosges). Les personnes qui souscrivent aux 21 volumes 
parus à 5 fr., reçoivent la suite de l'ouvrage à 3 fr. 50 c. l'exemplaire. 
Pour nos agrégés, les souscriptions sont reçues & raison de 3 fr. le volume. 

Les Magnificences de la religion sont un recueil de ce qu’on a écrit de 
plus remarquable sur le dogme, sur la morale, sur le culte divin, etc. ; 
un Répertoire de la prédication devant fournir aux ecclésiastiques des 
connaissances utiles pour eux-mêmes et des instructions nombreuses 
et variées sur tous les sujets importants, avec un grand nombre de 
traits d’histoire, des textes de l’Ecriture sainte (le latin et le français 


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çn regard), des textes de? ?*ints Pères (Je latin et le français en regard), 
et des extraits pies étendus traduits en français# 

L'ouvrage est partagé an plusieurs séries. Première série. Le 
symbole pu le dogme. Deuxième série, Les commandements de 
Dieu et de TÉglise, ou la morale, »— Troisième série. La prière et les 
sacrements. Les fêtes de Notre-Seigneur. Les fêtes de la sainte Vierge. 
Les panégyriques des saints. — Quatrième série. Sujets divers et de 
circonstances. Instructions sur la vie religieuse. Retraites. — Cin¬ 
quième série. Homélies et prônes sur les évangiles de Tannée. Indi¬ 
cation des sujets qui dans les autres séries, se rapportent aux évan¬ 
giles. 

Vingt volumes sont en vente sous ces titres : 

Première série . — I. L'indifférence en matière religieuse. L’instruc¬ 
tion religieuse. La parole de Dieu. — II. L’existence et les attributs 
de Dieu. —III. Les attributs de Dieu (suite). La Trinité. Les anges. 
— IV. La création. — V. L’homme. — VI. Le péché originel. La 
jgvéjatioo, k— VU, La réyélation (suite). La divinité de Jésus-Christ. 
-t» VIII. La divinité de Jésus^Christ {suite), w IX, La divinité de 
JésusrCbrist (deuxième suita)- «- X. L‘Église. XL L’Église (suite). 

**- XIL Ia Papauté» 

Deuxième série, 1. Excellence de la morale chrétienne. Loi divine : 
loi naturelle, loi écrite, loi évangélique.— If. La foi et l'incrédulité. — 
III. L’espérance et 1a charité envers Dieu. — IV. La charité envers 
le prochain en général, et envers les pauvres en particulier. — V. La 
charité envers les ennemis. La vertu de religion. — VI. La vertu de 
religion (suite). Le culte des saints. Le culte de la croix. Sujets divers. 
La dimanche, -rrr vu, La vertu de religion (deuxième suite). Le du 
planche (suite). La famille. 

Troisième série. L La prière et l’Oraison dominicale. 

Sous presse le 21* volume, sous le titre de la Propriété. — Le 22* vo¬ 
lume : la Hièrarçhie catholique, l’Église enseignante dispersée, l’Église 
enseignante réunie, ou le Concile œcuménique. U Infaillibilité du Pape. 
Réfutation de§ objections. 

jÇbaque volume contient 600 pages et pins, tonne moyen. 

Le dernier volume contiendra deux tables: l'une, pour un plan d’ins* 
|ructiens; l'autre, par ordre alphabétique. Ainsi, lorsqu’on voudra 
prêcher sur un sujet quelconque, il aéra facile de trouver i mmé diate# 
pœottout c$qeo TQn.pawm désirer. Oe volume renfermera en outre. 


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par ordre alphabétique, des notices biographiques des auteurs dont on 
aura fait des citations dans l’ouvrage. 

L’auteur donnera aussi, pour ceux qui le désireront, un volume de 
plans sur tous les sujets qui peuvent être traités dans la chaire. Il les 
puisera dans divers auteurs, et surtout dans la Bibliothèque des Prédis 
catews du Père Houdry. Il lui doit déjà, en partie, les textes de l'ɬ 
criture sainte, les exemples de l’Ancien et du Nouveau Testament et 
les pensées des saints Pères. Avec le6 plans de sermons, c’était toutoe 
qu’il pouvait emprunter à un ouvrage qui date du dix-septième siècle. 
Le reste , dans le Père Houdry , est suranné . Les citations tirées des au¬ 
teurs qui lont précédé seulement, ne sont que des lambeaux et ne res¬ 
semblent en rien aux Magnificences de la Religion . 

Cette publication peut dispenser de tout autre ouvrage ou recueil de 
prédication ; elle est d’une immense utilité, non-seulement pour tous 
les prêtres qui exercent le saint ministère dans les paroisses, pour tous 
les directeurs et professeurs dans les grands et les petits séminaires; 
mais encore pour les séminaristes eux-mêmes, parce qu’ils y trouveront, 

< présentées sous la forme oratoire, les matières qui font l’objet de leurs 
études dans les cours de philosophie et de théologie. Elle est aussi d’un 
grand secours à tous les aumôniers des collèges catholiques, des 
lycées, des pensionnats de jeunes gens et de demoiselles, parce qu’elle 
leur donne le moyen de rendre [plus intéressants les cours d’instruction 
qu’ils font à là jeunesse. 

Les vingt volumes parus traitent, avec une grande richesse de ma¬ 
tériaux, de manière à satisfaire tous les goûts, les sujets les plus im¬ 
portants du dogme et de la morale et les questions les plus intéres¬ 
santes de l’apologétique chrétienne. Cependant il reste encore une vaste 
carrière à parcourir, pour les séries commencées et pour celles qui 
n’ont pas encore été abordées. Or, il convient de les traiter toutes dans 
la même proportion, en tenant compte de l’importance des diverses 
matières. Par conséquent, les volumes dépasseront le chiffre 30, qui 
avait été annoncé au début de la publication. Les souscripteurs n’au¬ 
ront pas lieu de s’en plaindre, parce qu’ils auront le plus riche réper¬ 
toire de prédication qui ait encore paru. 

Il n’y a pas à craindre que la publication ne se termine pas. Comme 
tous les matériaux sont choisis et classés, la publication continnemit 
même après la mort de l’auteur. Mais, quand bien même elle resterait 
inachevée, oe qui est fait offrirait toujours un intérêt très-considérable. 
Tous les volumes parus sont complets sur les sujets traités. Ces vo- 


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— 8 — 


lûmes resteront les mêmes dans les éditions qui pourront suivre. Lors¬ 
qu’il sera nécessaire, pour les nouveaux chefs-d’œuvre que l’éloquence 
chrétienne ne manquera pas de produire, on publiera quelques volumes 
de supplément, en sorte que la publication aura toujours la même va¬ 
leur. Nous insistons sur toutes ces considérations, parce que la publica¬ 
tion de M. l’abbé Henry ne ressemble en rien à celles qui ont été faites 
jusqu’à ce jour. Lui seul a eu l’idée de cette magnifique collection, et, 
lorsqu'elle sera terminée, elle trouvera sa place d’honneur dans toutes 
les bibliothèques des prêtres qui s’occupent du ministère de la prédi¬ 
cation. 

Les attestations rapportées ci-dessous donnent une idée de l’œuvre. 

Lettre de Monseigneur l'évêque de Saint-Dié. 

Mon cher abbé, 

Vous me demandez ce que je pense de votre ouvrage intitulé : les 
Magnificences de la Religion, J’applaudis au plan que vous m’avez com¬ 
muniqué, et j’estime qu’un semblable recueil fait avec goût, discerne¬ 
ment, et une sage sobriété, peut grandement servir au clergé, à qui il 
tiendra lieu de toute une bibliothèque, et aux séculiers qui y trouveront 
réunis les éléments les plus propres à éclairer leur foi, à les affermir 
dans la croyance aux vérités saintes, et à leur donner des idées justes 
et é’evées sur la religion que beaucoup, hélas ! n’aiment que par habi¬ 
tude et ne pratiquent guère que par routine. Je vous engage donc à 
continuer, et je forme les vœux les plus sincères pour le succès de cette 
publication, qui est plus qu’un ouvrage, et qui, bien dirigée, peut s’é¬ 
lever, et s’élèvera, je l’espère, à la hauteur d’une œuvre. 

Recevez, mon cher abbé, l’assurance de mes sentiments les plus 
affectueux. 

f Louis-Marie, Évêque de Saint-Dié. 

Lettre de Monseigneur Dupanloup, évêque d'Orléans, 

Monsieur l’Abbé, 

J'ai sous les yeux divers ouvrages de piété publiés par vous, ainsi 
que plusieurs volumes de votre grand travail intitulé : Magnificences de 
la Religion, Je n’ai pu lire en entier tous ces volumes, mais je suis heu¬ 
reux de vous dire que ce que j’ai pu en voir jusqu’à présent m’a suffi 
pleinement pour apprécier le caractère et le mérite de vos travaux ; je 
les ai trouvés pleins d’édification et de piété; et j’admire vraiment 


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beaucoup, monsieur l’abbé, votre dévouement pour la jeunesse, votre 
zèle, votre labeur infatigable, et je ne saurais trop vous encourager à 
persévérer dans de si utiles travaux. Je fais des vœux pour que de si 
bons livres soient appréciés comme ils le méritent. 

Agréez, monsieur l'abbé, tous mes bien dévoués hommages en Notre- 
Seigneur. 

f F., Evêque d'Orléans. 

M. Giorgi, vicaire de Monticello, par l'Ile-Rousse (Corse), 20 oc¬ 
tobre 1866 : 

- Cet excellent recueil, Monsieur le Directeur, occupera désormais la 
première place dans la bibliothèque du prêtre. On y trouve tout ce qui 
. a trait à sa mission et une connaissance approfondie de notre sainte 
Religion. Le flambeau de la révélation et celui de la science y sont 
souvent et tour à tour agités; à leurs rayonnements on voit l'accord et 
l'harmonie de ces deux sœurs, et le rationalisme confondu et terrassé. 
Le ciel sourit sans doute à votre inestimable publication, puisque le 
clergé français le reçoit avec les marques de la plus vive reconnais¬ 
sance. * 

M. l'abbé Géhanno du séminaire du Saint-Esprit. Paris, le 19 jan¬ 
vier 1870 : « Je saisis cette occasion pour vous faire mon appréciation 
particulière sur ce précieux trésor, dont vous enrichissez l'Église. C'est 
une véritable mine d'or que vos Magnificences, où le prêtre peut puiser 
la pureté de la doctrine sainte qn'il a mission d'enseigner. Je ne crains 
point de l'affirmer, vous rendrez, par votre publication, un service 
immense à notre religion, service qui provoque mon admiration. Je 
vous en félicite très-cordialement. » 

* 

Le R. Père Plady, religieux rédemptoriste. Le 24 janvier 1870 : 
« Je ne vous ai point dit assez combien j'apprécie vos travaux, tous 
vos travaux d'ascétisme, de littérature et d’apologétique. Vos Magni¬ 
ficences sont magnifiques. Il n'y a rien de vous et tout est de vous. Je 
suis surtout partisan de tout ce que vous nous donnez sur les questions 
actuelles. Moi qui n’ai pas toutes ces publications, je ne saurais rien 
des travaux de certains savants si vous ne me les donniez pas dans 
vos Magnificences . » 


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LES MÈNES DES ÉCOLES CHRÉTIENNES, pendant la guerre de 

1870-1871, par J. d'Arsac. 1 vol. in-8° xvi-556 p. avec 16 grandes gra¬ 
vures sur bois. Paris 1872. — Prix : 8 francs ; pour nos agrégés, 6 francs. 

Voilà un livre qui tranche sur toutes les publications relatives à la 
même époque : il a son caractère tout spécial, caractère noble et con¬ 
solant; Tâme se rafraîchit et se relève en parcourant ces pages si 
éloquentes dans leur simplicité ; il n'y a que ces faits et des documents 
historiques, mais quels faits ! Ils ont arraché à un esprit bien prévenu 
contre les Frères ce cri d’admiration irrésistible : « Ces choses-là ne 
se louent pas ; on les raconte : cela suffit (1). * 

Oui, cela suffit : car ces faits nous montrent que les Français restés 
chrétiens sont dignes de leurs pères, aux plus beaux jours de notre 
histoire. Dans ce gros volume, presque à chaque page, on trouve des 
actes d’héroïsme, des paroles sublimes qui feraient honneur aux barons 
de saint Louis et aux compagnons du Chevalier sans peur et sans 
reproche. 

A peine le vénérable supérieur de cette humble congrégation a-t-il 
fait appel au dévouement patriotique de ses Frères (le 15 août 1870), que 
de tous côtés on répond avec autant de zèle que d’intelligence à cette voix 
bien-aimée ; plusieurs des supérieurs locaux avaient devancé cet appel, 
pour se mettre, eux et leurs Frères, au service delà patrie rentre autres 
ce zélé directeur du pensionnat de Dijon dont nous citerons plus loin, 
si l’espace nous le permet, la noble et spirituelle réponse auxjournaux 
anti-religieux de la localité. A partir du mois d’août, c’est-à-dire dès le 
commencement de la guerre, les Frères se présentent mêlés à toutes 
les péripéties de ce drame sanglant, jusqu'aux deux catastrophes de 
la prise de Paris et des saturnales de la Commune. 

Partout ils font honneur à la France comme à la Religion : ils 
arrachent des cris d’admiration aux protestants anglais et réduisent 
l’orgueil prussien à s’incliner avec respect. Tout cela sans forfanterie, 
en agissant tout simplement, en faisant au grand jour, malgré eux, ce 
qu’ils ont toujours fait dans l’obscurité de leurs écoles : abnégation 
d'eux-mêmes, pour obéir au double précepte de l’amour de Dieu et du 
prochain. 

Ils vont, avec la même sérénité, dans les bureaux des intendances et 
des mairies, travailler aux écritures; dans leurs ambulances, panser les 

(1) M. Jezierski, rédacteur de l'Opinion nationale. 


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plaies les plus hideuses, soigner les pestiférés; dans les citadelles, 
fabriquer des cartouches ; sur les champs de bataille, au milieu des 
obus, relever les blessés et consoler les mourants. 

Pieu les récompense en appelant à lui plusieurs de ces dignes reli¬ 
gieux, de ces bons Français; que ce soit la fatigue, la peste ou la 
mitraille qui les abatte, comme nos pères, les vieux Gaulois, ils 
tombent en souriant à la mort, et le courage de leurs Frères s'accroît; 
chacun porte envie à ceux qui ont eu le bonheur de mourir pour Dieu 
et la patrie. En vérité, M. Jezierski a eu raison de le dire : « Ces 
choses-là ne se louent pas; on les raconte : cela suffit. * 

L'auteur a eu le bon esprit de le comprendre ; aussi ce gros volume 
n’offre-t-il qu'une suite de récits, entremêlés de citations, de lettres, 
d'entretiens avec nos chefs ou avec les ennemis; tout cela rompt l'urii- 
formité de la narration : je ne dis pas la monotonie, car presque chaque 
page a son cachet particulier; on a généralement conservé à tous ces 
documents leur caractère primitif : en les fondant, on pourrait com¬ 
poser une œuvre plus littéraire, mais assurément on ne ferait pas un 
livre d'une lecture plus attrayante ni plu6 entraînante. 

Chacun de nos lecteurs nous remerciera de l'avoir engagé à repasser 
encore une fois, dans ce magnifique volume, la lamentable histoire 
de Wissembourg, de Reischoffen, de Forbach, de Gravelotte, de 
Sedan, de Coulmiers, de Loigny, de Champigny, du Bourget, de 
Peronne, de Nuits, du Mans, de Buzenval, etc. 

Ici nos malheurs apparaissent moins désespérants ; on les voit sous 
leur véritable jour : ils sont le châtiment de l'égoïsme, du matérialisme 
des classes dirigeantes, et de l'infidélité du gouvernement à la grande 
mission de civilisation chrétienne, qui est la raison d’être de la France. 
Or la piété pratique de nos soldats dans les ambulances atteste que, 
ai la foi s'est éteinte dans une certaine classe de la société, si l'on est 
parvenu à rendre impies quelques agglomérations d'ouvriers, en les 
abrutissant, la religion cependant vit encore dans le cœur de la grande 
majorité des Français; le jour où partira d'en haut une impulsion fran¬ 
chement chrétienne, la France se relèvera promptement, et son épée ne 
rentrera au fourreau qu’après la victoire. 

L'héroïsme calme et sans,emphase, non pas de quelques Frères, mai? 
de toute la congrégation; ce généreux élan des supérieurs et l'empres^ 
sement tout aussi généreux de leur» sujets, encore une fois, non pas de 
quelques-uns, mais de tous et dans toute l’étendue de k France; oe 
mouvement spontané, ce concert admirable de grandes pensées, de 


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— 12 — 


sublimes sentiments; tout cela indique l’influence puissante de l’esprit 
qui anime le corps et donne la même vigueur à chacun de ses membres. 
Ces humbles religieux sont les enfants du peuple, de tous les points 
de la France ; ils appartiennent à cette génération qui compte des héros 
il est vrai, mais qui a eu, dans les masses, de lamentables défaillances; 
comment se fait-il qu’il n’y en ait point eu parmi eux, et que partout ils 
se soient immédiatement trouvés, tous, à la hauteur du péril, des souf¬ 
frances et des sacrifices? Qu'avaient-ils de plus que les autres? — L’ha¬ 
bitude d’une vie de foi pratique, l’habitude du respect, de l’obéissance; 
la conviction que le mérite devant Dieu, comme le véritable honneur 
devant les hommes, est toujours dans l’accomplissement du devoir. 

Au nom de la religion comme au nom de la patrie, merci à ces hommes 
généreux qu’on ne connaîtra jamais que sous le doux nom de Frères; 
l’ensemble harmonieux de leur conduite nous fait espérer un avenir 
moins humiliant et moins désastreux; oui, quand nous aurons une 
armée de soldats chrétiens pratiquants, guidée par un pouvoir ca¬ 
tholique, notre histoire racontera, au lieu des défaites, de brillantes 
et utiles victoires, et elle pourra s’intituler encore : Gesta Dei per 
Francos. A. Conàri. 


VIE DU COMTE ROSTOPCHINE, gouverneur général de Moscou en 1812, 

par M. le comte Anatole de Ségur. 1 volume in-8°, de v-336 p. — 

Prix : 6 fr. 

Dans les grands événements il surgit parfois tout à coup un homme 
dont le nom, à peu près ignoré jusque-là, acquiert une éclatante re¬ 
nommée et retombe ensuite, si non dans l’obscurité, au moins dans 
l’ombre. L’histoire même la plus abrégée nommera toujours le comte 
Rostopchine à cause de l’incendie de Moscou, marquant 1 heure fatale 
où devait s’arrêter la fortune de ce Napoléon, dont la gloire militaire fût 
demeurée sans rivale s’il eût su mettre un terme à son ambition. Ce 
fut là le commencement de cette chute aussi étonnante par sa rapidité 
que l’avait été son élévation, et où le doigt de Dieu se voit marqué de 
la manière la plus irrécusable. Les bulletins de l’armée de cet homme 
qui avait entraîné à sa suite les contingents de toute l’Europe, en ac¬ 
cusant Rostopchine d’avoir fait allumer l’incendie et détruit cette ville 
immense toujours considérée par les Russes comme la ville sainte, la 
véritable capitale de leur empire, tâchèrent de flétrir sa conduite. Ils 
l’accusèrent de barbarie. L’opinion publique se partagea à son égard, et 


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— 13 — 


le plus grand nombre considéra cet incendie comme un acte de patrio¬ 
tisme ne pouvant avoir lieu que chez des peuples à demi sauvages. Le 
comte Rostopchine, en venant se fixer en France pour plusieurs années, 
crut devoir décliner la responsabilité qui pesait sur lui, et il publia une 
brochure où il déclarait positivement n'avoir donné aucun ordre à cet 
égard. 

Dans notre siècle d'agitations effrénées et de révolutions multipliées, 
on vit bien vite. Cinquante-neuf ans écoulés depuis l'incendie de Moscou 
et l'anéantissement de notre grande armée ensevelie sous les neiges 
d'un hiver rigoureux, commençaient à nous apparaître dans un lointain 
inappréciable. La seconde fille du comte Rostopchine, devenue comtesse 
de Ségur, faisait par ses nombreux petits volumes le bonheur de 
tous nos enfants, mais le nom de son père commençait à s'oublier. Son 
fils, le comte Anatole de Ségur, a entrepris de le faire revivre et surtout 
de justifier sa mémoire. Sous sa plume élégante et facile, le comte Ros¬ 
topchine nous a été présenté sous son véritable jour. Ce favori de Paul I #r 
n'avait pu se résigner à paraître à la cour de son fils entouré des assas¬ 
sins de son père et avait vécu pendant douze ans dans la retraite, 
faisant le bonheur d’une famille qu’il chérissait et dont il était tendre¬ 
ment aimé.Cet homme, que les bulletins de notre grande armée dépei¬ 
gnaient comme digne de figurer dans les bandes de Gengis-Kan, son 
ancêtre, était bon, doux, aimable, spirituel. Lorsque toute la noblesse 
du gouvernement de Moscou, où il vivait, le désigna comme le plus 
digne d'être nommé gouverneur général de Moscou, il fallut faire une 
véritable violence à l'empereur Alexandre pour le décider à signer sa 
nomination, et il se montra tout de suite à la hauteur de ces importantes 
fonctions. Dès la prise de Smolens, il engagea les vieillards, les femmes 
et les enfants à s'éloigner avec tout ce qu'ils avaient de plus précieux. 
Il envoya dans l’Est les objets d'art. Le général en chef des Russes, 
Kutusow, avait donné comme une victoire la sanglante bataille de la 
Moskova, mais sa retraite assez précipitée, son arrivée sur les hauteurs 
qui dominent Moscou, détrompèrent bientôt. Rostopchine, avec tout 
ce qu'il avait de forces, évacua lui-même la ville. Il avait envoyé assez 
loin tous les criminels enfermés dans les prisons , ne voulant ni les 
mettre en liberté ni les laisser à la disposition des Français. Il partit à 
la suite de l'arrière-garde de Kutusow. 

L’incendie se dé,clara sur plusieurs points à la fois le lendemain de 
l’entrée des Français. Rostopchine avait fait partir toutes les pompes. 
Dès que les Français étaient parvenus à l'éteindre sur un point, il écla- 


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— 14 — 

tait de nouveau à peu de distance, toujours de manière à être propagé 
par le vent qui soufflait avec violence. Il paraît peu probable que les 
douze à quinze mille individus des classes tout à fait inférieures de* 
meurés à Moscou aient mis le feu, au lieu de se mettre à piller les riches 
palais abandonnés par les propriétaires, en suivant un plan aussi bien 
conçu, si dans le nombre il n’y eût eu un certain nombre obéissant à une 
volonté supérieure. Telle est du moins l'opinion du comte de Ségur, 
malgré la dénégation de son aïeul. 

Immédiatement après la guerre, l'empereur Alexandre, qui avait 
nommé Rostopchine malgré ses propres préventions, accepta volontiers 
la démission qu'il offrait. Le gouverneur général rentra dans la vie 
privée, mais sa santé profondément altérée l'obligea à prendre les eaux 
de Tœplitz d'abord, puis de Karslbad, et enfin à se fixer pour quelque# 
années en France, quoique à son premier voyage à Paris la curiosité 
générale dont il était l'objet lui eût paru bien pénible. Mais cette cu¬ 
riosité n'eut qu'une durée assez limitée. Il put enfin y appeler sa fa¬ 
mille, dont les voyages nécessités par sa santé l'avaient éloigné depuis 
trois ans. Ce dernier séjour en France fut, selon lui, une des époques 
les plus heureuses de sa vie. Il retourna enfin en Russie, laissant ici 
sa seconde fille, la comtesse de Ségur, dont le nom est si aimé par nos 
enfants toujours empressés de lire ses charmants ouvrages. Il survécut 
peu à l'empereur Alexandre, mort subitement à Tangearaget s'éteignit 
doucement en 1826 le 30 janvier, âgé de près de soixante et un ans. 

Le livre de M. le comte de Ségur, tout en se bornant à ce qui con¬ 
cerne particulièrement son aïeul, donne des détails instructifs et pleins 
d'intérêt sur les quatre années du règne de Paul I er dont Rostopchine 
avait été ministre et favori. Dans les nombreux emprunts faits aux notes 
laissées par son grand-père, on en trouve de curieux sur l’administra¬ 
tion intérieure de la Russie, sur l'existence qu'y menaient les grands 
seigneurs et les riches propriétaires. Nous n'avons point à faire l'éloge 
du style de l'auteur : ses ouvrages sont assez nombreux et trop ré¬ 
pandus pour que tous nos lecteurs ne sachent parfaitement combien 
il est élégant et harmonieux. Quelques très-rares incorrections seront 
certainement corrigées dans une seconde édition, et il ne laissera alors 
rien à désirer. 

Nous demandons cependant à M. le comte de Ségur la permission 
de lui signaler une importante correction à faire. A la page 291, il parle 
de )a guerre civile dans le midi de la France* Il n'y a pas eu de guerre 
civile, mais des assassinats. Au commencement des Cent Jours, l'abbé 


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— 15 — 


d’Esgrigny et plusieurs autres catholiques furent tués dans les C&- 
vennes par les protestants; les volontaires royalistes revenant de 
Farinée du duc d’Angouleme après sa capitulation étaient massacrés 
à Arpaillargues avec des circonstances atroces. Après les Cent Jours, il 
y eut naturellement réaction. Les vengeances se produisirent. La plus 
signalée fut celle de l’homme connu sous le sobriquet de Tresaillort * 
Onze protestants, après l’avoir attaché à un arbre, brûlèrent sa maison 
avec le bois dfe ses oliviers qu’ils avaient coupés, et outragèrent indi¬ 
gnement sa femme et sa fille» Il les tua tous jusqu’au dernier. Au: point 
de vue religieux il était certainement coupable, mais quel jury eût pu 
le condamner. U ne fut point jugé à Nîmes, mais à Riom, et acquitté à 
l’unanimité. On peut consulter à cet égard les mémoires du baron 
d’Hauney, que M. Decases avait nommé préfet du Gard. Ces tristes at¬ 
tentats se balancèrent à une nnité près dans les deux partis, et la to¬ 
talité n’a guère dépassé une centaine. Mais les révolutionnaires ont 
fait sonner bien haut ce qu’ils nommaient la Terreur blanche du Midi; 
et nous voyons avec regret que M. le comte dfe Ségur n’ait point cherché 
à s’assurer de la vérité des faits. Marquis de Roys. 


LA FRANGE ARMÉE, le soldat, sa condition, ses devoirs, par l’auteur de 
Y Armée nouvelle. 1 volume in-12, de 306 p. Paris 1872.— Prix: 3 fr.; net 
pour nos agrégés, 2 fr. 25 c. 

Qu’il soit nécessaire de réorganiser notre armée, c’est ce que per¬ 
sonne ne niera» » Les Allemandsy dit l’auteur de 1 m Frcmec armée, 
ont mesuré l’étendue de nos richesses, et le butin de 1871 n’est pour 
eux que la première prise du loup qui a trouvé le chemin d’une berge¬ 
rie. » Si nous voulons pouvoir opposer dans l’avenir une armée 
invincible aux incursions des barbares germains r nous devons réformer 
notre organisation militaire, en profitant des leçons de l'expérience* 
et non-seulement nous approprier ce qu’il peut y avoir de bon chez 
nos voisins, mais encore chercher à faire mieux, s’il est possible. » On 
doit remarquer, a dit Montesquieu, que ce qui a le plus contribué 
à rendre les Romains les maîtres du mondes c’est qu’ayant combattu 
successivement contre tous les peuples, ils ont toujours renoncé à 
leurs usage» sitôt qu’ite en ont trouvé dë meilleurs» * 

L’aüteur, officier supérieur de grand mérite, s’est proposé de faire 
connaître les conditions de la réforme annoncée et les devoirs du 


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VÏ 


— 16 — 

soldat dans l’armée nouvelle reconstituée sur le principe du service 
obligatoire pour tous les Français. 

Éclairé par une étude attentive des travaux de M. le Play sur la 
Réforme sociale en France, il montre tout d’abord comment notre 
régime de succession, abolissant la liberté de tester et prescrivant le 
partage égal des biens entre les enfants, a des conséquences aussi 
désastreuses pour l’armée que pour la société civile. 

Nous ne dirons pas que nos désastres viennent exclusivement de 
cette source ; l’affaiblissement du sentiment religieux, et, par suite, de 
l’esprit de dévouement et de sacrifice, y est aussi pour une grande 
part ; néanmoins, c’est avec juste raison qu’on a dit que cette loi sur 
les successions, votée en 1793 sous la Terreur, dans l’unique but 
d’empêcher les pères de déshériter ceux de leurs fils qui adoptaient 
les principes de la Révolution, nous a plus nui que la perte de cent 
batailles. 

Les institutions militaires prussiennes sont ensuite analysées avec 
une grande perspicacité, et les moyens que nous devons prendre pour 
les surpasser signalés avec soin ; mais la partie vaiment neuve de 
l’ouvrage est celle qui a trait au service de l’intendance. 

L’histoire de ce corps, les services qu’il a rendus, les critiques qu’il 
mérite, les transformations qu’il doit subir, et notamment la militarisa¬ 
tion complète de son haut personnel, tout cela est exposé avec une si 
grande compétence et une telle précision, qu’on sort de cette lecture 
convaincu de l’impossibilité de laisser subsister plus longtemps l’état 
de choses actuel. 

Nos lecteurs nous sauront gré de citer quelques pages de l’auteur 
sur cette importante question. 

« L’institution de l’intendance, à elle seule, est un danger. Pour 
exister, pour fonctionner, pour se recruter, elle est obligée de se définir, 
et, dans la situation qui lui est faite, elle ne peut donner d’elle-même 
d’autre définition que celle-ci : L’intendance est chargée de pourvoir 
à tous les besoins du soldat en santé comme en maladie (1). 

« De ce coup, la voilà constituée Providence de l'armée, c’est-à-dire 
toujours blâmée, jamais remerciée ; c’est le sort commun à toutes les 
providences, et l’intendance à d’autant moins de chances d’échapper à 
ce sort commun qu’elle touche le soldat (cet homme voué aux souf¬ 
frances) précisément par ses deux côtés sensibles : le ventre et la 

(1) C’est en effet la définition donnée par tons les règlements et les cours d’adminis¬ 
tration militaire. 


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— 17 — 


bourse. Mais les providences savent se mettre au-dessus des criailleries 
des mortels... passons ! 

a L'armée a une providence dont il est facile de se plaindre (celle-ci 
ne peut ni récompenser ni punir). Pourquoi s’aviserait-on de se mêler 
de sa besogne?... Moi! m'occuper d’administration !... N’y a-t-il pas 
l’intendance? De là, dans toute l’armée, une tendance des plus f⬠
cheuses à se désintéresser des premières choses qu’un militaire doit 
savoir. 

« Il est impossible d’ouvrir un ouvrage sérieux d’art militaire, sans 
y rencontrer ce précepte : Le premier devoir d’un général est de 
nourrir se& troupes. Cependant, si l’on parcourt le projet du général 
Faidherbe sur le Réorganisation d'une armée nationale , on y lit à la 
page 8 : « Je n’ai pas touché à l’intendance et aux services administratifs 
faute de connaissances suffisantes et d’idées arrêtées à leur sujet. « Or 
il est bon de noter que le général Faidherbe a appartenu au corps du 
génie, qu’il a été intendant du génie, et, plus tard, gouverneur du 
Sénégal ; que, par conséquent, ses études et ses connaissances sont 
fort étendues. Le général a donc des idées très-arrêtées et proba¬ 
blement très-justes en matière d’administration. Moins que tout 
autre, il serait embarrassé de l’administration d’une grande armée, et 
il lui suffirait certainement de quelques heures de conversation avec un 
intendant sans préjugés pour être profondément éclairé. Sur tout 
autre sujet, sur une question délicate d’astronomie par exemple, le 
général n’eût pas manqué d’interroger un astronome savant et se 
serait fait une opinion avant d’écrire ; mais comme il s'agissait de 
l’intendance, il ne paraît pas avoir cherché à s’éclairer. Par cet 
exemple, dû seulement à la sincérité modeste du général, on peut 
juger de l’épaisseur des préjugés qui obscurcissent cette question. 

« Est-elle donc si difficile ? Non, si chacun de nos généraux consen¬ 
tait à dire : « C’est moi qui serai la providence du soldat ; j’entends qu’il 
s’en prenne à moi de toutes ses misères ; je ne souffrirai pas plus 
longtemps qu’on me couvre d’un plastron ; cet officier modeste et 
courageux qui me seconde de toutes ses forces, sur qui pèse une lourde 
responsabilité, cet officier, je l’appellerai de son vrai nom : mon second 
chef d’état-major. 

« Ce mouvement de clairvoyance serait cependant bien naturel, car 
les mêmes livres d’art militaire qui enseignent qu’un général doit 
prendre sur lui la responsabilité de tout ce qui intéresse ses soldats, 
donnent invariablement ce conseil ; — après avoir reconnu l’avantage 
▼h. 2 


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— là — 


de charger un corps militaire de l'approvisionnement deè armes et 
munitions de guerre d'une armée, il semble qu'on attrait déjà dû sentir 
l'importance de confier aussi l’approvisionnement des vivres et des 
fourrages à un Corps tout à fhit militaire; et non pas à une adminis¬ 
tration séparée, nomme cela s’est pratiqué jusqu'à ce jour (1). * 

Les devoirs du soldat sont exposés avec une grande élévation de 
pensée dans la seconde partie de l’ouvrage. L’épigraphe « Fais ce que 
dois, » que l’auteur a placée en tête du volume, est bien la devise du 
soldat français et chrétien. Si elle avait été gravée au fond du coeur 
de nos soldats, nous n’aurions pas vu dans la dernière guerre ces 
débandades immenses, véritables fuites d'hommes qui n’avaient du 
Soldat que Phabit. 

Mourir au champ d’honneur frappé en face est le rêve du soldat 
Chrétien. C'est le salut assuré, le ciel conquis, et c’est ainsi que la foi 
Soutenant le patriotisme rend une nation invincible. 

Nous signalerons seulement dans la seconde partie quelques négli¬ 
gences de style, qu’il sera facile à l’auteur de faire disparaître, et aussi 
quelques locutions familières qu’on aimerait à ne point trouver em¬ 
ployées dans une matière aussi grave. 

Nous ne pouvons toutefois que recommander vivement la lecture 
de cet ouvrage à tous ceux qui sentent l’importance capitale qu’a pour 
nous la question militaire. Houssorr. 


SODOME. — NINIVE.— JERUSALEM. Admonestation à Paris, par 
Mme la marquise de Godefroy Mknilglaise. 1 vol. in-12 de 70 p. — 
Prix : 50 c. 

De terribles catastrophes ont pesé sur Paris pendant les deux années 
qui viennent de s’écouler. Elles ne semblent point, hélas ! avoir laissé 
une impression profonde dans les masses. Mais les âmes élevées, les 
esprits attentifs aux voies de la Providence, comprennent les fou¬ 
droyantes leçons qui en jaillissent, et saisissent la similitude qu’elles 
offrent avec les fléaux déchaînés à certaines époques sinistres par la 
justice d’en haut. La pensée chrétienne de l'auteur de la Vie du monde 
élevée à Dieu (2) est remontée avec effroi dans le passé vers d'autres 


(1) Maximes de ÿûerte de tfapoUon, — général ftnmod et général Rnsson. 

^(2) Un vol. in-8. Pat», Jouby et Roger, 7, rao des Grands-Augustins. Cet ouvrage, 
dont la première édition a paru sous le titre d 'Esquisses religieuses offertes aux gens du 
Monde y a été recoitiïnàndé dans nôtre numéro d’àvril 186$. 


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— 19 — 

grandes cités coupables. Sa plume vient de retracer avec une énergique 
brièveté le châtiment de Sodome, de Ninive et de Jérusalem, en cou¬ 
ronnant ce triple récit par un épilogue qu'on nous saura gré de repro¬ 
duire. 

« Et toi, cité resplendissante des temps modernes ; toi qui, sortie 
d’un îlot de la Seine, et nommée d'abord ville de 6oue, t'es développée 
sous l'effort des siècles en des proportions colossales; toi dont la vie 
circule avec bruit dans tes larges artères; toi dont les vitrines offrent 
aux regards toutes les tentations de la convoitise; toi dont les boule¬ 
vards étalent le temple du plaisir aux obscènes cariatides; toi qui 
permets au mal de s’imposer et de corrompre, en saturant tes arts, tes 
sciences et tes lettres; toi qui méprises le jour du Seigneur; toi qui, 
aux heures de colère, laisses assassiner tes rois et tes prêtres, et 

anéantir dans les flammes l'orgueil de tes édifices;.Paris, serais-tu 

donc à la fois Sodome, Ninive et Jérusalem?... la ville de boue, la 
ville aux insolents trafics, la ville impie qui tue ses prophètes?... 

« Si, comme Sodome, tu n'as point été réduite en poudre, c'est que 
tu possédais plus de dix justes; si tes vainqueurs t'ont laissée libre, 
c’est qu'on priait dans tes églises; s'il reste de toi pierre sur pierre, 
c’est que, chrétienne en dépit de toi-même, tu renfermes le bien et la 
mal, la pureté et l'ignominie, la famille et le communisme, la charité 
et les honteuses dilapidations, la prière et le blasphème, la compassion 
et le crime, les victimes et les meurtriers : victimes qui pardonnent, 
bénissent et remercient en entrevoyant la palme; c’est qu’il y a en toi 
l’amour du pays, paralysé peut-être, mais non anéanti par l'égoïsme et 
la lâcheté; c'est que tu renfermes l'âme et la brute, l'esprit et la matière, 
et enfin, et surtout, c’est que Jésus Sauveur descend sur tes autels, 
malgré Satan et sa malice. 

« Mais maintenant qu'on répare tes ruines et qu’on ne châtie point tes 
coupables, prends garde à cette impunité; redoute de t’enivrer encore 
de tes fausses grandeurs, et ne sois plus la statue d’or, d'argent, de 
fer, d’airain, aux pieds d'argile. » M. X. 


TROIS REPUBLIQUES, DEUX EMPIRES, TROIS MONARCHIES E^ 
UN SIÈCLE. Brochure in«18 de 56 p. — Prix : 50 c.,* pour les agrégés, 
15 c. 

L'auteur n'a pas étalé son nom sur la couverture, et nous respec- 


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— 20- 


terons son silence; nous n'en serons que plus à Taise pour donner à 
cette excellente brochure tous les éloges qu elle mérite. 

Ici pas de déclamations, pas de théories nuageuses : des faits, de 
l'histoire précise, à traits larges et bien accentués, comme une esquisse 
de vieux maître. Pour notre époque si oublieuse, si ignorante des faits 
même de ce siècle, rien de plus utile que cette méthode vraiment 
scientifique et philosophique. Depuis 89, jusqu'à nos jours, dans ces 
pages écrites avec un vrai talent, les faits viennent démontrer, par leur 
logique irrésistible, qu'en dehors des principes, on ne fait que tomber 
d'abîmes en abîmes. 

Nous ne salirions trop engager nos respectables lecteurs, à répandre 
cette brochure; le désintéressement de l'auteur nous permet de l'offrir 
à si bas prix que tous, nous l’espérons, en prendront au moins dix exem¬ 
plaires à la fois. C'est une aumône intellectuelle à faire autour de soi, 
à tant d'esprits si vides des connaissances historiques nécessaires pour 
rectifier les erreurs entretenues par les mensonges de la presse. 
Éclairer les esprits c'est une œuvre plus méritoire encore que de nourrir 
les corps : on n'y pense peut-être pas assez souvent. 

L’auteur a donné un bel exemple en supportant évidemment la 
majeure partie des frais d'impression ; c'est faire un aussi noble usage 
de sa fortune que de ses loisirs et de son talent. A. Conari. 


OPINION DE BISMARCK sur la République, l'Empire et les Bourbons en 
France. Lettre attribuée au prince et traduite par Georges Romain. Brochure 
petit in-18 de 26 p. — Prix : 20 c. ; pour nos agrégés, 10 c. 

Il y a beacoup de bon sens dans cette plaisanterie : l'auteur, en 
feignant de traduire une lettre écrite sur la question par le fameux 
homme d'État prussien, fait ressortir parfaitement cette vérité que les 
Bonapartistes, et encore plus les Républicains, favorisent bon gré mal 
gré les intérêts de la Prusse, qui aurait à trembler à son tour si la France 
rentrait dans Tordre et reprenait sa place parmi les gouvernements 
réguliers, en revenant à la légitimité. On ne saurait trop répandre cet 
excellent opuscule. 




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— 21 — 


OUVRAGES DANGEREUX 


LE LENDEMAIN DE LA MORT, par Louis Figuier. 

C’est sur la tombe d’un fils tendrement aimé que l’auteur a conçu la 
pensée de ce livre, et cette douleur est trop respectable pour ne pas nous 
engager à adoucir, autant que possible, dans la forme, le blâme sévère 
qu’il mérite. Nous voudrions ne rien dire de pénible, mais la vérité, la 
morale doivent être vengées, et c’est le cas de nous souvenir de cet 
adage : Amiens Plato, sed magis arnica veritas. 

M. Figuier, au nom de la science, parle du dogme chrétien avec l'a¬ 
plomb d’une profonde ignorance, et il déclare, tout bonnement, que 
l’Eglise ne nous donne pas d’autre motif de croire que l’absurde. U 
nous prête, à nous tous catholiques, cette stupide formule : Credo quia 
absurdum , et, dans la crainte que ses lecteurs ne comprennent pas ce 
latin, il ajouté, entre parenthèses : Je le crois, parce que c'est absurde . 
Voilà, selon lui, « Vingènieuse et commode fin de non-recevoir par la¬ 
quelle l’Eglise coupe court à tout examen » (page 301). Ainsi, de par 
M. Figuier, l’absurde a suffi au génie des Augustin, des Thomas d'A¬ 
quin, des Bossuet ; sans compter, de Charlemagne à Turenne, et jus¬ 
qu’à nos jours, la longue suite d'hommes éminents dans toutes les 
branches des sciences, comme dans toutes les plus hautes positions so¬ 
ciales, qui se sont fait gloire d’être enfants soumis de l’Église. C’est 
cette impertinence de M. Figuier qui est évidemment absurde, et tout 
homme de bon sens, quelque peu chrétien qu’il soit, doit dire : Je ne 
le crois pas, parce que c’est absurde. 

Cependant, à la même page, M. Figuier reconnaît que le dogme 
catholique est professé par « les esprits honnêtes, nobles, vertueux 
et sincères ». — Il reconnaît que ces dogmes « sont encore aujourd’hui 
la seule digue que l’on ait à opposer aux odieux principes du matéria¬ 
lisme ». Voilà donc le dernier mot de la science... de M. Figuier : — 
On ne peut opposer aux odieux principes du matérialisme qu’une ab¬ 
surdité... — La conséquence nécessaire, c’est qu’aux yeux de la 
science de ces messieurs, le matérialisme seul est raisonnable. 

Savez-vous ce que M. Figuier a découvert pour remplacer le dogme 


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chrétien? Il n'a pas pris la peine d'inventer; mais, par la méthode du 
progrès... à reculons, il nous propose sérieusement la vieille et stupide 
erreur de la métempsycose! L’âme humaine, selon lui, commence à 
naître dans les forêts où parmi les foins ; et voilà pourquoi tous les 
hommes aiment les fleurs et la verdure ! Cela est dit sérieusement à 
la page 288. 

Après être « éclose une première fois à la lumière du soleil, le puis¬ 
sant promoteur de la vie, « l'âme de ces messieurs a passé successive¬ 
ment dans le corps de plusieurs bêtes, et c'est ce qui explique de la 
manière la plus simple, la notion innée du principe de causalité. » 
(Page 286.) En vérité, on ne peut rien de plus simple , et il faut compter 
aussi sur des lecteurs non-seulement ignorants, mais excessivement 
Simples, pour imprimer des naïvetés semblables. 

Quant à la méthode de la science à l’usage de l’école de M. Figuier, 
le procédé est toujours le même : on remplace les axiomes, les prin¬ 
cipes, par des absurdités présentées, d’abord timidement, sous 
forme dubitative: Ne pourrait-on pas... Peut-être... Cela paraîtra 

erroné, mais. enfin tout le vocabulaire des formules du doute. 

Puis, au chapitre suivant, on vous dit carrément : On a vu... Nous 
avons prouvé... Il est établi que... —Comment ne pas s’incliner devant 
Une méthode si rigoureusement scientifique? Libre à qui voudra d’ac¬ 
cepter le Credo de M. Figuier (page 223) et de dire, selon sa formule et 
Sa théorie : Je crois fermement que j'ai été d’abord cornichon, puis huître, 
ptris écrevisse, puis anguille ou vipère, puis dindon, ensuite chien ou 
Chat, et enfin homme, pour m’en aller après la mort, si j’ai été savant 
dans les plaines de l'éther, et pour recommencer une série d’exist* nces 
purgatives, si je demeure ignorant ou insuffisamment poli. (Pages 213 
et 306.) (1) 


(1) Comme le vrai pourrait ici ne pas paraître vraisemblable, nous citerons textuel¬ 
lement le Credo de M. Figuier. Il est dit, on propres termes, à la page 223, dernier pa¬ 
ragraphe : “ Nous croyons fermement qu’il s’opère une transmigration, une transmission 
d’âmes, ou de germes d'âme, à travers toute la série des classes d’animaux. Le germe 
filme sensible qui existait dans le zoophyte ou le molhuque passe, à la mort de ees être?, 
dans le corps d’un animal articulé. Du corps do l’animal articulé, quand ce rudiment 
d’âme sensible arrive chez le poisson ou le reptile , il subit un nouveau degré d’élabora¬ 
tion, et sa puissance s’accroît. Lorsque, s'échappant du corps du reptile ou du poisson, 
elle s’est logée dans l’enveloppe matérielle de l’oûeou, elle reçoit d’autres impressions 
qui deviennent l’origine de perfectionnements nouveaux. Enfin l’oiseau transmet au 
matnmlfèrs l’élément spirituel, déjà beaucoup agrandi et modifié. Du mammifère l’âme, 
ayant vu s’atugmenter le nombre de scs facultés, passe dans le corps de l’homme. « — 
Et à la page 225, M. Figuier s’écrie : « Un écrivain de nos jours a appelé le chien : Un 
T MMj ft te t d Vkwnmilé, il ne croyait pas parier aussi jaste. n 




— 213 — 

Nous avouons qu’on dépit do la science, nous proférons conserver le 
Credo des chrétiens. 

Terminons par une question grave ; comment des gçns sensés peq- 
Yônt-ils perdre le temps à lire de pareilles absurdités, qui n'ont même 
pas le mérite d’être neuves, mais qui ne sont que la redite des rêve¬ 
ries déjà ridiculisées du temps des Grecs et dos Romains? 

Comment des chrétiens peuvent-ils, en payant de tels livres* encou¬ 
rager à les publier? 

C’est une vérité déplorable, mais qu’il faut avoir le courage de 
dire : les livres qui pervertissent l’opinion publique, qui ébranlent la 
fqi et même le bon sens, ne trouveraient plus d’éditeurs si les hon¬ 
nêtes gens sentaient que leur devoir est de ne, pas les acheter. A la 
guerre, qui voudrait fournir les munitions à l’ennemi? Ernest aiw &- 


L HOMME ET liA BÊTE, par Arthur Mangin. 

Voici encore une production de lascimce : elle a naturellement quel¬ 
que analogie avec l’œuvre précédente- E auteur qui cependant écrit tin 
Correspondant, s’attache à ravaler l’homme au-dessous d.e la bête. En 
définition de M, deBonald : « l’homme est une intelligence servie par 
des organes, » le révolte ; parce que, suivant lui* elle n'est applicable 
qu’à l’homme porfeclionm et qu’elle ne convient pas aux AJfourons ni 
au* Caraïbes .(page 7),. Qn voit que nous sommes ici sur le terrain de 
Rousseau; l’homme, pour l’auteur, a commencé par l'état sauvage, e.t 
e’asfc, à son sens, une erreur 4e croire, 4'eprês la Bible, que Pieu a 
créé l’homme dans l’état d’innocence et de pleine raison. 

On comprend la mauvaise humeur avec laquelle un écrivain imbu de 
nés doctrines traite M, de Quatrefages, qui a le grand tort de vouloir 
mettre une séparation complète entre l’hommç et les bêtes. Ce n'est 
même pas assez de nous confondre avec les êtres sans raison ; on se 
moque agréablement de notre vanité, et l’on prétend nous prouver que 
l’instinct est supérieur à l’intelligence, et que par conséquent c’est la 
bête qui est souvent supérieure à l’homme. 

Pour qu’on ne soupçonne pas qu’il y ait quelque exagération dans 
notre appréciation, nous allons citer textuellement les phrases qui tom¬ 
bent sous nos yeux, en feuilletant l’ouvrage que nous avons lu avec 
grand'peine, parce que, à chaque page, notre dignité et notre foi étaient 
également blessées. 


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— 24 — 


« Chefc les bêtes l'instinct et Inintelligence se soutiennent et s’éclai¬ 
rent mutuellement, et tendent de concert à la même fin, d'où Ton peut 
conclure que, raisonnant peu ou point, les bêtes ne déraisonnent pas 
et qu’en somme elles ont plus que nous la sagesse en partage. 
(Page 42.) 

« M. de Bonald, au lieu de définir l’homme « une intelligence servie 
par des organes, « n'eût-il pas été plus près de la vérité en le définis¬ 
sant « des passions servies par une intelligence ? » 

« Qu’est-ce que le génie, sinon un instinct puissant, irrésistible, un 
art inné ? 

« Pascal enfant devinait, inventait les problèmes; Mozart, Beetho¬ 
ven, Haydn improvisaient des symphonies; Bonaparte organisait à 
Brienne des armées d’écoliers et gagnait des batailles. Ces futurs grands 
hommes, ces enfants prodiges étaient comparables au castor qui 
endigue les rivières, à l’araignée qui tisse sa toile, au chien de berger 
qui fait la police du troupeau. Comme ces estimables animaux, ils sa¬ 
vaient sans avoir appris. Qu’on ose dire encore que l’instinct est une 
qualité inférieure. 

« Presque tous les animaux sont susceptibles de soumission à 
l'homme, d’éducation et d'instruction. Toutefois le succès dépend plus 
encore de l’intelligence, delà docilité et des heureuses dispositions 
de l’élève que de l’habileté du maître. *» (Page 440.) 

Les commentaires sur de pareils textes sont superflus. Nous nous 
bornerons à dire que nous sommes heureux et fiers de voir que, dans 
notre nombreuse et si honorable clientèle, il ne s’est pas trouvé une 
seule personne assez mal inspirée pour nous demander un pareil ou¬ 
vrage. 

Comme nous le disions en parlant du livre précédent, il serait à sou¬ 
haiter que tous les catholiques comprissent leur devoir aussi bien que 
nos honorables agrégés. E. A. 




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DEUXIÈME PARTIE 


REVUE 

DES 

REVUES BIBLIOGRAPHIQUES ET LITTÉRAIRES 


ÉLECTION DE M. LITTRÉ à l’Académie française, par Mgr d’Orléans. 

1 vol. in-8°. — Prix : 1 fr. 

Nous croyons devoir recommander la lecture de la nouvelle brochure 
que vient de publier Tévêque d’Orléans. Après des désastres tels que 
l’histoire en rapporte peu de semblables, après une guerre étrangère 
poursuivie avec acharnement et une horrible guerre civile, il règne 
dans notre pays un tel aveuglement sur les causes de nos malheurs, 
qu'on vient de voir le corps qui est la représentation de la littérature 
française, couronner le pontife de l’athéisme et du socialisme. 

Que chacun donc s’excite à prier avec plus de ferveur, non-seule¬ 
ment pour soi, mais pour tous les fidèles, car le péril est grand. Nous 
sommes à la veille de voir s'ouvrir une université libre ayant pour but 
« d’éliminer l’hypothèse divine, >» c’est-à-dire de détruire dans les es- , 
prits cultivés et parmi le peuple toute foi à l’existence de Dieu et à 
l’immortalité de lame. « Toutes ces choses qui sont votre dernier bien, 
la raison, la philosophie, la société, la base de vos institutions, le prin¬ 
cipe de vos lois, le fond de vos doctrines, le sujet de vos livres, la pro¬ 
tection de votre foyer, les mœurs de vos enfants : voilà, dit Mgr Du- 
panJoup, ce que je défends. « ( D'après là Semaine religieuse,) 

MŒURS PITTORESQUES DES INSECTES par Victor Rendu, inspec¬ 
teur général de l'agriculture; 1 vol. in-12. Paris. — Prix : 2 fr. 

Des insectes, du pittoresque, du populaire, de la vulgarisation , ce n’est 
certes pas ce dont on manque pour peu que l’on passe en revue les ou¬ 
vrages publiés chaque jour. 


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— 26 — 

Mais, il faut l’avouer, ce dont on ne manque pas non plus, et dont 
nos notices doivent quelquefois porter la trace, c’est le perpétuel i.gace- 
ment de voir tous ces écrivains se modeler les uns sur les autres pour 
gjréconiser des doctrines qui en vérité finissent pas sembler inhérentes 
à ce genre de publication. Dès que j'ai aperçu certains titres, avant de 
commencer ma lecture il y a deux choses que je m’attends à rencontrer : 
l’instinct des animaux égalé à l’intefligence humaine, si bien qu’on finit 
par ne pas savoir quelle supériorité l’âme donne à l’homme, et même 
si elle lui donne une supériorité ; la Nature , auteur de tout ce que nous 
admirons, la Nature à laquelle il faut être reconnaissant. 

Remarquez bien, Nature avec une majuscule; quand ces messieurs 
ont mis la majuscule, c’est fini, tout est expliqué et nous ne saurions 
leur demander sans indiscrétion si, par hasard, la création ne donnerait 
pas l’idée d’un créateur. 

Or, voici que M. Vietor Rendu nous parle d'insectes, de leurs mœurs 
pittoresques, place son volume dans une série de littérature populaire. 
Bien sûr, c’est là de la vulgarisation, ou je ne my connais plus. Mais 
voilà aussi que tout en nous faisant admirer ses héros comme il en a 
bien le droit, il s’empresse de distinguer entre leur « sorte d’intelli¬ 
gence et la raison humaine *. Et voilà encore que, plus il examine 
ses insectes, plus il trouve dans son étude la révélation de Dieu et de 
la Providence. 

Du reste, quelques lignes de préface indiquent à la fois ce que con¬ 
tient le livre et dans quel esprit il est écrit 

* Le spectacle que présentent les insectes est un des plus attrayants 
qu'on puisse offrir à la curiosité studieuse. Quoi de plus merveilleux, 
en effet, que leurs instincts, leurs travaux, leurs ruses, leurs combats l 
c’est tout un monde en miniature. Les passions qui nous animent 
agitent aussi leurs sociétés : parmi eux, guerriers et chasseurs sout 
une image de la vie primitive; architectes et sculpteurs, maçons et 
tisserands, rappellent l’industrie et les arts de la vie civilisée. Mais 
c’est surtout dans le soin de leur propre conservation et la défense de 
leur postérité, qu’ils déploient toutes leurs ressources. A voir les com¬ 
binaisons réfléchies dont leurs actes souvent procèdent, il est impos¬ 
sible de leur refuser une sorte d’intelligence, bien distincte toutefois 
de la raison humaine. 

Faire connaître nos insectes les pins vulgaires sous ce jour presque 
nouveau, et faire ressortir en même temps la sollicitude providentielle 
qui veille sur leur destinée, tel est le but de ee livre. Puisse-t-il con- 


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— 27 — 


tribuer à développer le goût de l’histoire naturelle, vulgariser les immor¬ 
tels travaux des Swammerdam, de Réaunaur et des Hubert, et surtout 
convaincre le lecteur de cette vérité inscrite dans 1’ Imitation de Jésus - 
Christ : - 11 n’est pas de créature si petite et si méprisée qui ne nous 
« montre la bonté de Dieu. »» 

En deux mots, livre curieux et instructif, en même temps livre chré¬ 
tien. 

Nous nous y sommes arrêtés plus longtemps que sur bien d’autres, 
plus importants quant à l’étendue, afin de le recommander spéciale- 
meut, et afin de nous dédommager nous-mêmes de tant d’impressions 
pénibles dues « à la vulgarisation. » 

1ÆS FEMMES PIEUSES DE LA FRANCE, par Mme la comtesse 

Drohojowska. 2® édition, contenant une notice écrite par M. Villemaîn, de 

l’Académie française, sur Marie-Thérèse-Félicité Binard. 1 vol. in-12 de 

280 pages. Paris, 1870. — Prix : 2 fr. 50. 

Ces biographies commencent au xvii 0 siècle, époque de civilisation 
et de splendeur, continuent au xviii c , époque de dégénération dans les 
mœurs, et s’achèvent au xix®, époque où la diffusion du luxe et de la 
vanité amène l’affaiblissement de la foi et le relâchement dans lao- 
complissement des devoirs. 

Les héroïnes-de ces différents récits sont : Mmes Acarie (Marie de 
l’Incarnation), Louise de Marillac (dame Le Gras), Sainte Jeanne-Fran¬ 
çoise de Chantal, Marthe d’Oraison (baronne d’Allemaigne), Mme Mar¬ 
tin, dite en religion Marie de l’Incarnation (de Québec), Mine de Pol- 
lalion, Charlotte-Marguerite de Gondi (marquise de Magnelais), 
Madeleine de Vignerod (duchesse d’Aiguillon), Marie-FéliriedesUrsins 
(duchesse de Montmorency), Mecthilde du Saint-Sacrement, Armelle- 
Nicolas, dite la bonne Armelle, Mlle de Lamoignon, Mlle d’Epernon, 
Marie Bonneau (dame Miramion), Mme Héliot, la princesse de Conti, 
Mme de Saisseval, Blanche-Agnès Dubost, Marie-Thérèse-Félicité 
Binard, Mme Javouhey, Louise-Adélaïde Perrin et la marquise de 
Pastoret. 

Ce livre peut être répandu avec fruit, même dans les classes popu¬ 
laires. Il est bon de leur montrer ce que peut la foi pour le renonce¬ 
ment au plaisir et lia hiens du monde. Il est bon aussi de leur mon¬ 
trer comment se dévouent à leurs intérêts et à leurs souffrances, les 
femmes dont la aobfesee et la richesse sont sanctifiées par la piété. 


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— 28 — 


HISTOIRE DES PREMIERS SIECLES DU CHRISTIANISME (GRANDS 

FAITS DE L'HISTOIRE UNIVERSELLE, annales illustrées, 4 e série. 

1 vol. in-12 de 351 pages, avec 35 gravures sur bois. — Prix : 3 fr. 

Cet ouvrage embrasse les années qui s’écoulent depuis la fondation 
du christianisme et les temps apostoliques, jusqu’à la fin de l’empire 
d’Occident. C’est le récit de rétablissement de l’Église, des persécu¬ 
tions, du triomphe de la religion chrétienne sous Constantin, et des 
principales hérésies qui troublèrent l’Église sous ses successeurs. La 
marche est intéressante, l'esprit est bon, sauf une certaine tendance, 
assez de mode aujourd’hui, à expliquer les persécutions de telle sorte 
qu’en poussant un peu plus loin, on en viendra presque à les excuser . 
Du reste cet ouvrage est bon pour les jeunes gens comme pour les 
hommes parvenus à la maturité. 

LA REINE MARIE LECKZINSKA, par Mme la comtesse d'ÀRMAiLLÉ, 

née de Ségur. 2 e édition; i vol. in -12 de 237 pages. 1870. — Prix : 3 fr. 50. 

Mme d’Armaillé retrace d’une façon attachante et dans un style élé¬ 
gant, la vie de la vertueuse épouse de Louis XV : vie de privation au 
début, et, plus tard, d’épreuves et de déceptions au milieu des gran¬ 
deurs. 

La politique occupe peu de place dans ce livre, comme elle en occupa 
peu dans l’existence de Marie Leckzinska. 

Sans chercher à atténuer ou à laisser dans l’oubli les fautes de 
Louis XV, l’auteur en a parlé en termes discrets. Il y a cependant quel¬ 
ques mots qui ne nous paraissent pas assez réservés pour la jeunesse, 
ou pour les imaginations vives (spécialement le portrait séduisant de la 
duchesse de Châteauroux). 

HISTOIRE NATIONALE DES NAUFRAGÉS ET DES AVEN¬ 
TURES DE MER (période contemporaine), par M. Charles d’HERicAULT; 

I vol. in-12 de 388 pages. — Prix î 3 fr. 50. 

M. Charles d’Héricault a réuni dans ce volume, suivant l’ordre chro¬ 
nologique, les récits des principaux naufrages dont nos navires ont été 
victimes, ou qui ont eu lieu sur nos côtés depuis le commencement du 
siècle jusqu’en 1830. Ce sont, le plus souvent, les acteurs de ces drames 
maritimes qui nous racontent toutes les péripéties de leurs luttes hé¬ 
roïques, leurs souffrances et leur sauvetage providentiel. 

C’est ainsi qu’il a réussi à nous donner un livre plus émouvant que 


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— 29 — 

tous les romans, et qui a en même temps le sérieux d’une œuvre his¬ 
torique. Nous n’indiquerons ici dautres morceaux qu’un épisode de 
la bataille de Trafalgar et le naufrage de la Méduse . 

DEUX ANS DANS L'AFRIQUE ORIENTALE, par Émile Jouveaux; 

1 vol. in-8° de 384 pages. Illustration par Emile Bayard. 1^71. — Prix : 3fr. 50. 

Ce livre contient le récit d’un voyageur, qui traverse l’Afrique orien¬ 
tale, parcourt l’Abyssinie, assiste à la prise de Magdala par les Anglais 
et à la mort du roi Théodoros, et arrive aux deux grands lacs où le Nil 
prend sa source si longtemps ignorée. 

L’auteur a appris l’histoire et les mœurs des peuples du Haut-Nil, 
avec les intrépides savants, précurseurs des grandes découvertes qui 
viennent d’illustrer notre siècle, Ferret, et Galinier, Lefèvre, Burton, 
Lejean. Il a exploré les sources du Nil avec Speke, Grant, Baker, qui 
ont enfin arraché au « fleuve sacré » le secret de sa naissance. 

Le récit est intéressant, le style animé. Le lecteur s’initie sans fatigue 
aux mœurs, aux gouvernements, aux idées mêmes de peuples si éloi¬ 
gnés de notre civilisation. Chaque fois que l’occasion se rencontre, l’au¬ 
teur fait preuve d’un esprit chrétien. 

(Pour les ouvrages précédents , d'après le Bulletin pour la propagation 
des publications populaires .) 

L’ÉGLISE PATRONALE DE SAINTE-GENEVIEVE (PANTHÉON) 

pendant le siège et la Commune, 1870-1871, par M. l'abbé Bonnefoy, vice-doyen 

de Sainte-Geneviève. Paris, 1871. In-8° de luxe de 46 pages. — Prix : 1 fr. 

Notice très-intéressante sur l’histoire du Panthéon pendant le siège 
de Paris par les Prussiens, et pendant le règne de la Commune. Elle se 
termine par un vœu de l’auteur de faire de l’église un Westminster fran¬ 
çais, en y recueillant les tombeaux des grands hommes, qui seraient 
placés sous la protection de la vierge de Nanterre. Nous nous conten¬ 
tons de signaler ce vœu, qui n’a sans doute rieu que de légitime dans la 
pensée de l’auteur, mais qui, dans la pratique, pourrait amener plus 
d’un inconvénient ; il ne faut pas oublier que le Panthéon a été souillé 
par les tombeaux de Voltaire et de Jean-Jacques Rousseau. 

HEURES DE LOISIR OU MOMENTS PERDUS, fantaisies rhythmi- 

ques, par l'abbé Gounelle. Paris, 1872. I vol. in-8° de 192 p. —Prix : 2 fr. 

Voici un poète qui ne s’en fait pas accroire; il ne se donne pas comme 
tel, il prétend n’offrir au public, parce qu’on l’en a prié, que des rimes 
honnêtes, et, précisément parce qu’il a rendu simplement ce qu’il sentait, 
Ü a rencontré la poésie. Tout est chanté dans ces modestes fantaisies : 


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— 30 — 

la religion, la famille, lamifié, et aussi la patrie, dont les malheurs ont 
inspiré plus d’un morceau. Lisez le Coin du feu , Si j'étais riche , le Frère 
ainèy Je ne veux plus chanter , et cette délicieuse pièce des Boiteux , qui 
rappelle le Charme de Vaveugle de M. le comte de Ségur, et vous verrez 
que l’auteur a bien fait de céder aux prières qui l’ont forcé de tirer 
toutes ces belles fleurs de son herbier. Pour se faire pardonner plus 
sûrement, il a voulu que son livre se vendît au profit des victimes de 
la guerre : c’est une bonne œuvre ajoutée à ses gracieux vers, et, pour¬ 
quoi ne le dirions-nous pas, puisque nous le savons? à beaucoup d’au¬ 
tres bonnes œuvres : ceux qui connaissent le bon abbé ne nous démen¬ 
tiront pas. (Pour les ouvrages précédents d'apres les Annales catholiques.} 

BOURDALOUE disposé en sujets de lecture et de méditation, par M. l’abbé 

Herbet, chanoine honoraire d'Amiens, missionnaire apostolique; 2 vol. in-12 

de xu-540 pages. — Prix : 5 fr. 

Les meilleurs critiques, depuis le temps de Louis XIV jusqu’à nos 
jours, sont d’accord pour regarder Bourdaloue, non-seulement comme 
un penseur profond et un théologien de premier ordre, mais encore 
comme un écrivain accompli, digne d’avoir sa place mar ruée parmi les 
premiers dn grand siècle littéraire où il a vécu. 

Pour faire lire et goûter par les lecteurs modernes le grand prédi¬ 
cateur du xv!i e siècle, M. l’abbé Herbet a pris un moyen aussi ingé¬ 
nieux qu’efficace. Profitant des nombreuse divisions et subdivisions 
de ses discours, il a su les découper avec habileté, les distribuer par 
parties, et les donner au lecteur pour ainsi dire à petites doses; il a 
fait un choix au milieu de tant de richesses, pour n’offrir que celles qui 
sont le plus en harmonie avec les besoins généraux des âmes ; chaque 
lecture traitant un sujet spécial de dogme ou de morale, n’occupe pas 
plus de quatre à cinq pages. C’est un excellent travail qui, en deux 
volumes assez restreints, embrasse ce qu’il y a de plus remarquable 
dans les sermons de Bourdaloue. 

Le premier volume contient la partie dogmatique, où il est traité 
de tous les mystères de la vie de Jésus-Christ et de la très-sainte 
Vierge. — Le second volume comprend la partie morale, où sont 
traités les sujets qui ont rapport aux principaux devoirs de la vie 
chrétienne et aux grandes vérités du salut. 

Cet ouvrage convient aux hommes instruits et sérieux, aux jeunes 
gens qui ont fait d’assez fortes études, et à quelques femmes douées 
d’une intelligence cultivée. (D'après la Bibliographie catholique.) 


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LES DEUX ORPHELINS, ou Marie pour mire , par Mme de Sainte-Mabih 
•I vol. in-i2 de 318 pages, 1869. — Prix : 1 fr. 50. 

Laurentio d’Orazi a été obligé de fuir son pays, l’Italie, afin de se 
soustraire à la peine de mort qu’il avait encourue pour crimes poli¬ 
tiques. Il s’est réfugié avec sa femme Angèle et ses deux enfants dans 
les montagnes du Dauphiné. Il ne tarde pas à mourir. Angèle, sentant 
qu’elle lui survivra peu et quelle va laisser Urbain et Paula sans aucun 
appui sur la terre, cherche pour eux un appui dans le ciel; elle les oon- 
sacre à la sainte Vierge et leur donne Marie pour mère. 

U malheureuse femme meurt en effet; les orphelins ne sont pas 
seulement exposés à tous les dangers qui menacent deux pauvres 
petits enfants complètement isolés : des intrigues horribles s’ourdissent 
autour d'eux. Rupert de Ferolz, le perfide parent qui a entraîné Lau¬ 
rentio à sa perte, veut à tout prix se défaire d’eux pour avoir leur 
héritage. De là des complications dont nous ne pouvons donner le 
détail et des situations très-dramatiques dont les deux enfants sortent 
toujours sains et saufs, grâce à la protection de leur Mère du ciel; les 
orphelins se disent que, protégés si visiblement par le Ciel, ils ne 
doivent pas chercher leur félicité sur la terre, et chacun entre dans un 
couvent. Ce récit est à la fois pieux et rempli de mouvement. 

LE DROIT CHEMIN, souvenirs des enseignements de première communion. 

par M. F. Lebabié-Dechamptbhay. .1 vol. in-12 de viu-498 pages, 1866. — 

Prix i 3 fr. 

Ce livre ne convient pas a l’enfance. Ses points de vue ne sont point 
appropriés à cét âge, et certains conseils seraient non-seulement pré¬ 
maturés, mais d’un fâcheux effet. Mais les jeunes gens et même les 
adultes y trouveront de bons enseignements et de précieux souvenirs. 
Ce serait beaucoup l’améliorer, suivant nous, que d’en faire disparaître 
dans une autre édition ce qui s’adresse aux enfants. 

M. Lemarié Dechamptenay s’est attaché à retracer les devoirs d’une 
"'me rentrée par la confession et la communion dans lavoie, la vérité et la 
vie. Il a voulu surtout demander des arguments au bon sens et à la 
raison pratique. 

-Ce procédé de démonstration répondra aux désirs d’un assez grand 
nombre d’esprits à notre époque. II ne faudrait pas en abuser, parce 
qu’il produit une certaine tendance à faire tomber dans le naturel ce 
qui est et doit rester surnaturel. L’auteur n’a pas toujours échappé à 
cet inconvénient, notamment dans ses chapitres sur Jésus-Christ. 

(D’après le Bulletin des publications populaires.) 


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BULLETIN SOMMAIRE 


DES 

PUBLICATIONS RÉCENTES 


Almanach de V atelier, in-16 de 120 pngcs. 

25 e. 

Almanach du laboureur et du vigneron, 
in-16 de 120 p. 2o e. 

Armée de la Loire (la première), par le 
général d’Aurelles de Paladines , in S.° 
cavalier avec ! cartes coloriées et le» fac -si 
mile d’un ordre du gouvernement de 
Tours. 3 ^ r - 

Bon sens delà Foi[ le), par le P» Causette, 

2 grosin-8°. 1- fr* 

Crimes de l'éducation française (les), par 
M. Laurentie ; un vol. in-8° de 82 p. 2 fr. 

Campagne des zouaves pontificaux en 
France, sous les ordres du général baron 
de Charette; un vol. in-12. 2 fr. 50. 

Fayoum , le Sinaï et Petra, expédition dans 
la moyenne Egvpte, sous la direction do 
Gerome, par P. Lenoir; un vol. in-12 avec 
13 gravures. * fr. 

Fleurange. par Mme Craven; 2 vol. in-12. 

6 fr. 

France armée (la), Je soldat, sa condition, 
ses devoirs, par M. la Houssay; un vol. 
in-12. 3 fr. 

F tires pendant la guerre { les) de 1870-1871, 
un fort vol. in 8°, par J. d’Arsac. 8 fr. 

Histoire de S. Ambroise , par M. l’abbé 
Baunard, chanoine honoraire d'Orléans, un 
vol. in 8°. 7 fr. 50 

Histoire de S. Paul , apôtre et docteur des 
nations ; de ses prédications, de ses mira¬ 
cles , de ses courses apostoliques, de son 
glorieux martyre, divisée en 5 livres, par 
M. l’abbé Maistre, un vol. in 8°. 6 fr. 

Internationale au ban de VEurope, docu¬ 
ments par Oscar Testut, un fort vol. in 8°. 

V 8 fr. 

Livre bleu de V Internationale (le), par Oscar 
Testut, un vol. in-12. 3 fr. 

Lettres d'un intercepté , par A. de Pont- 
martin, un vol. in-12. , 2 fr. 

Maison rustique des dames (la), (nouvelle 
édition), par Mme Millet-Robinet, 2 forts 
vol. in-12 de 1368 p. et 269 gravures. 

7 fr. 75 


Méditations à l'usdge du clergé et des fidèles, 
pour tous les jours de l’année, par M. le 

Le Gérant, F. WATTEL1ER. 


curé de Saint-Sulpice, 3 vol. in-18 jésus. 

9 fr. 

M'rurs, usages et costumes au moyen âge, 
et à l’époque de la renaissance, par P. La¬ 
croix, ouvrage illustré de chromolithogra¬ 
phies et de 440 gravures, un vol. in-4° 
broché. 25 c. 

Le même, relié, 32 c. 

O raison funèbre de Mgr Darboy , par le R. P. 
Pcrraud, un vol. in-8®. 1 fr. 50. 

Oraison funèbre du R. P. Captier, et des 
douze autres martyrs d’Arcueil, par le R. 
P. Pcrraud,un vol. in 8®. 1 fr. 50 

Opinion de Bismarck sur la République, 
l’Empire et les Bourbons en France, lettre 
attribuée au prince, et traduite par Georges 
Romain, brochure in-32. 25 c. 

Paroles de l'heure présente , par le R. P. 
Perraud, un vol. in-12. 3 fr. 50 

Restauration de la France (la), par M. Am. 
de Margerie, un vol. in-12. 3Tr. 50 

Rome, notre capitale, par Mlle Z. Fleuriot, 
un vol. in-12, orné de 96 gravures. 4 fr. 

Rome pendant le concile , 1869-1870, par 
M. Louis VeuiUot, 2 vol. in 8°. 12 fr. 

Récits évangéliques : unité, préci sion, har¬ 
monie, des quatre textes, examen critique 
et synoptique des faits,par l’abbé Chevalier, 
un vol. in-8®. 1 fr» 

Une Parisienne sous la foudre, par Mlle Z. 
Fleuriot, un vol. in-12. 2 fr. 50 

Souvenir des voyages du comte de Cham¬ 
bord, par le comte de Locmaria, un vol. 
in-12. 3 fr * 50 

Trois républiques , deux empires, trois 
monarchies en un siècle, une brochure in- 
24 de 60 p. 50 <*• 

Vie de S. Dominique , par le P. Lacordaire, 
un vol. in-12, nouvelle édition. 3 fr. 

Vie du comte Rostopchine , par M. le comte 
de Ségur, un vol. in 8°. 6 fr. 

Voyage autour du monde. — La nouvelle 
Calédonie , par J. Garnier, un vol. in-18, 
avec une carte. 4 fr. 

Voyage à la côte orientale d'Afrique, 
pendant l’année 1866, parle R. P. Borner, 
un vol. in-12, par Mgr Gaume, 3 fr. 


PARIS. — IMPRIMERIE ADRIEN LE CLERE, RUE CASSETTE, 29. 


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Tome Vil. — N. S. 


Février 1811 , 


REVUE 

BIBLIOGRAPHIQUE ET LITTÉRAIRE 


A NOS RESPECTABLES AGRÉGÉS. 

Voici un exemple de ce que nous pouvons faire, par votre bien¬ 
veillant concours, pour l’œuvre qui nous est la plus spéciale : la 
propagation des bons livres. 

Nous avons recherché parmi tous les ouvrages inspirés par le 
régime odieux de la Commune, celui qui était le plus propre à 
exciter la curiosité, et à faire ressortir tout ce qu’il y a d’affreux 
et d’anti-social dans ce gouvernement des adeptes de l'Internatio¬ 
nale. 

Pour éclairer les masses, les faits valent bien mieux que les 
raisonnements : il faut une intelligence développée par l’étude 
pour déméler les sophismes et comprendre les conséquences 
nécessaires des fausses théories sociales; quand ces théories sont 
mises en action, le simple bon sens et l’équité naturelle se ré¬ 
voltent à la vue des conséquences nécessaires de leur application. 

C’est pour cela que les plus zélés d’entre vous nous ont pressés 
de publier, au plus bas prix possible, l’ouvrage qui serait jugé le 
plus propre à porter au sein des masses la connaissance du régime 
engendré par les gens de l’Internationale. 

Hais comme le moyen pratique de cette propagande consiste 4 
garantir, à l’avance, le placement d’un nombre considérable 
d’exemplaires, ceux qui ont bien voulu nous aider à faire le choix 
de l’ouvrage à reproduire, ont eu soin, en même temps, de sou¬ 
scrire pour mille exemplaires. 

Ainsi soutenus efficacement, nous avons montré au respectable 
auteur notre but tout désintéressé, et il nous a été facile d’obtenir 
de lui non-seulement l’autorisation nécessaire, mais le concours 
le plus bienveillant. 

Aujourd’hui, nous venons offrir 4 tous nos agrégés la facilité 
de répandre un livre excellent, qui coûtait en librairie deux francs 
et qu’ils pourront acquérir pour cinquante centimes : c’est le 

T. VII. 3 


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— 34 — 


remarquable ouvrage de l’apôtre de la Chine, le R.P. Perny, qui 
a partagé la captivité des otages massacrés à la Roquette. 

Nous osons espérer que plusieurs d’entre vous, respectables 
agrégés, suivront ce généreux exemple : c’est en assurant le pla¬ 
cement d’une partie considérable de l’édition, qu’on peut nous 
mettre à même de livrer, à prix de revient,les meilleurs ouvrages 
pour la propagande. 

Il y aurait encore un autre moyen, quand on a jugé un livre 
digne d’ètre répandu, et offrant des chances certaines de succès : 
on pourrait nous avancer les fraisd’impression, qui, bien entendu, 
seraient remboursés par les premiers produits de la vente. Votre 
haute position sociale, la culture de votre esprit, votre connais¬ 
sance des besoins de l’époque, votre contact avec les populations 
des diverses provinces de la France, vous mettent à même, res¬ 
pectables agrégés, de juger, mieux que nous, de l’utilité et des 
chances de succès d’un ouvrage ou d’une brochure. 11 nous suffit 
d’ètre votre agent et le collaborateur de vos généreuses entre¬ 
prises. 

Si cependant il en était parmi vous qui, faute de temps, ou par 
une trop grande défiance de leurs propres lumières, hésitassent 
à choisir eux-mêmes, tout en comprenant cependant le mode 
d’action que nous exposons, nous sommes à leur disposition pour 
leur proposer, d’accord avec notre conseil de rédaction, les ou¬ 
vrages les plus utiles à propager en ce moment pour la défense 
des principes conse* xateurs, religieux et sociaux. 

Quand on sait les nombreuses bénédictions aooordées avec tant 
d’empressement par l’auguste chef de l’Église à tous ceux qni 
défendent la vérité par les journaux on les livres, on comprend 
qne ceux auxquels Dieu a donné les dons de la fortune et de l’in¬ 
telligence soient désireux de prendre la part la plus active à cette 
importante propagande. Ce ne sont pas les bons ouvrages qui 
manquent : ils existent en éditions trop chères ou en manuscrits : 
ce qui fait défaut à leur propagation, ce sont les moyens pécu¬ 
niaires pour Les mettre en circulation à bas prix, condition indis¬ 
pensable pour qu’on puisse les donner en grand nombre et 
engager l’homme du peuple à les acheter. 

Il y a longtemps que nous mûrissons oes idées, mais on a tant 
abusé des théories que nons ne . voulions point parler avant de 
montrer la chose en action : oe que nous venons d’exposer a 


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35 — 


aujourd’hui la sanction du fait; nos idées sont réalisables, puisque 
nous en présentons le premier produit, et nous avons, pour ré¬ 
pondre à toutes les hésitations, l’axiome irrécusable : ab actu ad 
possibile valet conclusio : cela se fait, donc c’est possible; qu’il 
nous soit permis d’espérer que cela se fera encore et souvent. 


PREMIÈRE PARTIE 


OUVRAGES ÉDITÉS PAR NOUS OU DONT NOUS AVONS ACCEPTÉ 
LA PROPAGATION SPÉCIALE. 

DEUX MOIS DE FRISON SOUS LA COMMUNE, suivis de détails 
authentiques sur l'assassinat de Mgr l’archevêque de Paris, par Paul Pebny, 
de la congrégation des Missions étrangères, l’un des otages de la Commune, 
condamné à la Roquette. — 1 volume in-i8 de 226 pages. — Prix : 1 fr. 
pour nos agrégés, 50 c. 

Notre édition, publiée avec le concours et sous la direction du res¬ 
pectable auteur, ne laisse rien à désirer comme exécution matérielle ; 
nous n’avons pas cherché à entasser la matière dans des pages com¬ 
pactes, en caractères peu lisibles; il nous semble qu’il ne suffit pas, 
pour répandre un livre, qu’il soit donné à bon marché, il faut de plus 
que par la forme il offre une lecture attrayante et facile. Nous avons 
retranché les listes de noms propres, qui n’offrent plus d’intérêt pour 
la masse des lecteurs. Du reste on trouvera la suite complète du récit si 
émouvant qui a excité l’admiration de toute la presse catholique. Il 
est curieux de voir un apôtre de l’extrême Orient, en contact pendant 
longtemps avec les mandarins chinois, réduit à reconnaître dans ses 
compatriotes des hommes plus pervers, plus profondément dégradés, 
que ceux qui sont la honte delà Chine. Il n’est pas jusqu’à la compa¬ 
raison des prisons chinoises avec notre établissement modèle de Mazas 
qui ne tourne au désavantage des progrès de notre civilisation . La 
position exceptionnelle du P. Paul Perny, son long séjour en Chine, 
sa haute intelligence, ses connaissances variées, l’élévation de son 
caractère, tout se réunit pour donner à son journal un attrait irré- 


le 



— 36 — 


sistible. On peut attendre les plus heureux fruits de la propagande de 
cet écrit. Il est dit pour les grands hommes que leurs actions sont 
leurs plus belles louanges ; de même pour les types de perversité que 
nos révolutions ont mis en relief, il n y a point de flétrissure plus 
sanglante que la peinture vive et sincère de leurs méfaits et de leurs 
attentats. 


JOURNAL DE CE QUI S’EST PASSÉ A LA TOUR DU TEMPLE 

pendant la captivité de Louis XVI, par J.-B.-C.-H. Cléry. — Prix, broché : 

iO fr. pour nos agrégés, 7 fr. 50. Relié 14 fr. pour nos agrégés, 11 fr. 

Cette magnifique édition est un véritable monument historique, qui 
a sa place marquée dans toutes les bibliothèques. Elle se distingue de 
toutes les autres par la suite de ce journal laissé par Cléry, et une 
foule de notes inédites. Elle est illustrée de magnifiques gravures en 
taille-douce sur acier, portraits authentiques, scènes, plans, fac-si¬ 
milé , etc. Enfin elle est enrichie de la vie de l'auteur par M nes de 
Gaillard, ses petites-filles. Ces nobles personnes n avaient d autre 
patrimoine que leur gloire, et c'est dans la généreuse pensée de leur 
venir en aide qu’un homme de convictions généreuses a fait largement 
les frais de ce splendide volume. 

On voit que tous les motifs se réunissent pour que nous adoptions 
cet ouvrage comme notre bien, certains que nos respectables agrégés 
nous seront reconnaissants de le leur avoir fait connaître et en même 
temps de leur en faciliter l'acquisition. 

Voici en quels termes un publiciste, dont le nom est déjà une grande 
recommandation, a parlé de cet ouvrage : 

« Le Journal du Temple , dit M. de Riancey, est une des meilleures 
études à offrir aux générations présentes. Je ne crois pas me tromper 
en affirmant que la présente édition a reçu tous les soins qui la doivent 
recommander aux suffrages publics. 

« Ce. sont les petites-filles de Cléry qui l'ont préparée elles-mêmes. 
La gloire de leur aïeul est leur seul patrimoine, et elles le gardent avec 
une légitime et fière dignité. 

« Dans le trésor de leurs souvenirs de famille elles ont puisé des 
richesses inédites : d'abord la suite du Journal du Temple, c'est-à-dire 
le récit du temps écoulé depuis le 21 janvier jusqu'à la mise en liberté 
de Cléry. Là encore Cléry s'efface entièrement pour ne répéter que ce 
qui regarde la Reine, Mme Élisabeth, Mme Royale, l’infortuné 


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— 37 — 


Louis XVII. C’est un des chapitres les plus touchants de ces douleur s 
royales, dont Tamertume ne sera jamais assez dévoilée. Des notes, 
presque toutes nouvelles, viennent jeter une vive lumière sur des 
particularités intéressantes, indiquées seulement dans le texte. On y 
remarquera toute la correspondance, si précieuse pour l’histoire, que 

valut à Cléry la publication du Journal du Temple .Les principaux 

de ces documents sont reproduits $n fac-similé, avec une perfection 
saisissante. De ces temps si féconds en horreur et en héroïsme tout 
reparaît, tout revit avec une réalité consolante et terrible. 

« Enfin des gravures nombreuses reproduisent, d’après des minia¬ 
tures authentiques, les portraits du Roi, de la Reine, du Dauphin, 
de Mme Royale et de Mme Élisabeth. Ces miniatures sont les der¬ 
nières qui aient pu être exécutées, puisque l’une d’elles a été achevée 
dans la tribune du logographe. Le Temple, les dispositions intérieures 
et extérieures, les plans de la tour et du jardin, permettent de suivre 
le récit avec un intérêt d’autant plus réel, que les vestiges mêmes de ce 
monument, consacré par le martyre, ont disparu. D’autres planches 
donnent le dessin de plusieurs objets qui ont appartenu à la famille 
royale, qui lui ont servi dans sa captivité, et qui, légués à Cléry comme 
souvenirs, sont devenus des reliques inappréciables. 

« Tel est ce volume, qu’on a tâché de rendre digne et des infortunes 
sans exemple qu’il raconte et de celui sur la tombe de qui l’orpheline 
du Temple a voulu qu’on écrivît ce seul mot : Au fidèle Cléry . « 

De son côté un écrivain encore plus respectable, M. Laurentie, a dit 
en parlant de cette édition du journal de Cléry : - 11 faut que ce livre 
entre partout où se conserve le respect de la fidélité : n’y a-t-il pas en 
France dix mille familles qui sentent le besoin de se raffermir et de 
se consoler par ce noble exemple? Que toute la France achète àl’envi 
ce livre ; il est beau, il n’est pas cher; il est instructif et attendrissant ; 
en fin de compte, c’est un bon marché que je propose. * 


COURS DE LITTÉRATURE POÉTIQUE, par un professeur de littéra¬ 
ture. 4 vol. in-12 de iv-336 pages. — Prix : 2 fr. 50, pour les agrégés 
•I fr. 00 c. 

L’auteur a eu pour but de composer un traité vraiment didactique et 
élémentaire, il a adopté le système des demandes ou questions dans 
texte; il a été approuvé en cela par un ancien inspecteur de l’univer- 


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— 38 — 


sité qui lui a écrit: « Votre ouvrage me paraît très-heureusement conçu 
et parfaitement divisé. Le système des livres élémentaires par de¬ 
mandes et par réponses n’est plus en vogue ; mais il ma toujours semblé 
regrettable pour Futilité pratique qui manque à beaucoup de traités... » 

Cette poétique est très-complète, l’auteur adonné aux préceptes un 
juste développement qui les fait bien comprendre. Plusieurs prélats 
ont écrit des lettres de félicitation^ très-explicites: nous citerons celles 
de Mgr l’Evêque de Rodez; elle suffira pour faire sentir à nos lecteurs 
toute l'importance et le mérite de cet ouvrage classique. 

« Monsieur l’abbé, 

« J’ai fait examiner par un homme très-compétent le volume inti¬ 
tulé : Poétique etc. D’après le rapport qui m’a été adressé, j’ai la satis¬ 
faction de vous dire que ce livre ne contient rien dé contraire aux prin¬ 
cipes de la saine doctrine en ce qui touche la foi et les bonnes mœurs. 

« Mais il a encore d’autres mérites. En traitant des divers genres 
de poésie eten assignant à chacun d’eux ‘e caractère qui lui est propre, 
vous n’avez pas manqué, dans l’occasion, de signaler les abus si fré¬ 
quents qu’on en a faits en détournant ce bel art de son noble but, qui est 
d’élever lésâmes au bien suprême et au beau idéal, au lieu de les abais¬ 
ser vers les inclinations grossières, et de leur faire respirer l’atmos¬ 
phère impure du vice, comme l’ont pratiqué tant d’écrivains corrupteurs. 

n Les auteurs et les ouvrages cités dans votre intéressant volume sont 
appréciés comme ils le méritent, une juste part d’éloge et de blâme leur 
a été faite, et un légitime hommage est rendu à la divine poésie de nos 
livres sacrés, si souvent dédaignés par nos partisans ignares ou fana¬ 
tiques de l’irréligion contemporaine. Cette nouvelle poétique peut donc 
être mise très-avantageusement entre les mains des jeunes humanistes : 
car non-seulement elle ne leur offre aucun danger au double point de 
vue des croyances et des mœurs, mais elle est encore très-propre à 
éclairer leur esprit, à épurer leur goût et à orner leur cœur. 

« Je vous félicite, Monsieur Fabbé, d’avoir publié ce travail cons¬ 
ciencieux qui mérite une place distinguée parmi les livres classiques 
édités de nos jours, et je ne puis que vous souhaiter de nombreux lec¬ 
teurs dans les maisons d’enseignement, ainsi que parmi les gens du 
monde amateur de la bonne littérature. 

« Louis, Evêque de Rodez. » 

Nous n’avons rien à ajouter à une appréciation si explicitement ino- 




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tivéeet donnée par un juge très-compétent; il ne nous reste qu'à former 
des vœux pour que ce bon livre obtienne tout le succès qu'il mérite. 

R. Vicot. 


LA RÉGÉNÉRATION RU MONDE, opuscule dédié aux douze tribus 

d'Israël, par Joseph de Félicité. 1 roL grand in-S° de 492 p* — Prix ; 3 ûr. 

pour les agrégés, 2 fr. 

Tous les esprits convaincus,. avec raison, de grandes catastrophes 
prochaines, se préoccupent des prophéties publiées à profusion de nos 
jours. Nous ne voulons pas entrer dans l’examen de la valeur relative 
de ces publications : il est certain que notre époque est destinée à 
voir l’accomplissement de plusieurs de ces prophéties, réalisées en 
partie sous nos yeux depuis deux ans. L’ouvrage qui nous occupe a 
un caractère plus général ; il s’attache, comme l’indique son titre, à la 
conséquence dernière des grands faits dont nous paraissons devoir être 
témoins. Avec une connaissance rare de nos jours de l'Ecriture 
sainte, il s’efforce de démontrer que, après la conversion ou la des¬ 
truction des impies par un déluge de feu, le monde régénéré verra 
sur la terre purifiée le règne temporel de Jésus-Christ et la glorifica¬ 
tion spéciale de la race juive. 

Il y a assurément des opinions peu communes et très-hardies dans 
ce livre; mais l’auteur, humble enfant de l’Église, ne s'érige point en 
docteur infaillible et recule devant la pensée de contredire une proposi¬ 
tion définie dogmatiquement par l'Église. Il marche en s'appuyant sur 
les textes de l’Écriture sainte commentés par des auteurs graves et 
sur les opinions émises par les Pères de l’Église. 

Sans nous prononcer sur la valeur doctrinale de cette étude, nous 
ferons remarquer que l’interprétation des prophéties a un caractère 
consolant qui manque dans la plupart des ouvrages de ce genre. La 
lecture de ces pages, en inspirant assurément la crainte de la colère 
de Dieu, laisse à ceux qui l’aiment la confiance dans sa tendresse qui 
peut encore, dans l’embrasement général, envoyer l’ange qui avait 
formé au milieu de la fournaise un vent frais et une douce rosée autour 
des compagnons de Daniel, de sorte que le feu ne les atteignit point 
et ne leur causa aucun mal. 

Les dernières lignes de l'auteur, ( qui écrivait en 1860,) prouveront 
qu*il prévoyait le prochain accomplissement des catastrophes mainte¬ 
nant commencées. On y verra aussi l’expression de sa modestie, gage 


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certain de sa parfaite docilité à l'égard de renseignement infaillible 
de TÉglise. 

« Il n'y a plus de doute que le temps de la bienheureuse rénovation 
de toutes choses ne soit proche , et quoique personne ne puisse en 
savoir ni l'heure ni le jour, il ne faut pas être prophète pour prévoir la 
fin de l'état actuel : Encore y ingt ans, et Dieu aura beau jeu l disait Vol¬ 
taire. Nous pourrions retourner contre lui ces paroles. Oui! bientôt le 
rôle des impies sera joué, Yimpiété sera étouffée dans le feu, et le rideau 
de la félicité sera levé! Ce sera le grand fait accompli ! 

Ainsi il n'y a plus pour personne, quelque âgé qu'il soit, une im¬ 
possibilité absolue de vivre assez de temps pour jouir delà bienheu¬ 
reuse régénération du monde. 

Pour ce qui nous regarde, loin de nous de vouloir nous donner une mis¬ 
sion quelconque dans cette grave question; non,loin de là,nous nous pla¬ 
çons humblement parmi les spectateurs. Dans l'attente de T évènement, 
et pour ainsi dire en présence du monument qui se dresse devant nous, 
nous poussons avec timidité le cri de Bresca : Mouillez les cordes, au 
risque de subir la peine portée contre les imprudents qui rompent le 
silence imposé aux inhabiles. » 


CRITIQUES ET RÉFUTATIONS. M. Henri Martin et son histoire de 

France, par Henri db TÉpinois. i vol. in-12 de xi- 480 p. Prix : 3 fr. 50 c. 

Nous ne saurions assez louer et recommander ce volume : il nous 
arrive trop tard pour que nous puissions en composer nous-même un 
compte rendu digne de son importance, mais nos lecteurs pourront 
juger du mérite et de l'opportunité de l’ouvrage par les extraits sui¬ 
vants de la préface et de la conclusion de l'auteur. 

« Je n'ai pu, on le conçoit, ni relever, ni encore moins réfuter toutes 
les erreurs. L'essentiel était d'indiquer, par quelques exemples pris au 
courant de la plume, quel but l'auteur avait poursuivi, et comment on 
pouvait venger la vérité historique déplorablement outragée. 

« Des jeunes gens studieux pourront, je l'espère, trouver un pro¬ 
gramme d'études dans cet aperçu de faits qu'il s’agit d'éclaircir, de 
thèses qu'il convient d'élucider, afin de ramener à la vérité des esprits 
méfiants ou troublés. Ce travail n'aurait-il d'autre mérite que d’indi¬ 
quer exactement les positions prises par les rationalistes, que je ne 
l'estimerais pas inutile. Il ne faut pas, en effet, égarer ses coups, et 


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Ton ne connaîtra jamais assez le but et la tactique de nos adver¬ 
saires. 

Dans une page de son Histoire de France , M. Martin a porté contre 
la Révolution la plus forte accusation, lorsqu'il a dit (1) : - Elle a 
voulu supprimer le temps et la tradition, il faut renouer l’une et subir 
les conditions de l’autre. » C'est fort bien; mais alors pourquoi écrire 
seize volumes afin de briser tous les liens qui pourraient nous ratta¬ 
cher au passé, et flétrir ces traditions catholiques et monarchiques de 
notre pays qui ne sont pas sans gloire? Pourquoi écrire seize volumes, 
où la physionomie des faits est faussée, où on dissimule les uns, où on 
exagère les autres, pour exciter des préjugés haineux, pour flatter les 
passions et justifier ainsi ses propres méprises sur les véritables con¬ 
ditions et les légitimes besoins de notre temps? Telle est cependant 
l’œuvre poursuivie par M. Henri Martin, dans son Histoire de France , et 
c’est ainsi qu’elle empêche la paix de l’avenir et continue la Révolu¬ 
tion. 

Or les idées, ne l’oublions jamais, marchent toujours en avant des 
faits. Si donc nous flétrissons justement les attentats qui viennent 
par moments épouvanter le monde, ne devons-nous pas réserver une 
large part de notre blâme pour les écrits où sont proclamées les doc¬ 
trines qui logiquement y conduisent? La sincérité des convictions, la 
bonne foi, si l’on veut, de l’auteur, le mélange de certaines idées géné¬ 
reuses ne font que rendre le mal plus redoutable. Il est immense, car 
l’effort du rationalisme révolutionnaire signalé ici se joint à d’autres 

efforts.Puissions-nous, pour le prévenir, secouer notre i ndifférence 

et ranimer notre ardeur! Puissions-nous engager toujours, sur le 
terrain des idées où se préparent les faits qui nous accablent, ces luttes 
de l’intelligence, si difficiles à soutenir, je le reconnais, et quoique 
moins appréciées, encore plus utiles à la société que les mêlées san¬ 
glantes où se décident ensuite, et en un jour fatal, les destinées de la 
patrie! Que l’on ne s’y trompe pas : pour triompher dans ces luttes, il 
faut aussi beaucoup de discipline, beaucoup d’énergie et beaucoup de 
travail. 

La science, la critique sont partout invoquées : c’est au nom de la 
science qu’on attaque : que la science vienne donc à la défense. 
• L’œuvre de notre siècle, a dit un ami intime du P. Lacordaire, est de 
rétablir la vérité dans l’histoire. Dieu dirige évidemment vers ce but 


(1) T. XVI, p. 674. 


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— 42 — 


les efforts de la science, et ce témoignage suprême de l’histoire sera 
encore pour l’Église un triomphe déplus (1). » 

Après avoir discuté et mis à néant les sophismes de M. Henri 
Martin, dont la conclusion est que « dans l’avenir la monarchie est 
impossible et le catholicisme inutile, » M. Henri de PEpinois termine 
par les pages suivantes : 

« Partant de cette idée que Ja société était mauvaise, on voulut non 
9 seulement l’améliorer, — ce qui était juste, — mais la refaire, — ce 
qui était absurde, — et pendant quarante ans le monde vécut sur cette 
idée. Que devait-elle produire ? « Le xvm® siècle avait rêvé dans les 
écrits de ses philosophes un homme nouveau... L’assemblée consti¬ 
tuante établit une France nouvelle divorçant avec son passé (2). » 

Voilà le mal indiqué en deux mots, et M. Guizot a écrit encore ces 
graves paroles qu’on ne saurait trop méditer, et que j’oppose avec 
confiance aux jugements passionnés, faux et haineux présentés par 
M. Henri Martin : « Que fallait-il pour que la France, de concert avec 
son roi, accomplît dans ses lois et son gouvernement les réformes et 
les progrès dont elle avait besoin? Il fallait précisément ce qui ne se 
rencontra point, il fallait que la France ne voulût et ne cherchât que les 
réformes et les progrès dont elle avait besoin. » Et M. Guizot ajoute 
ces mots, qui sont comme l’arrêt de l’histoire : <c Ce n'est point l’esprit 
de justice et de liberté, c’est l’esprit révolutionnaire qui, par violence 
et par ruse, s’est dressé devant Louis XVI, et a rendu vaines les 
meilleures dispositions et impossible tout concert sincère et efficace 
entre le pays et son roi (3) «. Puis il continue : « Ce n’est pas dans 
telles ou telles fautes de Louis XVI, fautes de résistance ou fautes de 
concessions, qu’il faut chercher le secret de ses infortunes et des 
nôtres ; ce secret est tout entier dans la situation radicalement impos¬ 
sible qu’en 1789 on faisait au roi, en voulant qu’il se fît l’instrument 
d’une révolution. Une révolution pour tout détruire et tout reconstruire 
au gré des pensées et sous le vent des passions des hommes, c’est un 
suicide accompli dans le fol espoir d’accomplir soi-même sa restauration. 
C’est pour avoir formé ce dessein, ou pour s’y être laissé entraîner, 
que la France s’eât vue conduite à rompre violemment avec son roi, 
avec sa dynastie, avec la royauté elle-même, avec sa propre histoire, 
et contrainte d’errer en tous sens, cherchant sa place et son cours, 


(1) M. Cartier, Lettres de Ste Catherine de Sienne , introduction, p. cxlvii. 

(2) M. Anatole des Glageux, art. sur Pascalis. Correspondant , octobre 18bG. 

(3) La France et la maison de Bourbon avant 1789, p. 20. 



— 43 — 

comme un astre qui, jeté hors de son orbite, porterait partout sa propre 
perturbation. Jusqu'au jour où la France s'est égarée dans ces espaces 
inconnus où l'abîme appelle l’abîme, la maison de Bourbon s’est mon¬ 
trée digne et capable de la haute mission que la Providence assigne 
aux familles royales ; elle a fidèlement, habilement et heureusement 
guidé et servi la nation française dans sa carrière de civilisation et de 
gloire (1) ». 

Méditons ces paroles, peu suspectes dans la bouche de ce grand 
écrivain ; elles éclairent plus notre histoire et les causes de nos épreuves 
que les dithyrambes ampoulés de M. Henri Martin sur « la foudre qui 
a déchiré le nuage, » et la - lumière qui se fait ». 

Il ne nous reste plus qu’à nous associer au vœu généreux exprimé 
à la dernière page par le savant et respectable auteur. 

« Puissent les événements qui s’accomplissent sous nos yeux, et qui 
ne sont que la conséquence logique des doctrines rationalistes prônées 
par l’auteur de l'Histoire de France , puissent ces événements apporter 
quelque lumière dans une âme honnête, sincère, mais aveugle, et à 
laquelle manque un rayon d’en haut ! C’est notre vœu le plus cher. » 


LES PÈLERINAGES ILLUSTRÉS. Histoire des sanctuaires de la Mère de 
Dieu, par J.-M. de Gaulle. Un magnifique vclume grand in-8° de 288 p. de 
texte, oirié de 52 gravures en taille-douce sur acier représentant le* 
madones, chapelles et églises, telles qu’elles existent actuellement. — 
Prix : \o fr.pour nos agrégés : 12 fr. 

Les sanctuaires racontent la gloire et la bonté de Dieu, de la sainte 
Vierge et des saints. Grâce à ces monuments chrétiens, se transmet¬ 
tent à la postérité des faits merveilleux ou touchants qui échappent 
quelquefois au burin de l’histoire, et dont les peuples comprennent 
encore mieux le langage. Par eux se forme une chaîne de traditions 
sacrées, commencée dès l’origme du christianisme et qui, reliant 
ensemble le passé, le présent et l’avenir, se perpétuera jusqu’aux 
générations des derniers âges du monde. La vénération que portaient 
nos ancêtres à ces lieux sanctifiés dont ils avaient vu les gloires, est 
pour nous un puissant motif de recueillir leurs traditions, pour nous 
en édifier et les transmettre à nos descendants. Ces récits ne sont 
point de fabulaires légendes, mais bien, pour la plupart, des faits 


(1) La France et la maison de Bourbon , p. 21. 



— 44 — 


attestés par la voix populaire et par des témoignages authentiques ; 
évidemment, ils n ont pas l'autorité obligatoire qu’imposent les arti¬ 
cles de foi, mais leur connaissance ne peut qu’augmenter dans l’âme 
le goût des choses divines et lui inspirer des sentiments d’espérance et 
de gratitude. 

Parmi les sanctuaires érigés par la piété catholique, les plus nom¬ 
breux et surtout les plus importants ont été consacrés sous l'invocation 
de l'auguste Marie, qui fut la coopératrice au grand mystère de la 
rédemption, et que l’Église honore comme le canal par lequel Dieu 
se plaît à nous transmettre ses grâces. L’origine de la plupart de ces 
monuments est effectivement presque toujours une faveur obtenue. 
La reconnaissance y ramène et provoque de nouveaux bienfaits. Ainsi 
se sont formés les pèlerinages, si fort en vigueur dans les siècles de 
foi, et que la rapidité actuelle des communications rend maintenant 
plus faciles. 

La publication que nous annonçons aujourd’hui sera pour nos lec¬ 
teurs, soit un souvenir de ces heureux pèlerinages, soit un guide pour 
ceux qu’ils voudraient entreprendre, soit encore une consolation pour 
les personnes que des empêchements retiennent, et qui pourront de 
même accomplir en esprit ces salutaires excursions, si abondantes en 
fruits précieux. 

Un pèlerinage est d’ordinaire une récréation autant qu’un encoura¬ 
gement à la piété. Nous espérons atteindre ici ce double but, en nous 
attachant à rendre nos descriptions et nos récits aussi attrayants que 
substantiels. Les gravures exécutées sur les lieux mêmes par un 
artiste habile aideront à l’intelligence du texte. 

Les Pèlerinages illustrés sont publiés en 18 livraisons. Chaque 
livraison contient, dans une couverture de couleur imprimée, 16 pages 
de texte (caractères elzéviriens) et 3 gravures sur acier en taille 
douce, représentant les madones miraculeuses, sanctuaires et autels 
tels qu’ils existent aujourd’hui; elles formeront un beau volume 
grand in-8° raisin. Le texte comprend la légende de chaque pèlerinage, 
la description, l’époque, les miracles, etc. 

On ne paye rien d’avance; mais les souscripteurs versent un franc à 
chacune des livraisons qu’ils reçoivent, jusqu’à concurrence du prix 
total. Les dernières livraisons seront fournies gratuitement. 


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— 45 — 


BÉGITS ÉVANGÉLIQUES. Unité, précision, harmonie des quatre textes. 

— Examen critique de l'ordre chronologique et synoptique des faits, par 

l'abbé A. Chevallier, du diocèse de Vèrsailles. Avec l’autorisation de l'ordi¬ 
naire. 1 volume in-8°, de lxxxiv-447 p. — Prix : 7 fr. pour nos agrégés, 

3 fr. 50 c. 

Pour un ouvrage de cette nature, le premier mérite est l'ortho¬ 
doxie : nous devons donc prouver qu'il la possède, et pour cela il nous 
suffira de reproduire le rapport théologique remarquable qui a déter¬ 
miné l’approbation épiscopale. Ce rapport donne une idée complète du 
plan de l'auteur, de sa science et de son talent (1). 

« L’ouvrage de M. l’abbé Chevallier est rédigé sur un plan entiè¬ 
rement neuf, qui le distingue de tout ce qui a été écrit sur le même 
sujet. 

«Pourpeu qu'on ait étudié l'Évangile, on est nécessairement frappé 
des dissonances qui se rencontrent sous la plume des auteurs sacrés, 
principalement en ce qui concerne l'ordre chronologique des faits. 

« Déjà, depuis des siècles, de nombreux harmonistes ont travaillé à 
faire concorder les quatre récits au moyen de transpositions plus ou 
moins plausibles, mais qui, pour la plupart, n’étaient basées que sur 
des suppositions arbitraires. 

« Parmi les modernes, les uns se sont contentés de juxta poser, en 
les morcelant et en les fragmentant, sur quatre colonnes, les paroles 
des évangélistes, ce qui rendrait impossible toute lecture suivie. D'au¬ 
tres, il est vrai, ont préféré avec raison fondre les quatre textes en un 
seul récit; mais les uns et les autres ont établi l'ordre des événements 
suivant leur appréciation particulière, sans chercher à rendre raison 
des divergences du texte sacré. 

« M. l’abbé Chevallier a pris une voie plus sûre, parce qu'elle est plus 
rationnelle, et il en a obtenu d'heureux résultats. Il a commencé par 
étudier individuellement chacun des évangélistes, ce qui l'a amené à 
découvrir le plan que chacun d ? eux s'était proposé. De là à trouver la 
clef des prétendues divergences, il n'y avait qu'un pas; ce pas, il l'a fait. 

« Dans une savante introduction, il expose de la façon la plus lucide 

(O H est fâcheux qu’un si bon livre ait été imprimé avec autant de négligence; le 
papier, quoique fort, a un aspect désagréable, et très-souvent on trouve des pages où 
l’encre est si pâle qu’on les croirait au erayon. Pour éviter toute surprise, nous nous 
faisons un devoir d’avertir nos agrégés de ces défauts matériels, amplement rachetés 
par le mérite scientifique et littéraire de l’ouvrage. Ce n’est point par notre entremise 
que ce volume a été édité; le respectable auteur nous l'a présenté après l’avoir fait im¬ 
primer lui-même. 


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et la plus convaincante que, si l’un d'eux, saint Luc par exemple, s’est 
imposé la tâche de suivre l'ordre rigoureusement chronologique, 
saint Matthieu, de son côté, n'a pas eu d’autre intention que de 
grouper les faits, les miracles et les discours en autant de sections 
déterminées, dans lesquelles il insérait, comme sous un même titre, ce 
qui se rapportait au même chef. 

Non content de faire valoir les preuves intrinsèques qui ressortent de 
la confrontation des Evangiles, ainsi que l’ont fait ses devanciers, il tire 
un excellent parti des secours extrinsèques que lui fournissent l'his¬ 
toire profane, les traditions judaïques, la topographie et la climatologie 
de la Palestine, les nouvelles découvertes, etc. 11 résout, avec autant 
de netteté que de brièveté, des questions relatives à l’époque précise de 
la naissance et de la mort du Sauveur. Il fournit d’ingénieux moyens de 
solution touchant les difficultés concernant les généalogies, le recense¬ 
ment de Cyrinus, les apparitions de Jésus-Christ après sa résurrec¬ 
tion, etc. 

« M. l’abbé Chevallier peut être placé, à bon droit, au nombre des 
défenseurs de l’authenticité des Évangiles : aux ressources que lui ont 
procurées Jes auteurs les plus recommandables, il a ajouté des aperçus 
tout à fait neufs et qui lui appartiennent en propre. Son ouvrage est 
appelé à faire beaucoup de bien, et ne pourra que faire progresser la 
vraie et solide exégèse. En le lisant, on saisit sans effort l’admirable 
harmonie qui existe entre ces quatre textes parallèles, qu’un point de 
vue superficiel ou des tendances rationalistes s’ingénient à trouver en 
désaccord. 

« Bertrand, 

Chanoine de la cathédrale, examinateur des livres pour le diocèse. 


LE TOMBEAU GLORIEUX du serviteur dî Dieu Jean-Marie-Baptiste 
Vianney, curé d’Ars, par l'abbé J.-H. Oluvier, docteur en théologie. 1 vol. 
in-12 de 216 pages. — Prix : 1 fr. pour les agrégés 50 c. 

Il a été déjà publié divers ouvrages en l’honneur du saint curé d’Ars ; 
celui-ci a pour but de faire connaître bien des faits ignorés et qui sont 
néanmoins d’une grande édification. Le but principal de l’auteur, 
comme il le dit lui-même, a été de montrer comment le grand servi¬ 
teur de Dieu continuait les œuvres qui étaient nées sous le souffle de 
son inspiration, celles qu’il avait vivifiées par ses conseils et son ins- 


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— 47 — 


piration, et celles enfin qu’il avait rendues siennes en les adoptant et 
en les bénissant. 

Mais en écrivant plus de dix ans après que le serviteur de Dieu est 
mort, on devait surtout s’efforcer de prouver que son tombeau est glo¬ 
rieux par les miracles qui ne cessent de s y opérer ; l’auteur, comme il 
est facile de le constater, s’est appliqué avec soin à atteindre ce but. 

Tous les saints ont un caractère spécial qui les distingue, et c’est par 
là qu’ils présentent un type divers delà sainteté. Le vénéré curé d’Ars 
a eu en propre le don de convertir les pécheurs, mais avec cette circons¬ 
tance que ce n'était point lui qui courait après les brebis égarées. C'é¬ 
taient les membres du troupeau qui venaient se presser autour de lui 
pour être réconciliés. Le grand caractère du serviteur de Dieu a été 
d'être l’apôtre vers lequel la multitude n’a cessé d'affluer ; et c'est là, 
comme le remarque judicieusement l'auteur, le plus étonnant et leplus 
admirable des miracles qui ont été opérés par l’Esprit-Saint, par la 
médiation et à la gloire du nouvel apôtre. 

Les lecteurs de nos jours désirent des livres qui offrent de l'attrait; 
l’auteur a pensé que les récits de cet ouvrage, quoique renfermant un 
fonds pieux et édifiant, ne sont pas sans quelque charme. Tout ce que 
l’auteur raconte dans cet ouvrage, n’est pas une invention de son 
esprit, ce sont des faits dont il peut certifier la parfaite authenticité ; 
les personnes elles-mêmes lui ont raconté toutes les faveurs qu’il fait 
connaître, ou du moins elles le savent d’une manière sûre. 

Les documents de cet ouvrage sont au-dessus de toute discussion, et 
nul ne saurait être admis à les révoquer en doute. 

L’auteur n’a pas écrit une seule ligne dont il ne puisse être le garant, 
parce qu’il avait entre ses mains les pièces authentiques du récit ou il 
en avait entendu les témoins irrécusables. Les pieux missionnaires 
d’Ars ont daigné aussi lui confier, soit les correspondances particulières 
qui lui étaient nécessaires, soit le registre des faits merveilleux qui ont 
lieu au tombeau du vénéré curé d’Ars. 




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DEUXIÈME PARTIE 


REVUE 

DBS 

REVUES BIBLIOGRAPHIQUES ET LITTÉRAIRES 


LES ARTICLES ORGANIQUES DEVANT L'HISTOIRE, LE DROIT 
ET LA DISCIPLINE DE L'ÉGLISE, par M. l’abbé Hébrard, archiprêirc, 
docteur en théologie et en droit canonique. 1 vol. in-8° de xii-548 p. — 
Prix : 6 fr. 

Ce titre donne une idée très-juste du livre. Après une histoire 
succincte du cSncordat et des articles organiques, l'auteur prouve : 
1° qu'ils ne font pas partie du concordat; 2° que le pape n'a pas con¬ 
couru à leur rédaction ; 3° qu'il ne les a point approuvés. L'auteur 
aborde franchement les objections tant de fois répétées : la cour de 
Rome n a protesté, dit-on, que contre un bien petit nombre d’articles ; 
— elle n’a rien répliqué aux explications données par Portalis en 
réponse à la protestation transmise par le cardinal Caprara ; — elle 
les a acceptés implicitement jusqu’à trois fois en quatre ans ; et ces 
trois objections, il les dissipe à la clarté de l'histoire. 

H passe ensuite à la discussion d'abord juridique, puis disciplinaire. 
Il prouve que ces articles ne sont ni une loi de l'Eglise, ni une loi de 
l’État, et qu’ils n’ont aucune valeur disciplinaire ; il affirme qu’avec eux 
il n’y a plus aucune discipline possible, parce qu'ils détruisent la 
liberté et l’autorité de l’Eglise. Enfin il montre que les prétendues 
libertés de l’Eglise gallicane qui leur ont servi de base, ne sont au 
fond qu’un instrument destructif de la liberté de l’Église au profit du 
pouvoir absolu de l’État. 

DE L’ACTION INDIVIDUELLE DANS L'ÉDUCATION CHRÉTIENNE, 

par MM. les abbés François Courtadb et Maurice d’Hulst ; in-8° de 42 p. 
— Prix : \ fr. 

Par action individuelle il faut entendre ici, non pas l’éducation 


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— 49 — 


particulière , mais celle qui se répand sur « un groupe restreint de 
disciples. * MM. les abbés Courtade et d’Hulst pensent qu'elle est 
conforme aux traditions de l'Eglise, et particulièrement nécessaire à 
notre époque : c'est la première partie de leur brochure, et, afin de 
mieux prouver cette théorie, ils la confirment par les résultats de la 
pratique : c'est la seconde partie de leur travail. 

Que l'éducation individuelle soit appelée à rendre dans notre siècle 
de très-grands services, nous l'admettons encore bien volontiers. Du 
reste, le dévouement des deux auteurs peut en offrir la preuve vivante 
et palpable. Ces ecclésiastiques ont fondé une pension d'apprentis qui, 
en peu de temps, a donné plus que des espérances. 

Cette œuvre consiste à recevoir dans une maison spéciale des 
enfants de douze à quatorze ans, qu'on place en apprentissage chez 
des patrons intelligents et sûrs. Dans la journée, ils travaillent à l’a¬ 
telier; le soir, ils viennent chercher à la petite pension, non-seulement 
le vivre et le couvert, mais l'instruction, l’éducation, la vie de famille 
et tout ce qui peut les préparer à devenir des hommes et de solides 
chrétiens. L'expérience démontre surabondamment que le ciel a béni 
cette pieuse entreprise. 

Nous faisons donc des vœux bien sincères pour que MM. Courtade 
et d'Hulst aient de nombreux lecteurs, et pour que leur œuvre re¬ 
cueille, outre les sympathies qui lui sont assurées, tous les secours 
matériels dont elle a besoin. 


PRÊTRES ET NOBLES, par Mgr de Ségur. 13 e édition; in-18 de 70 p. 

(1871). — Prix:25 c. 

Le titre du volume de Mgr de Ségur, arrivé déjà à sa treizième 
édition, indique la nature de l'écrit. Le prélat se propose de répondre 
aux allégations révolutionnaires, dirigées, avec un art maudit, contre 
les ministres de Dieu et contre les représentants de l’aristocratie 
française. Oui, nous en sommes à ce point qu’il faut offrir à des 
hommes civilisés un plaidoyer en faveur du prêtre qui les a baptisés, 
qui instruit et conduit au bien leurs enfants, qui console leur vieille 
mère sur son lit d’agonie, et qui jettera la dernière bénédiction sur 
leur propre tombeau ! Il faut plaider la cause des races de chevaliers 
qui ont constitué et agrandi la patrie, et qui, naguère encore, bai¬ 
gnaient nos champs de bataille de leur sang généreux! L'écrivain 
s'est acquitté avec succès de cette facile mais noble tâche. La brochure 

T. Y1I. 4 


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— 50 — 


s'avance d’an pas ferme, saisissant l’une après 1 autre les inepties, les 
calomnies, les impiétés, les dénis de justice, et les broyant d'une 
main pleine de force et de raison. Ces pages étincellent de mouvement, 
de bon sens, de logique élémentaire, invincible. 

« Ce que prêchent les curés, c était bon autrefois; maintenant, c est 
« autre chose! on ne croit plus à tout cela! * Première niaiserie atta¬ 
chée au clou, d'où la meilleure volonté ne pourra plus la détacher. — 
« Les prêtres ne doivent pas s'occuper des élections : c'est de la poli- 

- tique. — N'écoutez point les curés : ce sont les ennemis du peuple! 

- — Les républicains, les francs-maçons, à la bonne heure ! voilà les 
« vrais amis du peuple! * Trois petits chapitres merveilleusement 
propres à redresser les idées boiteuses, et que nous sommes obligés 
de signaler seulement, en y ajoutant le suivant, fort piquant en vérité, 
et qui a pour titre : « Quelques curieux échantillons de ces illustres 
amis du peuple. » On y voit figurer pour la joie de la galerie, les 
citoyens Raoul Rigault, Eugène Sue, Havin, Victor-Hugo, Garibaldi, 
Gambetta, Crémieux, Glais-Bizoin, Ledru-Rollin, Félix Pyatet C i0 : 
de la seule inspection sort immédiatement la leçon désirée. — * Les 
« prêtres sont des fainéants qui s'engraissent de la sueur du peuple. « 
Vrai, le mets n'est point engageant, et la libre morale aurait pu, ce 
nous semble, inventer une formule plus séduisante et plus propre. 
La formule, telle quelle, passe ici à la lessive, et de la bonne façon. 

— « Nos curés nous parlent toujours du Pape, nous demandent de 
« l’argent pour le Pape. Pourquoi le Pape ne se tire-t-il pas d'afïaire 
« tout seul? » Autre objection dont le fin mot n'est pas difficile à con¬ 
quérir. — « Les curés envoient secrètement l'argent de nos quêtes à 

* Henri V. — Les prêtres et les nobles s’entendent pour opprimer le 

* peuple, on veut rétablir la dîme et les droits féodaux. »» Petite leçon 
d'histoire venant très à propos. — « Au tour du peuple d’être maître. 

« — Les nobles et les riches sont des propres à rien : ce n’est que 
» justice de leur prendre ce qu'ils ont, el de le partager entre les tra- 
« veilleurs. Tout ira bien alors... » Oui, sans aucun doute!! 

Voilà la brochure. - Je prie tous les gens de bien, dit l'auteur (p. 4), 

« de répandre le plus possible cet opuscule essentiellement populaire, 

» si toutefois ils le jugent propre à réaliser le but Important que je me 

- suis proposé. » 

(Pour les articles ci-dessus, d’après la Bibliographie catholique.) 


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51 — 


CHARLES LE TÉMÉRAIRE, par Walter Scott. Nouvelle édition revue 
et augmentée, i vol. iu-12 cLo 323 p, — Prix ; 2 fr. 

Charles le Téméraire appartient à une collection dont plusieurs vo¬ 
lumes ont déjà été analysés dans notre Revue. 

Dans « ces éditions revues et corrigées, » on s’est attaché à sup¬ 
primer tout ce qui offre un caractère passionné. 

On trouvera dans ce livre une lecture intéressante, instructive et 
exempte de danger. 

HISTOIRE D’ANGLETERRE, depuis les origines jusqu'à nos jours, par 
G. Chaistrel. 1 vol. in-18 de 444 p. — Prix : 3 fr. 

Cette Histoire d’Anglelen'e est divisée, d'une façon très-simple et 
très-naturelle, en dix périodes, savoir : 

Première période : la Bretagne indépendante; 

Deuxième période : la Bretagne romaine; 

Troisième période : les Anglo-Saxons; 

Quatrième période : les Anglo-Saxons et les Danois; 

Cinquième période : les Normands; 

Sixième période : les Premiers Plantagenets ; 

Septième période : les Derniers Plantagenets; 

Huitième période : les Tudor; 

Neuvième période : les Stuart; 

Dixième période : la Maison de Hanovre. 

Sans être fort étendu, cet ouvrage est exempt de sécheresse. La 
lecture en est agréable, et d'autant plus attachante que M. Chantrel a 
constamment fait ressortir ce qui intéresse la France et le catholicisme. 

LE CARDINAL DE ÜÉRULLE, sa vie, ses écrits, son temps, par M. Nour¬ 
risson, professeur au lycée Napoléon. 1 vol. in-i2 de 259 p. 1869. — 
Prix : 3 fr. 

Dans une belle introduction, M. Nourrisson établit l’importance des 
services que les ordres religieux rendent à la société. — Si la France 
est émancipée, dit-il, elle a besoin d’être protégée contre elle-même. 
L'égoïsme le plus profond nous dévore : il importe qu'on y oppose un 
vivifiant exemple d’obéissance et d’abnégation. La fièvre des jouis¬ 
sances, la soif de l’or nous travaillent plus qu’elles n’ont fait en aucun 
temps; il semble que nous soyons arrivés & cette époque d’abaisse- 


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— 52 — 


ment que prédisait Bossuet : où Ion tiendrait tout en indifférence, 
excepté le plaisir et les affaires. Il importe donc qu’on oppose à ces 
symptômes de décadence la salutaire pratique du détachement, de la 
pauvreté. Tel est le rôle politique et moral qui paraît dévolu parmi 
nous aux ordres religieux. 

M. Nourrisson attire ainsi l’intérêt de notre époque sur son héros, 
le cardinal de Bérulle, qui figure à deux titres dans l’histoire des 
ordres religieux : comme introducteur des Carmélites en France, et 
comme fondateur de l’Oratoire français. 

Il nous le fait connaître dans l’accomplissement de ces deux grandes 
œuvres. Il s’étend beaucoup, en outre, sur son rôle politique, qu’il 
oppose à celui de Richelieu, en plaçant le cardinal de Bérulle bien au- 
dessus du célébré ministre de Louis XIII. 

Ce livre, fort bien fait, sera goûté des amateurs d’études historiques. 
Mais c’est à leur point de vue qu’il faut se placer pour le juger, car il 
ne satisferait pas les personne qui cherchent, surtout dans la lecture 
de la vie des saints et des personnages religieux, un aliment pour 
leur piété. 

De plus, il ne serait pas sans inconvénients pour les lecteurs insuffi¬ 
samment éclairés et instruits, qui prendraient en mauvaise part cer¬ 
tains différends entre Bérulle et plusieurs ordres religieux de son 
temps. 

L'ANCIENNETÉ DE L’HOMME, par M. le marquis df. Nadaillac. 3 e éd. 

1 vol. in-12, Paris. — Prix : 3 fr. 

L'ouvrage de M. de Nadaillac est une des plus complètes, et, croyons- 
nous, l’une des plus récentes études d’ensemble qui aient été faites de 
cette question nouvelle, et d’autant plus passionnément débattue, de 
« l'ancienneté de la race humaine. A ce titre, et indépendamment de 
ceux que lui donnent un savoir étendu et solide et une saine raison, cet 
ouvrage mérite l’attention des hommes qui, comprenant l’importance 
du sujet dont il traite, mais qui ne pouvant, faute de temps, l’explorer 
en détail, désirent s’en faire à la fois une idée sommaire et exacte. 

A ceux d’entre nous que les progrès de la science n’effrayent pas, 
parce qu’ils sont convaincus que la religion n’a rien à en redouter, et 
qui éprouvent un certain charme à en suivre le mouvement, nous 
recommandons en toute confiance le livre de M. de Nadaillac. C’est 
l’œuvre d’un écrivain parfaitement au courant des questions dont il 
s'occupe, qui les comprend et les aime; mais qu’une intelligence péné- 


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/ 


— 531— 


trente, une raison droite et de solides principes chrétiens tiennent en 
garde contre l'espèce d'ivresse où la science qui fait l'objet de ses 
études jette la plupart de ses adeptes. Toutefois, c’est moins ici une 
réfutation des erreurs de l'archéologie préhistorique qu'une exposition, 
ou plutôt un inventaire raisonné des découvertes, et, sinous osons ainsi 
parler, des documents sur lesquels elle repose ; la réfutation des pré¬ 
tentions qu'elle affiche s’en dégage presque d'elle-même. 

M. de Nadaillac repousse, au nom de la science sur laquelle on veut 
la fonder, cette triste et humiliante théorie du transformisme qui fait 
venir l’homme du mollusque en passant par le singe. « Les singes, 
dit-il, sont restés ce qu’ils étaient à leur première apparition sur la 
terre. Les générations ont remplacé les générations : ils ne savent 
qu’obéir à leurs appétits brutaux, aux besoins de la vie matérielle, 
comme leurs parents le faisaient avant eux. A l'homme seul a été 
donné le pouvoir de comprendre ce qu'ont fait leurs devanciers, et de 
marcher plus ferme dans la voie où ils tâtonnaient, de prononcer les 
paroles qu'ils bégayaient. « 

Sur un autre point, l’âge de l’homme, la date de son apparition sur 
la terre, l’auteur ne se sépare pas moins nettement de la tourbe des 
géologues, qui, de ce que les traces de son industrie et de ses propres 
restes se rencontrent dans les dépôts de la période quaternaire et même 
de la période tertiaire, concluent intrépidemment que notre espèce est 
infiniment plus ancienne que ne le dit la Bible, et la gratifient de 
quelques millions d’années. Les chiffres qu'on dresse ainsi avec tant 
de libéralité reposent, dit-il, sur des calculs purement hypothétiques 
et, partant, ne méritent pas une réfutation sérieuse. La vraie science, 
ajoute-t-il, doit se tenir, à cet égard, dans une sage réserve et se gar¬ 
der prudemment aujourd’hui d’affirmations que les affirmations de 
demain peuvent modifier et renverser peut-être. La science préhisto¬ 
rique ne fait que commencer, elle n’a pas le droit de dogmatiser et 
d’articuler des propositions absolues. Les chrétiens n’ont donc pas à 
s’inquiéter de ces assertions, quelles qu’elles puissent être, ni à redou¬ 
ter les travaux qui se font dans cette direction. « Je suis chrétien, dé¬ 
clare M. Nadaillac, je le proclame hautement, mais ma foi ne s’effraye 
d’aucune des découvertes de la science. Chaque progrès intellectuel de 
l’humanité, chaque pas qu'elle fait vers la vérité constitue non-seule¬ 
ment un progrès matériel, mais encore un progrès moral. Soulever 
d'ailleurs un coin du voile qui nous dérobe la grandeur des œuvres du 
créateur, entrer en quelque sorte dans le secret de ses desseins, n'est-ce 


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— ,54 — 


pas devenir pins capables de l’admirer et de le comprendre? n’est-ce 
pas remplir une des fins pour lesquelles rintelligence nous a été don¬ 
née ? * 

(Pour les ouvrages prècèdenis y d'après le Bulletin 
des publications populaires.) 

UN MISSIONNAIRE CATHOLIQUE EN ANGLETERRE, SOUS LE 

RÈGNE D'ÉLISABETH. Mémoires du P. Gérard; traduction du R. P. 

Forbes, de la Compagnie de Jésus. 1 vol. in-12 broché. — Prix : 2 fr. 50 c. 

Voilà le plus humble des apôtres qui nous donnera sur le règne d’ɬ 
lisabeth des renseignements que l’historien ne peut réfuter, etc est par 
cet obscur champion de la foi que nous découvrirons le véritable état 
social de cette époque tourmentée qui vit surgir en pleine paix, et sans 
motif avouable, la plus effroyable et la plus terrible des persécu¬ 
tions. 

Ce que j’admire le plus dans ces mémoires d’un missionnaire qui 
évangélisa l’Angleterre pendant dix-huit ans, avec une gloire et un 
succès tel qu’il avait su conquérir même l’estime de ses ennemis les 
plus acharnés ; ce que j’admire le plus, dis-je, c’est ce ton de bonhomie, 
cet air de candeur et de vérité qui respire dans tout le récit de ce su¬ 
blime narrateur, et que le R. P. Forbes a su traduire avec une vérité et 
un charme extraordinaires. 

Les mémoires du P. Gérard forment le meilleur livre de lecture que 
l’on puisse mettre entre les mains de la jeunesse. C'est un ouvrage 
plein de moralité et d’enseignement, et c’est en même temps l’un des 
romans les plus intéressants et les plus dramatiques que nous ayons 
jamais lus. (D 9 après la Semaine Religieuse .) 


HISTOIRE DTJN OUVRIER. — L'Internationale et la guerre de 1870-1871, 

par Th. Desüouits, agrégé de rUhiversité; in-18 de 52 p. — Prix : 40 c. 

Jean Pacolet, honnête garçon, plein d’esprit, de courage et de vrai 
patriotisme, (parce qu’il est chrétien,) fait la leçon d’abord à ses ca¬ 
marades d’atelier que les émissaires de l'Internationale excitent à 
faire une grève. Appelé par la guerre sous le drapeau, il répond avec 
autant d’aplomb que de bonheur à toutes les sottises, à toutes les 
récriminations des autres variétés de coquins et d’idiots qui crient 
contre les nobles, les curés, etc. ; enfin il revient au pays, où il épouse 


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Z. 


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la fille de son ancien contre-maître et continue à confondre par son 
bon sens les orateurs de l'Internationale. — On voit que c’est un 
excellent livre à propager. (D’après la Bibliographie catholique .) 

LA FRANCE SANS DIEU, par M. F.-M. ; in-24 de 34 p. 

Bon petit livre de propagande, dont ce mot : « le mal appelle le 
malheur, » est la conclusion, et qui, par conséquent, démontre que la 
France ne recouvrera la prospérité qu'en renonçant au mal, aux péchés 
qui l'ont perdue. v 

NEU3LLY SOUS LA COMMUNE, épisodes intéressants recuillis par les 
professeurs de Sainte-Croix, témoins occulaires; in-12 de 184 p. — Prix : 
150 c. 

Le mot intéressant , qui se trouve dans le titre de ce volume, n'est 
pas un mot trompeur; au contraire. Nous n'ayons rien lu de plus 
intéressant, en effet, et de plus émouvant parfois, que ces épisodes 
recueillis par les dévoués professeurs de Sainte-Croix : ce sont des 
tableaux vivants, des récits dramatiques, et c'est la peinture d’admi¬ 
rables vertus, de traits magnifiques de dévouement, de courage, avec 
ces ombres horribles de communards aux figures ignobles, à la con¬ 
duite grossière et immonde, au langage plus immonde encore; et tout 
cela est de l'histoire, c'est de l'histoire d'hier, cela peut devenir Phis- 
toire de demain! Le livre se vend au profit des pauvres de Neuilly : 
bonne œuvre ajoutée à un travail véritablement beau dans sa simpli¬ 
cité ; nous recommandons les deux à la fois. 

ENTRETIENS THÉOLOGIQUES sur les grandes questions du jour: Concile, 
Infaillibilité, traité complet, par le R. P. Marie-Antoine, missionnaire ca¬ 
pucin; in-12 de 430 p.— Prix : 

Ce livre, quoique publié pendant le concile et avant la définition de 
l'infaillibilité pontificale, n'a rien perdu de son opportunité et de son 
utilité. En même temps qu'il atteste, selon l'expression d'une approba¬ 
tion, la grande facilité de l'auteur à traiter les questions les plus 
ardues de la théologie avec pécision et clarté, il est très - propre à 
atteindre le but qu'il s'est proposé, savoir, d'éclairer les fidèles et de 
leur apprendre ce qu'ils doivent croire au sujet des questions si impor¬ 
tantes qui ont été agitées dans ces derniers temps et qui s'agitent 
encore. Le traité est sous forme d'entretiens entre un théologien et un 


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simple fidèle. lise divise en deux grandes parties : le Concile, l’Infailli¬ 
bilité. Dans la première, l'auteur expose l'importance du Concile et sa 
mission, l'action des évêques, et la conduite qu’ont à tenir les fidèles : 
dans la seconde, après avoir combattu le gallicanisme et montré ce 
qu’il faut entendre par l'ultramontanisme, il étudie la question de l’in¬ 
faillibilité au point de vue du bon sens, de l'opportunité et de l’histoire, 
et montre, dans un fort bel entretien, les rapports entre l'infaillibilité et 
Tlmmaculée Conception. Le tout se termine par un appendice très- 
intéressant, dans lequel on trouve de larges citations, quelques mots 
sur le P. Hyacinthe, des notions claires et précises sur le hiérarchie de 
l’Eglise, etc. L’ensemble offre un grand intérêt; les situations, les 
notes, les détails sont de nature à servir grandement à l'histoire du 
Concile, et l’on rencontre souvent des considérations très-élevées qui 
sortent du domaine de la théologie ordinaire. Nous le répétons, le livre 
du R. P. Marie-Antoine n’a rien perdu de son opportunité et de son 
utilité. 

[Pour les trois ouvrages ci-dessus , d'après les Annales Catholiques .) 

MODELES DE CHARITÉ ou VIE DE MADAME DE MÉJANES, par 

l'auteur de la Piété rend heureux . i 4 vol. in- 18 de 71 pages, 1868.— Prix : 30 c. 

Jeune fille, Victoire Tailleur (plus tard madame de Méjanès), était 
déjà un modèle de charité. Femme et privée du bonheur d’être mère, 
elle se regarda comme une économe chargée par la Providence d'admi¬ 
nistrer sa fortune au profit des indigents. Elle eut la consolation de 
voir son mari, dont elle avait obtenu la conversion, s'associer active¬ 
ment à ses bonnes œuvres. 

Devenue veuve, elle fonda, au sortir de la tourmente révolutionnaire, 
une congrégation destinée à fournir des institutrices aux enfants 
pauvres. Et enfin, lorsque les temps le permirent, elle érigea en véri¬ 
table institut religieux cette congrégation naissante, dont elle fut la 
fondatrice et la supérieure; et elle mourut en 1837,après trente années 
de vie religieuse. Sa congrégation, dite de Sainte-Chrétienne, dirigeait 
alors vingt et une maisons, dans les diocèses de Metz, de Reims et de 
Châlons. Cette petite biographie, très-abrégée, conviendra surtout aux 
femmes et aux jeunes filles pieuses. 


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MAITRE MICHEL LE NOBLETZ, par M. Edouard Perdrigeox dû Vermier, 
avocat, auteur de la Vie du P. Mannoir. i vol. iu-12 de 267 pages.— Prix : 
1 fr. 50. 

Dom Michel le Nobletz, qui ne voulut jamais recevoir d'autre titr e 
que celui de Maître Michel donn i C&n s son pays aux pauvres prêtre des 
campagnes, fut l'un des régénérateurs de la Basse-Bretagne où ré- 
gnahnt de son temps (1577-1652) des mœurs corrompues et presque 
barbares. L'exemple de ses vertus, le zèle de son apostolat, l’éloquence 
de sa parole, renouvelèrent ces contrées, qui se ressentent encore 
de ses bienfaits spirituels. 

L’histoire de Maître Michel a été écrite par le P. Verjus, de la Com 
pagnie de Jésus. C’est cet ancien ouvrage que M. Perdrigeon du Ver¬ 
nier a employé, et souvent reproduit textuellement. Il s’est acquitté de 
sa tâche avec un très-grand et très-louable esprit de foi. Le récit des 

missions de Maître Michel est fort attachant, et ne peut produire 

« 

qu’une impression très-salutaire. 

LE CHOIX D'UN ÉTAT, ou boussole de la vie en exemples. Récils et 
souvenirs recueillis et offerts à la jeunesse, par Louis Desormes. \ vol. iu-8, 
215 pages, 1869. — Prix 3 fr. 

Recueil de récits assez courts, et tendant tous à un but dont chacun 
comprendra l’utilité : montrer qu’il n’y a pas de bonheur pour nous e ; 
dehors de notre vraie vocation; faire ressortir combien il est important 
de céder à l’impulsion donnée par Dieu, et faire connaître les moyens 
détournés qu’il emploie quelquefois pour nous indiquer le chemin que 
nous devons suivre. 

Un certain nombre de traits sont relatifs à des vocations religieuses. 
Bons conseils, beaux exemples : telle est la substance de ce livre spé¬ 
cialement destiné à la jeunesse. 

(Pour les ouvrages précédents , d'après le Bulletin des publications 

populaires.) 

LE JOUR DU SEIGNEUR, par Ernest Hello. Paris, 1872. In-12 de vin- 
70 pages. — Prix : 50 c. 

M. Hello vient montrer l’utilité et la nécessité individuelle, sociale 
et religieuse du repos dominical et de la sanctification du dimanche, 
« l’ange gardien de la semaine, » comme il appelle le saint jour. L’état 


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actuel de la France, les malheurs qu'elle vient de traverser, ceux qui la 
menacent encore, ce sentiment profond de la conscience publique, que 
nous devons nons convertir si nous voulons nous relever, montrent 
assez la justesse et l'opportunité des idées dontM. Hello se fait le 
défenseur. Bon petit livre à lire et à propager. 

(D'après les Annales catholiques ;) 

DIEU ET L'ESPRIT HUMAIN, ou l'existence de Dieu devant le bon 
sens, la philosophie et les sciences aux différentes époques de l'histoire; 
conférences de Sainte-Geneviève (1868-1869), par M. l'abbé Fedet, cha¬ 
pelain de Sainte-Geneviève, chanoine honoraire d'Évrcux, docteur en 
théologie. 1 vol. in-12. — Prix : 3 fr. 50. 

Le livre que nous annonçons aujourd’hui à nos lecteurs se recom¬ 
mande assez de lui-même. Il traite du sujet le plus important et aussi le 
plus actuel : l'existence de Dieu . Le propre intérêt de l'homme le con¬ 
duit à rechercher ce qu'il est lui-même, quelle est son origine et quelle 
sera sa fin. Or, ces trois questions supposent celle qui a pour objet la 
cause première. Les païens même l’ont dit : Tout tient à Jupiter; il est 
premier et dernier . M. l'abbé Feret a eu raison de nous rappeler que 
tout ce que nous sommes ou que nous pouvons être, part de ce point 
unique et y revient. Est-il nécessaire de dire qu’à notre époque cette 
grande question est plus que jamais à l’ordre du jour, et que l'audace des 
négations appelle des démonstrations de plus en plus convaincantes? 

Ces démonstrations, le savant auteur les présente dans toute leur 
autorité. L'histoire de l’idée de Dieu n’est pas négligée. Les spéculations 
des philosophes tant anciens que modernes sont analysées avec précision. 
Mais M. l'abbé Feret se contente partout, et nous l'en félicitons, de 
marquer les points capitaux des opinions. A quoi bon en effet disserter 
longuement sur le détail des systèmes perdus dans la nuit des temps? Si 
nous n'entendons point la pensée de Pÿthagore après des elforts suffi¬ 
sants, laissons Pÿthagore et étudions la chose en elle-même. C’est ce 
qu'a fait notre hauteur, et après avoir présenté la réduction des sys¬ 
tèmes les plus célèbres, il les a vérifiés par l’étude même des choses. 

L'ouvrage est partagé tout naturellement en deux grandes divisions : 
l'existence de Dieu prouvée par les arguments ontologiques, et l'exis¬ 
tence de Dieu prouvée par l*argument des causes finales; c’est tout le 
livre. La partie métaphysique de l’ouvrage est soigneusement traitée, et 
on y trouvera des développements dignes d'attention. Mais le principal 
effort de l’auteur nous parait s’âtre porté sur les preuves ©osmologiques. 


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C’ctait justice. Le matérialisme concentre ses coups sur ce point. Il y 
met un acharnement et une souplesse extraordinaire. M. l’abbé Feret a 
suivi l’adversaire sur le terrain qu’il s’est choisi, et il le combat avec ses 
propres armes. La science lui fournit des réponses péremptoires, la 
science représentée par les plus grands noms et les plus sérieuses expé¬ 
riences. C’est une curieuse lecture que celle de la seconde partie du 
livre de M. Feret. La nature, mise en demeure de se prononcer sur son 
créateur, répond avec un admirable concert. Le travail de M. Feret, s’il 
n’est pas neuf dans la conception première, est complètement original 
dans l’exécution. Nulle part, à notre avis, on ne rencontrera une plus 
grande abondance de faits mieux choisis, et, nous le disons avec assu¬ 
rance, plus minutieusement contrôlés. 

Un mot sur la forme du livre. Il est composé des conférences qui ont 
été prêchées par l’auteur à la jeunesse des écoles dans l’église de Sainte- 
Geneviève. On ne se plaindra pas que l’écrivain n’ait pas remanié l'œuvre 
de l’orateur. Le discours a conservé sans doute quelque chose de vif et 
de pénétrant que lui aurait enlevé la forme didactique du traité. Réunies 
en volume, les conférences sur l’existence de Dieu n’auront pas un 
moindre succès que celui qu’elles ont obtenu auprès de l’intelligent et 
sympathique auditoire de Sainte-Geneviève). 

(D*après la Semaine catholique de Lyon,) 

DE LA FALSIFICATION DES SUBSTANCES SACRAMENTELLES, 

par le R. P. Rocard de Cabd. Paris, brochure in-8 de 92 pages. Prix : 1 fr. 

La farine et surtout les pains d’autel tout fabriqués, exigent de nos 
jours de grandes et sérieuses précautions de la part des prêtres, qui 
savent qu’il est absolument défendu de faire usage,pour le saint sacrifice, 
d’une matière douteuse. 

U y a tant de faits qui établissent la falsification ordinaire, habituelle 
et presque universelle des farines, qu’on ne peut plus en faire usage 
pour le saint sacrifice qu’après un mur examen, une analyse sérieuse et 
éclairée. 

Le plus sûr serait de moudre à part et soi-même le blé nécessaire a 
la fabrication des hosties, ce qui est facile avec un moulin à café ou à 
poivre : un tamis de soie,muni dessus et dessous d’un couvercle en peau, 
suffit pour séparer la fleur du son. 

Mais en attendant qu’on revienne aux soins minutieux mais conve¬ 
nables de nos pères, il est urgent qu’un prêtre puisse s’assurer de la 


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validité et même delà licéité des matières qu’il emploie. L’ouvrage que 
nous annonçons est excellent pour cela. 

On trouve aussi tout ce qui concerne les falsifications du vin, de 
l’huile et de l’encens. 

L’auteur donne, avec détail, l’indication des meilleures expériences 
à faire. 

Nous reviendrons sur cette brochure, que tous les prêtres liront avec 
fruit et plaisir. 

BOMBONNEL, LE TUEUR DE PANTHÈRES, ses chasses écrites par 
lui-même, i vol. in-12, avec gravures; 2* édition. Prit : 2fr. 

Bombonnel a la spécialité de la panthère, comme Jules Gérard a 
celle du lion. 

M. Bombonnel s’est proposé surtout, en publiant ses chasses 
d’instruire les chasseurs et de leur offrir le secours de sa vieille expé¬ 
rience. Pour le public européen, ce but serait peu pratique. Mais il 
reste l’intérêt qui s’attache à des scènes de danger et de courage, 
racontées avec un accent de sincérité par leur héros. 

En outre, quoiqu’il avoue en un endroit qu’il [n’est pas - dévot, * 
notre chasseur laisse plus d’une fois échapper des mouvements louables. 
Comme la plupart de ceux qui se sont trouvés en présence de vrais 
dangers, il sent qu’il y a au-dessus de lui une puissance providentielle, 
il reconnaît que le courage et l’habileté ne surmontent pas tout à eux 
tout seuls. Dans plus d’un instant où il se voit en face de la mort, il 
n’est nullement fâché de penser que sa pieuse femme fait dire des 
messes pour lui. Et, le danger conjuré, il ne fait point de façons pour 
assister à la messe d’action de grâces. 

Nous regrettons que quelques détails d’histoire naturelle, un peu 
trop crûs, ne permettent pas de donner ce livre aux tout jeunes gens. 


Cette livraison était sous presse quand nous recevons d’un de nos 
honorables agrégés le compte rendu suivant, que nous plaçons ici, afin 
de ne pas reculer d’un mois l’annonce d’un ouvrage que nos lecteurs 
seront heureux de connaître et qu’ils s’empresseront sans doute de se 
procurer. 

PAUL SE1GNERET, séminariste de Saint-S ulpice, fusillé à Belleville. No¬ 
tice rédigée d'après ses lettres, par un directeur du séminaire Saint-Sulpice. 
In-i8 jésus de 303 pages. — Prix : 3 fr. 

Au lendemain de la Commune, alors que le nom des victimes de la 


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Roquette et de la rue Haxo était dans toutes les bouches, les journaux 
catholiques exprimèrent le regret de ne pas connaître davantage la vie 
du jeune séminariste que Dieu avait distingué parmi ses frères et 
associé, dans l'honneur du martyre, aux membres le3 plus éminents du 
clergé de Paris. U leur semblait difficile d’admettre qu'une telle mort 
ne fût pas la récompense d'une belle vie, et que cette joie de souffrir, si 
apparente dès son entrée dans la prison, ne fût pas l’expression spon¬ 
tanée d'une âme préparée depuis longtemps à se dévouer jusqu'à la 
mort. Tous, instruits par l'expérience de la vie, comprenaient qu’une 
simplicité si héroïque, un pareil calme, un bonheur si expansif devant 
la mort, étaient d'une âme peu commune, et ils souhaitaient dès lors 
que cette âme fût révélée au monde et plus connue de tous, si on ne 
pouvait la connaître comme Dieu qui la jugea digne de lui. 

Ce souhait est enfin réalisé : désormais Paul Seigneret peut être vu 
sous son vrai jour dans la notice rédigée, d'après ses lettres, par un 
directeur de séminaire, et nous sommes heureux d’annoncer que ce 
modeste titre cache un livre du plus touchant intérêt, dont la lecture 
ne laisse qu’un regret, celui de s'achever trop vite, tant il y aurait de 
plaisir à surpendre plus longtemps les charmantes révélations de ce 
jeune homme, et à voyager en pareille compagnie dans un monde si 
beau de pensées et de sentiments. 

Rien, en effet, de plus agréable que ce récit, qui ne comprend guère 
que quelques années, mais nous fait voir dans toute sa beauté une 
âme admirablement douée, une noble intelligence, un grand cœur 
sympathique à toutes les idées généreuses, et sait nous la montrer 
s'élevant par un constant travail à une connaissance plus vraie de ces 
pensées et s’appliquant à la poursuite plus ardente de celles qui lui 
semblaient plus dignes de toute son affection, jusqu’au jour où cette 
âme si généreuse et si pure, détachée de la terre, aspire avec bonheur à 
contempler près de Dieu ces idées qui furent la consolation de toute sa 
vie, et chante, à la pensée du martyre, le Te Deum, ce cantique de la joie 
et de la victoire. 

On se plaint quelquefois de ne savoir quels livres donner aux jeunes 
gens vivant dans le monde, et quel modèle leur proposer; et il faut 
avouer que leur susceptibilité au sujet de certaines idées, ou leur 
sévérité pour ce qui n’est pas irréprochable dans sa forme, rend 
parfois le choix bien difficile : on né trouve que peu de chose à offrir 
à cette classe de la société si avide de tout ce qui est nouveau, si dé¬ 
daigneuse de tout ce qui n’est pas beau : on redoute de présenter d’ex- 



cellents livres qui ont le malheur d etre de bons livres écrits pour ^édifi¬ 
cation plus encore que pour le plaisir du lecteur, et faits trop visiblement 
pour exciter les fidèles à la piété ; mais tel n'est pas le livre dont nous 
parlons ; ici, point de préceptes, le conseil n'est même jamais donné, 
il serait superflu, tant l’exemple est offert avec candeur, noblesse et 
ingénuité. Paul Seigneret parle, raconte, décrit des scènes char¬ 
mantes et quelquefois poétiques, et l'aspiration au bien, au vrai, au 
beau est si naturelle en lui, le sentiment du devoir y paraît si vif, que 
malgré soi on sent qu’on doit agir comme lui, et qu’on rougit aussi 
malgré soi, si l’on n'est pas assez fort pour l’imiter. 

Cet élève du séminaire fut d’ailleurs, et pendant longtemps, un 
enfant de l’Université : jusqu'à ses derniers jours, il en a conservé 
dans ses pensées la forte empreinte, comme il en avait dans son style 
gardé toutes les traditions, et par là il reste vraiment l’ami de tous 
les jeunes gens; avec lui, on vit en pays de connaissance, et s’il nous 
fait passer dans un monde supérieur, il y met tant de grâce et sait si 
bien égayer la route que nul ne saurait se plaindre de l’avoir suivL 
Avant d’entrer chez les Bénédictins de Solesmes pour y donner cours 
à ses goûts d’étude et de piété, il avait, en effet, aimé ce que nous 
avions aimé, il avait admiré ce que nous avions admiré; et plus tard 
encore, au milieu de ses chères études d’Écriture sainte et de théo¬ 
logie, quand on touchait cette corde sensible des souvenirs d’au¬ 
trefois et des joies goûtées au collège à la lecture des grands auteurs 
ou sous la brillante improvisation d’un professeur aimé, Paul Sei¬ 
gneret se transfigurait soudainement, la jolie rayonnait dans tous ses 
traits, sa voix s’animait, et c’était une fête, mais une vraie fête, où 
Platon, Virgile, Sophocle, les classiques surtout, et aussi un peu ceux 
qui le deviendront, semblaient revivre tour à tour ët nous rendre 
joyeux. Platon surtout ravissait Paul Seigneret ; il l’avait lu, relu avec 
amour, j’oserais dire avec passion, durant ses premières vacances d’Issy, 
et ce n’était jamais sans enthousiasme qu’il en parlait, tant il éprouvait 
une sympathie naturelle et profonde pour la pensée, la forme et l’ima¬ 
gination de ce grand philosophe. 

Ce n’était pas là, on en conviendra sans peine, le vulgaire plaisir 
d’une intelligence ordinaire ou le seul effet d’une ardente imagination ; 
mais en lui il y avait une telle passion pour ces grandes et belles 
idées éternelles qu’il s’y donnait tout entier, y consacrant le jour 
et la nuit, lorsqu’il les voyait approfondies et discutées par un 
auteur qui lui plaisait. 


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Il y aurait encore bien d'autres côtés de la vie de M. Seigneret 
qu'on pourrait mettre en lumière et qui le rendraient fort sympathique 
aux jeunes gens ; mais je me garderai bien de m’y arrêter, car on 
pourrait croire que ce livre leur est uniquement adressé, alors que 
pour tous, petits et grands, parents et enfants, sa lecture doit offrir 
plus d'un charme et plus dun profit, en nous rappelant, et par ses 
paroles et par ses exemples, à un sursum corda perpétuel; et à un 
choix digne de nos destinées éternelles; par une constante abnégation 
de lui-même pour le plaisir des autres et la gloire de Dieu. 

Je voudrais d'ailleurs pouvoir en dire davantage sur ce cher martyr, 
sur cette aimable victime que le séminaire de Saint-Sulpice eut la 
gloire d'offrir à Dieu au moment du sacrifice, mais il est un terme aux 
meilleures choses, dit-on ; et je dois m'en souvenir en ce moment, 
pour renvoyer les familles chrétiennes avides de détails plus intimes 
et plus intéressants au livre si plein et si sage que l'on vient de publier. 
Vraiment le portrait est achevé; plusieurs pourront désirer des cou¬ 
leurs plus vives, des effets de lumière plus prononcés, plus d'art en un 
mot, ou plus de brillant ; mais non, c'eût été défigurer, je crois, le ca¬ 
ractère de la vie si humble et si simple de Paul Seigneret. Aussi 
l’auteur, par une suprême convenance, a-t-il mis toutes choses en har¬ 
monie : le récit est sobre, calme, naturel; mais on sent, à chaque 
instant, que le maître qui a tracé ces pages, a bien connu ce jeune 
homme, et qui plus est, l'a tendrement aimé. E. L. 


i 


BULLETIN SOMMAIRE 

DES 

. PUBLICATIONS RÉCENTES 


Amitié (1*). 1 vol.J in-12. Prix : 2 fr. 50 
Année scientifique et industrielle, ou 
exposé annuel des travaux scientifiques, 
par M. L. Figuier. 15 e année 1870-1871, 
m-18jésus, 367 pages. Prix : 3 fr. 50 c. 

Annuaire de la noblesse de France et 
des maisons souveraines de l’Europe, pu¬ 
blié par M. Borel d’Hauterives. 28* année 


1871-1872, 1 vol. in-12 de 462 pages, et 
4 planches, 5 fr. Prix : 8 francs, avec 
planches coloriées. 

Cavalerie légère (la), par le colonel- 
baron Daru. Prix : 1 fr. 

CÉSARISME DANS L’ANTIQUITÉ (du) «t 
dans les temps modernes, par M. Coquille, 
2 vol. in-12. Prix : 7 ftp. 


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Conférences parisiennes, par Ernest 
Legcuvé, ud vol. in-18. Prix : 3 fr. 

Cuisine de carême (la), et des jours 
d’abstinence, 300 recettes en maigre, par 
M. de Latrcille. 1 vol. in-12. Prix : 2 fr. 

Darwinisme (le), par Emile Ferrière, tin 
voi. in-18 jcsus, 458 pages. Prix: 4 fr. 50 

Diplomates français (les) sous Napo¬ 
léon III. par B. d’Agreval, un vol. in-18. 
Prix : 2 fr. 

Espion prussien (P), roman anglais, par 
Valmont, un vol. in-12,288 p. Prix : 3 fr. 50 

Etude sur l'application h la France de 
l'organisation milituiro de l'Allemagne, par 
M. tk>rbin, in-8° avec une carte. Prix î 3 fr. 

Examen de conscience des femmes 
honnêtes de France, in-18 jésus. Prix : 1 fr. 

Forêt vierge (la),le désert, par G. Ai- 
mard, un vol. in-18, 327 pages. Prix : 3 fr. 

France ecclésiastique (la), almanach 
du clergé pour les années 1871-1872, un vol. 
in-18. Prix : 4 fr. 

Gisèle, comtesse de l’Empire, paf 
Marlitt traduit de l'allemand, 2 vol. in-18. 
Prix î 6fr. 

Grandeurs et malheurs de la 
France, annoncés par une prophétie ré¬ 
moise du V e siècle, recueil de 35 prophé¬ 
ties interprétées dont onze inédites, par 
Victor C. de Stonay, un vol. in-18 de 
202 pages. 2 fr. 25 

Habitation du désert (P), par le ca¬ 
pitaine Mnync-Reid. traduit de l'anglais. 
Prix : 2 fr. 

Histoire du règne de Louis XIV, ré¬ 
cits et tableaux par C. Gaillardin, 1 e partie : 
la France sous Mazarin, 2 vol. in-8. Prix : 

12 fr. 

Histoire du plébiscite, racontée par 
un dos 7,500,000 oui, par Érckmann-Cha- 
trian, un vol. in-18. Prix: 3 fr. 

Isabelle de France, et la cour de 
S. Louis, par Mme de la Richardays, un 
vol. in-18. 303 pages. Prix; 2 fr. 

Jésus-Christ dans le plan divin do 
la création, par l'abbé Pin, un vol. in-12 
de 480 pages. Prix î 3 fr. 50 

Le dernier des Napoléons, un vol. 
in- 8\ Prix : 4 fr. 


Marine au siège de Paris (la), par 
La Roncière le Noury, ouvrage accom¬ 
pagné d’un atlas contenant 10 grandes 
cartes et plans des travaux français et alle¬ 
mands, un vol. in-8°. Prix : 10 fr. 

Monseigneur Darbot ; esquisses fami¬ 
lières, par A. Pierron, un vol. in-12. Prix : 

1 fr. 50 

Nationalités mubicales (les) étudiées 
dans le drame lyrique par G. Bertrand, un 
vol. in-12 aveo 384 pages. Prix : 3 fr. 50 

Paris et les Allemands, journal d’un 
témoin, juillet 1870 à février 1871, par 
A. Dumesnil, 1 vol. in-12 de 353 pages. 
Prix : 3 f r . 50 

Paris et Londres en 1793, par Ch. Dic¬ 
kens, traduit par Mme Loreau,un vol.in-12, 
352 pages. Prix : 1 fr. 25 

Paris pendant le siège et les 65 jours 
de la Commune, par A. J, Dalrème, un 
vol. in-18, 420 pages. Prix : 3 fr. 

Paul Seigneret, fusillé à Belleville; 
notice rédigée par un directeur du sémi¬ 
naire de Saint* Sulpice, un vol. in-18, 
303 pages. Prix : 3 fr. 

Principe d’autorité (du) et de son ré¬ 
tablissement en France, par Grimaud de 
Gaux, 3 e édition, revue et augmentée, in-8° 
de 32 pages. Prix : 1 fr. 

Quelques mots sur l’instruction 
primaire en Prusse, par Mgr l’évêque 
d’Orléans, in-8*. Prix : 1 fr. 

Rapports sur les opérations du 
2 e corps de l’armée du Rhin avec 2 cartes, 
I e partie, depuis la déolaration de guerre 
jusqu'au blocus de Metz, par le général 
Frossard, in-8°. Prix: 4 fr. 

Service obligatoire (le) et l’inscrip- 
tion maritime, réponse à M. Thiers par le 
Vte Hocquart, ex-capitaine do frégate. 
in-8°. 

Traité pratique des empêchements 

ET DES DISPENSES DE MARIAGE , par 
l’abbéBrillaud,chanoine de Moulin», un vol. 
in-8* de 400 pages. Prix î 4 fr. 60 

Vrai coupable (le) et ses victimes, par 
M. l’abbé OdonDignat, un des otages de la 
Commune, in-18 do 138 pages. Prix : 

1 fr. 50 


Le Gérant , F. WATTEL1ER. 


TiLP.TS. — IMPRIMERIE ADRIEN lk clere, rue cassette, 29. 


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Tome VII. — H. 3. 


Man 1893. 


REVUE 

BIBLIOGRAPHIQUE ET LITTÉRAIRE 


A MOB RESPECTABLES AGRÉGÉS. 

A une époque où la probité est un phénomène, il est étrange 
d'avoir à se défendre contre un excès de délicatesse. C’est 
cependant le cas où nous nous trouvons dans nos relations avec 
vous, respectables agrégés, qui avez gardé, dans toute son exquise 
pureté, cette loyauté tellement propre au caractère français que la 
langue l’avait constaté, en mettant au dictionnaire franchise , 
comme synonyme de parfaite sincérité. 

Nous allons donc entrer franchement en explications sur un cas 
qui se trouve souvent posé dans notre correspondance. 

Les agrégés peuvent-ils nous charger d’acheter des livres pour 
leurs amis ou parents qui ne. sont pas agrégés eux-mêmes, en 
nous spécifiant que ces demandes, faites pour autrui, n’ont pas 
droit aux remises spéciales qui sont le privilège des agrégés? 

Nous répondons très-clairement : OUI; et voici l’explication 
de notre réponse. 

Indépendamment de notre titre et de nos fonctions d’adminis¬ 
trateur de la Société, nous avons le titre et les droits de tout 
libraire. 

Nous pouvons donc faire,comme tous nos confrères,la commis¬ 
sion de librairie dans les conditions ordinaires. 

D’un autre côté, cela tourne à l’avantage de l’œuvre : car ces 
commissions de librairie sont naturellement productives, et les 
bénéfices nous aideraient à donner du développement à nos 
publications. 

Ce que les statuts défendent, c’est d’acheter pour les autres 
avec les avantages réservés aux seuls agrégés : cela n’est permis 
que pour donner en cadeau; mais on ne doit pas recéder ùd’autre 
au prix fixé pour les agrégés. 

Toutefois il y a encore & ceci une restriction, pour les ouvrages 
t. vu. 8 


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— 66 — 


de propagande : il est certain que pour ceux-là l’esprit de l’œuvre 
est qu'on ne les recède pas non plus à d’autres personnes ; ils 
doivent être donnés. 

Hais on peut utilement les donner à des petits marchands ou 
colporteurs,qui les revendront à leur profit, à très-bas prix, puis¬ 
qu’ils les auront eus pour rien. Cela vaut souvent mieux que le 
don direct; car c’est un fait reconnu, on lit peu ou avec défiance 
ce qui est donné , mais on accueille volontiers ce qui est offert à 
bon marché, Nesuanemis le savent et iis mettent en pratique 
cette théorie depuis longtemps; les sociétés bibliques ne font pas 
autre chose, sauf quelques exceptions exigées par les cir¬ 
constances. 

En résumé, pour les ouvrages de propagande, on doit les 
donner, mais’il serait souvent mieux de les foire passer par les 
mains de colporteurs que de les donner soi-même directement. 

Pour les personnes non agrégées, non-seulement on pent nous 
charger de toute espèce de livres, mais encore c'est rendre service 
à l’œuvre que d’engager ces personnes à s'adresser à nous de 
préférence et leur servir au besoin d’intermédiaire. Par là on leur 
épargne les frais de correspondance et on allège les frais de port 
en les partageant avee eux; car quelques kilogrammes de plus 
ajoutés au poids d’un ballot n’augmentent guère le prix do port; 
de ce côté il y aurait donc économie pour nos respectables 
agüégés, 4 combiner leurs demandes avec celles de leurs amis ou 
voisins, auxquels ils rendraient service, tout en contribuant att 
développement de notre œuvre. 




PRE* 1ÈRE PARTIE 


OUVRAGES ÉDITÉS PAR NOUS QU DOKT MOUS AVONS ACCEPTÉ 
LA RRÛPAGATION .SPÉCULE. 

LE LIBÉRALISME, LA rBANC-MAÇONNEBIE ET L’ÉGLISE 

CATHOLIQUE, par le chanoine Labis, professeur de (hëologie; 1 vol. 

fa-** de 3t(3 p. — Prix: 3 fr.-; pour nos agrégés, 1 ïr. 7&~,*0exemplaires, 

1$ francs. 

.Nous sommes heureux de voir que la presse en France commence à 
s’occuper de faine connaître cet important ouvrage, dont nous avons 
été les premiers à parler».dans la première livraison de notre Revue qui 
a paru après les tristes jours de la Commune. 

Nos agrégés ont enlevé tout ce qu’il y avait d’exemplaires à notre 
disposition. Nous venons de traiter de nouveau pour être à même de 
livrer encore» au prix excessivement avantageux qu'on vient de lire, ce 
beau volume» dont le prix fort est loin d’être exagéré. Grâce au désin¬ 
téressement du respectable auteur, nous pouvons, malgré les frais de 
port si considérables pour ce qui vient de la Belgique, arriver è donner 
*pour 1 fr. 75 un volume de 363 pages grand in-8» sur très-beau papier. 

Nous ne saurions trop engager à répandre cet ouvrage, qui combat, 
avec l’autorité d’ua enseignement approuvé , 4’indifîérence de tant de 
catbpliques pour les questions de la crise actuelle, une des plus graves 
que l'Éjglise ait subies. 

On sait que deux évêques éminents de la Belgique, et ce qui est bien 
plus le Saint-Père lui-même» ont envoyé à l’auteur des témoignages de 
reconnaissance pour le service rendu à l’Église pour cette publication. 

Le Saint-Père a pris la peine, dans son bref à l’auteur, d’exposer lui- 
même tout au long île plan de l’ouvrage, en le Jouant dans les termes 
les plus flatteurs. 

Voici l’article que nous lisons dans Je numéro du 16 mars des 
Annales Catholiques dirigées, comme on Je sait, par un des écrivains 
catholiques Jes plus estimés, JH. J. Chantrel : 

« Cet ouvrage deM. le chanoine Labis, professeur de théologie au sé¬ 
minaire de Tournai, se recommande à l'attention et à J’étude de tous les 


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— 68 — 

esprits droits et amis de la vérité ; écrit et publié avant les événements 
de 1870 et de 1871, il en a reçu une telle confirmation, qu’il en acquiert 
une plus grande autorité, en montrant la justesse des vues de 1 au» 
teur et la rigoureuse logique qui fait sortir les conséquences des prin¬ 
cipes. 

M. l’abbé Labis s’adresse plus spécialement à ces libéraux honnêtes 
et par conséquent dupes qui ne s’aperçoivent pas qu’ils sont les 
instruments d'un pouvoir occulte travaillant à la ruine de la religion et 
de la société. — Le savant professeur de théologie dévoile l’organisa¬ 
tion de ce pouvoir occulte et lui arrache son masque. Il montre que la 
franc-maçonnerie, qui fait sentir partout son action et son influence, 
est « la tête du libéralisme en Europe » ; il ne se contente pas d’affir¬ 
mer, il prouve et de la façon la plus concluante, en rappelant, par 
exemple, les aveux des organes les plus autorisés de la secte maçon¬ 
nique, du F* Ragon, appelé l 'auteur sacré; du F* .Grisar, qui disait, 
en 1845 : « Le libéralisme sera nous, nous serons sa pensée, son âme, 
sa vie, nous serons lui, enfin!; » du F* Yerhaegen, qui s’écriait en 
1848: - Nous avons atteint notre but; je dis [notre but, car si l’opi¬ 
nion libérale a triomphé en Belgique, c’est à la maçonnerie qu’elle doit 
ce triomphe. » N’est-il pas clair, d’après cela, que le libéralisme n’est 
autre chose que le maçonnisme, dont il reçoit l'impulsion ! -r- Après 
avoir établi ce premier point, l’auteur s’attache à éclairer ceux des 
libéraux qui se laissent mener sans le savoir. Pour cela il expose les 
doctrines impies et immorales professées par la franc-maçonnerie. Il 
montre cette secte puissante se servant de tous les moyens pour ino¬ 
culer ses principes délétères à l’enfance, à l’adolescence, à l’homme, à 
la femme, à la classe ouvrière et à la classe bourgeoise. La conclusion 
est facile à tirer de ces enseignements. C’est, dit l’auteur, le devoir de 
tout honnête homme, à plus forte raison de tout chrétien, non-seulement 
de ne pas prêter concours et appui à cette ennemie formidable, même 
sous la dénomination de libéralisme, mais de la démasquer et de la 
combattre de toutes ses forcés. » En regard de celte immense conjura¬ 
tion, l’auteur expose les droits imprescriptibles dè l’Église catholique. 

Il montre ces droits chaque jour niés, attaqués et violés par le pou¬ 
voir civil et le parti soi-disant libéral. Puis il ajoute : « Vous devez 
convenir une seconde fois que vous né pouvez pas vous faire les sup¬ 
pôts ou les complices de ce parti, sans renier votre christianisme ; vous 
devez reconnaître que, si l’Église ne fait que remplir une mission divine, 
c’est notre devoir, c’est le devoir de tout homme de l’écouter et de lui 


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— 69 — 


obéir. — Le peu que nous avons dit du livre de M. le chanoine Labis 
en indique l'importance ; si Ton pouvait encore y voir quelque exagéra¬ 
tion en 1869, est-il possible que les événements accomplis depuis 
n’aient pas ouvert les yeux? Ce livre, lu à la lumière des faits, doit 
porter la conviction dans les esprits ; notre désir est qu’il soit lu, parce 
que nous ne pensons pas qu’on puisse le lire sans en tirer les plus 
grands fruits. 


TRAITÉ PRATIQUE DES EMPÊCHEMENTS ET DES DISPENSES 
DE MARIAGE, par M. l’abbé P.-J. Brillàud, docteur en théologie, 
chanoine honoraire de Moulins, curé-doyen de Saint-Germain-des-Fossés, 
. ancien secrétaire général de l'évêché de Moulins. Ouvrage dédié à 
Mgr de Dreux-Brézé, évêque de Moulins, et revêtu de son approbation ; i vol. 
in-8°de 400 p. — Prix: 4 fr. 50; net pour nos agrégés, 2 fr.75. 

Cet ouvrage, rédigé en français et de façon à rendre simples et 
familières les questions si complexes qui concernent les dispenses de 
mariage, est divisé en trois parties : 

La première contient un résumé des empêchements ; 

La deuxième traite spécialement des dispenses ; 

La troisième renferme quelques autres questions relatives au mariage 
et des formules. 

Deux tables très-développées terminent le livre* Du reste, un coup 
d œil jeté sur la table des matières par chapitres fera aisément com¬ 
prendre quels services cet ouvrage peut rendre au clergé. 

Dans la première partie l’auteur, après avoir vu la question en général, 
traite des empêchements prohibants, — du défaut des publications de 
bans, — du défaut du consentement des parents. 

Puis il parle des empêchements dirimants : — âge; — affinité; 
— clandestinité. 

Dans la deuxième partie, après les définitions et distinctions néces¬ 
saires, on trouve tout ce qui concerne ceux qui peuvent accorder des 
dispenses : — le Pape; — le saint-office ; — la] congrégation du Con¬ 
cile; —la Daterie;—la Pénitencerie ; — les évêques; —empêchements 
dont ils peuvent dispenser jure ordinario y en vertu du droit ou de la 
coutume; — empêchements dont ils peuvent dispenser jure ordinario , 
en vertu du consentement présumé du Pape; — empêchements dont ils 
peuvent dispenser, en vertu d’induits apostoliques; — leur pouvoir 
relativement à l’exécution des dispenses apostoliques. 


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— 70 — 

Dans un appendice l'auteur a répondu à trois questions importantes; 
— L’évêque peut-il subdéléguer tes pouvoirs qu’il 1 a de droit ordinaire 
ou en vertu dé lettres apostoliques? — Le pouvoir de dispenser doit-il 
être réputé favorable eu odieux? —• L’évêque pourrait-il encore dis¬ 
penser si déjà il y a eu recours à Rome ? 

On passe ensuite à tout ce qui concerne le vicaire-général-; — 
l’official ; — le vice-official ; — le vicaire-général capitulaire ;: — l’afi- 
ficial capitulaire ; — le vice-official capitulaire ; — le confesseur sécu¬ 
lier, régulier; — le curé. 

Le chapitre quatrième est consacré aux causes de la dispense ; et 
les suivants, c’est-à-dire les chapitres de T à XIV, entrent dans tou»les 
détails les plus précis'sur lai manière de demander le» dispense»;: — à 
qui il appartient de les dèmander; — à quel supérieur on doit adresser 
la supplique ;—la forme de cette supplique; les.frais différents qu’ëlle 
peut entraîner; — la forme des dispenses et les principes d’interpré¬ 
tation des clauses qu’elles renferment dan» les cas si divers qni : se 
présentent; les causes qui: peuvent vider la dispense et les régies- 
générales et particulières de leur exécution;, tout est élucidé avau: 
précision. 

Enfin la troisième partie offre- toutes' les notion» désirables sua le 
lieu où les publications de bans doivent être faite», dans les diueræs 
circonstances ; — le domicile requis pour le mariage ; le choix du domi¬ 
cile^ si 1 le» partie» en ont plusieurs ; — le mariage secret on de cons¬ 
cience les mariages nnls à revalider sans dispense; avacmodèles de 
toutes les formules des diverses suppliqnes nécessaires- 

Un appendice donne les brefs et resorit* de la cour romaine et 
quelques renseignements, formules; certifiqats, etc., utiles an cuné. 

Voici l’approbation méritée par cet important ouvrage :. 

M. Brillaud, curé de Saint-Germain-des-Fossés, ancien secrétaire 
général de notre évêché, a soumis à notre examen un travail de s» 
composition, intitulé : Traité pratique des empêchements et des.dispenses 
du mariage. Le compte qui nous a été rendu de cet ouvrage par des 
personnes qui nous inspirent toute confiance; nous permet de le pré¬ 
senter avec assurance-au clergé de notre diocèse. En. foi de quoi, nous» 
avons délivré la présente approbation. 

Mbulins, ce 28 décembre 1871, en la fête de saintÉtienne, premier 

martyr. 

Signé : Fobkhb, 

Evôquc de Moulins. 


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— 71 — 


SAINT JOSEPH, PATRON DE L'EGLISE UNIVERSELLE. Consé¬ 
quences pratiques et opportunité de cette déclaration ; traduction des actes 
du Saâxit-Siége dam lesquels aile est formulée. Brochure de 46 p. — 
Prix: 40 c.; pour nas agrégés* 30 c.; 10 exemplaires, 2 fh 5% 100,32 fit.60* 

D’après le suffrage de plusieurs personnes très-compétentes, nous 
avons mis cette brochure parmi nos livres de propagande. 

Comme elle a été imprimée à Versailles,c’est à lautoritédiocésaine 
que nous devions demander Yimprimatur ; mais le sayant examina¬ 
teur a jugé que çet opuscule méritait mieux qu’un simple permis 
d’imprimer, et voici en quels termes il l’a approuvé : 

« J’ai examiné, par ordre de Mgr l’évêque de Versaillès, un manus¬ 
crit intitulé : Saint Joseph, patron de l'Église universelle , et je l’ai trouvé 
éminemment pratique. L’auteur y démontre que l’acte pontifical, qui 
déclare cet illustre Patriarche Protecteur de tous les chrétiens, répond 
aux besoins de notre époque et apporte un remède efficace aux maux 
qui désolent la société moderne. 

« Versailles, 1 er mars 187L 

« Bertrand, chanoine. » 

Plusieurs journaux graves ont déjà parlé avec éloges de cette bro¬ 
chure, qui, tout en restant pieuse, s'élève à de hautes considérations 
sur la crise sociale que nous traversons* 

Ce n'est point du tout un livre de méditations ni de prières, mais, 
comme le titre l’indique, c*èst l’explication de l'opportunité et du 
bienfait de ce développement extraordinaire du culte de saint Joseph. 

Voici comment l’auteur a disposé son travail : l b Profonde sagesse 
de l’Église dans les développements des dogmes et des cultes. 
2* Excellence de saint Joseph, appuyée sur l’Écriture sainte et la 
Tradition. 3° L’honneur insigne du titre de patron de l'Église univers 
selle prédît par de pieux auteurs, des siècles précédents. 4? Consér 
quences du . patronage de saint Joseph : réhabilitation du principe 
d’autorité; —réhabilitation du travail; — de la médiocrité et de là 
pauvreté ; — de la famille. 

La traduction des actes du Saint-SS^ge qui complète cette brochure 
est d’autant plus utile que ceà actes sont généralement peu connus; 
nous savons que plusieurs personnes au courant des publications 
récentès les ont cherchés en vain pendant assez longtemps. 

Pour donner une idée de la manière dont Fauteur envisage la 


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— 72 — 


question, nous citerons les considérations sur la réhabilitation de la 
famille. 

Quatrième conséquence du patronage du saint Joseph . — « Les pru¬ 
dents du siècle s’étonnent de la profondeur de l’abîme où nous sommes 
tombés, et comme ils ignorent la vraie cause de la chute., ils sont 
impuissants à nous en relever. L'Église connaît la source du mal et 
elle indique le remède en nous excitant à prendre pour patron, c’est- 
à-dire pour protecteur et modèle, le chef de la sainte Famille. Elle sait 
que la société n’est qu’une réunion de familles et que l’ordre et la 
paix au foyer domestique constituent la condition nécessaire de l’ordre 
et de la paix publique. 

« L'écrivain pervers qui a fait oublier aux sages de notre siècle la 
doctrine essentielle de la chute de l'homme, en affirmant « qu’il n’y a 
point de perversité originelle dans le cœur humain, « a aussi renversé 
les bases de la famille en disant : « Les enfants ne restent liés au père 
qu’aussi longtemps qu’ils ont besoin de lui pour se conserver. Sitôt 
que ce besoin cesse, le lien naturel se dissout; les enfants exempts 
de l’obéissance qu'ils devaient au père, le père exempt des soins qu’il 
devait aux enfants, rentrent tous dans l'indépendance. » 

« Comme ces germes invisibles, qui apportent'l’épidémie avec l’air 
qu’on respire, le souffle empoisonné de Rousseau s’est répandu dans 
les esprits, et il a pénétré, par les livres et surtout par les journaux, 
dans toutes les familles, même les plus chrétiennes. 

« L’enseignement de l’Église avait remplacé le pouvoir brutal et 
despotique du père selon la législation païenne, par une autorité plus 
douce et plus forte tout ensemble parce qu’elle s’appuyait, non sur 
une crainte servile, mais sur un respect religieux. 

« Dans la moindre famille, le père était entouré d’honneurs, la mère 
l’écoutait avec respect et les enfants se tenaient debout attendant sa 
permission pour s’asseoir en sa présence ; ils ne parlaient que pour 
répondre avec déférence à ses questions : on sentait qu’il y avait pour 
l’autorité du père cette vénération qui s’attache exclusivement à ce 
qui est revêtu d’un caractère sacré. 

« C’est que, dans le chef de maison, la notion chrétienne avait appris 
à contempler la manifestation de la puissance divine : l’amour et le 
respect portaient les cœurs.et les esprits à accepter avec une soumission 
religieuse l’autorité paternelle. Au-dessus du père, même sous le plus 
humble toit, il y avait comme une auréole de puissance et de sainteté : 


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— 73 — 


il commandait au nom de Dieu, et les volontés pliaient aisément devant 
lui, parce que les fronts s’inclinaient pour recevoir sa bénédiction. 

« L âge n’enlevait rien à ces témoignages d’honneur, et les petits 
enfants apprenaient à respecter leur père, en voyant comment lui- 
même vénérait leur aïeul. Peu à peu ces grands sentiments se sont 
effacés par l’influence délétère de la maxime matérialiste, qui ne voit 
d autre lien entre le père et ses enfants que la nécessité de laisser 
acquérir à ceux-ci la force suffisante pour subvenir à leurs besoins 
matériels. 

« Que voyons-nous maintenant dans ce qui s’appelait anciennement 
le sanctuaire de la famille ? Le père hésite à commander dès que l'enfant 
commence à être capable de répliquer. Si parfois il exige l'obéissance, 
c’est plutôt par violence de caractère que par conviction de l’obligation 
où il est de faire respecter en lui le dépôt sacré de l’autorité. La mère, 
plus faible encore devant ses enfants, n’a plus la notion nette et ferme 
de l’obéissance respectueuse qu’elle doit à son époux; il y a aussi 
chez elle, souvent à son insu, quelque chose de ces principe d’indé¬ 
pendance de la femme, autre conséquence de la négation de la chute 
originelle en punition de laquelle il lui a été dit : Tu seras sous la 
domination de ton mari. 

« Ces époux, comme s’ils doutaient de leur autorité et de leur aptitude 
à former leurs enfants, se hâtent de les confier à des mains étrangères, 
et les habitudes du pensionnat font perdre jusqu’à la notion de la vie 
de famille. 

« Le père qui ne consacre plus toutes ses préoccupations et ses loisirs 
a l’éducation de ses enfants, passe son temps libre, suivant sa position 
sociale, dans l’oisiveté des cercles ou des cafés. La mère est toute 
absorbée par les futilités du luxe et la vanité des réunions, des visites, 
des fêtes, où elle peut regarder et se faire voir. 

« Les joies si pures et si douces du foyer domestique ne sont plus 
connues : père, mère, enfants tout se répand au dehors le plus possible, 
et l’on ne trouve chez soi que l’ennui. 

« Si la plupart des traits du tableau que nous venons de tracer s’ap¬ 
pliquent plus spécialement aux classes aisées, et par conséquent 
influentes, ce que nous avons dit, au paragraphe précédent, sur 
l’intérieur des familles d’artisans, suffit pour constater que le mal, en 
changeant d’aspect, n’est pas moins profond chez les pauvres que dans 
les salons des riches* 

« Que peut-on attendre des générations pour lesquelles le principe 


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divin de i’&utorité a été dégradé et rendu odiéint, en se présentant per- 
sonnifié dans le pion de collège ou le contre-maître de l’atetierl En 
vain quelques parants comprenant, par les premières foules gravés de 
l’adotesoence, l’abîme où leurs enfants vont engloutir leur honneur et 
leur fortune, veulent-ils ressaisir l'autorité,. pour contraindra leur fils 
à respecter leur nom ou punir leur obstination : la loi, qui les rend 
responsables des scandales de leurs enfants, ne leur fournit pas les 
moyens de les réprimer, et en les dépouillant du droit de déshériter les 
coupables, elle les désarme complètement en préseuce d'un fils défia» 
turé et révolté. 

» La conviction qu'on ne pourra pas aller jusqu’au bout, et la 
crainte d’un plus grand mal, conduisent à de déplorables concessions . 
Des parants honnêtes ferment les yeux sur les plus graves désordres; 
on pardonne et l’on tolère, paroe qu’alors même qu’on retrouverait 
l’énergie pour réprimander et punir, on n’en aurait plus la possi¬ 
bilité. 

« Voilà l’abîme au fond duquel nous sommes descendus. Pour em¬ 
pêcher ses enfonts d’y rester ensevelis, l’Église fait briller à leurs 
yeux une vive lumière; elle exalte la gloire de saint Joseph, die attire 
tous les regards sur ce modèle sublime du chef de famille. * 

« A tout père chrétien, die rappelle ainsi sa grandeur : aux yeux 
de la foi il est, comme saint Joseph, à l’égard de l’enfant et de la 
mère, le représentant de Dieu qui partage avec lui œ titre auguste 
de père, le plus sublime comme le plus doux des noms dont il se 
glorifie. 

« Pour le chef de famille chrétien, l’enfant et la mère sont, comme 
pour saint Joseph, un dépôt sacré Sur lequel il doit veiller avec la 
plus tendre et la plus généreuse sollicitude. A lui de prévoir le* 
dangers et de les écarter, à lui de subvenir aux besoinè de ces êtres 
chéris. 

« En échange de son dévouement, ils l'entourent de leurs témoignages 
de respect et de leurs soins affectueux; ils baisent avec reconnaissance 
et vénération ces mains pures et laborieuses, doux symbole de la Pro¬ 
vidence, qui les nourrissent et les bénissent. 

« En prenant pour modèle la sainte famille, tout rentre dans l’oTdm. 
La mère, se dévouant tout entière à son enfant, lui enseigne par son 
exemple le respect et l’obéissance envers leur chef commun, le maître 
de la maison. Qui pourra jamais comprendre avec quelle profonde dé¬ 
férence la sainte Vierge parlait à celui en qui elle vénérait le représen- 


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— 75 — 


font du Père étemel, cehri qui avait grâce et lumière pour protéger et 
conduire son divin Enfant) ki même? 

« En Jésus-Christ, vérité^éfornelie incariiée > teot Osé vrai et parfait, 
et ce simple mot de l'Évangile : « Il leur était soumis, » renferme toute 
la perfection des plus tendres et des plus profonds. témoignages de 
respect et d'obéissance que ^imagination humaine pourra jamais con¬ 
cevoir, Voilé donc l'obéissance, si contraire! à l'orgueil de la nature 
déchue, rendue tout aimable è l'enfant chrétien : ptas il s'incline pro¬ 
fondément devant son père* et sa mère, plus: il s'approche de son divin 
et sublime modèle, 1*enfant Jésus, qui a consacré trente ans à noos en- 
seigner le respect et l'obéissance au sein de la famille. 

«La mère reprend son rang au foyer domestique:die partage l'auto¬ 
rité du père, tout en hii restant soumise; elle met tous ses soins èi son 
bonheur à soulager, récréer son époux; elle n*a phis besoin de diver¬ 
tissements étrangers: il lui suffit, pour être heureuse, de voir ses en-» 
fonts croître en âge et en sagesse sous sa vigilance protection. 

« En sortant de ce sanctuaire de la famille peur entrer dans la vie 
active, le jeune homme apporte à la société us cœur disposé à aimer et 
i respecter l'autorité ; un sentiment profond du devoir et l'habitude 
d'y plier sa volonté; enfin l'intelligence des vraiés conditions de la 
vie sociale; parce qu'il a la notion saine et la pratique de la vie*de 
famille dont toute société chrétienne n'est qu’un vaste épanouisse^ 
ment(I). » 

Nous avons remarqué le chapitre sur la réhabilitation du travail, qui 
pour le style est plus brillant que le chapitre cité ci-dessus. H y a 
aussi des passages frappants de vérité et d'expression dans le chapitre 
qui a pour titre : Réhabilitation de fa médiocrité et de la pauvreté. Mous 
ne citerons que la page suivante : 

« Saint Joseph n'a jamais songé à s'enrichir. D travaillait pour obéir 


(!) Le grand économiste moderne que noos avons déjà cité, dans on de ces derniers 
ouvrages (écrits comme les antres sous la seule inspiration de la science et de la raison 
humaine, appuyées sur l’étude des faits), confirme oe que nous disons ici, touchant l’im¬ 
portance sociale de la iamiUe régie par l'esprit chrétien. Voici textuellement ses pa¬ 
roles : 

« La famille chrétienne, aidée par le prêtre, est par excellence l’agent de la loi mo¬ 
rale. C*eet là qne, par nne faveur insigne de la Providenœ, se conserve l’esprit de 
dévouement, lorsqu’il s’est éteint dans les antres groupes sociaux. €Vst au foyer pater¬ 
nel que se régénèrent sans cesse chez Venfant les vertus du citoyen, celle* qui le 
rendent capable d’obéir ou de commander, ou, en d’autres termes, celles qui fécondent 
à la fois la liberté et l’autorité. La meilleur» constitution sociale a toujours été-eeüooè 
le foyer étant le plus libre, résiste efficacement à la corruption du dehors, où le père, 
maître doses actions, mais soumis à Dieu, a le pouvoir de dresser ses enfants \ là 
pratique de la vertu. » (M. lh P&at. Organisa Me* du frnvot?, page 342.) 


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— 76 — 


à la loi de Dieu et pour gagner honorablement son pain, pour nourrir 
sa divine épouse et l'Enfant-Dieu qui voulait bien le choisir pour pro¬ 
tecteur : il bornait ses besoins, pour n’être pas réduit à exagérer son 
travail, il se plaisait dans une petite ville où la vie était facile. 

« De nos jours, combien d'ouvriers qui auraient pu mener une exis¬ 
tence commode à la campagne, viennent, par lappât du luxe et du 
gain, chercher dans les grandes villes l'esclavage des travaux exagérés? 
Et quel sera le profit de ce dur esclavage, pauvre ouvrier! Peut-être ta 
femme pourra-t-elle, aux grands jours, balayer la rue avec une longue 
robe de soie traînant sur le pavé. Peut-être pourra-t-elle aller, quel¬ 
ques fois l'an, s'éblouir au théâtre des pompes mensongères d’une 
décoration de papiers peints. 

** Ouvriers chrétiens, méprisez ce luxe puéril, qui n'est qu’une pa¬ 
rodie des vanités du riche fastueux: au lieu de chercher inutilement a 
l’égaler dans ses folies, élevez-vous au-dessus de lui par vos vertus : 
ce sont des diamants qu’il ne pourra acheter et qui sont faciles à 
acquérir pour vous, car une vie occupée est aisément une vie vertueuse. 
Que votre femme renonce à la robe de soie, mais qu'elle ait le cœur 
pur comme l'or; que ses enfants soient tous ses bijoux jet toute sa 
parure. 

« Alors votre intérieur rappellera la sainte Famille; les enfants 
croîtront en grâce et en âge devant Dieu et devant les hommes, sous 
l'œil de leur mère, et vous, comme saint Joseph, vous serez entourés 
d'honneurs, de respect, d’affection par ces êtres chéris dont vous serez 
le protecteur et le chef. 

* Les anges descendront du ciel pour présider aux joies de la famille 
qui aura su prendre pour modèle l’intérieur du charpentier de Nazareth. 

« Ouvriers chrétiens, n’écoutez pas les déclamateurs qui cherchent a 
vous captiver par les mots sonores de liberté et de bien-être. 

« La vraie liberté, et la seule qui soit possible, c’est la liberté des 
enfants de Dieu qui n'obéissent qu'à leur conscience. 

« Le véritable bien-être, c’est d’abord d’avoir la paix avec soi-même 
et avec Dieu par !la pratique de la religion, et ensuite de goûter les 
douceurs des affections et des plaisirs légitimes de la famille. 

« Saint Joseph, votre glorieux patron, vous offre le modèle le plus 
parfait de cette liberté et de ce bien-être auquel l'ouvrier a droit comme 
tous les hommes; voyez donc désormais dans saint Joseph votre mo¬ 
dèle, afin de chercher à l’imiter, et vous sentirez qu'il est aussi votre 
protecteur par l'assistance qu'il vous accordera. » 


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— n — 


L’auteur aurait pu citer, à l’appui de ses considérations surlaréhabi- 
lition du travail par l’exemple de la sainte Famille, cette page admi¬ 
rable de Bossuet, qui n’est peut-être pas assez connue : 

« Je veux un emploi pour faire connaître mes talents qu’il ne faut 
pas enfouir. Je l’avoue, quand Jésus t’emploie et te donne de ces utiles 
talents, dont il te déclare qu’il te redemandera compte. Mais ce talent 
enfoui avec Jésus-Christ et caché en lui n’est-il pas assez beau à ses 
yeux? Va, tu es un homme rempli de vanité, et tu cherches dans ton 
action, que tu crois pieuse et utile, une pâture à ton amour- 
propre. 

« Je sèche, je ii’ai rien à faire, où mes emplois trop bas me déplai¬ 
sent: je m’en veux tirer et en tirer ma famille. Et Marie et Jésus 
songent-ils à s’élever î Regarde ce divin charpentier avec la scie, le 
rabot, durcissant ces tendres mains dans le maniement d’instruments 
si grossiers et si rudes. Ce n’est point un docte pinceau qu’il manie* 
il aime mieux l’exercice d’un métier plus humble et plus nécessaire à 
la vie : ce n’est point une docte plume qu’il exerce par de beaux écrits : 
il s’occupe, il gagne sa vie ; il accomplit, il loue, il bénit la volonté de 
Dieu dans son humiliation. » 

Nous espérons que l’auteur pourra ajouter en notes cette citation 
dans la prochaine édition,qui ne peut tarder à paraître, car le succès de 
cette brochure n’est pas douteux ; il suffit qu'elle soit connue pour 
que l’on comprenne combien il est utile de la répandre avec profusion. 


HISTOIRE COMPLÈTE DE S. PAUL, APOTRE ET DOCTEUR DES 
NATIONS, de ses prédications, de ses miracles, de ses courses apostoliques, 
de sesEpîtres et de son glorieux martyre, par M. l'abbé Maistre, chanoine ho¬ 
noraire de Troyes, professeur de théologie, etc. 4 beau vol. in-8 de xxvm- 
500 pages. Chez F. Wattelier, libraire-editeur, 19, rue de Sèvres, Paris. — 
Prix : 6 fr.; pour les agrégés, 3 fr. 60 c. 

Le digne et laborieux auteur de la Grande Christologie, dont nous 
avons parlé plusieurs fois ici même, vient d’ajouter un nouveau volume 
à cette œuvre savante : c’est Y Histoire de S . Paul, que nous devons 
signaler à nos lecteurs. 

Indiquons-en d’abord le plan et les principales parties. Elle se di¬ 
vise en cinq livres, lesquels sont partagés en plusieurs chapitres. L’é¬ 
ducation, la conversion et l’ordination de S. Paul font la matière du 
premier livre (huit chapitres). Dans le second livre, M., l’abbé Maistre 
* nous fait connaître la prédication du grand Apôtre en Asie (sept cha- 


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pitres). Le troisième livre relate ses travaux pour l'évangélisation de 
la Grèce {dix-eept chapitres^. Le livre quatrième est consacré aux 
souffrances, aux persécutions et afflictions de S. Paul depuis Jéru¬ 
salem jusqu a Rome, (treize chapitres). L'évangélisation du monde 
romainet le martyre de 1 apôtre des Gentils font l'objet du cinquième 
livre (sept chapitres). 

Pour remplir ce cadre, qui embrasse toute l'histoire de la vie de 
S. Paul, M. l'abbé Maistre a mis habilement en œuvre, partie des 
auteurs canoniques, récit divinement inspiré qui devait former, an 
effet, la base de cette Histoire, et partie des Traditions primitives ; 
mais le tout expliqué, corroboré, par les saints Pères par les Doc¬ 
teurs et les meilleurs interprètes. Aussi les témoignages que rapporte 
l’auteur sont-ils nombreux, et commumquant à san livre une grande 
autorité. 

La partie qui renferme l'étude et l'analyse des Epitnes de S. Paul 
est fort bien faite et très-instructive. Nous la recommandons par¬ 
ticulièrement à l'attention des fidèles. Remarquons aussi que de l’en¬ 
semble tdu récit historique, comme des preuves accumulées par l'auteur 
et des autorités qu'il invoque, résulte la réfutation la meilleure 
et la plus péremptoire des erreurs «de nés prétendus critiques anciens 
et modernes, tels que, pour me nommer parmi œu*-ci<que lias plus 
bruyants, Strauss et M. Renan. 

Une autre partie de l'ouvrage de M. l'abbé Maistre mérite d'être 
signalée. C'est celle qui couronne ses cinq liyres et qui est intitulée : 
Monument traditionnel concernant le Martyre de Vapàtre S . Paul 
(pag. 438 à 472). Ce monument a une valeur historique qu’on ne 
peut dédaigner. B n’est autre que le Mémoire traditionnel écrit par 
S. lin, disciple des Apôtres et second Pape; on le trouve dans la 
grande Bibliothèque des anciens Pfere9. 

Sa valeur a été constatée par quantité de Saints et Douteurs de l'ɬ 
glise, depuis S. Clément, successeur de S. Pierre, Marcelle, disciple 
de S. Pierre et de S, Paul, S. Hégésippe, passant par SL Ambroise, 
S. Jean Chrysostome, S. Sophroue, S. Astère, Njicétas le Rhéteur, 
et beaucoup d’auires, jusqu’au Bréviaire Romain, fete de S. Lin, etc., 
sans parier des nombreux écrivains eodésàastiqaes plus récents qui 
ont tous reconnu l'autorité de ce Document. 

U renferme des détails pleins d'intérêt sur l'Apostolat de S. Paul, 
sur ses écrits, et spécialement sur son martyre et sur les prodiges qui 
ont signalé cet événement et qui proclament la gloire du grand Apôtre. 


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— 79 — 

Nous ne pouvons donc que remercier M. l'abbé Maistre d'en avoir 
enrichi son ouvrage, dont il est le complément précieux. 

Notons, enfin, que le volume se termine par le Panégyrique du 
Saint, par Bossuet Ce discoure, comme on le 9ait, est une démons¬ 
tration de la divinité de l'Apostolat de S. Paul ; l’orateur y montre com¬ 
ment le grand Apôtre, dans ses prédications, dans ses combats, dans 
le gouvernement ecclésiastique, a triomphé de tous les obstacles par 
ses faiblesses mêmes. 

Après cet exposé succinct des matières renfermées dans l'ouvrage 
de MI l’abbé Maistre, tout éloge de notre part serait superflu. Chacun 
comprendra l'opportunité de cette JJtMtoiro de S . Paul, et nous ne 
doutons pas qu'elle ne soit appelée àun réel succès. L. F. Gantent. 


LES PROTESTANTS REVENUS A LA FOI CATHOLIQUE. Avec 

l’exposé des motifs qui les ont déterminés. Ouvrage propre k instruire et à 
édifier les catholiques, à éclairer et à ramener les protestants qui cherchent 
la vérité, par M. l'Abbé A. Hehry, chanoine honoraire deSaint-Dié; 2 vol. de 
401 et 392 p.—ftria: 3 fr. chaque volume; net pour les agrégés, 1 Cr. 25. 

Nous emprunterons à l'introduction quelques fragments qui feront 
apprécier l’intérêt et la portée de ce bel ouvrage. 

En lisant l’éloquente apologie du R. P. Newmann, disait M. de 
Romont il y a quelques années, l'histoire de cette grande âme qui a 
servi comme de pilote pour amener au port tant d'esprits flottants à 
tout vent de doctrine, nous pensions que Tou composerait un beau 
livre en réunissant quelques-unes de ces histoires d'âmes, éparses 
maintenant dans des brochures et des revues oubliées ou peu connues. 

Ce recueil, utile Aux protestants à moitié convertis, le serait aussi 
aux catholiques. Les motifs qui : déterminent les abjurations, les 
obstacles qui le* retardent, sont peu connus départ et d’autre. Faute 
d'avoir vécu longtemps dans un pays entièrement protestant, nous ne 
tenons pas assez compte de tout ce qü'il faut surmonter pour arriver 
à la connaissance et à la profession de la vérité; nous ne comprenons 
pas la léthargie qui enehàîne le protestant, comme dans un fauteuil 
vermoulu, quoique bien neuf encore, et où, tout entouré d'ignorance et 
de sécurité, il s’est enfoncé pour n'en plus sortir ; nous n'apprécions 
pas mieux les mille entraves dont l'habitude, le respect humain, les 
affections les plus saintes enserrent ceux qu'un secret malaise et de 
généreuses aspirations semblent prédisposer à entrer dans cette Église 
à l'âme de laquelle ils appartiennent déjà. 

1 Un livre comme celui dont nous parlions tout à l'heure ne serait 


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— 80 — 

peut-être pas sans efficacité pour triompher de l'insouciance des uns, 
dissiper les épouvantails que se font quelques autres. En suivant pas 
à pas dans leur retour au pays catholique les récits de ces exilés, en 
se rendant compte des motifs qui les ont poussés à se lever et à mar¬ 
cher, comme des obstacles qu’ils ont rencontrés, bien des craintes chi¬ 
mériques s’évanouiraient pour laisser mesurer les dangers d’une tié¬ 
deur, d une incurie prolongées. 

Les protestants indifférents ou décidément hostiles, les catholiques 
tolérants, apprécieraient mieux des conversions que les uns mettent sur 
le compte d'une exaltation romanesque, et que les autres, jugeant d’a¬ 
près leurs habitudes de propagande, attribuent à des séductions jésui¬ 
tiques ; ceux-ci verraient combien il est injuste de se défier de nous, 
combien il est rare que nous allions au-devant des vagues velléités de 
changement que nos frères séparés peuvent concevoir; tandis que le 
prédicant ou l’évangélisateur méthodique colporte ses bibles et ses 
traités, tandis qu’il les lance dans les wagons ou les distribue à table 
d'hôte, tandis qu’il apostrophe le passant et le voyageur et se met en 
embuscade pour détourner les enfants des écoles catholiques, nous 
attendons ceux qui veulent venir à nous. 

Et quand la grâce divine a fait vibrer la corde particulière qui doit 
réveiller ou ramener chacune de ces consciences; quand les études histo¬ 
riques, les arts, la poésie, la charité, la souffrance, parfois le simple 
bon sens, ont comme attaché à ces âmes égarées dans le labyrinthe 
du doute le fil conducteur, elles viennent à nous. Alors, mais seule¬ 
ment alors, notre tâche commence : nous devons la vérité à celui qui la 
demande, comme l’aumône au mendiant. Nous ne faisons pas de pro¬ 
sélytisme, mais de l’apologétique ; pour entrer dans l’âme, la vérité 
catholique n’a pas besoin que les mauvaises passions, ou seulement la 
mollesse ou la légèreté, lui en livrent les issues ; elle surgit dans les 
cœurs loyalement préoccupés des choses du ciel, et comme le Sauveur, 
apparaissant au milieu de ses disciples, tandis que les portes étaient 
fermées, elle dit à ces esprits tristes et inquiets : « La paix soit avec 
vous. « Dans les deux volumes que nous annonçons M. l’abbé Henry a 
su réunir le récit des conversions les plus remarquables en France, en 
Allemagne et en Suisse. 

Après avoir indiqué la haute portée de cet ouvrage, nous sommes 
heureux de pouvoir ajouter que l’exécution matérielle ne laisse rien à 
désirer : le papier et le caractère sont bien choisis ; ce sont réellement 
de beaux volumes, d’une lecture facile, ce qui est assez rare pour [les 
livres édités en province. 


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DEUXIÈME PARTIE 


REVUE 

DES 

REVUES BIBLIOGRAPHIQUES ET LITTÉRAIRES 


HARMONIES DE LA NATURE, par Paulin Teulières. 1 vol. in-12 de 
vni-340 p. Paris. — Prix : 3 fr. 50. 

« Miracle permanent de l’infinie sagesse et de la puissance infinie, 
la nature nous offre à contempler un merveilleux spectacle : spectacle 
harmonique, où tout se concilie jusque dans ces contrastes : spectacle 
solennel, où toutes les perspectives [aboutissent à Dieu, principe et fin 
de toute harmonie, comme de toute vérité, comme de toute vertu. » 
C’est l’auteur qui commence ainsi son livre, et l’esprit qui anime tout 
l’ouvrage, esprit religieux et chrétien, répond parfaitement à ces pre¬ 
mières lignes, fl décrit [successivement les harmonies de l’eau, de l’air, 
des saisons, de la mer, des montagnes, de la feuille, de la fleur, du 
fruit. Petit fvolume bien imprimé, agréable à l’œil, bien écrit, bien 
pensé, et l’un des meilleurs livres de lecture à mettre entre les mains 
des jeunes lecteurs. ( D'après les Annales catholiques .) 

JOURNAL D’UN AUMONIER MILITAIRE PENDANT LA CAM¬ 
PAGNE DE LA LOIRE ET LA CAMPAGNE DU RHIN. 1 vol. — 

Prix : 1 fr. 50. 

Ce petit livre, qui doit avoir sa place dans toutes les bibliothèques 
populaires, est le récit rapide et saisissant des principales opérations 
des aumôniers militaires dans ces douloureuses campagnes. Voici l’ap¬ 
préciation qu’en vient de faire Mgr Place, évêque de Marseille, dans 
une lettre adressée à l’auteur, M. l’abbé de Bsuvron, ex-aumônier en 
chef de la deuxième armée de la Loire : 

« Marseille, 2 mars 1872. 

« Mon bon et très-cher ami, 

« J’ai lu avec le plus grand et le plus touchant intérêt le journal de 
votre aumônerie pendant la campagne du Rhin et la campagne de la 
Loire. Au milieu de l’émotion causée par le spectacle de nos malheurs, 
T. vn. 0 



— 82 — 


vous m'avez fait mieux comprendre que je ne l’avais fait jusqu’à pré¬ 
sent, mon cher ami* l’importance et la nécessité de l’aumônerie mili¬ 
taire : elle est le premier devoir d’un pays en faveur de ceux qui, avec 
la plus admirable abnégation, vont faire pour lui les sacrifices les plus 
pénibles, et en particulier celui qui couronne tous les autres, le sacrifice 
de leur vie. 

« Vous ne pouviez pas donner un exposé des motifs plus éloquent 
dans sa simplicité ét plus coBvafocftrtt & votre; projet d’une aumônerie 
militaire. 

» Je fais les vœux les plus sincères, mon cher ami, pour que vos 
infatigables effort» obtiennent m comptai tuocte ne confiai» pas 
d’œuvre plus essentiëlletnentreKgieuse et patriotique. 

- Tout i votts r eordkdèment en Notre-Seigrieur. 

- Signé : Ch. Pl., Évêque de » 

(D'après fa SmmineRèliÿiùUseéh'Parte.) 

MANUEL DE L’AMATEtJR DES JARDINS. Traité général d'horticul- 
turè, par Mtf. J. Décaisse et Ch. ÏIacdîn, membres dë Plnstituf. Ouvrage 
âct»mp»gfté de phi» de* 80» figures originales intercalées dam ta texte. 4 Vol. 
petit ii*8 de 700>à 800 pt>— Prix ^30 fc». Chaque voL séparément, T Ce, 50. 

Ce manuel, suffisamment recommandé par ta nom des savante au¬ 
teur», est maintenant complétemant publié. C’est une sorte* (Poneyefo- 
pédie agricole, composée» dfe quatre manuels ou traité» spéciaux. Le 
premier comprend le» prfccipee génémux de botanique et de jardinage; 
— lé second la florictrlfttre*;" te troisième la culture* des arbres* et an- 
Jsustes d’agrément,, ainsi, que- de» plantes de serre;,— le quatrième 
'embrasse Ffetweifcble de» pbmtea aümeflttüjes et de* ærbro*'» ântitiers 
cultivés en France. 

Malgré ce tifcr* modeste éortianraeLce livre renferme toutes les 
explication® scientifiques utdsnpour gaidèirdan» la pratique, La. pro¬ 
duction des race» et- àe» variété^ Facclimatatiom et la radtfiulisaikln 
des plante* 1 , la fécmdfetiotf mttiwdle et artificielle, leer croisements, 
l'hybridation, les attentfinea» de la. culture, toutes ces* questions si 
intéressantes sont exposées dans ce bel otrvttage avec de» développe¬ 
ments; cenvôaablesu 

BOURGEOIS ET OUVRIERS, ou les inégalités de la fortune, par un socia¬ 
liste et un homme de bon sens. 1 vol. in-18. — Prix : 80 c. 

Un fait qui nîest méconnu de personne, c'e9t que la société est sur 
le point de courir de graves dangers. Le péril vient de ce que les 


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— 83 — 

classes mal aisées regardent le bourgeois comme leur ennemi im¬ 
placable. 

En présence du péril de plus en pftis imminent, que faut-il faire 
pour le conjurerî La bourgeoisie doit-elle se préparer à opposer la 
force brutale à l'attaque ! 

Ce moyen serait toujours regrettable. Le plus efficace, comme le 
plus digne de tous, au point de vue social et chrétien, consiste â faire 
disparaître les causes elles-mêmes du mal qui se produit et s'aggrave. 

Soyons persuadés que l'ignorance et les préjugés font de nombreuses 
victimes, victimes qu'il n'est pas impossible de sauver par le dévoue¬ 
ment, par l'instruction. 

Le livre dont nous parlons est destiné à atteindre un tel but; voilà 
pourquoi nous nous faisons un devoir de le recommander à tous ceux 
qui s'intéressent à la société. 

SOUVENIR DU FOUT DE L'EST, près Saint-Denis. Carnet d'un aumô¬ 
nier de l'armée de Paris (1870-1871), par M. l'abbé Jules Bonhomme, vicaire 
&SainterElisabeth. 1 vol. — Prix: 4 fr. 

C'est te récit fidèle de ce qui s'est passé au fort de l’Est, et dans un 
langage qui plaît. En voici un extrait; c'est l’arrivée de l'auteur dans 
le fort : 

« On me désigna le pavillon de droite dans la cour, où des hommes 
de garde étaient assis sur un banc* L'un d'eux me dit : « Mon Dieu, 
Monsieur, le commandant supérieur du fort ne* sort jamais; il court 
toujours. Il est ou dans la cour, ou sur les talus, ou dans les pavillons; 
il est partout et nulle part. Du reste, le colonel est petit, le fort est 
grand; vous risqueriez de ne pas découvrir l'un dans Tautre. Mais 
attendez un moment : il a une voix! une voix!... fe ne vous dis 
qu'ça. Si vous ne l'apercevez pas, vous ne tarderez pas à l'entendre. ® 
En effet, au bout de quelques minutes, un bruit, un son, un timbre 
qui tenait de l'organe de l’homme et du clairon, retentit à mes oreilles, 
et fait vibrer les murailles des casernes: Planton ! planton!... où donc 
êtes-vous, trrrrrre? ». Je me dis à part moi : « Ce doit être le colonel. « 
Un homme de taille un peu inférieure à la moyenne, mais souple et 
ferme dans ses mouvements, à la figure vraiment militaire, s'était 
avancé : « Ah F monsieur l’abbé, dît-il, vous me surprenez maugréant; 
cela m'arrive assez souvent avec ce monde-ci. Que puis-je faire pour 
vous être agréable ? » 

Tout le livre roule sur le même ton. 


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— 64 


LE DUC DE BROGLIE, par M. Guizot. I vol. in-12de près de 400 pages. 

Prix : 3 fr. 50. 

Ce petit volume est un hommage bien senti de M. Guizot à son 
ex-parrain, le duc de Broglie, qui fut un des trois membres du canapé 
doctrinaire, avec M. Royer-Collard, sous la Restauration. M. Guizot 
débute par un éloge généalogique des maréchaux de Broglie, éloge 
qui pourrait paraître superflu, après les beaux portraits de Saint- 
Simon. 

De son côté, dans son testament, M. de Broglie témoigne de son 
amitié pour M. Guizot; mais la France n’est pas obligée d’épouser ces 
illustres amitiés. 

La tendresse de M. Guizot pour M. de Broglie, qui, pendant son 
ministère, n’a pas eu une idée, mais n’a eu qu’un mot désastreux, 
quand, après des explications telles quelles, il dit à la chambre : « Est- 
ce clair? » 

M. Guizot supprime cette cause de la démission de M. de Broglie. 

Les contemporains liront avec plaisir ce résumé d’une époque 
disparue. 

UN RURAL à la recherche du meilleur gouvernement : deux milliards de 

bon sens, ou la manière de raisonner du bonhomme Jacques. Brochure de 

60 p. — Prix : 1 fr. 

Ce bon petit livre, à notre avis, devrait être lu et relu dans les 
campagnes. Il se compose d’une douzaine de chapitres pleins de saines 
vérités présentées comme il le faut, c’est-à-dire avec entrain et 
simplicité. 

Le bonhomme Jacques a son franc-parler; il dit ce qu’il pense haut 
et ferme, il parle de la guerre des Prussiens, de la Commune et de la 
politique; et avec son bon sens et ses allures toutes villageoises, il se 
fait écouter, et même mieux, il se fait croire. 

Nous autres, gens de la ville, nous le remercions du bien qu’il fait 
aux gens de la campagne. 

(Pour les quatre articles ci-dessus , d'après la France Nouvelle) 


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THÉÂTRE DES ÉVÉNEMENTS RACONTÉS DANS LES DIVINES 
ÉCRITURES, ou l’ancien et le nouvel Orient étudiés au point de vue de 
la Bible et de l’Eglise, par M. le docteur L.-G. Gratz, vicaire général 
d'Augsbourg, traduit de l'allemand par M. l’abbé Gimarey, revu et corrigé 
par M. l'abbé Bugniot, missionnaire apostolique. 2 vol. in-8° de vm-568 et 
430 p. 

« Sans un pareil ouvrage, dit M. l'abbé Sire, professeur d’Écriture 
sainte au séminaire Saint-Sulpice à Paris, on a beaucoup de peine à 
s’orienter dans les livres historiques et les livres prophétiques de 
l’Ancien Testament, dans les Évangiles, les Actes des Apôtres et les 
Epîtres de saint Paul ; on ne se fait pas une idée juste et complète 
des faits, on ne peut les classer dans sa mémoire, on les oublie vite, 
on marche au hasard dans ses recherches, et on finit par se fatiguer au 
point d’être dégoûté dans un stérile travail. « 

L’auteur a surtout tiré un excellent parti des recherches et des 
découvertes faites tout récemment sur les bords de l’Euphrate et du 
Tigre, du Nil et du Jourdain, de l’Oronte et de l’Halys, ainsi qu’en 
d’autres lieux. 

Ces recherches savantes et ces heureuses découvertes, dit le docteur 
Gratz, *« ont imprimé le sceau de la véracité la plus parfaite aux 
ouvrages des écrivains sacrés de l’Ancien et du Nouveau Testament ; 
les restes des murailles, des palais, des tours et des sculptures de 
Babylone, deNinive, de Persépolis, de Jérusalem, de Samarie, etc., 
sortant des monceaux de décombres entassés par les siècles, apportent, 
en reparaissant au jour, le poids de leur témoignage... » Et c’est éga¬ 
lement ce que fait remarquer un autre savant commentateur de la 
Bible, le docteur d’Allioli, dans ces lignes : « Les ruines éparses de 
l’ancien monde que nous avons encore sous les yeux, les changements 
opérés par les siècles successifs, sont des témoins parlant hautement 
en faveur de la véracité de la sainte Écriture ; ils sont restés, pour 
ainsi dire, comme des milliaires à l’homme sur la grande route de 
Dieu ; comme des exemples pour ceux qui, dans un effrayant aveugle¬ 
ment de désobéissance, de ridicule bravade, persévèrent dans leurs 
fausses voies, dans leur incrédulité. » 

Dans un Appendice , l’auteur nous donne, en latin (avec traduction 
française), les hymnes qui se chantaient et les prières qui se récitaient 
autrefois aux saints lieux de Jérusalem et de Bethléem. Vient ensuite 
une liste des ouvrages à consulter pour arriver à une connaissance plus 
complète de l’ancien et du nouvel Orient. 


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— 86 — 


EMLO0UEBE L'A&T CMMÉTUESÜ, par M. Rio; 2 vol. —Prix : 15 £r. 

Pour comprendre ce titre, il faut savoir que Fauteur, qui a consacré 
trente aimées de sa vie aux recherches et aux études relatives à l’art 
chrétien, a été très-encouragé dans ce laborieux travail par le comte 
de la Ferronays, dont il était devenu l’ami intime et le confident, après 
avoir été son secrétaire au ministère des affaires étrangères. 1VL Rio a 
pu découvrir tous les secrets de ce grand cœur, secrets de loyauté che¬ 
valeresque, d'humilité, de patriotisme, éminentes vertus couronnées par 
la plus sainte mort. L’Épilogue de l'art chrétien publie tous les détails 
les plus attachants sur la vie de M. de la Ferranays ; l'auteur nous 
donne de nombreux et très-curieux extraits de la correspondance de 
l'illustre homme d’État. Le supplément de révélations sur cette noble 
existence était indispensable,même après les récits delà fille de l'illustre 
comte. 

Outre les renseignements sur ht vie de M. de la Ferronays, les deux 
volumes de M. Rio nous initient à la vie et au caractère de la Bretagne 
pendant les dernières années de la Révolution. L’auteur nous donne 
également sur la société politique et littéraire en Angleterre et sur 
M. de Lamennais, avec lequel il a a voyagé en Allemagne, des récits qui 
sont lus avec le plus vif intérêt. Les deux nouveaux volumes de M. Rio 
nous montrent, dans ht personne de M. de la Ferronays, l’idéal moral, 
après nous avoir montré l’idéal catholique, dans les quatre volumes 
de Fart chrétien; c'est œt ouvrage qui, comme je viens de le dire, a 
coûté à l’auteur trente ans du travail le plus persévérant ; c’est cet 
ouvrage, dont une nouvelle édition a paru chez Haehette et qui m le pins 
contribué à la restauration des idées artistiques dans notre époque. La 
vie et les oeuvres de tous les artistes qui du treizième au seizième 
siècle ont honoré et illustré Fart chrétien, sont analysées avec Je soin 
le plus consciencieux et la chaleur la plus communicative par AL Rio. 
Son savant ouvrage déviait être lu et médité par tous ceux qui 
s’occupent de l’art, soit au point de vue théorique, soit comme pra¬ 
ticien. 

Honneur donc au talent et au courage de l’écrivain qui, on milieu 
des cruelles épreuves de la vie publique et privée, a su écouter la voix 
et les conseils d ’une noble amitié, conduire à bonne fin une œavne si 
utile pour la régénération de Fart dans notre société moderne. 

(D’après l’ÊmancijxUmir.) 


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— 87 — 


MX FANATIQUES, 191 LACHES. Lettre à IL l’abbé Michaud, vicaire 
idénalsaionnavre de la Madeteiae, auteur 4$ Guignol et la révolution dans 
l'Église romaine (avec le texte de la Constitution dogmatique du concile du 
'Vatican, un commentaire tiré de la Déclaration des évêques allemands et de 
VInstruction pastorale des évêques suisses ssr l'infaillibilité, approuvée far 
JL JS» père le pape Pie IX, et le texte de ces documents), par M* l'abbé 
Bernard, aumônier de l'École normale supérieure, officier 4e l’instruction 
publiques 1 joli vol. in-18 anglais sur beau papier de Ï4Û p. — Prix: 
% francs. 

Nous ne pouvons mieux faire, pour recommander cet ouvrage, que 
de citer la lettre suivante adressée à l’auteur par "Mgr l'archevêque de 
Paris : 

a Mon cher abbé, 

Ce n’est jiap une petite affaire pour moi de trouver le temps de 
« üre quoi xpieee soit, même «ne brochure. 

a J’ai pu cependant dérober quelques iiiuxnexits àioes accablantes 
« occupations, pour lire rotreéerkcontne lfebbé Michaud. 

•* C’est üe*, très-bien , cela æsI eaas réplique ppur les esprits qui 
« se piquent de justice et4tin^artialié. 

* Jetons æepseroiede xotm 2 $le,«mui^eher abbé,>ert|eia£)us bénis. 

« J.H. archevêque de Tttris. 

« 2$ *év*kr tm. v 

MAMMIE AUOnàs, roman/par M.'Chartes Dubois, ^membre deTAcadémia 
Stanislas, avec mm leUrc-pràawe 4e IL Eugène .de i vol k*1% 

de x-334 p. — Prix; 2 fr. 

# i 

r Madsme Agnès, qui raconte clle^iuême «on histoire, a été l'épouse4e 
Victor Barnier; -c’était une grande Ame, Viotor. Journalisteeatholiqiie 
dans une ville qui garde d'anonyme dans ces récits sous le nom de 
Philopolis, il combattait avec énergie et talent les saints wœbats. Au 
sortir d’une soirée 4 laquelle un banquier, M. Beauvais, t'agit invité, 
il est presque victime d’un guet-apens uigauké par les libres pen¬ 
seurs de l'endsoit, et où figure le jeune 'Louis, 41s du banquier, il 
est «noore vdétudànaîie, lorsqu’un cri 4e détresse l'appelle du «été 
d'une rivière où un homme se noie.'-C’est Louis lui-^5ême,qui,revenartt ( 
à la foi dans ce moment suprême, supplie Dieu4e le sauver. Victor ale 
bonheur de l'arracher i la mort, mais ^e beau sacrifice lui coûte la vie. 
Louis est changé; la grâce l’a touché au eœur ;îl se j eîèvedane salarié 
défrayant. Homme de plaisirs et dissipateur, le voici dévoué au bien, 


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— 88 — 


fortement décidé à expier ses fautes par d’énergiques immolations. 
Pour refaire sa fortune et régénérer son âme, il entre comme sous- 
directeur dans la grande papeterie d'un Anglais,M. Smitson, protestant 
rigide et froid calculateur avec des sentiments naturels d’équité. 
Mme Smitson est catholique, mais elle dit avec d’autres : « De religion 
pas trop n'en faut. » Mlle Eugénie, sa fille, est une création hybride 
de M. Charles Dubois; catholique, elle va peu dévotement à la messe 
de midi et fait tout au plus ses pâques. Très-romanesque dans sa 
froideur/elle a pourtant l’esprit élevé, le jugement solide. 

Nous voici en pleine lutte de caractères. Louis, que la passion de la 
propagande sainte dévore, obtient de son chef la permission de faire 
des conférence aux ouvriers de la maison; mais que de précipices â 
droite et à gauche] M. Smitson est ombrageux; Mme Smitson se 
défie « de l’intrus *; Mlle Eugénie ne sait pas si l'hypocrisie ou la 
noblesse du cœur dirige Louis : elle observe et critique d'une façon 
hautaine. Une double intrigue de cupidité complique la situation. Une 
servante cherche à marier un M. Albert à sa cousine Eugénie, afin de 
« gouverner et régner » sous le nom du futile jeune homme; de là 
cabale contre Louis. Quel est cet Albert î un fat doublé d'ignorance, qui 
met tout son art à bien nouer sa cravate ; un efféminé sceptique, que la 
fortune plus encore que la beauté d'Eugénie séduit. A ses yeux, Louis 
est un rival ou peut l'être, et il conspire .à sa perte. Quand donc Louis, 
à force de loyale honnêteté, a conquis le cœur d'Eugénie et l’estime de 
M. Smitson, quand sa fortune monte; un coup de tonnerre éclate; 
Albert s’entend avec un contre-maître de la manufacture ayant nom Du¬ 
rand, mauvais sujet qui ne peut souffrir l’austère surveillance de Louis ; 
chacun des deux met dans ce complot son habileté sans scrupules, 
et ils se cachent derrière un scélérat subalterne, Adams, ouvrier de la 
maison, qui se charge de dire à M. Smitson que Louis a voulu le con¬ 
vertir au catholicisme. Louis, en effet, chose par trop étrange, a donné 
dans le piège de ce vil gredin, sans songer aux susceptibilités protes¬ 
tantes de son chef. Voici donc un orage. Le noble jeune homme est 
allé voir une dernière fois Victor, son sauveur, et lui a fermé les yeux. 
A son retour, il est congédié par M. Smitson, à la condition pourtant 
qu’il restera quelque temps encore dans l'établissement. Heureux 
délai, malgré sa prolongation peu vraisemblable! Pendant une inonda¬ 
tion, il sauve la manufacture d’une ruine certaine; peu après, il est 
presque assassiné par Durand; alors tout s'éclaire et la mauvaise 
fortune est conjurée. M. Smitson est ému ; Eugénie, qui a en horreur 


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— 89 — 

le cousin Albert, se sent attirée de plus en plus vers la victime de 
l'honneur et du devoir ; Louis, pour comble de bonheur, dévoile, pièces 
en main, la trame scélérate de Durand, et obtient enfin la main d’Eu¬ 
génie. Hélas ! l’épreuve est voisine des beaux jours ! Eugénie suc¬ 
combe à une maladie; Louis la suit de près dans la tombe, et ainsi 
finissent les joies de ce monde. 

LE PAPE et le roi d'Italie à Rome, ou la loi sur les garanties offertes à la 
papauté, examinée et discutée par Mgr V. Nussi, chanoine de Sainte-Marie- 
Majeure (à Rome); traduit de l'italien par M D. Le Roux,* in-8° de vm-64 p. 
—Prix: 60 c. 

L'opuscule de M. l'abbé Nussi fut publié à Rome quand l’on discutait 
encore, à Florence, la fameuse loi des garanties à offrir au Saint-Siège, 
en le dépouillant de son autorité temporelle. L'auteur pensait qu'il ne 
serait point superflu d’éclairer certains esprits faciles à se laisser 
séduire par les apparences, et il donna ces quelques pages sérieuses, 
calmes, fortes comme le droit et la raison elle-même. La loi passa ; 
elle régit aujourd'hui l'Italie ; le spectacle que tous les catholiques 
redoutaient a été infligé à leur conscience. — Le travail a été revu à 
la suite de cette promulgation, qu’un moment on se flatta d’arrêter. 
Parcourir successivement tous les articles, en montrer le danger, 
l’inanité dans le sens des intérêts qu’il s’agit de couvrir, les pièges ou 
les manœuvres qu'ils dissimulent et par là mettre à nu la situation 
vraie faite au saint-père, à la suite de l’occupation de sa capitale, telle 
est la pensée, tel est le plan de l'auteur. Tout cela est irréfutable. 

Sans entrer dans le fond du sujet, indiquons sommairement la con¬ 
clusion de M. l’abbé Nussi. — Cette loi, dit-il, est radicalement , ou 
plutôt essentiellement défectueuse. Elle ne contient pas un seul article 
qui ne donne matière à de graves difficultés. Loin d’assurer à la papauté 
une position supérieure et indépendante, elle crée pour elle une situa¬ 
tion humiliante, pleine d’incertitudes, de périls, de complications et 
d’embarras de tout genre ; surtout elle tend à l’annihiler par la force des 
choses. N’est-ce pas Frédéric II qui écrivait à Voltaire : « Si l’on 
arrive à la conquête des États du pape, le pallium est à nous, la scène 
est achevée... Peu à peu tous les États s’éloigneront de l’unité de 
l’Église et finiront par avoir chacun leur religion, comme ils ont 
chacun leur langue (p. 68) i » Et Napoléon a dit un jour, avec ce pro¬ 
fond bon sens qui fut une des qualités dominantes de son génie, chaque 
fois que ses intérêts personnels ou ses passions n'étaient point en jeu : 


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— .90 — 

- Le pouvoir temporel est la meilleure, Ja plus bienfaisante mstiiutien 
que l’on puisse imaginer pour le J gouv«ernemæt des âmea. Ce sont Tes 
siècles qui ont fait cela, et dis Tant bien fait (IM). • — Qn voit si 
cet opuscule, draiileurs bien .traduit, mérite dîêtre .lu f*r les hemmes 
sérieux. 

ISABELLE DE FRANCE et la cour de saint Louis, par Mme de la Richardays; 

1 vol. in-12 de 298 p. — Prix ; 2 JOc. 

Mme de Ta Hichardays.trace une esquisse rapide et mouvementée 
du Tègne de saint Louis. Elle écrit un portrait magnifique.de Blanche 
de Castille, cette mère qui eût préféré voir son fils mourir que d’ap¬ 
prendre qu’îl eût commis trn péché mortel. Elle nous montre en elle, 
non-seulement Ta mère chrétienne, infatigable, dévouée, pieuse, douce, 
charitable, mais la rème, la régente chez laquelle « la finesse de la 
femme n excluait pas la loyauté de la princesse, * habile, politique 
perspicace, qm mit ramener à la fidélité le terrible Pierre Mauclerc, 
s’attacher le comte de Flandres par la générosité, le comte de Cham¬ 
pagne par la douceur. 'Vient le mariage du jeune Louis avec Mar¬ 
guerite de Provence, tjue suit bientôt la majorité du roi. Alors 
nous assistons aux grandes luttes de l’époque : la croisade du roi de 
Navarre, la guerre avec TAngleterre, les batailles de Taîllebourg et de 
Saintes, et enfin les croisades, qui devaient, en mettant au front de 
Louis l'auréole du martyre, être la plus grande gloire de son règne. 
L’auteur a fait un bon et beau livre, d’une scrupuleuse vérité histo¬ 
rique ; eHe sait charmer par Télégance et la simplicité de son style 
sobre d'images, facile, pur dans la forme, harmonieux dans la période. 
EHe connaît bien le temps qrielle a voulu peindre, elle l’aime, elle en 
sait parler. l/n peu d'érudition ne messied pas : elle donne des notes 
historiques très-exactes, prisées aux bonnes sources. 

{Tour les trois ouvrages précédents, <f après la bibliographie caüioligue.) 

UN SOUVENIR DE LA TERREUR, par Q. &WRQX, .1 ,vqL ri*8 de iSSp, 
avec une gravure. — Prix: 1 fr. 25. 

Nous .sommes <e» 1791, à Parierez Maximilien jftobe%pi«wr&. U 
reçoit an ce moment deux -visiteurs : un négociant honorable, Bernaud 
Lambert, et ,1e beau-frère de celui-ci, Alexis. Vauçlair. 'Ces deux visi¬ 
teurs .sont .loin de partager îles idées de Pobeepierre^ et tften con¬ 
naissent, du reste, pas encore la émistre portée. s Serieaiei^ oe^ont ses 


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— &i — 


compatriotes, et Alexis est mêmejson condisciple ; il a été élevé, comme 
lui, aux frais de l'évêque d'Arras. 

Par le fait de cette connaissance, Bernard et Alexis se trouvent en 
contact avec les hommes de la Révolution. Ceux qu'ils ne voient pas, 
ils en entendent parler. Les événements leur sont racontés on bien ils 
y assistent. Ce n'eat pas assez qu’ils en restent .les témoins, ils en 
sont les victimes : Bernard -est arrêté, .pour avoir désapprouvé les 
crimes commis.; Alexis* qui s'était toujours destiné au sacerdoce, et 
qui ne pouvait consentir à être ordonné par un évêque assermenté* 
s'est rendu ;en Angleterre pour recevoir les saints ordres de la main 
d'un prélat émigré. Puis il est revenu en France exercer son minis¬ 
tère auprès de 9es infortunés compatriotes. 11 est livré par le dis d'un 
révolutionnaire mourant qu'il venait de consoler et d-absoudre..Heu¬ 
reusement, lès deux beaux-frères sont délivrés à temps. 

La partie imaginaire de oe récit est si peu accentuée qu’on ne peut 
le considérer comme une nouvelle. Elle sert uniquement de prétexte 
aux portraits de personnages saillants, à la narration de grands évé¬ 
nements : le 10 août, la mort du Roi, la mort de la Reine. C'est vérita¬ 
blement de Thistoire .popularisée, instructive* sans être [appliquante, 
et qui convient à merveille à la généralité des lecteurs. 

LE CAISSIER PETERS, OU LA NÉMÉSIS CHRÉTIENNE {cent récits 
nouveaux); par Charles de Travanet; 1 vol. in-8 de 189 pages, avec 
2 gravures. — ftrix : 1 ir. 50. 

Le caissier Peters est un homme honnête par principes, mais qui, à 
la suite de dérangements de conduite, et surtout des mauvais conseils 
du teneur de livres de la maison où il est employé, se trouve entraîné, 
de complicité avec cet homme, à dévaliser la caisse. 1 
Peters, dévoré de Remords, passe en Amérique et se livre à d'in¬ 
cessants travaux. R parvient à rembourser les sommes volées. La con¬ 
sidération générale l'entoure dans sa nouvelle patrie. Ses charmants 
enfants le comblent d'affection et de respect. Cependant il reste tou¬ 
jours malheureux par les déchiremeuts de sa conscience. 

Ce n'est pas la seule [torture qui le poursuive, en punition de sa 
faute. Son misératble combine, voulant éch a pp e r & la justice qui4e 
recherche pour un nouveau crime, se réfugie chez lui, le menace de 
révéler le faial secret, J'oblige à Lui donner l'hospitalité, à satisfaire 
tous ses caprices, le ruine et l'enveloppe dans son déshonneur. 

Enfin, ara «mi véritable, auquel il confie sa déplorable histoire, Meut 


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— 92 — 


à son secours de la manière la plus efficace. Mais Peters ne peut sur¬ 
vivre longtemps aux émotions de son existence. « Son âme s'en va 
dans le sein du Seigneur, réconciliée avec le monde, réconciliée avec sa 
conscience, réconciliée avec Dieu. » 

Il y a des scènes dramatiques et saisissantes dans cette Nouvelle, 
dont l'impression ne peut être que salutaire. Elle fait vivement sentir 
les terribles conséquences d'une première faute. Toutefois on désire¬ 
rait que le sentiment religieux eût une part dans les remords de Peters 
et dans l'existence de sa jeune famille. C'est seulement au dernier mo¬ 
ment qu’il en est question, comme nous l’avons indiqué ci-dessus. 

La petite Nouvelle qui termine le volume ne nous laisse pas le même 
regret. La pauvre mère à qui des misérables ont enlevé son enfant, est 
d'une foi, d'une piété touchantes. 

Le héros de cette histoire, le fidèle Ali, est un simple chien, mais un 
chien dont la fidélité pourrait faire honte à bien des hommes. C’est lui 
qui retrouve sa petite maîtresse, et qui fait rentrer, avec elle, le 
bonheur dans la maison. 

SAINT-CLOUD, patron des cloutiers, par M. René de Samt-Maurts ; 
une brochure in-18 de 20 p. — Prix: 15 c. 

Cet opuscule appartient à une collection intitulée : les Saints de Vate~ 
lier . Inutile de dire que saint Cloud y figure, comme patron des 
cloutiers, non à cause de sa profession, mais à cause de son nom. 

M. René de Saint-Mauris raconte brièvement et en bon style 
l'histoire de Clodoald ou saint Cloud, ce fils de Clodomir, qui, après 
avoir échappé au massacre commis par ses oncles Childebert et 
Clotaire, trouva dans la vie monastique une plus belle couronne et 
dans le ciel un trône plus splendide que ceux qui lui avaient été ravis 
par une jalouse fureur. 

Sans faire étalage de science, M. de Saint-Mauris a puisé aux 
meilleures sources, pour composer ces quelques pages qui se lisent 
facilement et instruisent salutairement. 

(Pour les trois articles ci-dessus, d'après le Bulletin des publications 

populaires .) 

LA RELIGION EN TABLEAUX ou grandes images catholiques, collection 
de 40 gravures sur pierre, hauteur 65 centimètres, largeur 45 centimètres, 
composée par le R.P. Lacoste et exécutée sous sa direction par notre meilleur 
artiste lithographe à la plume, M. Collette ; la collection en feuilles. — 
Prix: 8 francs. 

Cette collection n'est pas seulement une œuvre d'art, exécutée avec 


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— 93 — 

une intention pieuse, c’est une instruction lumineuse et solide sur 
l’ensemble des vérités, des dogmes et des mystères de la religion 
catholique. 

Il n’est pas de publication plus éloquente pour faire entrer plus 
facilement et dans un plus grand nombre d’esprits l’intelligence de 
tout ce que la foi nous propose à croire et à imiter. 

Voici quelques lignes de l’appréciation de M. L. Rupert sur cette 
publication : 

« En examinant ces vastes compositions, on ne sait si l’on doit 
admirer davantage l’imagination de l’artiste ou le bonheur avec lequel 
il a su rendre toutes ses idées. Toutefois, l’admiration qu’inspire le 
tableau se change en vénération dès que le cœur des chrétiens a senti, 
dans ces œuvres si pleines de foi et d’amour, palpiter le cœur de 
l’apôtre. L’apostolat qui du fond de la solitude s’adresse ainsi à tous 
les yeux n’est pas moindre que celui qui va porter la bonne nouvelle 
aux extrémités de la terre; quel est, en effet, celui qui avec le plus 
d’abnégation fait le mieux entendre aux hommes cette vérité qui les 
met dans la voie du ciel : « Le bonheur de cette vie est réservé à ceux 
qui aiment Dieu et pratiquent sa sainte loi?... * 

MANUEL DE GYMNASTIQUE, par C. Vergnes, capitaine instructeur de 

gymnastique du régiment des Sapeurs Pompiers de Paris. 1 vol. in-18 de 

218 pages, avec 170 figures dans le texte et 4 planches de machines gym¬ 
nastiques. 

La théorie des exercices gymnastiques est exposée dans ce manuel 
avec précision et clarté, et la pratique en est facilitée par de nom¬ 
breuses figures qui représentent les principales positions et les prin¬ 
cipaux mouvements. 

M. Vergnes a en vue trois sortes d’établissements : les écoles pri¬ 
maires', les lycées et collèges, les écoles normales primaires. 

Les exercices destinés aux écoles primaires sont répartis en trois 
séries : pour les élèves de neuf ans et au-dessous, pour les elèves de 
neuf à onze an, pour les élèves de onze ans et au-deâsus. 

Quant aux lycées et collèges, une série est ajoutée pour les élèves de 
de douze à quinze ans. 

Enfin pour les écoles normales primaires, l’auteur indique un cer¬ 
tain nombre d’exercices complémentaires. 

Les dernières séries exigent des frais d’établissement devant les¬ 
quels peuvent reculer beaucoup de personnes. Mais les premières sont 
à la portée de tous. 


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— 94 — 


HISTOIRE POPULAIRE DE LA PRUSSE, par H. A. de Lamothe. I roi. 

in-12 de 172 pages, 1871. — Prix : 1 fr. 50 c. 

Un écrivain français se faisant, dans les circonstances présentes, 
historien de la Prusse, avait devant lui deux écueils. Inspiré par le sen¬ 
timent patriotique, il pouvait se préoccuper uniquement d’accabler, de 
déshonorer la nation ennemie, et sacrifier l’histoire à l’acte d'accusa¬ 
tion, peut-être au pamphlet. Ou bien, en visant par trop à la gravité et 
à la dignité du récit, il pouvait enlever à son ouvrage le caractère 
d'actualité qui en fait l’attrait principal, aux yeux surtout du lecteur 
populaire. 

M~ de Lamothe a très-heureusement évité ees deux écueils. 

Sans doute, il est loin de dédaigner les armes que la pure vérité 
historique lui fournit contre l’insolent vainqueur. Ce n’est pas sans une 
satisfaction assez légitime pour se dispenser d’être secrète, qu’il fait 
ressortir les caractères propres à la formation de la Prusse : « la civili¬ 
sation des Prussiens est née d’une double barbarie; leur royaume a été 
le fruit d’une triple apostasie ; * ou les couleurs dont Sain-Simon se 
servait déjà pour peindre les Hohenzollem : « race étrange, roide 
d’allures, f mais souple cTesprit, au cœur pieux, aux maèneprenante** Où 
trouver cette bizarre combinaison d’un esprit froidement positif avec un 
mysticisme qui voit Dieu partout, surtout dans les affaires prussiennes, 
et qui ne fait rien sans le mettre de part? Croire à sa mission est une 
manière vraiment royale de se débarrasser de ses scrupules. » 

Mais il sait aussi mettre en relief les qualités nationales que nous 
ferions bien de nous approprier, au lieu de chercher àles ridiculiser, avec 
notre incurable Légèreté : » Pauvreté, travail, discipline, obéissance 
passive chez les soldais* instruction et émulation chez les chefs. *> 

Enfin, après nous avoir montré les causes de l’agrandissement de la 
Prusse, il nous fait entrevoir celles de sa prochaine décadence. 

Ce livre est bien fait, bien pensé, et, dans sa médiocre étendue, il 
unit la valeur morale à l’intérêt historique. 

( Pour les ouvrages cirdessus, d'après le Bulletin des pubUcations\ 

populaires.) 


— 62 T***%A 


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BBLLETIN SOMMAIRE 


DBS. 

PUBLICATIONS RÉCENTES 


Année <séoobaphiqd»,, wvtuv aasnMll# 
ëm voyages do tarte et de mer» par Vi¬ 
vien de Saint-Martin.^* fef 10 e année» (1830k- 
1*871). 1 vol. in-12 de 486 nages» Prix t 

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phétique*. n t tuf. fti-ftV Prix : 50 o» 

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lités de la fortune; par un socialiste et 
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fscrr des Avi* spirituels. * f vci. in-32 de 
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" cLÉsiAstiques, par Armand Ravelet. 1 vol. 
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TIE» jusqu’au règne de Henri V.’ 1 vol. 
i*»12. Prix î 2‘fr. >» 

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Màfthi et son Histoire de* France, par 
Henri de LépinwB. I vol. in-12 de* 480 p. 

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legénéral ChanBy ; campagne del£ttM871. 
1 vol».in-12 de 640 p. Prix; 4- l fri » 
Deux mois dm prison sou* la Corsi- 
SSURE, puivi de détails authentiques sur 
* l’amaasinat de Mgr l’archevêque de Paris, 
. par le Père Perny, l’un de* otages de la 
Commune. I val. iû-H4 de 220 p; Prix : 

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Enfant de la. première communion, et 
tôt» les âge* de ta vie- à l’école de la 
. Mère de Dieu, par J’abbé Debeney. 1 vol. 
pM8. Prix : 2 fr. » 


N'A LE (le). Deuxième partie, du 31 octobre 
1870* «a { 2» janvier 1871*,. par M. Jules 
Favre; de 1 T Académie française, fvol. in-8°. 
Prix : 0 fr. s 

Grand pape et le grand roi (le), 

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tion. f vol. in-lit. rrir : î fr. » 

Guerre des frontières du Rhin 1870- 
1 187 F, per Servît de Larolause, colonel dn 
‘ !•»' lanciers. 2 vt)l‘. in-8*- aveu 9 planches. 
Prix î 16 fri » 

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1 par l’auteur de « De la République et des 
Bonrfaene. * t vah im»f& de 404 p. Prix : 

t fr. 50 

f Henri V et la Monarchie tradition- 
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) trait». 1 vol. iU-1#de téfcp.Pr» t 60 o. 

1 Histoire de la diplomatie du gou- 

' VHHNEMENT DE LA DÉFENSE NATIONALE, 

f par Jb ValAny* 2 soi. in-E* Prix : 12 fr. » 
Htoronrft de la p t o cw e sous la Com- 
■ MUNH, par A. Gagnière. 1 vol. in-12. Prix : 

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HtSTOVEE de l'économie politique des 
anciens peuples de l’Inde, de- FËgypte, de 
la Judée et ee la Grèce, pat du. Meeml-Ma- 
rignj. 2 vol. in-8°. Prix v 10 fr. » 

4 Histoire dm l’éloquence satine de¬ 
puis les origines de Rome jusqu’à Cioéron, 
par Victor Cucheval, professeur de rbéto- 
j rique* 2 vol. in.-18 Jésus. Prix : 7 fr. » 

Histoire du concile du Vatican, par 
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Histoire universelle (abrégé chrono¬ 
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continuée jusqu'en 1815 par M. Ch, Marie. 
1 vol. in-12 cartonné de 600 p. Prix : 

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rection du 18 mars» publiée pat l’as¬ 
semblée nationale. Rapport* et Dépositions. 
2 vol. in-4° épuisé*. Prix : chacun 15 fri » 

Essai sue l’organisation du suffrage 
universel en France, par 1* marquis 
de Castellane. 1 vol. in-8°. Prix : 5 fri » 

France et ca Prusse avant la 
«verbe (la), par 1* duo de Gvsaamont, an- 
*isa ministre de* affairas étrangères, 
t Vol. in-8°. Prix : 8 fri » 

Gouvernement de la défense natio- 


! Interpré rATioN de l’Apocalypse, par 

M. Coze, doyen de la faculté de Strasbourg. 
1 vol’, in-12 de 300 p» Prix : 2 fr. » 

t Journal d’un diplomate en Italie y 
1859-1862, par Henri d'Ideville. 1 vol. 

1 in-12 de 330 p. Prix : 3“ f¥. 50 

-, Lendemain de la mort (le) ou la vie 
" future selon la science par Louis Figuier. 
4** édition, i vol. in-12 de 470 p. Prix : 

3 fr. 50 

Lettre a un catholique suisse sur 
la liberté religieuse des catholiques, par 


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Mgr l’évêque d’Orléans ; in-8°, 30 p. 
Pnx : 80 c. 

Lettres à un jeune homme sur la 
vie chrétienne, par le R. P. Lacordaire. 
1 vol. in-64 de 280 p. Prix : 1 fr. 25 

Lettres diplomatiques; coup d’œil 
sur l’Europe au lendemain de la guerre, 
par ***. 1 vol. in-18. Prix : 2 fr. » 

Lettres du grand prophète; l’his¬ 
toire prédite et jugée par Nostrsdamus. 
1 vol. in-8°. Prix : 6 fr. » 

Lettres militaires du siège; par 
T. Colonne Ceccaldi, lieutenant colonel de 
1 a garde nationale. 1 vol. in-18. Prix : 

2 fr. » 

Limites du suffrage universel (les) » 
philosophie et législation ; par A. Rondelet* 
1 vol. in-18. Prix : 2 fr. » 

Mois de Marie de Notre-Dame de 
Lourdes, par Henri Lasserre. 1 vol. in-12. 
Prix : 2 fr. » 

Mon cher petit cahier, journal d’une 
jeune ouvrière. 1 vol. in-12. Prix : 2 fr. » 
Monsieur Jules Simon, ministre de 
l'instruction publique et des cultes; in-8° 
de 34 p. Prix : 60 o. 

Metz, campagne et négociations, 
par un officier supérieur de l’armée du 
Rhin. 4® e édition. 1 vol. in-8° de 510 p. 
Prix : 7 fr. 50 

Ni fanatiques ni lachbs. lettre à 
M. l'abbé Michaud, par l’abbé Bernard. 
1 vol. in-12 de 110 p. Prix î 2 fr. » 

Orléans, par le général Martin des Pal- 
lières. 1 vol. in-8° orné de trois grandes 
cartes. Prix î 8 fr. » 


Père Gratry (le), ses derniers jours, 
son testament spirituel, par le P. Ad. Per- 
raud, prêtre de l’Oratoire. 1 vol. in-8°. 
Prix ; 1 fr. 50 


Petite Concierge (la), par Mlle Mon- 
niot. 1 vol. in-12. Prix : 2 fr. 50 


Pétrole (le), son histoire, sa nature, 
ses usages et ses dangers; par A. Du- 
paigne, agrégé des sciences. 1 vol. in-18, 
Prix : 50 c. 


Pékin, Yeddo, San Francisco, voyage 
autour du monde par le comte do Beau¬ 
voir. 1 vol. in-12 orné de 4 cartes et 
15 gravures. Prix : 4 fr. » 


Pourquoi nous ne voulons pas 
d’Henri V* par un légitimiste. 1 vol. 
in-12. Prix : 1 fr. » 


Prussiens en France (les), par Alfred 
d’Aunay. 1 vol. in-12 de 352 p. Prix : 

3 fr. 50 


Quatre septembre et le gouverne¬ 
ment DE LA DÉFENSE NATIONALE, déposi¬ 
tion devant la commission d’enquête. Mis¬ 


sion diplomatique à Madrid, par le comte 
E. de Kératry. 1 vol. in-8°. Prix : 5 fr. » 

Quelques mots sur l’instruction pu¬ 
blique en France, par M. Michel Bréal, 
professeur au oollége de France. 1 vol. 
m-12. Prix : 3 fr. 50 


Récits d’un soldat ; ma première cam¬ 
pagne, ma captivité, par Georges de 
Crambes. 1 vol. in-12. Prix : 2 fr. » 


Réforme sociale en France (la), dé¬ 
duite de l’observation oomparée des peuples 
européens, par F. Le Play. 4 m » édition. 
3.vol. in-12. Prix : 6 fr. » 

Réforme de l’armée (la), par le co¬ 
lonel Lewal, du corps d’état-major. 1 vol. 
in-8° de 616 p. Prix : 7 fr. » 

Saint Joseph, patron dé l’Église 
universelle. Opportunité et conséquences 
pratiques de cette déclaration. 1 vol. in-12. 
Prix : 40 o. 

Séances de l’Internationale a Paris 
(1m), pendant le Siège et la Commune. 
1 vol. m-12. Prix ï 3 fr. » 

Siège de Paris, opérations du 13 e corps 
et de 1 a 3 e armée, par le général Vinojr. 
1 vol. in-8° aveo atlas de 15 planohes 
Prix : 10 fr. » 

Six mois de captivité a Kœxigsberg, 
par l’abbé Camille Rambaud. 1 vol. in-12. 
Prix •. 3 fr. » 

SOUVENIRS DE L’INVASION PRUSSIENNE 

eh Normandie, par le baron Emouf. 
1 vol. in-12. Prix : 2 fr. » 


Suite de l’Eucharistie méditée par 
l’auteur de « l'Eucharistie méditée. > 1 vol. 
in-18. Prix î 1 fr. 50 


Tombeau glorieux [(le) du serviteur 
de Dieu Jean-Marie-Baptiste Yianney, curé 
d’Ars, par l’abbé J. H. Ollivier, docteur en 
théologie. 1 vol. in-12 de 216 p. Prix: 

1 fr. 1 

Touchons-nous a la fin du monde* 
par l’abbé Soullier. 1 vol. in-12 de 200 p. 
Prix : 1 fr. » 

Vénérable Anna Maria Taigi (la), et 
la servante de Dieu Elisabeth Canori Mora, 
par le P. Calixte. 1 vol. in-12. Prix : 

3 fr. 50 

Voltaire a Cirey, par Desmoiresterres. 
1 vol. in-12. Prix: 4 fr. 1 

Voix prophétiques (les) ; signes, ap¬ 
paritions, prédictions touchant les événe¬ 
ments du xix 6 siècle et la fin des temps, 
par l’abbé Curicque. 4 e édition. 2 vol. in-12. 
Prix: * fr. » 

Voyage en Indo-Chine et dans l’em¬ 
pire chinois, par Louis de Carné. 1 vol. 
in-12 orné de gravures et d’une carte. 
Prix: 4 fr. » 


Le Gérant , F. WATTEL1ER. 

PARIS. — IMPRIMERIE ADRIEN LE CLERE, RUE CA88ETTE, 29. 


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Terne VU. — IV. 4. 


Avril 18V*. 


REVUE 

BIBLIOGRAPHIQUE ET LITTÉRAIRE 


A NOS RESPECTABLES AGRÉGÉS. 

L’un de vous nous adresse la note suivante, avec prière de 
vous la communiquer ; nous le faisons avec plaisir et nous se¬ 
rions heureux d’offrir notre concours personnel pour la réalisa¬ 
tion d’un si noble projet. Nous transmettrons fidèlement à l’au¬ 
teur de cette note les communications et adhésions qui nous 
seront adressées. 

MOYEN PRATIQUE D’OUVRIR IMMÉDIATEMENT LES COURS D UNE UNIVERSITÉ 
LIBRE, FRANCHEMENT CATHOLIQUE. 

Au lieu de nous en tenir à des plaintes assurément trop fondées, mais 
aussi trop stériles, sur les entraves que la loi et les privilèges mettent 
à rétablissement d’une université libre, ne vaudrait-il pas mieux 
chercher le moyen de tourner la difficulté, et commencer sans retard, 
dans les limites du possible, un enseignement vraiment chrétien? 

Je crois avoir trouvé la solution du problème : je lai fait vérifier 
par des esprits sérieux, et il me semble que vous pourrez la juger 
digne d’être présentée à vos respectables lecteurs, qui ont tout à la fois 
l’intelligence assez élevée pour comprendre la portée de cette grande 
entreprise, et la fortune nécessaire pour en rendre l'exécution immé¬ 
diate parfaitement facile. 

Qu’il me soit permis de faire remarquer d’abord que, dans l’ensei¬ 
gnement des facultés, Y auditoire est ce qu’il y a de moins important, 
pour deux motifs : 1° cet auditoire est nécessairement peu nombreux ; 
(dans plusieurs cours, excessivement peu nombreux); — 2* l’audition 
seule laisse une trace insuffisante, eu égard à l’importance, à la pro¬ 
fondeur des matières traitées dans le haut enseignement. 

Cette vérité est si universellement reconnue, que les professeurs 
font imprimer, ou du moins autographier chacune de leurs leçons. 
Cet enseignement écrit, imprimé, va répandre la doctrine du maître 

T. VII. 7 


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— 98 — 


bien au delà de 1’étroite enceinte du local des leçons orales : c’est par 
milliers que le professeur compte ses disciples, et c est ainsi que, 
lorsqu’il a du talent, il exerce une action, non-seulement dans toute 
une nation, mais même à l’étranger et dans les deux mondes. 

Cela étant, qui empêdhe de recueillir immédiatement ce fruit prin¬ 
cipal de l’enseignement d’une université catholique? 

Qui empêche de choisir, parmi les notabilités de la science, Jes 
professeurs les plus capables de faire honneur à la nouvelle université? 

Qui empêche de publier, dans un recueil mensuel, leurs leçons 
rédigées comme elles le seraient si l’on pouvait leur donner une chaire 
à Paris! 

La vraie doctrine aurait ainsi immédiatement ses apôtres et ses 
défenseurs, et si la jeunesse chrétienne était contrainte, pour quelque 
temps encore, à porter son nom sur les registres officiels et son 
argent dans la caisse du monopole, afin d’avoir le droit de passer 
l’examen, du moins cette jeunesse pourrait puiser à une source 
orthodoxe la science nécessaire, et elle aurait sous la main le contre¬ 
poison des doctrines athées et matérialistes, qu'elle serait contrainte 
d’entendre parfois ailleurs. 

•Une revue critique des oours officiels et des principaux ouvrages 
relatifs au haut enseignement, aiderait les chüétiem & se prémunir 
contre les erreurs plus ou moins universitaires, 

Que faut-il pour réaliser æ plan? Une somme relativement 
médiocre. Airant de vous adresser cette esquisse de mon projet, j’ai 
eu Boin d’étudier, avec quelque maturité, les voies et moyens, et je 
suis certain d’aboutir à un résultat complet, avec le concours de 
quelques personnes qui feraient l’avance du capital très-modique 
nécessaire à la rétribution légitime des professeurs et aux frais d'im¬ 
pression. 

Un enseignement si ardemment désiré trouverait certainement, 
dans toute la France, un assez grand nombre de lecteurs pour couvrir 
las frais. Mais, en supposant même qu’il faille sacrifier quelques 
milliers de francs, que serait-ce en comparaison des frais annuels 
qu’entraîne l'université catholique de Louvain, que les fidèles de 
Belgique, encouragés par l'exemple et la voix de leurs évêques, ont 
su fonder si m&gnfâqpiemenrt et entretenir jusqu'ici. dans toute sa 
splendeur? 

*Ces cours universitaires imprimés seraient le meilleur moyen de 
faire comprendre à tous la nécessité d’arriver par les voies légales â 


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— 99 — 


la liberté du haut enseignement. Ce serait en même temps une pré¬ 
paration importante et comme nécessaire, qui permettrait de profiter 
immédiatement de la liberté, le jour même où elle nous serait rendme. 


Nous recevons communication d’une longue approbation très- 
laudative du remarquable ouvrage de M. Labis : le Libéralisme, 
la Franc-Maçonnerie et f Eglise catholique. Nous voulions donner 
à nos respectables agrégés la primeur de cette approbation mo¬ 
tivée, adressée à l’auteur par l’éminent évêque de Poitiers, dont 
la parole éloquente et autorisée justifie le zèle que nous avons 
mis à faire connaître en France l’ouvrage de M. Labis; le manque 
d’espace nous force à remettre la publication de la lettre de 
Mgr de Poitiers à notre prochaine livraison.. 


PREMIÈRE PARTIE 


OUVRAGES ÉDITÉS PAR NOUS OU DONT N0U8 AVONS ACCEPTÉ 
LA PROPAGATION SPÉCULE. 

MOIS DE MAB1E des Eglises et Chapelles, lectures familières pour la 
sanctification du mois de Marie. — Un vol* in-18 de 248 pages. — Prix: 
90 cent. ; pour nos agrégés, 35 cent. 

Parmi les ouvrages si nombreux publiés sous ce titre, cehxi-ci nous 
a para Pun des plus solides et en même temps très-intéressant ; il jus¬ 
tifie son titre, car ce sont des lectures familières, simples sans bassesse 
ni trivialité, sages et prudentes dans l'expression comme dans la 
pensée, mieux écrites que la plupart des productions actuelles. Nous 
avons été surpris de ne point voir d'approbation épiscopale : c'est sans 
doute un oubli. Ce livre, qui ne porte pas de millésime, est antérieur à 
la définition du dogme de l'immaculée Conception : car, en exaltant ce 
privilège fondamental de la très-sainte Vierge, le pieux auteur annonce 
que notre siècle « semble destiné par la Providence à être celui où la 
croyance à l'immaculée Conception de Marie triomphera dans tout 
Punivers catholique. « Du reste tout ce chapitre respire une foi ferme 


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— 100 — 


en ce beau privilège ; il n'y aurait guère qu'à mettre au passé ce qui est 
au futur dans la phrase que nous venons de citer. L auteur amène, avec 
bonheur, chaque jour, une anecdote, un fait qui confirme ses pieuses ré¬ 
flexions et ajoute au charme de la lecture. Après avoir apprécié l’esprit 
et le style de l'auteur,nous achèverons de donner une idée exacte de son 
livre, en mettant sous les yeux de nos lecteurs la table des chapitres. 

— I joue. Dévotion à la Sainte Vierge. — But da mois de Marie. — II. Immaculée 
Conception de la Sainte Vierge. — Le péohé ennemi de Dieu.—III. Naissance de la 
Sainte Vierge. — Le péohé ennemi de nos âmes. — IV. Education de la Sainte Vierge. 

— Marie modèle des enfants.—V. Marie dans le Temple.—Modèle de la jeune 
fille. — VI. Mariage de la Sainte Vierge. — Modèle de la femme chrétienne. — VII. 
L'Annonciation.— Humilité, pureté.—VIII. La Visitation.—Charité envers le prochain. 

— IX. Le cantique Magnificat . — Reconnaissance pour les grâces de Dieu. — X. Nos 
coeurs deviennent par la communion les temples du Seigneur. — XI. Départ de 
Bethléem. — Obéissance. — XII. Naissance de Notre-Seigneur. — Pauvreté. 

— XIII. Adoration des bergers.— Silence et recueillement.—XIV. Circoncision. 
Adoration des Mages.—Fidélité à la grâce.— XV. La Purification.— Fidélité à 
observer la loi de Dieu. — XVI. Fuite en Egypte.—Confiance en la Providenœ. 

— XVII. Séjour en Egypte.—Constance au milieu des épreuves. —XVIII. Jésus au 
Temple. — Malheur de perdre Jésus. Moyen de le retrouver. — XIX. Vie cachée à 
Nazareth.—Vie intérieure. — XX. Les noces de Cana. — Marie modèle des chrétiens. 

— XXI. Marie proclamée bienheureuse. —En quoi consiste le vrai bonheur. — XXII* 
Saint Joseph et la Sainte Vierge.— Dévotion à Saint Joseph. — XXIII. Marie le 
Jeudi saint. —Préparation à la communion.—XXIV. Douleur de Marie pendant la 
Passion de Notre-Seigneur. — XXV. La Sainte Vierge sur le Calvaire.— Dernières 
paroles de Jésus.—XXVI. Marie faisant le chemin de la Croix.—Origine de cette 
dévotion. — XXVII. Résurrection, Ascension, Pentecôte.— Zèle pour la gloire de 
Dieu.— XXVIII.Mort de la Sainte Vierge.—Assomption.— XXIX. Rosaire, Scapulaire, 
Archioonfrérie. — XXX. Pèlerinages. — Dans quel esprit on doit les faire. — XXXI. 
Examen du mois de Marie. — Les fruits. 


LA QUESTION DES PRINCES D'ORLÉANS, par le chevalier Gougenot 

des Mousseaux. Une brochure de 36 p. — Prix : 20 cent. ; pour les agrégés, 

10 cent. 

Nous ne saurions mieux faire que de reproduire ici la meilleure 
partie de la préface de l’auteur; cela suffira pour appeler l'attention 
sur une brochure qui a une assez haute portée, malgré son peu d’é¬ 
tendue. 

« On nous demande, on nous écrit de tirer à dix mille exemplaires, à bien plus en¬ 
core, un article de journal qui fit hier quelque sensation, et que cette brochurette re¬ 
produit, légèrement modifié. 

« Oui, le temps presse; car la néfaste temporisation de ces princes, aidée des 
puissantes intrigues do la Révolution, décide du sort de notre patrie en portant du côté 
des factions qui la déchirent, une partie des forces dont Orléans, — à son immense 
avantage et à son éternel honneur, — devrait faire bénéficier le seul prince qui puisse 
sauver la France. 

u Le seul prince, disons-nous, et pourquoi ? — Parce qu'en lui seul s’incarne le prin¬ 
cipe politique de notre salut. Mais qui sait aujourd'hui ce que c’est qu’un principe. 


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— 101 — 


cette règle de croyance commune, d’où sort une action commune , sans laquelle le plus ha¬ 
bile politique ne peut unir, ni par conséquent gouverner en paix les hommes I 

« Qui le sait, dans ce chaos religieux, intellectuel et moral, où nous vivons et dont 
la vue lointaine arrachait à Chàteaubriand oe cri d’aigle : la bêtise est devenue une 
puissance ! 

« En tout cas, nommer un prince qui représente le principo de droit national et 
d’union, c’est nommer, après Pie IX, l’homme du sens politique le plus élevé, du carac¬ 
tère le plus ferme, et de l'âme la plus glorieusement honnête. C'est nommer le chef de 
la maison de France, dont la cause, Dieu aidant, triomphera le jour où tant d'impor¬ 
tants, qui se constituent ses conseillers, daigneront accepter ses conseils. » 


HISTOIRE DU GRAND ET ADMIRABLE SAINT JEAN, Apôtre et 
Evangéliste, de ses miracles, de ses courses apostoliques, de ses écrits, et de 
sa glorieuse mort, tirée des livres canoniques, des écrits patrologiques, des 
monuments des temps apostoliques et des mémoires mêmes, composés par 
les témoins oculaires, avec réfutation des objections, divisée en six livres, par 
M. l'abbé Maistre, chanoine honoraire de Troyes, professeur de théologie, 
etc- Un vol. in-8 de 425 p. — Prix : 6 fr. net, pour les agrégés, 3 fr. 60, 

On ne peut qu’admirer l’ardeur infatigable avec laquelle l’auteur 
poursuit la publication des volumes qui constitueront le monument 
auquel il a donné le titre de Grande Christologie prophétique et histo¬ 
rique , philosophique, théologique, archéologique , etc. 

Ce nouveau volume forme un tout complet et que l’on peut acquérir 
séparément. En rendant compte des ouvrages déjà parus, et notam¬ 
ment de l’histoire de S. Pierre et de l’histoire de S. Paul, nous avons 
fait connaître le plan général du respectable auteur et le soin avec 
lequel, tout en faisant usage des traditions contenues dans des ouvrages 
qui ne sont pas tous à l’abri de la critique, il prévient le lecteur de la 
valeur des témoignages sur lesquels il s’appuie. On sait que la vie du 
disciple bien-aimé a été racontée en détail, notamment par Prochore et 
Meliton, dont les récits ont été admis dans la Grande Bibliothèque des 
saints Pères . 

La vie du disciple bien-aimé est peut-être celle dont la lecture est la 
plus attrayante. Pour donner une idée de la manière de l’auteur, nous 
choisissons, comme citation, le récit du fait qui explique l’emblème ca¬ 
ractéristique de la coupe d’où s’élève un serpent. 

Après avoir raconté comment, à la prière de S. Jean, le fameux temple 
de Diane à Éphèse avait été renversé, ainsi que toutes les idoles de la 
ville et le temple lui-même, l’auteur continue ainsi : 

« A la vue de tels faits, Aristodème, qui était le pontife de toutes ces 
idoles et qui était rempli d’un esprit très-méchant, excita un soulève- 


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— 102 — 


ment parmi le peuple, en sorte qu'une partie du peuple se préparait à 
combattre contre l'autre partie. Mais le bienheureux Jean s'adressa à 
ce pontife et lui parla ainsi : 

— Dites-moi, Aristodème,que dois-je faire pouî calmer l'indignation 
qui agite votre âme? 

— Si vous voulez que je croie en votre Dieu, répondit Aristodème, 
je vous donnerai à boire du poison. Que si vous le buvez, et que vous 
n’en mouriez point, il paraîtra évident que votre Dieu est le Dieu 
véritable. 

— Si vous me donnez à boire du poison, reprit l'apôtre, lorsque 
j’aurai invoqué le nom de mon Dieu, il ne pourra me faire de mal (1). 

Aristodème lui dit de nouveau : 

— Je veux qu’auparavant vous voyiez des personnes en boire et en 
mourir sur le coup, afin que de la sorte votre cœur puisse redouter ce 
breuvage. 

Le bienheureux Jean répondit : 

— Je vous Tai déjà dit : je suis prêt à boire le poison, afin que vous 
croyiez au Seigneur Jésus Christ, lorsque vous m’aurez vu sain et 
sauf, après que j’aurai pris ce breuvage; pour vous, soyez disposé à 
croire en mon Dieu, lorsque vous aurez été témoin de ce signe. 

En conséquence Aristodème se rendit chez le proconsul et lui 
demanda deux hommes qui, pour leurs crimes, devaient subir le 
dernier supplice. 

Ensuite il les fit se tenir sur la place publique, en présence de tout 
le peuple, à la vue de l’apôtre; puis il leur fit boire le poison; ils ne 
l’eurent pas plutôt pris, qu’ils rendirent Taine. 

Alors s’adressant à Jean, Aristodème lui parla ainsi : 

Ecoutez-moi (dit-il), abandonnez cette doctrine, par laquelle vous 
détournez le peuple du culte des dieux; ou bien, prenez (cette coupe} 
et buvez, afin que vous montriez que votre Dieu est tout-puissant, si, 
après Tavoîr bue, vous pouvez n'en ressentir aucun mal. 

Aussitôt, à la vue des corps morts de ces deux hommes, qui avaient 
bu la potion empoisonnée, le bienheureux Jean avec assurance, et sans 
éprouver aucun trouble, prit la coupe (2) (du poison) ; puis, faisant le 
signe de la croix, il s'exprima en ces termes : 

— Mon Dieu, vous le Père de Notre-Seigneur Jésus-Christ, par la 

(1) S. Isidore (tu Vita B, Joann.) rapporte ces récits traditionnels.— Voir plus loin 
d’antres témoignages. 

(2) Cette action de S. Jean est mentionnée dans plusieurs auteurs ancien» et 
modernes. S. Augustin dons ses Soliloques en parle ainsi : 


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- /t 



— 103 — 


parole de qui les cieux ont été affermis, vous à qui toutes choses sont 
assujetties, que toutes les créatures reconnaissent pour leur souverain 
Maître, à qui toutes les puissances sont soumises, et obéissent avec 
crainte et avec tremblement, nous invoquons votre secours, ô vous 
au nom de qui le serpent se calme, le dragon prend la fuite, la vipère 
se tait, la grenouille venimeuse s’endort (1), le scorpion s'éteint, le 
regulus est vaincu (2), et la tarentule cesse de nuire; (vous enfin au 
nom de qui) tous les reptiles venimeux, les animaux féroces et tout ce 
qui est contraire à la vie de l’homme perdent leur malignité, éteignez 
ce poison, détruisez-en les effets mortels, et anéantissez le feu qu’il 
renferme en lui-même : afin qu’à la vue de ce prodige^ opéré en leur pré* 
sence, tous ces hommes que vous avez créés ouvrent les yeux, et qu’ils 
voient, les oreilles, et qu’ils entendent, leurs cœurs, et qu*üs cou*» 
prennent votre grandeur. 

Il dit : et, s’armant, sur tout son corps, du signe de la croix t il but 
tout ce qui était dans la coupe, et, aptès l’avoir bu, il ajouta : 

— Je demande que ceux pour qui j’ai bu ce breuvage, se conver¬ 
tissent à vous. Seigneur, et qu’avec la lumière de votre grâce il 
méritent le salut qui est en votre puissance. 


Pro tua dulctdme gusfandm,, vanené poculùm Joamme potitcit : t* Dans 1» tue de goûter un 
jour votre bonté, l’apôtre S. Jean a ba ie oaiioo dfnn poison mortel. » 

S. Isidore d'Espagne, de Morte Sanctorum, c. 33.: 

•f Après avoir bu le mortel poison, Jean a non-seulement échappé A la mort, maie il«^ 
de plus, ressuscité de la mort è la vie ceux que ce poison avait tué», et renversée h 
terre. » Bibene lethifemm kauitum mm soimm eoaeit periculum ad eodem ptwêrato» pocxHo in 
eüœ reparacit elatum . 

Méliton et d’antre» écrivains rapportent le môme fiut- De là cet venue laeoutan» de 
représenter St Jean tenant une coupe ou oalioe rempli du venin dm serpent. —A 
Rome* dm* l’église de Saint-Jean devant la porte Latine, an montre eneore une coupe 
où r selon la tmditton, S, Jean but-Je poiaonqui lui fkt présenté. L'Eglise a oété b ué 
■ee feit dans; les hymnes. 

Van vaneni superocit, morti, morbie Unpertwii* 

« U' a surmonté la force du poison : 

U n commandé aras maladies et à là mort eWe-même. p 

(Ane. Brev. Rom.) 

Eadem in Missaii Hispanido exstent. 

On pent voir à ce sujet J. Molanus, de htnghtibar; — Jao.Thomaiius, de Paouto sanelj 
Joannà exervilalio; le célèbre André du Saussay, de Pùmôplia eaèerdokdi, l. 8,e. 3,p. ISS; 
Orderîeoe, Üi»t. h 2, e. 11. De semblables tnirneles «s Usent dans la Vie de Victor de 
Cîlicie* (Martyrologe dfAaikm) et de l’évSque S® binas (S. Btégona de Tours}. 
Christophe Àngefut (de Statü Eccletim Qeaeœ) dit qn’un patriarche de Constantinople but 
sans en ressentir aucun mal du poison qoo les juifc lui avaient donné. Easèbe (HM. Êod. 
». lit, c. «A.) rapports un miracle semblable. 

(1) Pline raconte beaucoup défaits extraordinaires au sujet du poison du crapaud ou 
1» Ranaeeûata , Hit», turt* U VtU, s. xxxi ? #p L XX XII, c. V.) 

(2) Rrgul*n vincifi*. Ce nom de nfjukts fut quelquefois donné au besilic, lequel «fuit 
'^quelque analogie avec le dragon. 


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— 104 — 

Or, la foule du peuple ayant remarqué durant trois heures que Jea 
avait toujours le visage gai, sans qu’il eût paru dans ses traits le 
moindre signe de pâleur ou de trouble, se mit à crier : 

— Le Dieu que Jean honore, est le seul Dieu véritable! 


MENILMONTANT SOUS LA COMMUNE, épisodes recueillis par M. l'abbé 
Tassy, premier vicaire de Méuilmonlant.Une brochure de26 p.—Prix: 20 c.; 
pour nos agrégés, 10 cent. 

Dans une lettre adressée à un de ses amis, M. labbé Tassy raconte 
ce qui s'est passé dans son quartier pendant la Commune. Voici un 
extrait qui inspirera sans doute à nos lecteurs le désir de lire la lettre 
tout entière. 

« Le 22 mai, je sortis de Paris par la porte de Vincennes en habit ecclésiastique, que 
je n'avais pas du reste quitté un seul jour ; j’allai voir mon frère au paro Saint-Maur, 
comme je le faisais une fois par semaine ; mais mon intention formelle était de rentrer 
ohez moi le soir: les Prussiens y mirent obstacle. Je fis des démarches auprès du com¬ 
mandant à Fontenay, auprès du oolonel et du général à Joinville et à Saint-Maur pour 
obtenir la permission d’entrer dans Paris; ils me répondirent que le gouvernement de 
Versailles l’avait expressément défendu. Or, ce même jour, à onze heures du soir, on 
vint faire une perquisition ohez moi aveo un mandat d’arrêt et une voiture pour me 
conduire à Mazas ; j’aurais été infailliblement fusillé le lendemain : car c’était le moment 
le plus critique; c’est alors que les otages furent assassinés en divers endroits de la ma¬ 
nière la plus barbare. Ainsi les Prussiens, sans le savoir et probablement sans le vouloir, 
m’ont sauvé la vie ; ou plutôt, dans les desseins de la Providence, je n’étais pas digne de 
la couronne du martyre. On fouilla dans tous mes meubles, on visita tous mes papiers, 
et n’aydnt rien trouvé de compromettant, ces agents de police d’un nouveau genre se 
retirèrent honteux et confus. 

« Le lendemain, mon confrère, M. l’abhé Petit, resté seul dans la paroisse, vu mon ab¬ 
sence forcée, fit à l’heure ordinaire l’exeroiœ du mois de Marie ; mais tout à coup un 
émissaire de la Commune, ceint de son écharpe rouge, s’avance vers lui un révolver k 
la main. Les personnes qui assistaient au pieux exercice se placent entre l’agresseur et 
le prêtre et donnent ainsi le temps à celui-ci de sortir de l’église par une porte latérale. 
H court chez lui, change de costume, et va se cacher dans une maison voisine. Bien lui 
en prit: car des gardes nationaux allèrent aussitôt dans sa maison, et, ne l’ayant pas 
trouvé, 6e contentèrent de faire une visite à la cave et de boire tout son vin, selon la 
bonne habitude de ces illustres défenseurs de la patrie. Ils revinrent ensuite dans l’église, 
et, croyant que M. le vicaire y était caché, ils eurent l’audace de tirer dans le lieu saint 
peut-être cent coups de fusil 1 

« A partir de ce moment, devenus seuls maîtres de ce bel édifioe, ils y entassèrent une 
énorme quantité de tonneaux de vin, de viande, de biscuits, de riz et d’autres provi¬ 
sions; et lorsqu’ils se virent sur le point d’être pris par l'armée régulière, ils défoncèrent 
les tonneaux, de manière que l’église fut littéralement inondée de vin mêlé avec toutes 
les autres provisions, comme aussi avec des matelas, des équipements militaires, des 
fusils, des cartouches et des matières explosibles ; car leur intention bien évidente était 
de faire sauter l’église, s’ils en avaient eu le temps. 

« Je ne pus rentrer dans Paris que le 28 mai, fête de la Pentecôte, à six heures du 
matin. Je traversai la place du Trône, le faubourg Saint-Antoine, la place de la Bas¬ 
tille, et à chaque pas je rencontrai des barricades à demi renversées, des débris de tout 
genre, des cadavres de gardes nationaux couchés daus les ruisseaux. Je dois dire que 
bien des soldats et des officiers venaient me toucher cordialement la main et me témoi- 


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— 105 — 


gner le bonheur qu’ils avaient de rencontrer un prêtre ; de même les habitants du fau¬ 
bourg éprouvaient une véritable joie en m'apercevant, et me saluaient de la manière la 
plus gracieuse. «Vous avez bien raison, leur disais-je, de vous réjouir à la vue d’un prêtre : 
• car sa présence au milieu de vous dans cette circonstance est un signe de calme et 
« de tranquillité, vous pouvez dire qu’il vous apporte l’olivier de la paix. » 
u Ne pouvant encore pénétrer dans le quartier Ménilmontant, où le canon grondait 
encore et où se livraient les derniers combats, je me dirigeai vers l’église Sainte-Elisa¬ 
beth, où j’eus le bonheur de célébrer la sainte messe. Plusieurs cadavres étaient étendus 
dans le lieu saint, et parmi oes cadavres on assurait que se trouvait celui du trop fa¬ 
meux Delescluze. Au sortir de l’église, un lieutenant de l’armée versaillaise courut après 
moi pour me prier d’aller administrer un chef d’escadron qui venait d’être blessé mor¬ 
tellement et qui réclamait les secours de la religion. Je m’empressai d'accourir auprès 
de ce malheureux officier, dont je reçus la confession, et & qui je pus donner l'extrême- 
onction aveo l’aide d'un vicaire de Sainte-Elisabeth en costume laïque. Le blessé avait 
été transporté dans une pharmacie du boulevard du Prince-Eugène (boulevard que les 
commun eux ont baptisé du nom de Voltaire, sans doute pour faire la cour aux Prussiens, 
dont le patriarche des incrédules s’était fait le vil adulateur) ; les balles et les obus 
sifflaient d’une manière effrayante pendant que j’administrais l’infortuné commandant; 
il reçut les sacrements aveo d’excellentes dispositions et succomba une demi-heure après, 
victime de oette guerre fratricide. Je partis de là profondément ému de la mort de cet 
officier encore jeune, et qui laissait une veuve et un orphelin ; mais en même temps 
j’étais heureux d’avoir pu exercer une des fonctions les plus touchantes et les plus 
utiles de mon saint ministère, et dans une ocoasion si solennelle. Je regrette de n’avoir 
pas conservé le nom de ce brave officier et celui de sa ville natale; je voudrais que 
cette notice pût arriver jusqu’à sa famille désolée et lui procurer quelque adoucisse¬ 
ment dans sa juste douleur. » 


LA VÉNÉRABLE ANNA-MARIA TAIGI et la servante de Dieu 
Elisabeth-Canori Mora, tertiaires trinitaires,avec une notice sur le tiers-ordre 
de la Trinité, par le R. P. Calixtb de la Providence, religieux trinitaire, 
président du couvent de Cerfroid (Aisne); troisième édition; i vol. in-12 de 
417 pages. — Prix : 3 fr. 50 ; net, pour les agrégés, 2 fr. 

* Parmi tant de saints personnages qui ont tenu, pour ainsi dire, 
dans leurs mains la source d’où s’épanchent sur le peuple chrétien la 
rosée divine et la grâce du pardon, plusieurs demeureront à jamais 
ignorés jusqu’au jour des grandes révélations; quelques-uns, au con¬ 
traire, ont été entourés, même de leur vivant, d'un certain éclat qui 
servait à faire ressortir les efforts qu’ils ont faits pour s'ensevelir dans 
l’oubli. Au nombre de ceux qui paraissent destinés à répandre d’assez 
vives lumières sur la conduite de la Providence dans cés derniers 
temp9, nous devons placer Anna-Maria Taïgi, morte à Rome le 
9 juin 1837. Un décrèt du 8 janvier 1863 la déclare vénérable et intro¬ 
duit la cause de sa béatification. 

Pendant que des factions sanguinaires désolaient l'Italie et le reste 
de l'Europe; tandis que les infâmes machinations des sociétés secrètes, 
corrompant la masse du peuple, préparaient la ruine de toute autorité, 
de tout enseignement divin, et attiraient ainsi sur la terre les ven- 


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— 106 — 

geances du Ciel, la pieuse femme, animée d'une foi ardente et d’une 
humilité sans égalé, se prosternait le iront dans la poussière et gémis¬ 
sait au pied des autels du Seigneur. Elle appelait sur elle les châti¬ 
ments mérités par ses frères, et s’offrait à tout instant comme une 
victime expiatoire pour la conservation de sa chère ville de Rome et 
pour le salut de l'Église universelle. 

Autour d'elle les partisans du monde faisaient parade de leur science, 
de leurs lumières, des progrès sociaux accomplis de leur temps, des 
découvertes et innovations qui doivent, dit-on, illustrer à jamais le 
siècle présent; notre Anna-Maria n’avait nullement pris part à ce 
mouvement des esprits : néanmoins elle se trouva* tout à coup investie 
surnaturellement, par Dieu lui-même, d’une sagesse profonde, de 
connaissances universelles qui lui permettaient, non-seulement de 
résoudre toutes les difficultés soulevées par la science contemporaine, 
mais encore de savoir le passé, l’avenir, et ce qui avait lieu à l’instant 
même où elle parlait dans les contrées les plus lointaines, et jusqu’au 
fond des cœurs. Ce fut un fait étrange, auquel n’est comparable aucun 
de ceux que l’on cite des autres serviteurs de Dieu. 

Pendant quarante-neuf ans consécutifs, une lumière mystérieuse, 
semblable à un soleil, soffrit à ses regards. Elle y découvrait l’état 
des consciences, les révolutions et les guerres, les projets des gouver¬ 
nements, les conjurations des sociétés secrètes, les fautes des simples 
particuliers, les récompenses accordées après la mort aux âmes pures, 
et les punitions réservées par Dieu aux méchants. Au moyen de ce 
merveilleux soleil, la serrante de Dieu était devenue un docteur, un 
théologien, un prophète, un apôtre de charité, au sein de l’Église. 

- Voilà ce que Dieu fit voir dans Rome, durant eette longue période 
de tempêtes qui a commencé lorsque l’humble Anna-Maria prenait la 
voie des saints : Pie VI mourait à Valence, Pie VII était captif à Fon¬ 
tainebleau. Devant Grégoire XVI la révolution paraissait armée à la 
fois du poignard des sicaires, de la plume des diplomates et du sceptre 
des rois. On disait que le règne des papes était fini; que la loi du 
Christ, que le Christ lui-même expiraient ; que la science aurait bientôt 
fait de reléguer parmi les fantômes ce prétendu Fils de Dieu, et da 
déchirer ses doctrines, injurieuses à la raison humaine ; qu’il n’aurait 
plus de pontifes et ne ferait plus de miracles. Pendant ce temps, Dieu 
suscitait cette femme qui guérissait les malades en les touchant de la 
main, ou qui les soulevait de leur lit par la vertu de ses prières ; il 
lui donnait la connaissance du passé, du présent, de lavenir. Elte* 


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— 107 — 

annonçait le retour de Pie VII, l'élévation de Grégoire XVI, et voyait 
an delà de Pie IX. Elle était la réponse de Dieu à tous les victorieux 
du champ de bataille, de la politique et ées académies, réponse faite 
tout bas, en confidence, pour consoler quelques amis effrayés, pour 
ramener ou affermir quelques âmes. Qu’importe à Dieu la force de la 
multitude ? Il désarme une main dans la foule et tout est fait. Il a 
suscité Anna-Maria : il ne daigné pas la montrer, il la laisse dans la 
poussière de Rome. Elle existe pour ceux à qui il veut la donner 
actuellement; c’est assez. EUe ne sortira de F obscurité que par la 
mort, et longtemps après la mort. Qu'importe la mort? la leçon d'une 
telle vie ne mourra pas ; le miracle est vivant. » (L. V.) 

Nous n’avancsarons rien, dit Fauteur, qui ne soit tiré des déposi¬ 
tions authentiques des témoins, et nous soumettons volontiers notre 
modeste travail au jugement infaillible du Saint-Siège, qui peut seul 
porter une décision sur les actions héroïques et les dons surnaturels 
des serviteurs de Dieu. 

Nous osons recommander spécialement à nos lectrices de s’inspirer 
des vertus de notre Vénérable; car, puisque nous voyons de nos jours 
tant d’infortunées qui se laissent séduire parles artifices du monde, ne 
faut-il pas qu’il y ait, d’autre part, au sein des familles, un nombre 
toujours croissant de véritables chrétiennes pour élever dans les pria* 
cipes de la foi la nouvelle génération qui va nous suivre dans te sentier 
de la vie? Anna-Maria. sera réellement pour elles un modèle accompli. 

Plusieurs mères de famille, considérant avec effroi la multiplicité 
des devoirs qui leur incombent, la difficulté de Tes remplir tous avec 
exactitude, se hâtent de proclamer qu’il est impossible, dans leur 
position sociale, d’atteindre à la perfection et à la sainteté, et il faut 
avouer que leur jugement trouve une sorte de confirmation dans le 
petit nombre de femmes qui se soient sanctifiées â la tête (Tune 
nombreuse famille, laissant après elles sur la terre un époux qui n’ait 
été ni moine ni martyr. Nous vénérons, il est vrai, sur les autels plu¬ 
sieurs mères chrétiennes, victimes glorieuses des persécutions : une 
sainte Félicité,,une sainte Symphorose et d’autres encore; mais elles 
vécurent au. temps des martyrs, et toujours elles voyaient levé sur 
leurs têtes le glaive des bourreaux. 

Parmi les confesseurs de la sainte Église nous trouvons aussi (Tir- 
lustres épouses; mais, ou elles ont conservé la virginité dans le 
mariage comme Ste Pulchérie, Ste Cunégonde, Ste Delphine deSabran 
ei d'autres; ou bien, devenues mères, elles sont demeurées veuves et 


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— 108 — 


isolées, parce que leurs maris avaient embrassé la vie religieuse, ou 
qu'elles avaient elles-mêmes pris Je voile, comme on le raconte, entre 
autres, de Ste Françoise Romaine, de Ste Élisabeth de Hongrie, de 
Ste Hedwige, de Ste Brigitte, etc. 

Anna-Maria sera donc la première, si nous ne nous trompons, qui 
ait pu, avec le secours du Seigneur, arriver à la sainteté et aux hon¬ 
neurs des autels étant mère de famille et d'une famille très-pauvre, 
mariée à un homme qui lui a survécu assez de temps pour témoigner 
lui-même juridiquement de la vie sans tache et des vertus de sa fidèle 
compagne. 

La nouvelle habitante des cieux pourra donc être offerte comme un 
modèle parfait de sainteté dans Vètat du mariage et de vie religieuse 
au milieu du monde . 


- » t - 

LIVRES DANGEREUX — UNE RÉVÉLATION 


DIEU DEVANT LA SCIENCE, ou religions et franc-maçonnerie, par 

Edouard Roullieb, M.\ Paris. En vente au Gr.*. O.*, de France, !0, rue 

Cadet. Brochure in-18 de 23 p. (On ne dit pas le prix.) 

Ceux qui ont lu l'ouvrage de M. de Saint-Albin : les Francs-Maçons 
et les Sociétés secrètes { I), que nous avons édité à nos risques et périls en 
1867, savent depuis longtemps le fin mot de la franc-maçonnerie. Mais 
jusqu'ici on repoussait « comme d'infâmes calomnies * les accusations 
terribles portées contre la secte, d’après les écrits authentiques, mais 
plus ou moins secrets, de ses docteurs et adeptes. 

Enfin voici un frère et ami qui, avec approbation (puisque l’ouvrage 
se vend au Grand Orient) jette à bas le masque, et crie bien haut le vrai 
but de la franc-maçonnerie, c’est-à-dire la négation absolue de l’exis¬ 
tence d’un Dieu personnel, et ce qui est plus fort, la négation de la 
raison universelle. Lisez les propres expressions de l’apôtre de la 
science maçonnique : « Dieu n’est pas un être personnel. Ce n’est pas 
un être distinct. Dieu est l’ensemble des lois qui règlent, coordonnent 
et régissent toutes choses. 

« Il n'y a qu'une seule substance, une seule essence, la matière. Là 

(1) Un beau vol. in-8 de xxxvn-519 p. — Prix : 7 fr. ; pour nos agrégés, 3 fr. 50 c. 


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est le vrai Dieu : c'est par les mélanges, les combinaisons variées et 
nombreuses, les mutations de cette substance unique, que les êtres 
naissent, vivent, meurent, pour renaître, revivre, mourir de nouveau et 
recommencer à parcourir le même cycle perpétuellement, éternelle¬ 
ment. 

- La matière est le seul être unique, permanent, éternel. 

- Le rationalisme et le métaphysicisme n'expliquent rien. La raison 
universelle n’existe pas, la morale universelle n’existe pas, la nature 
bonne en elle-même n’existe pas. Dieu n’est pas prouvé, l’âme n’est 
point prouvée, l’immortalité de lame n'est point prouvée, la succession 
des vies futures n'est point prouvée : donc ces deux connaissances, la 
théologie et la métaphysique, dont l’objet est de démontrer la vérité de 
tous ces problèmes, sont fausses, erronées, mensongères. 

- Que doit étudier l’homme î » 

1° Les mathématiques, 2° l’astronomie, 3° la physique, 4° la 
chimie, 5° la géologie, la minéralogie, la paléontologie, la botanique et 
la géologie, 6° la biologie. 

L'auteur ajoute quelques lignes pour indiquer l'objet assez connu de 
chacune de ces sciences, et il promet que l’homme, lorsqu’il aura à son 
école « expérimenté toutes choses, découvert toutes lois, alors il sera 
comme un dieu. * 

Mais comme l’auteur nous a appris que, pour lui, Dieu n’existe pas, 
sa belle promesse encourageante signifie qu’après avoir étudié toutes 
les sciences physiques et mathématiques, on arrivera à être comme 
quelque chose qui n’est rien du tout. 

Cependant il y a encore une autre découverte : l'auteur nous apprend 
que « parmi les animaux se trouve l’homme, qui a une existence à 
part, qui vit en société, qui est soumis à une loi particulière, la solida¬ 
rité. « Ainsi, consolons-nous, s’il faut renoncer à nous regarder comme 
des êtres intelligents, immortels, nous sommes plus heureux que Dieu, 
nous restons quelque chose encore : la science franc-maçonnique voit 
en nous... un animal solidaire ou un solidaire animal , comme vous 
voudrez. 

Par respect pour nos lecteurs, nous passons sous silence les blas¬ 
phèmes grossiers à l’excès contre Dieu, contre Jésus-Christ et sa très- 
sainte Mère. Les principes, avoués enfin bien crûment, suffisent pour 
prouver que les bases mêmes de l'ordre social sont attaquas. 

Cette fois encore la sagesse de l’Église se trouve démontrée, et les 
anathèmes lancés de tout temps contre les sociétés secrètes des francs- 


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maçons, et les appels laits aux gouvernements sur les dangers des 
doctrines de ces dévots au grand architecte de Puni vers, sont complè¬ 
tement justifiés. 

Comprendra-t-on enfin qu’il est urgent de faire briller la vérité aux 
yeux des dupes qui ne voyaient, dans l’association maçonnique, que les 
plaisirs du repas de la Saint-Jean, les enfantillages des symboles et des 
décorations, et le prestige de la philanthropie? Tous ceux qui veulent 
persévérer à croire qu’il y a un Dieu et qu’ils sont des êtres raison¬ 
nables {c’est heureusement encore l’immense majorité) cesseront de se 
laisser oonduire par de tels docteurs, dès qu’ils sauront le but final 
auquel tendent ces libres penseurs, malheureusement maîtres de la 
majorité des journaux, dans lesquels ite se gardent bien de parler avec 
le même cynisme. 


DEUXIÈME PARTIE 

REVUE 

OIS 

REVUES BIBLIOGRAPHIQUES ET LITTÉRAIRES 


SIXTE-QUINT, par M. le baron as Hiuweb» ancien ambassadeur d'Autriche 
à Paris et à Rome, d'après des correspondances diplomatiques inédites du 
Vatican, de Simancas, Paris, Venise et Florence. 3 vol. in-8. Paris. — 
Prix : 14 fr. 

Ce travail n’est pas une histoire dans le sens ordinaire du mot; la 
vie de l’énergique réformateur de l’État romain, du pilote habile et 
ferme qui, dans les jours de tempête extraordinaire, sut conduire, sans 
la heurter aux écueils, la barque violemment battue de saint Pierre, 
n’est pas strictement renfermée dans le cadre d’une biographie, ni pré¬ 
sentée sous la forme régulière d’un récit. On dirait plutôt une laige 
enquête historique formée d’une suite de mémoires sur les principaux 
événements de ce règne A part entre ceux des souverains pontifes : 
l’élection, les mesures de police, les règlements et les institutions de 
finances, l’administration religieuse, l’édilité romaine, l’équilibre entre 


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— 111 — 


l’Espagne et la FYanoe, tons étudiés à nouveau et aux sources mêmes 
par M. de Hübner et traités par lui sous oes titres parfois obscurs 
mais exacts : le Conclave, Us Bandits, les Monts, l’Aiguile, Us Congréga¬ 
tions, la Ligue . 

Sur tous ces points, M. de Hübner se rencontre presque toujours 
dans ses jugements avec M. Ranke ; mais ce que l’un s’était borné à 
affirmer, l’autre le démontre par un ample exposé des faits. Et oes faits, 
M. de Hübner les a recherchés avec un zèle rare et cette perspicacité 
particulière que donne la longue pratique de la diplomatie. Déjà Ranke 
avait traité comme elles le méritent les imputations calomnieuses 
touchant les intrigues qu'avait, dit-on, mises en jeu le cardinal Mon¬ 
tait» (ainsi s’appelait Sixte-Quint avant d’être pape), pour parvenir 
au trône pontifical ; M. de Hübner, dans une relation très-développée 
du conclave dont il s’agit, prouve surabondamment et par le témoignage 
des agents que les cours de l’Europe entretenaient alors auprès du SainS- 
Siége, hommes d’une finesse et d’une pénétration reconnues et à qui 
rien n’échappait, que non-seulement des artifices aussi misérables ne 
furent pas employés, mais que c’est faire également injure au rnrdrral 
et aux hommes d’esprit dont il était entouré de croire que l’un ait pu 
les imaginer et les autres s’y laisser prendre. Le eauiinnl Montait©, 
d’abord, n’était rien moine que l’homme cauteleux et diss imulé que 
supposeraient les stratagèmes dont on a tant parié. Disgracié par son 
prédécesseur, il vivait oomme tel, dit M. de Hübner, a entretenait peu 
de relations avec ses collègues, dont ü était plus estimé qu’aimé, et 
faisait, en somme, bonne contenance dans la mauvaise fortune. 
incapable de s’imposer le silence, parleur abondant qu’il était autant 
que caustique, il se faussait aller à critiquer le pape, son gouvernement, 
ses favoris ; se vengeait en sarcasmes, ce qui était de la «far nièro im¬ 
prudence (et les hommes d’esprit sont souvent imprudents) s’il visait 
réellement à la papauté, car il aurait dû prévoir qne les grégoriens (les 
partisans du pape régnant), la plus nombreuse fraction du Sacré-Col- 
lége, lui donneraient infailliblement l'exclusion. > Des deux manières 
que l’on connaît de s’avancer dans le monde, la platitude obséquieuse 
de-l’incapacité ou l’audace impérieuse du génie, aucuns m’explique la 
fortune de fra Felice : il ne rampa ni n’écrasa. « Ce qui explique cette 
haute fortune, dit noblement M. de Hübner, c’est qu’il avait des osn- 
victions profondes, qu’il s’était, dès le début, lancé dans le courant 
religieux dont les fois montaient encore; qu’il s’était enrôlé dans la 
grande armée victorieuse de l’Eglise; que ceux qui la dirigeaient de- 


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Goc e 


vaient recruter des forces, et qu'ils en trouvèrent beaucoup dans ce 
petit moine ; qu’ils le firent cardinal en attendant que ses rivaux le 
fissent pape, » Ce dernier point est à noter, et il ressort avec une 
éclatante évidence des détails parfaitement authentiques où entre le 
nouvel historien : non, quoi qu'ait prétendu la légende, ce n'est pas 
Sixte-Quint qui s’est fait pape; ce sont ceux qui avaient toujours tout 
fait pour empêcher qu'il le devînt jamais. Il put donc légitimement 
voir dans son avènement une intervention directe de Dieu et prendre 
cette reconnaissante devise : 0 Dieu, tu es mon protecteur depuis le sein 
de ma mère ! 

On sait jusqu’où allaient dans les États pontificaux, à l'avénement de 
Sixte-Quint, l'audace des bandits et l’inefficacité dans la répression. 
Une circonstance que nous n'avons vu mentionner nulle part ailleurs 
que chez M. de Hübner, ajoutait ici à la gravité des faits et leur don¬ 
nait un caractère odieux: c'est non-seulement que les chefs des bandits 
appartenaient aux plus grandes familles et formaient une sorte d’asso¬ 
ciation avec prime et assurance mutuelle, mais qu'ils étaient en rela¬ 
tions, dans le Midi avec les Turcs, et au Nord avec les huguenots 
d'Allemagne et de France. Le faible et indolent prédécesseur de Sixte- 
Quint n’avait osé sévir contre ces scélérats de grand nom qui avaient 
des complices jusque dans sa cour. Par opposition au système de 
Grégoire XIII autant que par tempérament et par raison, Sixte-Quint 
procéda contre eux d’une manière toute différente et sans retard. Le 
jour même de son couronnement, quatre jeunes gens, tous de la même 
famille, surpris avec des armes prohibées, furent exécutés en place 
publique, sans que l’inflexible pontife, en considération de la circon¬ 
stance qu’on fit valoir pour l’adoucir, consentît à leur accorder ni grâce 
ni sursis. Les promesses de ce début significatif furent si bien tenues 
qu'en moins d’un an les États pontificaux furent délivrés de bandes 
qui les infestaient depuis si longtemps, et que la plus complète sécurité 
régnait au sein des villes et sur les routes. 

L'ordre matériel rétabli dans l’État, le pape s’occupa d'y faire régner 
la prospérité. Les moyens employés témoignaient chez le pontife 
d’une entente supérieure (pour son époque) des questions de finances, 
et firent de lui le souverain relativement le plus riche de la chré¬ 
tienté. 

Sixte-Quint toutefois se montra-t-il créateur sur ce point! Non, pas 
plus que sur d'autres,et notamment en ce qui concerne les institutions 
de gouvernement ecclésiastique encore aujourd’hui existantes sous le 


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— 113 — 


nom de Congrégations, et dont il passe assez généralement pour être 
l'auteur. 

Il nous reste à parler de la dernière partie du livre, la plus intéres¬ 
sante pour nous, puisqu’elle traite de la conduite de Sixte-Quint dans 
ses rapports avec la France, alors en proie, comme on sait, aux troubles 
de la Ligue , mais la plus rebelle, par la richesse des renseignements 
nouveaux et des aperçus remarquables dont elle abonde, à l’apprécia¬ 
tion toute sommaire à laquelle nous sommes condamné. On a beaucoup 
écrit sur ce sujet dans les vingt-cinq dernières années : M. de Hübner 
nous montre qu’on ne l’avait pas épuisé. Non-seulement, en effet, il y 
a mis en lumière de nombreux documents inconnus jusqu’ici et de la 
plus haute importance, mais il a pénétré beaucoup plus avant qu’on ne 
l’avait fait avant lui dans le secret de la conduite de Sixte-Quint, et 
en a montré, au milieu des variations apparentes qu’elle présente, la 
réelle et chrétienne unité. 

En face des événements si complexes et des révolutions si multiples 
qui se passaient alors en Europe et surtout en France, Sixte-Quint, 
dit M. de Hübner, poursuivit deux buts : la conservation de la religion 
gravement compromise et la conservation de la France à l’état de 
puissance de premier ordre. Les moyens qu’il prit pour arriver à ce 
double but ne furent pas toujours les mêmes et ont pu sembler extraor¬ 
dinaires; mais, en fait, ils tendirent toujours au même point. Dans le 
principe, le pape voulut sincèrement sauver à la fois la religion et la 
France; mais plus tard, quand il put croire avec toute l’Europe que la 
France allait passer à l’hérésie par l’avénement du roi de Navarre, il 
il se résigna à sacrifier la France pour sauver la religion. De là la bulle 
privatoire contre le Béarnais et le resserrement de l’alliance avec 
l’Espagne. Mais jalora s’offrait un nouveau péril : la France démembrée 
et abaissée, c’était le triomphe de la prépondérance espagnole, la 
monarchie universelle et, conséquemment, l’oppression de l : Église, la 
perte de la religion I Au milieu de ces perplexités et de ces angoisses, 
une étoile de salut apparaît. Tout en acceptant le roi de Navarre, la 
France se montre décidée à rester catholique, et le huguenot que la loi 
de l’hérédité appelle au trône ne semble pas très-éloigné d’embrasser 
la religion du peuple sur lequel il aspire à régner. Aussitôt le pape de 
se tourner vers cette aurore inespérée. On l’accuse alors, en Espagne, 
de défection, de trahison même. Sans doute, dit M. de Hübner, les 
succès de Henri, les suffrages de la France catholique de plus en plus 
acquis à ce prince exercent une grande influence sur la conduite de 
t. vu. S 



— 114 — 


Sixte Quint. Mais que fait-il autre chose qu’imiter le tacticien qui 
dirige ses opérations d’après celles de son adversaire, mais qui pour¬ 
suit toujours le même but, celui de battre l’ennemi. Et l’ennemi c’est 
le protestantisme et l'ambition de Philippe IL « La vérité est, ajoute 
le grave et sage historien, qu’avec des fluctuations, avec des défail¬ 
lances momentanées, avec un long et héroïque courage, Sixte-Quint a 
lutté pour la même cause, celle qu’il n’a jamais désertée, vigoureu¬ 
sement, constamment, jusqu’à son dernier soupir. C’est l’arbre qui 
brave les éléments, qui gémit et ploie sous la furie de l’ouragan, 
agite ses branches, perd son feuillage, mais qui se redresse et ré¬ 
siste. * 

On ne pouvait mieux terminer l’histoire de ce grand pontife que par 
cette élégante peinture, qui est en même temps son image et celle de 
l’Eglise, dont, pour nous servir encore d’une parole de M. de Hiibner, 
Sixte-Quint « a bien mérité. » 

(D'après le Bulletin des publications populaires.) 

LES SOLIDAIRES, par Jean Grange. Une brochure in-32. 

Prix : 30 cent. 

Voici un petit pamphlet qui est véritablement un chef-d’œuvre. 

M. Grange n’est inconnu d’aucun de ceux qui s’intéressent à l’évan¬ 
gélisation des classes ouvrières. Depuis quelques années déjà, il fait 
les beaux jours de l'Ouvrier, l'excellent journal populaire illustré. II a 
publié deux volumes de récits et de polémique familière, du plus haut 
intérêt (Journal d'un ouvrier. — Notes d'un œmnds+voyageur ). Sa bro¬ 
chure la Prèlrophobie avait naguère le plus légitime succès. Acclamé 
par les juges les plus compétents comme un maître dans l’art d’écrire 
pour le peuple, M. Grange vient de se surpasser lui-même dans la 
courte et intéressante brochure que nous annonçons. On ne peut guère 
espérer que la lecture de ces maîtresses pages ramènent au bien ceux, 
qui ont d^à été saisis par l’horrible engrainage du solidarisme. Mais 
le nombre est grand des ouvriers honnêtes qui sont sollicités d’entrer 
dans cette milice du mal et qui hésitent encore. Faisons-leur lire le 
dialogue de M. Grange. Cela est vif, spirituel et éloquent. Cela 
montre combien de diverses nuances de l’athéisme et de la maçonnerie 
sont non-seulement coupables et odieuses, mais bêtes et ridicules. Ou 
je me trompe fort ou ces lignes vigoureuses conserveront bien des âmes 
à la religion et à Ja patrie. Aussi est-ce par centaines et par milliers 


— 115 — 


qu’il faudrait répandre les exemplaires de ce bon et beau livre. (D'après 
V Univers.) 

HISTOIRE RE SAINT FRANÇOIS DE SALES. 1 joli vol. format 
Charpentier très-compact. — Prix franco: 2L fr. 50. 

M. le comte de Ségur, auteur d’une histoire populaire de saint Fran¬ 
çois d* Assise écrite avec un charme et une délicatesse remarquées de 
tous, vient de publier une histoire de saint François de Sales qui met à 
la portée de tous les esprits et des bourses les plus modestes.i’un des 
plus merveilleux types de la sainteté catholique. 

Ce livre fera du bien à tout le mondiaux prêtres et aux laïques, 
aux hommes et aux enfants, aux âmes indifférentes et aux âmes fer¬ 
ventes. 


BOUTADES, clergé et politique, par M. Elle Redon. Une brochure. 

—Prix: 60 centimes. 

M. Elie Redon, sous une forme originale et neuve, traite dans cette 
brochure de toutes les questions brûlantes du jour, et qui s'imposent 
d’elles-mêmes à la discussion. Nous l’avouerons, bien des esprits émi¬ 
nents ont entrepris de venger le clergé des attaques quotidiennes des 
feuilles révolutionnaires: on n’avait pas encore présenté sous une forme 
attrayante et populaire des réponses si péremptoires, des arguments si 
décisifs et si neufs. M. Redon entreprend de prouver et prouve que le 
clergé manquerait à tous ses devoirs s’il ne fustigeait pas, comme ils 
le méritent, ces individus qui abusent de leur position sociale pour salir 
de leur boue les caractères les plus loyaux et les institutions les plus 
respectables. Four donner une idée du style de l’auteur nous citerons 
sa conclusion. 

- Prêtre, clergé, le fouet en main! Il y a assez de mécréants à fus¬ 
tiger aujourd’hui! Les coups ne risqueront pas de se perdre! Qu’ils 
soient corrigés et qu’ils se convertissent à la vérité! 

« Clergé, le fouet en main! pour l’humiliation des insolents et des 
impertinents ! Il y a longtemps que nous montrons trop de mansuétude. 
L’impunité engendre l’arrogance ! 

« Clergé, A l’œuvre pour le triomphe du Christ et de la religion l pour 
le salut des âmes! 

» Vive l’Église! 

- Clergé, à l’œuvre pour la résurrection de la fille aînée de i’Églisçd 
. ic Vive la France! 


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« Clergé, en main les armes de la justice pour frapper à dextre et à 
senestre, et d’estoc et de taille! 

« On vous croit mort, vivez! Haute la parole de la vérité! Haut le 
verbe, pour Famour du Christ, de l’Église et des âmes! Verbum /... 
pro Chrislo , Ecclesia et animabus! « 

Tous nos lecteurs voudront avoir chez eux cet ouvrage, que la modicité 
du prix met à la portée de toutes les bourses ; ils y trouveront des 
réponses à tous les arguments de la presse impie contre l’attitude con¬ 
servatrice du clergé, et, par ses boutades, l’auteur leur fera toujours 
passer un bon moment. 

Plusieurs prélats français, parmi lesquels Son Éminence le cardinal 
Donnet, archevêque de Bordeaux, et NN. SS. de Poitiers et de 
Moulins, ont écrit à M. l’abbé Redon des lettres d’approbation et d’en¬ 
couragement. (D'après le Bulletin catholique de Marseille). 

PITCAIRN OU LES SUITES D'UNE RÉVOLTE. Histoire maritime, par 

Mme de Gaulle, i vol, io-8 de 160 p., avec une gravure. — Prix: 1 fr. 25. 

Doué d’intelligence et encouragé par une mère assez ambitieuse, 
Alexandre Smith, fils d’un honnête mécanicien d’une petite ville d’An¬ 
gleterre, espère trouver la fortune dans la carrière de la marine. Son 
père, simple et chrétien, ne parvient pas à le détourner de cette exis¬ 
tence aventureuse. 

Le navire la Bonté, qui emmène Alexandre vers Otaïti, a pour capi¬ 
taine un homme capable et ferme, mais dur. Un des lieutenants fomente 
une révolte, dans laquelle entre le jeune Smith. 

Une nuit, le capitaine est saisi, et abandonné dans une chaloupe, 
avec seize hommes de son équipage, qui avaient refusé de prendre part 
au complot. 

Les rebelles se dirigent vers Otaïti, mais la division se met bientôt 
parmi eux. Quelques-uns, entre autres Alexandre Smith, quittent 
Otaïti avec des femmes du pays, et se retirent à Pitcairn, île déserte 
où ils s’établissent. 

Là, nouvelles divisions, rixes, meurtres, à la suite desquels Smith 
reste seul avec quelques femmes et quelques enfants. Depuis longtemps 
les remords le tourmentaient. L’arrivée d’un missionnaire catholique, 
auquel, quoique protestant, il ouvre son cœur, achève de le convertir. 
La petite colonie reçoit le baptême, et Smith devient le patriarche de 
ée petit peuple modèle, et animé de l’esprit le plus chrétien. 

Le fond de ce récit est véritable, et l’auteur n’y a ajouté que des 



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détails vraisemblables et des réflexions utiles et morales. C'est pour 
tous une bonne et intéressante lecture. 

LES PR1SONN1EBS FRANÇAIS A KALK ET AU GRENBERG, 

PRÈS COLOGNE. Journal d’un aumônier des prisonniers français en 

Allemagne, par M. l’abbé A. Déblayé, professeur au Petit Séminaire de 

Pont-à-Mousson. 1 vol. in-B de 116 p., arec une carte des environs de 

Cologne. 1871. — Prix: 1 fr. 25. 

Dès le 16 août, une ambulance prussienne s’était établie au petit 
séminaire de Pont-à-Mousson, où quelques professeurs seulement 
étaient restés avec le supérieur. L’un de ces professeurs était M. l'abbé 
Déblayé. 

Après la capitulation de Metz, lorsque le théâtre de la guerre fut 
transporté loin de la Lorraine, cet ecclésiastique dévoué avait eu toute 
facilité de s'accoutumer aux ambulances, en voyant passer dans son 
séminaire plus de dix-sept mille malades ou blessés. Il fut alors frappé 
des récits douloureux qui circulaient sur la position et l’abandon de 
nos prisonniers en Allemagne. U résolut de parvenir jusqu’à ces 
pauvres Français. Ce ne fut pas sans peine qu’il réussit, et qu’il passa 
trois mois à les consoler et à les secourir, en qualité d’aumônier de 
l’ambulance de Kalk et du camp de Gremberg, près Cologne. 

On trouvera dans son journal le tableau des souffrances de nos 
soldats, du mauvais vouloir opposé à nos aumôniers, et du bien qu'ils 
ont pu opérer chaque fois que la moindre liberté leur a été laissée. 
Tableau fait avec simplicité, sans aucune animosité, et d’une façon 
d’autant plus sympathique que M. l'abbé Déblayé né cherche pas 
plus à se poser comme héros du récit que comme écrivain. 

RENAISSANCE. CHANSONS DU PEUPLE, par Achille du Clésibux. 
i vol. in-18 de 144 p. 1872.—Prix: 1 fr. 

La tendance de toutes les pièces qui composent ce petit volume est 
excellente. M. Achille du Clésieux dit, dans une de ses chansons, la 
Marseillaise de l'Ouvrier : 

Ce qu’il faut aimer, vouloir, 

C'est Dieu, la France et la famille. 

Ces deux vers indiquent parfaitement le but auquel tendent toutes 
les Chansons du peuple. 

Les unes ont l’acqent du plus pur patriotisme. Les autres célèbrent 
les joies de la famille, tantôt avec cœur, tantôt avec une gaieté fami- 


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Itère; ou bien encore, elles font ressortir, d’une façon souvent amusante, 
les résultats des belles promesses prodiguées su peuple par se» faux 
amis. Et tout cela est dominé par le sentiment chrétien. 

Il serait à désirer que oe recueil fût accepté par les cUssesauquelles 
H est destiné, et remplaçât les chansons par trop popuktcières et non 
populaires qui courent nos rues. 

(Pour les trois articles ci-dessus, d'après le Bulletin des publications 

populaires .) 

GE QU'IL NOUS FAUT. Lettre aux paysans par un de leurs frères. In-8 
de 22 p. — Prix : 25 cent. 

Les malheurs de la France et les dangers de l'avenir suscitent 
chaque jour de nouveaux écrivains, empressés de manifester les senti¬ 
ments que leur fait éprouver une situation pareille, et les remèdes 
qu’ils estiment convenables. L'auteur de ce petit et très-bon écrit 
aborde franchement toutes les questions du moment, et, s'il ne les 
traite point à fond, il a sur chacune d’elles dés idées justes et d'hon¬ 
nêtes vue3, qui se recommandent d'elles-mêmes. C’est un travail à 
répandre dans les ateliers, dans les campagnes, partout où l’esprit du 
mal s'efforce de pervertir les saines notions et les principes fondamen¬ 
taux de la société. Point de déclamation ni d'entraînement, mais un 
examen calme des choses, et d’excellentes raisons présentées sous 
une forme accessible à tous, et du reste ne manquant point de vie et de 
mouvement. La matière étant politique, nous n'en pouvons guère dire 
ici davantage. Voici simplement la marche et la division : II nous faut 
un gouvernement, si nous ne voulons arriver rapidement à l’état de 
la Pologne. Ce gouvernement sera-t-il celui de la République? Non, 
et pourquoi. — Quî nous faut-il donc? l’Orléanisme? Non. La Légi¬ 
timité? Oui. — Chaque point est déve’oppé suffisamment pour faire 
adopter les conclusions. Le tout se termine par un tableau de l’état 
actuel de fa maison de France. Le partie îa plus développée est celle 
qui concerne le gouvernement napoléonien, dont l'histoire nous a paru 
fidèlement présentée. 

PENSÉES CHRÉTIENNES SUR LES ÉVÉNEMENTS, par Mgr Landr iot, 

archevêque de Usinasf nomeliâ édition. 1 vol. iB<-42de’VHt*136 p. — Prix: 

1 franc. 

L’ouroage de Mgr* Landriet renferme trois discours prononcés 
pendant la guerre. L’auiæur ne se laisse pas abattre par les infortunes 


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inouïes qu’il a sous les yeux. Il s’élève au-dessus d’elles; il se réfugie 
en Dieu, et s'écrie avec Job : « Quand même le Sauveur m’écraserait, 
j'aurais confiance en lui. » Mais il ne se perd point dans ces hauteurs; 
il en descend pour sonder nos plaies, pour chercher la cause de nos 
défaites, pour supputer les chances que nous avons de guérir et de 
redevenir nous-mêmes. Il examine comment se forment et se décom¬ 
posent les empires, comment se constituent et se désorganisent les 
sociétés. Il voit, en particulier, de quelle manière les nations chré¬ 
tiennes se sont faites si grandes dans le passé, et par quels chemins 
elles se précipitent maintenant vers leur ruine. Et il tire de là deux 
leçons que nous ne saurions assez méditer, l’une sur la vanité et la 
fragilité des biens de ce monde, quand on les sépare de Dieu, leur 
principe et leur fin; l’autre sur l’infirmité de la sagesse humaine, 
quand on l’isole du grand foyer de lumière qui rayonne d’en haut. 
Mgr Landriot a développé cette magnifique thèse avec son érudition, 
son éloquence et sa délicatesse ordinaires. 

ANNÉE DE MABIE, ou Exercices de piété en l'honneur de l'auguste Mère 
de Dieu, contenant, pour tous les jours de l'année, un calendrier historiai, 
des réflexions pratiques, aspirations, et, pour chaque mois, un entretien, 
d'après le manuscrit d’un moine bénédictin daté de l’année 1745, et mis 
au jour par M. Pabbé L.-H. Beaulieu. 4 vol. in-12 de xx, 336^ 402, 500 et 
502 p. — Prix : 10 fr. 

Cet ouvrage, eu égard au nombre et à la variété des sujets qui^ 
traite, est peut-être le plus complet que nous possédions sur la sainte 
Vierge, après la Summa A urea. Nous y trouvons abrégé tout ce qu'on 
a écrit de plus remarquable sur la Mère de Dieu, depuis les temps 
apostoliques jusqu’à l’auteur. 

Les deux premiers volumes rappellent le culte que l'Église lui a 
rendu jusqu’au xvu e siècle, les figures sous lesquelles Dieu l’a an¬ 
noncée au monde, les symboles de la nature qui parlent d’elle, ses 
privilèges ou prérogatives personnelles, ses vertus, ses droits et 
nos hommages. Les deux derniers traitent plus spécialement de sa 
compassion pour nos misères, de la sollicitude que lui inspire notre 
salut, de la manière dont nous devons l’honorer et des fruits de cette 
dévotion. Chaque volume aussi, suivant l’époque liturgique, reproduit 
quelques circonstances de sa vie. Le quatrième contient d’excellentes 
pages sur sa conception immaculée et sur son triomphe dans le cieL 
Enfin, le calendrier hi&torial, dont il est fait mention dans le titre. 


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mérite un éloge particulier. Ce sont de curieuses éphémérides où Ton 
trouve des renseignements très-importants sur les sanctuaires de la 
sainte Vierge et sur l’origine de ses fêtes. Il y a, dans toute cette 
publication, une science théologique profonde, une grande connais¬ 
sance des saints Pères, une douce et charmante piété. 

{Pour les trois articles précédents , d'après la Bibliographie catholique .) 

LES ASSEMBLÉES PROVINCIALES SOUS LOUIS XVI, et les 

divisions administratives en 1789, par M. le vicomte de Luçay. 1 vol. grand 

in-8.— Prix: 6 fr. 

Le règne de Louis XVI fut inauguré par des essais de réforme qu’on 
ne connaît guère aujourd’hui, ou que l’on n’apprécie pas à leur juste 
valeur, sans doute parce qu'ils ont, pour la plupart, échoué en nais¬ 
sant : crime impardonnable chez nous. De ce nombre et au premier 
rang sont les assemblées provinciales, instituées en 1778, sous le 
ministère de Necker, mais presque aussitôt abandonnées devant l’op¬ 
position d’une coalition d’intérêts égoïstes. Les historiens en parlent 
peu, et pourtant il y avait là une idée heureuse et qui, suivie avec 
persévérance, pouvait nous éviter les bouleversements administratifs 
et peut être la Révolution où nous a conduits l’Assemblée constituante, 
qui aurait pu, de cette façon, être évitée elle-même. Ces assemblées, 
telles que les avait conçues Necker, d’après Turgot, le marquis de Mi¬ 
rabeau et Fénelon (car l'idée en remontait à son élève et à lui), avaient 
pour objet d’unifier et de régulariser l’administration vicieuse du pays, 
sans toucher à sa constitution. Elles eussent amené un remaniement 
tout intérieur, qui n’aurait affecté en rien notre antique organisation 
politique. C’est, dit M. de Luçay dans le savant ouvrage dont nous 
avons la seconde édition sous les yeux, l’un des points sur lesquels 
Necker insista le plus dans le projet qu’il présenta à Louis XVI : « On 
a pris, disait-il, toutes les précautions nécessaires pour que ces admi¬ 
nistrations sentent continuellement qu’elles ont besoin de se montrer 
dignes de la confiance de Sa Majesté, et qu’élles n’ont de force qu’à ce 
prix. Ce sont autant de commissaires députés, autorisés par le souve¬ 
rain à seconder en commun ses vues bienfaisantes, ou à remplir une 
partie des devoirs cumulés auparavant dans la seule personne d’un 
intendant* » 

Les détails du nouveau régime sont curieux à lire ; on trouvait là, en 
matière de représentation, bien des choses que la Révolution ne nous 
a pas données du premier coup, et avec des garanties que nous ne 


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possédons, sur certains points, que d'hier. L'assemblée berrichonne se 
composait, en effet, de représentants de toutes les classes, et ceux du 
tiers y étaient en nombre double des autres. Elle était en quelque 
sorte permanente : car, dans l'intervalle de ses sessions, un bureau, ou 
une commission, comme on dirait aujourd'hui, veillait à l'exécution des 
résolutions qu’elle avait prises, et devait lui rendre compte de ses opé¬ 
rations. M. de Luçay a là-dessus des pages du plus grand intérêt his¬ 
torique, et qu’on peut recommander même à nos législateurs actuels. 

La chute de Necker et la réaction qui s'ensuivit dans la marche du 
gouvernement, arrêtèrent le développement de cette idée des assemblées 
provinciales. La convocation des notables (1789) et la convocation 
des États généraux, qui en fut la suite, jetèrent la France dans une 
autre voie, et à une réforme modérée substituèrent une révolution 
radicale. 

Le régime des assemblées provinciales loyalement pratiqué nous 
aurait épargné, ce semble, les interminables crises où nous ne 
cessons de retomber, et l’on ne peut nier l'influence que, tout pas¬ 
sager et tout incomplet qu'ait été son établissement, ce régime 
a exercée sur l'organisation qui nous régit depuis 1790. Il est certain, 
en effet, que la Constituante et les législations qui l'ont suivie ont 
toutes plus ou moins emprunté au système des assemblées provin¬ 
ciales. La constitution de l’an VIII, qui sert encore aujourd’hui de base 
à nos institutions locales, en procède directement, selon M. de Luçay, 
et ne doit probablement qu’à cela d'avoir vécu plus longtemps que les 
autres. N y aurait-il pas à y puiser plus largement encore et à s’en 
inspirer davantage î « Assurément, dit M. de Luçay, le système 
adopté en 1800, s'il s'est plus rapproché de la perfection que ses de¬ 
vanciers, a été loin de l’atteindre; nous n’en voulons pour preuve que 
les modifications successives et fécondes qu'il a reçues, a 
Les législateurs actuels consulteront avec fruit cet ouvrage. 

IflES RAVAGEURS. Récits de Toncle Paul sur les insectes nuisibles à VAgri¬ 
culture, par Henri Fabre, docteur ès sciences, professeur de sciences phy¬ 
siques et naturelles au lycée et aux écoles municipales d'Avignon. 1 vol. in-12 
de 191 p. 1871. —Prix : 2 fr. # 

Sous une forme dialoguée, souvent enjouée, l'auteur place dans la 
bouche d'un amateur de jardinage, entouré de jeunes enfants, la des¬ 
cription et l'histoire naturelle des principaux insectes qui vivent aux 
dépens des plantes usuelles. 


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De temps à autre, un incident adroitement amené, une anecdote 
agréablement racontée, viennent à propos soutenir l'intérêt et contri¬ 
buent à rendre attrayante la lecture fort instructive de ce petit volume. 

TRAITÉ SPÉCIAL SUR, LES OSIERS, par Louis Gossin, cultivateur, 

professeur d’agriculture à l’Institut normal agricole de Beauvais. 1 vol. in-18 

de 84 p., avec figures. 1866. — Prix : 1 fr. 25. 

Certainement, le traité spécial deM. Gossin sera utile aux cultiva¬ 
teurs qui voudraient entreprendre en grand cette exploitation, et qui 
pourraient en retirer des avantages, soit en raison de la nature du ter¬ 
rain dont ils disposent, soit en raison de l'époque peu occupée, à la 
campagne, où les osiers réclament les bras des paysans. 

Les matières traitées successivement par M. Gossin sont divisées 
comme il suit : 

1° Culture des osiers; histoire, bibliographie, statistique, commerce. 

2° Espèces de saules cultivées pour osiers. (Des figures aident à les 
distinguer, en présentant aux yeux la feuille de chaque espèce.) 

8° Plantation, culture. 

4* Exploitation et première préparation des produits. 

5° Oseraies en situation exceptionnelle. 

6® Accidents, insectes, maladies à redouter pour les osiers. 

(Pour les trois articles ci-dcssus, d’après le Bulletin des publications 

populaires .) 

VOIX PROPHÉTIQUES, par M. l'abbé Cürtcque. 4* édition. 2 vol. 
de 470-55# p. — Prix : 5 fr. 

LETTRES SUR LES PROPHÉTIES, par M. l’abbé Chabaüty, 2 e édition. 

1 vol. 240 p. — Prix: 2 fr. 

M. l’abbé Curicque est arrivé à la quatrième édition de son 
ouvrage ; elle est ornée de trois lettres épiscopales, qui en somme sont 
laudatives : ce sont des lettres de nos Seigneurs les évêques de Stras¬ 
bourg, de Poitiers et de Solie, en Grèce. M. Curicque a continué son 
travail de collectionneur, et il l’a fait avec la méthode, le discernement 
et l’esprit de soumission à l’Église dont il a donné des preuves dans les 
éditions précédentes.Mais il s'en est tenu à ses fonctions de rapporteur. 

M. l’abbé Chabauty a voulu aller plus loin. Il a entrepris sur l’en¬ 
semble des prophéties modernes un travail qui demanderait pour sa 
perfection un autre et dernier prophète; il a fait la concordance des 
prophéties et il a posé la chronologie des événements prophétisés. Si 
sa tâche est beaucoup plus ardue que celle de M. Curicque, la manière 


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dont il Ta remplie laisse aussi beaucoup plus à désirer. D’abord, il a 
eu le tort de mêler à sa thèse principale une réfutation de Nostra- 
damus et de son commentateur, M. l’abbé Tomé. Il a eu le tort, ma¬ 
jeur à nos yeux, de turlupiner jusqu’au calembour M. Tomé, qui le 
mérite bien sans dcute, mais dont la culpabilité n’excuse pas le ven¬ 
geur du bon sens de se livrer à des facéties dans un livre qui conclut, 
pour le plus b ef délai, à des catastrophes inouïes, dont la ruine com¬ 
plète de Paris n'est qu’un épisode. 

Puisque nous en sommes au chapitre des reproches, disons tout de 
suite que parmi les prophéties visées par M. Chabauty, et dont la 
majeure partie est vraiment vénérable, il a eu la distraction d’en retenir 
quelques-unes qui ne soutiennent pas la discussion, par exemple, celles 
qui ont paru à la fin de 1830. 

M. Chabauty a d’ailleurs tracé de main de maître en théologie 
quelle est l'utilité et l'autorité des prophéties modernes. Il a donné 
pour le choix de ces prophéties des règles excellentes, quoiqu’il n'ait 
pas donné toujours l’exemple de les suivre, et enfin il a fait un choix 
parmi les prophéties, dans lequel il est impossible de ne pas recon¬ 
naître des pièces de la plus grande valeur. Il a donné de la prophétie 
d'Orv .l, en particulier, un commentaire qui frappe d’évidence le plus 
souvent, quoiqu’il ne discute que les événements postérieurs à 1839, 
date du premier texte imprimé, tandis qu’il aurait pu s’appuyer sur 
le texte de M. Curicque, qui remonte à 1820 et plus haut, texte dont 
l’authenticité a été mise hors de doute par ce dernier, dans une dis¬ 
sertation qui réunit le mérite de la science à celui de la bonne foi* 

Ce qne M.Chabauty prend à son tour dans cette prophétie,,ainsi que 
les explications qu’il en donne, est vraiment digne d’attention. Mais ce 
n’est pas tout, il s’en faut* Sur quarante et une prophéties qu’il accepte 
et dont nous oserions au plus retrancher une demi-douzaine, il y en a du 
plus haut intérêt et dont l’authenticité est suffisamment établie. Qui 
ne vénérerait des noms comme ceux de saint Remi et de saint François 
de Pauleî Qui voudrait rejeter ceux du V. Haulzhauser, de la Vén; 
Anne Maria Tadgi, de la V. Élisabeth Conori Mora, du V. curé d'Ars, 
du Y. Bernard Clautiî Qui oserait mépriser ceux de Marie Lataste, 
d’Anne Catherine Emmerick, de la mère du Bourg, de la sœur Rose 
Colombe, de l’abbé Souffrant, du P. Necktou, de la Trappistine, de la 
steur Nativité, de la 9œur Marianne ? Ce serait une témérité grande, 
que, pour notre compte, nous ne voudrions pas encourir. 

(D’api'ès P Univers.} 


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LA REINE DE MAI, par M. Ecrivisse ; traduit du néerlandais par 
M. Emile Y. 1 vol. in-12 de 216 p. —Prix : i fr. 

La scène se passe dans une province des Pays-Bas, sur les confins 
de l'Allemagne, au poétique village de Geleen, dont les coutumes cu¬ 
rieuses et peu connues rappellent l’âge d’or et méritaient bien d’être 
décrites. Le récit nous reporte au temps des guerres de notre premier 
empire, dont cette paisible contrée ressentit si cruellement le contre¬ 
coup. Une intrépide jeune fille sacrifiant, pour sauver son frère, non- 
seulement son repos, mais jusqu’à sa réputation, est l’héroïne de cette 
histoire. A côté de ce sacrifice fraternel, un autre sentiment vient encore 
occuper une grande place. Il se traduit chez deux rivaux d’une manière 
bien différente : chez l’un, par une aveugle jalousie qui cause de grands 
malheurs ; chez l’autre, par un respectueux et énergique dévouement 
tout à fait désintéressé, et qu’on pourrait appeler chevaleresque, car la 
noblesse des sentiments peut se rencontrer dans toutes les classes, et 
paraît, aussi bien que la solidité des principes, traditionnelle à Geleen. 
Si tous les romans ressemblaient à celui-ci, les esprits les plus pré¬ 
venus contre eux non-seulement ne les condamneraient pas, mais s'em¬ 
presseraient de les mettre dans toutes les mains. 

(D'après la Bibliog . Cath.) 

DE L'ÉDUCATION chrétienne des enfants, par M. l’abbé Justin Vernollrs, 
chanoine honoraire de Tulle, curé de Beaulieu, ancien supérieur de 
Servières, auteur de plusieurs ouvrages d'éducation. 1 vol. in-12 de vm-456 p. 
— Prix : 3 fr. 

L’auteur a bien compris toute l’étendue et l’importance de ce grand 
acte: l’éducation; c’est, dit-il, la culture et le développement, pour 
arriver à toute la perfection possible. 

Ainsi l’éducation de l’homme en général sera la culture et le déve¬ 
loppement de l’homme tout entier, et, comme il y a dans l’homme le 
corps, l’esprit et le cœur, une éducation complète embrassera l'homme 
dans les principales parties qui le composent et sera par conséquent le 
perfectionnement physique, intellectuel et moral de l’homme. 

Ailleurs M. l’abbé Verniolles exprime d’une manière encore plus 
nette et plus saisissante la même pensée, en analysant une expression 
dont rarement on apprécie toute la portée. 

cc — Je veux faire élever mon enfant, nous dit tranquillement un père 
ou une mère. — C’est fort bien, et votre dessein vous hotvore. Mais 
avez-vous bien compris la force et la portée de cette grande parole : 
Élever un enfanté Savez-vous la sublime action qu’elle exprime! Save 


» 

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vous la sainte et difficile mission que vous donnez à celui qui en est 
chargé? Élever, — le mot le dit assez, — c'est prendre quelque chose 
qui est en bas pour le faire monter plus haut. Élever un enfant, c'est le 
tirer de cet abîme de faiblesse et de misère où il est plongé; c'est saisir 
sa jeune âme, qui est comme enveloppée de défauts et de vices, et lui 
donner la perfection et la vertu dont elle est susceptible. C'est faire 
monter cette âme du sein des ténèbres, de l'ignorance et de l'inertie, 
jusqu’à la lumière, à la force, à la science de la vie. « L'éducation bien 
comprise est un sacerdoce et un apostolat. Cet ouvragé s'adresse aux 
prêtres, au père de famille et à la mère chrétienne. Comme le dit fort 
bien M. l'abbé Vemiolles, pour qu'un enfant soit élevé chrétiennement, 
il faut le concours des parents; et souvent, par ignorance ou prévention, 
par insouciance ou légèreté, le père et la mère sont très-insuffisants 
pour cette tâche. C'est donc par l'intermédiaire du pasteur et du prêtre 
qu'il faut pénétrer dans le foyer et arriver jusqu’au cœur du père et de 
la mère. Si leurs devoirs sont mieux connus, et surtout mieux remplis, 
quelques jeunes âmes qui auraient péri échapperont à l'abîme. 

Nous ne saurions mieux faire apprécier l'étendue et la sagesse du 
plan du respectable auteur qu'en donnant le sommaire de9 XIV cha¬ 
pitres de son ouvrage : — I. Grandeur et dignité de l'enfant. — II. De¬ 
voirs des parents en général. — III. Instruction religieuse des enfants. 
— IV. Devoir de vigilance sur les enfants. — V. Correction des en¬ 
fants..— VI. Du bon exemple des parents. — VII. Du choix des 
maîtres. — VIII. Du rôle du prêtre dans l’éducation chrétienne. — 
IX. De la piété dans l'éducation. — X. Éducation religieuse et devoirs 
envers Dieu. — XI. Devoirs envers nos semblables. — XII. Des 
vices capitaux chez les enfants. — XIII. Principales vertus à cultiver 
chez les enfants. —XTV. Des sacrements comme moyens d’éducation. 

BU DEVOIR dans les épreuves de l’Eglise, par Mgr Justin Févrb, protono¬ 
taire apostolique. 1 vol. in-18 dî 126 p.— Prix: 50 cent. 

Le petit ouvrage de Mgr Fèvre fait partie d'une collection entreprise 
par l'auteur sous ce titre général, Petits Traités pour le temps. On y 
parlera du devoir dans les épreuves de la France, de la vocation de la 
France, des journaux impies, du concile du Vatican, des enseignements 
de la guerre, du protestantisme dans ses menaces présentes, etc. Cette 
entreprise est bonne et mérite d'être signalée aux personnes qui se 
font un devoir de travailler à la défense de l’Église et de la société, 
également menacées par le flot d’impiété et d'immoralité déchaîné sur 
notre malheureuse époque. Plusieurs de ces volumes ont même déjà 


— 126 — 


paru. Nous devons avertir toutefois que, si Ton en juge par celui-ci, 
la rédaction n’a point en vue la classe qu’il importerait surtout d’é¬ 
clairer, celle où l'instruction sérieuse fait défaut. Pour lire le Devoir, 
le comprendre et en tirer profit, l’esprit doit être doué de quelque cul¬ 
ture, et l'intelligence exercée et même nourrie, du moins dans une 
certaine mesure qui excède celle du commun des lecteurs populaires. 

Voici le plan du traité : l'Église y est considérée d’abord comme 
œuvre de Dieu, dans l’histoire sainte, dans sa constitution propre, 
dans tout ce qu’elle a fait depuis Jésus-Christ. Dans ses diverses ex¬ 
pansions et dans tous ses développements elle est, de plus, et par cela 
même qu’elle vient de Dieu, l’universelle bienfaitrice des hommes, sans 
laquelle les sociétés ne peuvent plus subsister. Ce denrer point est 
celui qui répond le plus directement aux préoccupations de l’heure 
présente, et c’est par ce côté précisément que le livre de Mgr Fèvre se 
recommande à notre attention. Tout ce que le siècle entreprend contre 
l’Église, il l'entreprend contre l’humanité, il se frappe lui-même au 
cœur. Le jour où il le comprendra, nous serons sauvés. Et la démons¬ 
tration, les événements seuls 6e chargent de l’imposer aux esprits les 
plus vides, aux intelligences les plus distraites. Mais l'Église forme 
une grande unité; elle est un corps, et ce corps a une tête, et cette tête, 
le souverain Pontife, est devenue le but particulier des attaques de l’en¬ 
nemi, trop habile pour viser ailleurs en ce temps de centralisation : 
nous devons donc, catholiques, enfants de ceUe Église divine, par res¬ 
pect, par devoir et par amour, mais aussi par le sentiment du péril et 
par la plus élémentaire prudence, nous grouper, nous masser autour 
de notre chef, et ne souffrir jamais que les blessures l’atteignent. 

L’auteur nous indique oes grandes lignes, qui sont la part spécula¬ 
tive; il y ajoute les moyens, et par là le côté pratique, non moins 
essentiel, trouve satisfaction; en sorte qu’on apprend ici à mieux 
connaître l’Église, à l’aimer davantage, à se dévouer à elle. Beaucoup 
de ces considérations seraient utilement développées en chaire, à la 
campagne aussi bien que dans les villes. 

Sept excellentes prières toutes de circonstance, c est-à-dire pour les 
temps d’affliction, de persécution, de malheurs publics ou d’affaiblisse¬ 
ment de la foi, terminent le volume. 

- Dans l’état présent, ce qui nous épouvante ce ne sont pas nos 
maux : Dieu fait les nations guérissables (!) ; ce sont nos médecins, ce 

<1) Le savant auteur s'est laissé entraîner & répéter loi une de oes applications finisses 
de l’Écriture qui s’appuient sur un mot à mot trop servile de la Vulgate. D’après le oon- 
texte, le sens du texte grec, comme le dit S. Jérôme, est ; « Toutes les oréatures étaient 


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— 127 — 


revenir aux principes de leur égarement} seulement, ils se promettent 
de mieux faire. Mais, grâce au problème de la chimie antisociale, le 
mieux qu’ils espèrent est toujours un pire, et, pendant qu’ils chauffent 
les fourneaux et qu’ils s'inclinent avec joie sur les cornues fumantes, 
il se trouve par hasard dans un coin de boutique gros comme un pois 
de matière fulminante, et il y a explosion, et la boutique vole en l’air, 
avec les fourneaux, les cornues et les alchimistes (p. 21). » 

L’image est saisissante : nous prions nos lecteurs d’y réfléchir. 

(D'après la Bibliographie catholique .) 

MÉMOIRES DU B. P. DE BENGY, aumônier de la huitième ambulance. 

4 vol. in-42, 478 pages. — Prix : 2 fr. 50 c. 

On a réuni dans ce volume les lettres écrites par le R. P. de Bengy à 
son ami le comte Aymard de Foucauld, et une lettre au comte de Fla- 
vigny, sorte de rapport sur les travaux de la huitième ambulance. On 
y suit le P. de Bengy sur les champs de bataille, dont les désastres ont 
amené la capitulation de Sedan, et au siège de Paris, pendant lequel son 
ambulance était établie dans la maison des Dominicains, à Arcueil. Ces 
lettres, écrites avec simplicité, révèlent des traits d’une foi touchante, 
de courage héroïque d’un côté, de dévouement de l’autre. La fin du 
P. de Bengy, fusillé le26 mai dernier, ajoute un sentiment de compas¬ 
sion à l’intérêt qu’inspire la lecture de ces pages, 
sont leurs consultations, et encore plus les drogues de leur pharmacie. 
Depuis quatre-vingts ans qu’ils s’égarent, ils ne savent jamais que 

saines dans leur origine. » Le mot nationes, dans la Vulgate, est mis pour génération 
et sanabilêa pour sanaé. Il y aurait une brochure à faire sur ces sens erronés qui. s’im¬ 
posent même à de bons auteurs. A. E. 

BULLETIN SOMMAIRE DES PUBLICATIONS RÉCENTES 


Armée (1*) du Rhin, depuis le 12 août 
jusqu’au 29 octobre 1870, par le maréchal 
Bazaine. TJn vol. in-8° avec 11 cartes et 
plans. Prix : 8 fr. 

Dx la. procédure civile et des actions 
chez les Romains par L. de JCeller, pro¬ 
fesseur à rUniver&icé de Berlin. Traduit de 
l’allemand par M. Capmas, professeur à la 
faculté de droit de Dijon. 1 vol in-8°. 

Prix : 9 fr. 

DjépoaunoN8 mta témoins de l’enquête 
parlementaire sur 1 insurrection du 18 mars, 
classées dans un nouvel ordre par Henri 
Amline, l’un des secrétaires de la commis¬ 
sion. Tom. 1 er , un vol. grand in-18 jésus 
de 400 p. Prix : 8 fr. 

Dialogues chinois- latins, traduits mot 
à mot avec la prononciation accentuée par 
le R. P. Perny ; in-8° broché. Prix : 8 fr. 

Dictionnaire français-arabe (idiome 
parlé en Algérie), contenant : 1° tous les 


mots usités pour parler en Algérie, sans 
mélange de mots inusités; 2° la prononcia¬ 
tion indiquée en caractères français d’après 
le mode adopté par la commission scienti¬ 
fique de l’Algérie; 3° leur pluriel; 4° leur 
genre ; par Ad. Paulmier, ancien conseiller 
à la cour d’appel d'Alger. Ouvrage composé 
& Alger et vérifié par plusieurs savants 
indigènes. 4 e tirage in-12 à 2 colonnes 
de xx-912 p. Prix s 7 fr. 50. 

Dictionnaire raisonné du mobilier 
français, de l’époque carlovingienne à la 
renaissance* illustré de 419 gravures sur 
bois, sur acier et sur chromo- iithwmpble, 
par M. Viollet-le-Duc architecte. Mise en 
vente du 3 e volume. Prix : 50 fr. 11 faut 
souscrire à l’ouvrage complet qui se com¬ 
posera de 6 volumes. 

Encrais des jardins et dos champs par 
V. F. Leboeuf. 1 vol. in-18. Prix : 1 rr. 25. 

Épilogue de l’art chrétien, par A.F. Rio. 
2 vol. in-8°. Prix : 15 fr. 



— 128 — 


Essai de commentaire des fragments 
cosmogoniques de Bérose, d’après les textes 
cunéiformes et les documents de l’art asia¬ 
tique, par François Lenormant. In-8° de 
576 pages. Prix : 25 frincs. Cet ouvrage 
n’a été tiré qu’à 200 exemplaires. 

Essai sur les attributions des con¬ 
seils généraux (loi du 10 mai 1871), par 
Pierre Chabrol. 1. vol. in-8°. Prix : 2 fr. 

Ethnologie gauloise, ou mémoires 
critiques sur l'origine et la parenté des 
Cimmériens, des Cimbres, des Ombres, 
des Belges, des Ligures et des anciens 
Celtes, par Roget de Belloguet ; introduction, 
première partie, glossaire gaulois avec deux 
tableaux généraux de la langue gauloise. 
Deuxième édition, revue, corrigée et consi¬ 
dérablement augmentée. Un beau vol. 
de xxi-450 p. avec ligures d’inscription. 
Prix : 9 fr. Tom. II. Preuves physiologi¬ 
ques, types gaulois et oelto-bretons. In-8° 
broché, figures. Prix: 17 fr. Tom. III. 
Preuves intellectuelles, le génie gaulois, 
oaractèrenational, mœurs, institutions, drui¬ 
disme, industrie. In-8° broché. Prix : 9 fr. 

Histoire des trois derniers princes de la 
maison de Condé : prince de Condé, duo 
de Bourbon, duo a'Enghien, d'après les 
correspondances originales et inédites de 
M8 princes, par M. Crétineau-Joly. 2 ma¬ 
gnifiques volumes in-8° avec autographes. 

Prix : 15 fr. 

L'administration des États de Bre¬ 
tagne de 1493, à 1790, manuscrits inédits 
de la commission intermédiaire du bureau 
diocésain de Nantes et du dictionnaire d'ad¬ 
ministration de la province de Bretagne, 
avec une lettre de M. le Cte de Carné, 
membre de l’Académie française, par (N.-L.) 
Caron, ancien directeur des subsistances 
militaires. 1 vol. in-8 # . Prix : 10 fr. 

La chanson de Roland, texte oritique 
accompagné d’une traduction nouvelle et 
précédé d’une introduction historique, par 
Léon Gautier, professeur à l’école des 
Chartes; avec douze magnifiques eaux-fortes 
par Chitflart et Y. Foulquier, et un fao- 
simile. 1 splendide vol. grand in-8* jésus. 
Prix, broché : 40 fr. Belle demi-reliure dos 
en chagrin doré, plats en papier, tranche 
dorée, 46 fr. Tirage sur papier de Hollande, 
300exemplaires numérotés. P. broché : 80 fr. 

Le droit public romain depuis l'ori¬ 
gine de Rome jusqu’à Constantin le Grand, 
ou les antiquités romaines envisagées au 
point de vue des institutions politiques, par 
P.Willems, professeur à l’université de Lou¬ 
vain. Seconde édition, 1872. 1 vol. in-8°. 

Prix : 8 fr. 

Les asperges, les fraises, les figues, les 
framboises et les groseilles, par V. F. Le- 


bœuf. 5« édition; un vol. in-18. P. 1 fr. 50 

Les tombes royales de Saint-Denis, par 
Georges d'Heylli. Nomenclature et histoire 
des tombeaux. Extraction des cercueils 
royaux en 1793. Ce qu’ils contenaient. — 
Les Prussiens dans la basilique en 1871. 
Pillages et dévastations, etc. Un vol! 
in-18 jésus de 280 p., imprimé par Jouaust 
en caractères elzéviriens, aveclettres ornées, 
fleurons, etc., une lithographie de la cathé¬ 
drale, plan intérieur, armes de l’abbaye 
et couverture aveo dessins allégoriques. 
Prix : 3 fr., tirage à 500 exemplaires. 

Les Princes dUrliêans, par Ch. Yriarte. 
préface par Edouard Hervé. Un vol. petit 
m-8®, aveo 18 portraits. Prix : 5 fr. (Edi¬ 
tion de luxe grand in- 8° papier de Hollande, 
200 exemplaires numérotés, 50 fr. Quatre 
exemplaires sur chine, 100 fr. Trois exem¬ 
plaires sur peau de vélin, 1000 fr. chacun. 

Nouveau Dictionnaire complet des 
communes de la France, de l’Algérie et 
des autres colonies françaises. Préoédé 
d’une notice sur la France et de tableaux 
synoptiques par M. Gindre de Mancy. 
4 e édition, revue, oorrigée et contenant la 
liste des oommnnes annexées à l’Alle¬ 
magne. 1 fort vol. grand in-8° d’environ 
1000 pages à deux colonnes, aveo une 
carte générale des chemins de fer français, 
par Charle. Prix : 12 fr. 

Nouvelles Etudes sur les quinquinas, 
accompagnées de fao-simile des dessins de 
la Quinologie de Mutis,avec remarques sur 
la culture des quinquinas, par F. Triano, 
membre de la Société botanique de Franœ. 

1 vol. in-folio avec 33 planones. 

Prix : 70 fr. 

Panégyrique de la bienheureuse Jeanne- 
Marie de Maillé, prononcé à Tours le 
9 avril 1872, par Mgr Freppel. Brochure 
in -8 # - Prix: 1 fr. 

Pékin, Yeddo, San-Fraxcisco. Troi¬ 
sième volume du Voyage autour du monde, 
par le Cte Ludovio de Beauvoir. Un beau 
vol. in-18, enrichi de 15 gravures photo¬ 
graphiées et de 4 cartes spéciales imprimées 
en couleur. Prix : 4 fr. 

Travaux d'investissement exécutés par 
les armées allemandes autour de Paris, 
relevés par un ancien élève d’une école spé¬ 
ciale, aveo carte d’ensemble et plans. Pre¬ 
mière partie. 1 vol. in-8* raisin de 100 p. 
et un atlas de 14 planches. Prix : 5 fr. 
Cette première partie contient le tracé de 
tous les travaux prussiens sur les bords de 
la Marne, de Gonrnay à Ormesson; la 
seconde partie, qui est sous presse, com¬ 
prendra les travaux d’Ormesson à Ville- 
neuve Saint-Georges. L’ouvrage complet 
formera huit parties, qui paraîtront succes¬ 
sivement tous les quinze jours. 


Le Gérant , F. WATTEL1ER. 


PARIS. — IMPRIMERIE JULES LE GLEBE, RUE CASSETTE, 29. 


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Tome m - IV. 5. 


Mal 1899. 


REVUE 

BIBLIOGRAPHIQUE ET LITTÉRAIRE 


A. NOS RESPECTABLES AGRÉGÉS. 

Nous sommes heureux de voir nos relations avec vous, res¬ 
pectables agrégés, devenir de jour en jour plus fréquentes et 
plus intimes. Il ne convient point de parler ici de tous les té¬ 
moignages de sympathie et de bienveillance que nous avons 
reçus dans le mois qui vient de s’écouler, soit par des entre¬ 
tiens, soit par des lettres qui sont pour nous un précieux et 
puissant encouragement. Qu’on nous permette seulement d’ex¬ 
primer ici, en deux mots, notre profonde reconnaissance, et 
nous passerons immédiatement à la correspondance relative à 
des œuvres du plus haut intérêt. 

Le projet de la fondation immédiate d’une université catho¬ 
lique professant, sinon de vive voix, du moins par écrit, a ren¬ 
contré de nombreuses sympathies, et nous avons communiqué 
ces témoignages encourageants à l’auteur du projet. 

De son côté, M. nous apprend que le comité de rédaction 
s’assure la collaboration d’hommes aussi remarquables par leur 
savoir et leur talent que par la netteté de leurs principes fran¬ 
chement catholiques. 

Ce comité se tient absolument en dehors de la partie finan¬ 
cière : comme il ne s’agit ici que d’une œuvre et nullement 
d’une spéculation, nous donnerons, par correspondance privée, 
les explications nécessaires à ceux de nos honorables agrégés 
qui voudraient aussi s’associer à cette importante fondation. 

L’auteur du projet nous dit qu’il accueille avec empressement 
la pensée (que l’un de vous lui a suggérée) de se mettre en 
relations avec les autres œuvres analogues, et spécialement 
avec l’œuvre de l’Alliance des maisons d’éducation chrétienne. 

Le projet d’accorder la faculté de s’abonner séparément à une 
ou plusieurs parties du cours était déjà admis en principe; 

T. VII. a 


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— 130 — 


ce qui n’empêche pas de remercier celui de nos correspondants 
qui a bien voulu suggérer cette pensée utile. C’est du reste ce 
qui avait été pratiqué pour le Journal des cours publics, dont la 
première livraison parut en décembre 1820. Chaque cours ayant 
sa pagination séparée, on peut former, au bout de l’année, autant 
de volumes qu’il y a de matières diverses correspondantes aux 
chaires les plus importantes de chaque faculté. 


L’exemple entraîne, à ce qu’il paraît, et, de plus, il nous semble 
qu’il inspire bien. Le plan d’une université catholique a suggéré 
à l’un de nos agrégés un autre plan d’une exécution qui nous 
semble plus facile et également d’une haute importance. Nous 
ne pouvons en donner aujourd’hui que la pensée sommaire : 
c’est l’établissement d’une École pratique de l'art chrétien, la¬ 
quelle trouverait dans ses produits immédiats les ressources 
nécessaires pour couvrir ses frais. 

Nous communiquerons l’exposé complet à nos lecteurs dans 
la prochaine livraison. 


Nous avons promis à nos lecteurs de leur communiquer la 
lettre si remarquable qu’un éloquent évêque, Mgr de Poitiers, 
vient d’adresser, à son tour, à M. le chanoine Labis, au sujet de 
l’ouvrage si bien apprécié par nos judicieux lecteurs qui se sont 
empressés de se le procurer. 

Notre second envoi est épuisé; mais nous en recevrons pro¬ 
chainement un troisième, qui nous permettra de répondre aux 
désirs de ceux qui n’ont pu encore recevoir ce livre si impor¬ 
tant. Voici en quels termes en parle le savant évêque de Poi¬ 
tiers : 


Monsieur le Chanoine, 


Poitiers, le 14 mars 1872. 


Je suis heureux de joindre mon humble suffrage aux précieuses approbations qui 
honorent déjà votre beau livre sur le Libéralisme, la Franc-Maçonnerie H VÉglise apos¬ 
tolique. Dans la mesure où mes travaux m'ont permis de lire cet ouvrage, il m'a 
semblé de nature à éclairer beaucoup d'esprits sur les questions les plus actuelles, les 
plus importantes, hélas ! souvent les plus mal comprises. 

Un même mal travaille la société européenne. PIub ou moins appliqués, les mêmes 
principes anti-chrétiens, et partant révolutionnaires, servent de base aux constitu¬ 
tions, de règle aux gouvernements et d'évangile social aux peuples. Encouragées 
par un succès qui date de loin et auquel contribuent, souvent plus que d’autres, ceux- 
là même qui le devraient empêcher et qng la logique désigne pour en être les pre- 


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— 131 


mières victimes, les sociétés seorètes exercent partout leur influence, ou plutôt leur 
empire. Où nous en sommes venus, elles ne prennent presque plus la peine de se 
cacher, mais se posent hardiment comme l’expression vivante et seule vraie de l’huma¬ 
nité ; prétendant représenter tous ses droits, droits innés et absolus que l’homme pos¬ 
sède sans les avoir reçus et dont il ne doit compte à personne, ces sociétés perverses 
s’arrogent naturellement tons ses pouvoirs. 

Il en résulte qu’elles ne sont plus que la Cité du mal organisée et conjurée pour ren¬ 
verser l’indestructible Cité du bien, c’est-à-dire l’Église catholique. Vous avez bien 
montré, Monsieur, quel amas de ténèbres font ces sectes impies et les doctrines 
qu’elleq prêchent. Vous avez fait voir en même temps les titres de la sainte Église à la 
foi, à la vénération reconnaissante et à l’amour docile de tous. Vous l’avez heu¬ 
reusement vengée de tant de calomnies dont on la charge sciemment en spéculant sur 
l’ignorance. Quiconque lira vos pages comprendra jusqu’à l’évidence qu’il en est de 
l’Eglise comme de celui qui l’a fondée : qu’on les hait tous deux sans sujet ; qu’on 
leur rend la haine pour l’amour et le mal pour le bien ; et toute âme droite en con¬ 
clura que si leur condition est pareille ici-bas, c’est que leur cause est identique, et 
qu’en définitive ils sont un comme sont un le Père qui est aux cieux ot le Fils qu’il a 
daigné envoyer sur la terre. 

Là est le secret de notre triomphe ; de là découlent et le courage qui nous fait com¬ 
battre et la patience qui nous fait attendre, et cette paix que le monde ne pent ni 
ébranler ni même comprendre. 

Recevez, Monsieur le Chanoine, l’assurance de mon bien entier dévouement. 

f. L. E. Év % de Poitiers . 


PREMIÈRE PARTIE 


OUVRAGES ÉDITÉS PAR NOUS OU DONT NOUS AVONS ACCEPTÉ 
LA PROPAGATION SPÉCIALE. 

LE DIEU D'AUTREFOIS, par Conrad db Bolanden, traduit de l'allemand 
avec autorisation. 2® édition. 1872. Une brochure de 48 p. — Prix: 40 cent.; 
pour les agrégés* 25 cent. 

La forme dramatique adoptée par l'auteur, le charme de la narration, 
la grandeur des tableaux, l'élévation de la pensée, tout entraîne et 
charme le lecteur. 

Un jeune page, le comte de Rhétel, prédit à Napoléon 1 er , persé¬ 
cuteur du pape, qu'il verra sa puissance brisée à cause de cet attentat. 
Dans cette première partie il y a des scènes admirables, où l'on voit 
l'orgueil du conquérant confondu par l'inflexibilité de l'humble vieillard, 
protégé par la majesté de la vertu et du droit. 

En 1864, le même oomte de Rhétel, dans une entrevue à Paris avec 
Napoléon 111, prédit au neveu qu'il se brisera comme son oncle en 



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— 132 — 


s’attaquant à l’Église. Ce long entretien avec Napoléon III n’a aucun 
succès ; mais, en 1870, c’est dans le château même du comte de Rhétel 
qQg l’empereur des Français, après la honte inouïe de Sedan, remet 
son épée au Prussien victorieux : il y a là une scène solennelle et 
lamentable. 

Le comte de Rhétel vient habiter une maison de campagne, non 
loin de Paris, et il voit en frémissant les traces du triomphe des 
Prussiens. En apprenant qu’à l’occasion des menées des nouveaux 
hérétiques, qui se parent du titre menteur de vieux catholiques, le 
gouvernement en Allemagne commence à attaquer l’Eglise, l’espoir 
rentre dans le cœur du vieux gentilhomme français. Dans un dialogue 
avec des officiers prussiens, il acquiert la conviction que le gouverne¬ 
ment allemand rêve une Église nationale, et il prédit,pour la quatrième 
fois, la chute du pouvoir qui a la témérité de vouloir anéantir la 
papauté. - Les insensés I s’écrie-t-il, pensent-ils peut-être que Dieu 
fera une exception pour l’empire d’Allemagne t Cette entreprise dans 
laquelle ont échoué depuis dix-huit siècles les plus puissants mo¬ 
narques, l’anéantissement de l’Église de Dieu et de son Vicaire sur la 
terre, croient-ils la mener à bonne fin ! le Dieu d’autrefois vit encore ! 
Attaque donc, fier empire d’Allemagne, attaque I livre l’assaut au roc 
de Saint-Pierre, opprime l’Église, et la sentence est prononcée ! » 

Nous espérons que nos respectables agrégés répandront par cen¬ 
taines, autour d’eux, cette excellente brochure. 


VIES DES SAINTS pour tous les jours de l’année, selon le Bréviaire romain, 
suivies de prières et pratiques à la fin de chaque vie et d’instructions sur les 
fêtes mobiles. Nouvelle édition revue, corrigée, augmentée et continuée jus¬ 
qu'à ce jour, renfermant la vie des vingt-sept martyrs du Japon, celles de la 
bienheureuse Marie de l’Incarnation, de la bienheureuse Marguerite-Marie 
Alacoque, du bienheureux Joseph Labre, de Marie-Clotilde de France, du 
bienheureux Jean Berchmans,ainsi que des martyrs deGorcum.A. M. 0. G. 
i vol.in-12 de vu-676 p. — Prix : 3 fr.; pour les agrégés, 1 fr. 75. 

La. vie des saints, dit fort bien l’auteur, est l’Évangile pratiqué, selon 
l’expression heureuse de saint François de Sales. Ce mot suffit pour 
montrer l’autorité du livre que nous recommandons à nos agrégés. Il 
suffira de lire attentivement chacune des admirables vies qu’il contient, 
non-seulement pour admirer, mais surtout pour connaître et pratiquer 
les devoirs et les vertus que commande'le christianisme. Cette lecture 
a, dans tous les temps et dans toutes les âmes, produit d’étonnantes 


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— 133 — 


transformations : parmi les saints eux mêmes, les uns lui furent rede¬ 
vables de leur retour à la vertu, les autres de leurs progrès dans la 
perfection, d'autres de lumières et de grâces soudaines qui ont 
marqué les différentes phases de l'œuvre laborieuse de leur sanctifi¬ 
cation ; presque tous, en un mot, y ont puisé des ressources précieuses 
pour perfectionner ce que la grâce avait commencé en eux. 

Aussi avons-nous la confiance que les lecteurs chrétiens, qui 
ouvriront ces Vies des Saints dans l'espoir d'y trouver des modèles 
formés à l’école de Jésus-Christ, éprouveront à leur tour la salutaire 
influence que les saints ressentirent eux-mêmes en se nourrissant de3 
vertus de ceux qui les avaient précédés dans la carrière. Le titre nous 
dispense de dire longuement le but que l’on s'est proposé... Combien 
de personnes, même adonnées aux exercices de la piété, n’auraient 
pas le temps de faire tous les jours une lecture spirituelle un peu 
longue ! Combien d’autres la trouveraient peut-être fastidieuse ! La 
jeunesse des collèges et des institutions où Ton a conservé la louable 
habitude de lire chaque jour la vie du saint que l'Église honore en ce 
même jour, peut-elle consacrer des heures entières à ce pieux exer¬ 
cice, ou plutôt peut-elle y consacrer autre chose que quelques courts 
instants? Ces considérations, et d'autres que nous omettons, ont imposé 
la brièveté, sans nuire toutefois à l'instruction et à l’édification que 
l'on demande, avant tout, à un ouvrage de la nature de celui dont 
nous parlons. Ajoutons quelques mots sur le choix que l'on a fait 
parmi tous les saints que le martyrologe mentionne chaque jour de 
l'année. 

Nous vivons à une époque où la liturgie romaine remplace dans 
toutes les églises particulières les autres liturgies, et c'est là, il faut le 
dire, un spectacle digne de toute notre admiration, que de voir, au 
milieu de tous les éléments de dissolution qui bouleversent notre vieille 
Europe, l’Église catholique resserrer de plus en plus les liens de sa 
merveilleuse unité, même dans les points qui ne sont que discipli¬ 
naires. En cet état de choses, l'auteur a jugé opportun de suivre 
l'ordre et le choix du Bréviaire romain. Mais comme dans un bréviaire 
quelconque il y a des jours qu'on désigne sous le nom de fériés, c'est- 
à-dire où l'on ne fait l'office d'aucun saint, en ces jours, qui ne laissent 
pas d'être nombreux, l’auteur s'est souvenu que notre France aussi 
avait été une terre de saints, et il a présenté les actes des saints 
français, conciliant ainsi les tendances actuelles vers l'unité liturgique 
et la légitime satisfaction de notre amour pour la patrie et les ancêtres. 



— 134 — 


DE L’ESPRIT SAINT ET DU MIRACLE, spécialement des résurrec¬ 
tions de morts, des exorcismes, apparitions, translations, etc., etc.,par J.-E. de 
Mirvole (1). 1 vol. grand in-8° de xlvii-486 p., appendices et supplément, 
même format 178 p. — Prix: 9 fr. 50 ; pour les agrégés, 4 fr. 25. 

Nous avons le bonheur de nous adresser à des lecteurs tous chrétiens 
éclairés et pratiquants; aussi l’époque de la Pentecôte, en appelant 
spécialement leur attention sur la troisième personne de la sainte Tri¬ 
nité, les disposera à entendre rappeler avec satisfaction, en ce moment, 
le bel et savant ouvrage que son auteur a si justement intitulé : De l'Es¬ 
prit-Saint et du Miracle. 

La lutte de l’esprit du mal contre PEsprit-Saint (disions-nous à l’ap¬ 
parition de ce volume) a cessé d'être hypocrite et sourde. Ce ne sont 
plus les jésuites à robe longue ou à robe courte que l’on combat, mais 
c’est à Dieu même qu’on s’en prend ouvertement. Et, comme le miracle 
est la preuve par excellence que Dieu a choisie pour attester son exis¬ 
tence et son action sur le monde, c’est la réalité et la possibilité même 
du miracle qu'on s’attache à nier avec un ensemble et une persévé¬ 
rance trop peu remarqués aujourd’hui. 

Aussi cette semence d'incrédulité a-t-elle porté ses fruits, et M. Renan 
a pu proclamer son trop réel succès, en des termes <Tune justesse ef¬ 
frayante. Oui, il a malheureusement le droit de dire : « Nous ne ren¬ 
controns plus guère d’adversaires assez osés pour défendre le surna¬ 
turel autrement qu'en thèse générale et en fuyant .Le surnaturel 

est devenu comme une tache originelle dont on a honte; les personnes 
même les plus religieuses n’en veulent plus qu’un minimum ; on 
cherche à faire sa part aussi petite que possible; on le cache dans les 
recoins du passé, etc. » 

Honneur à l’écrivain de cœur et de talent qui vient de répondre à cet 
insolent défi par un livre dans lequel la réalité du miracle est établie 
avec toute la force de la démonstration scientifique la plus rigoureuse; 
non pas le miracle réduit à son minimum , mais le miracle dans ce qu’il 
a de plus éclatant et de plus prodigieux; non pas les miracles cachés 
dans les recoins du passé , mais le miracle éclatant dans chaque siècle de 
Père moderne et jusqu’à nos jours ! 

Grâce aux savantes recherches de M. de Mirville, les chrétiens 
ébranlés et timides pourront désormais avouer leur foi aux miracles et 

{1) Voir sur la couverture de Dette livraison l’indication de Vœuvre complète de 
H. de Mirville. 


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les défendre hardiment contre les railleries et les négations systéma¬ 
tiques des athées et des matérialistes. Nous comprenons parfaitement 
que ceux qui ont la charge spéciale de veiller sur le dépôt de la foi 
aient adressé à l'auteur de vifs témoignages de toutes leurs sym¬ 
pathies. Comment, en effet, ne pas reconnaître qu’affaiblir la croyance 
au miracle c’est ébranler la foi, puisque c’est sur le miracle qu’il a plu 
à la sagesse divine cfappuyer toute la révélation ! 

Ces lignes, que nous écrivions alors dans l’un des principaux organes 
du catholicisme en France, n’ont rien perdu de leur à-propos. Nos 
graves lecteurs, en voyant s’agiter dans les plus hautes sphères la ques¬ 
tion radicale du positivisme matérialiste et de la réaKté du surnaturel, 
comprendront qu’il importe, plus que jamais, de propager parmi les 
lecteurs sérieux l’œuvre magistrale deM. deMirvifle, qui écrase sous 
le poids de sa science et de son immense érudition tontes Jes arguties 
des apôtres du positivisme matérialiste et athée, dont nous analysions 
le catéchisme dans notre dernière livraison (page JA8)- 


ES SOUTE POUR LA GRANDE CHARTHEUSE, par SC Georges 

Romain. Une brochure in-32 de 64 p. — Prix: 50 c.; pour les agrégÉs, 25 c. 

L'auteur, homme d esprit (et qui connaît assez bien l'allemand pour 
traduire, avec le tact que Ion sait, l’opinion de M. de Bismarck sur le 

gouvernement le meilleur pour la France.cm profit de la Prusse), 

M. Georges Romain, se met en route pour la Grande-Chartreuse, avec ‘ 
m jeune homme, comme on en trouve partout, qui a bon coeur, assez 
d'esprit naturel, bachelier et même élève de l’École polytechnique ; 
mais, avec tout cela, parfaitement ignorant pour ce qui conoerne la 
question capitale,la vérité religieuse, sans laquelle on marche, bon 
gaé mal gré, ou socialisme, avec accompagnement de fusillades som¬ 
maires et de pétrole. La conversation est si spirituelle et çle si bon ton, x 
que chacun se trouvera heureux de pouvoir y assister en tiers, sinon 
en prenant place dansla voiture de ces messieurs^ du moins en ^coûtant, 
dans cette petitjp broabure, un écho fidèle d'an entretien aussi agréable 
.qu’instructif. 

Verni un échwfiHon ou plutôt xm fragment de la conversation dont 
on jouira, en se mettant,, avec Georges .Romain, en joute .pour Jp 
Chartreuse, 

De Ja question sociale, des propos smPInternationalq, Je socialisme, 



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etc., on arrive naturellement — et bientôt — au fond de la question : 
la morale, sa sanction, la notion du devoir. Dieu, ses rapports avec 
l’homme, le miracle enfin, preuve essentielle de la révélation.M. Georges 
Romain est parvenu à faire reconnaître par son interlocuteur l’existence 
du surnaturel. 

L'élève de l’École polytechnique en est à se poser cette question : 
Jésus-Christ est-il réellement Dieu?M. Georges Romain lui répond 
qu’il va bientôt le satisfaire sur ce point ; mais il lui fait observer 
d’abord le pas immense qui a déjà été fait, puisque l'on est tombé 
d’accord sur l'existence du surnaturel. « Vous avez raison, dit M. 
Georges Romain, car môme dans l’ordre physique et scientifique il y a 
des phénomènes que la raison ne peut sonder, de véritables mystères. 

— C’est vrai, répond son interlocateur, et ceci me rappelle un souvenir de l’École po¬ 
lytechnique. 

« Notre professeur de chimie mettait en contact de l’oxygène et de l’acide sulfureux ; 
ces deux corps rapprochés ne se fusionnaient pas, ils restaient séparés. Notre pro¬ 
fesseur prend de la mousse de platine, la présente à distance convenable, sans la mé¬ 
langer avec les deux corps précédents, et ceux-ci, comme sous l’influence d’une volonté 
supérieure et mystérieuse, se pénètrent et se fusionnent subitement. 

« Un de mes camarades, chrétien aussi ferme qu’instruit, demande l’expUcation de 
ce phénomène. 

— Il n’y en a pas, répond le chimiste ; nous appelons la puissance mystérieuse 
exercée par le corps qui fait opérer la fusion des deux autres par ta seule présence, la 
puissance catalytique. 

— Mais cette puissance catalytique, quelle est-elle? demande mon camarade. 

— Un mystère ; c'est inexplicable, répond le professeur. 

— Un mystère ! répond l’élève avec une vivacité que je ne m’expliquais pas d’abord, 
un mystère! Vous me disiez dernièrement, à propos du christianisme, qu’il était dérai¬ 
sonnable de les admettre, et voilà que vous en admettez d’un autre genre ! 

— C’est vrai, réplique le chimiste; j’ai dit que je rejetais le mystère et le surnaturel 
en général, en principe ; mais il y a des cas où l’on ne peut les nier, c’est lorqu’on les 
voit. Presque toutes les décompositions de l’eau oxygénée, par exemple, sont inexpli¬ 
cables, et pourtant je suis bien forcé d’y croire, puisque je les vois, comme je crois aux 
phénomènes magnétiques sans les comprendre. 

— Enfin, riposte mon camarade d’un air triomphant, vous admettez les mystère*, et 
vous les admettez dans l’ordre physique, où il semble que, par cela seul qu’on peut voir 
et toucher les choses de cet ordre, le mystère en devrait être surtout absent. A combien 
plus forte raison devriez-vous les admettre dans l’ordre moral et religieux, cù tant de 
choses échappent à notre raison bornée ! 

— Oui ; mais je vous le répète, reprit le professeur, si je crois à un mystère de la 
scienoe, c’est que je le vois ; mais je ne vois pas vos miracles. 

— Les premiers chrétiens ont fait comme vous, ils ont cru les miraoles dont ils ont été 
témoins, comme la résurrection de Lazare et surtout oelle de Jésus. Ne pouvant expli¬ 
quer oes phénomènes parles causes naturelles, ils les ont attribués à la puissance surna¬ 
turelle de Dieu. C’est la puissance catalytique des chrétiens. 

« Moi, venu dix-huit siècles après, je crois, non pas de ei*u, le fait de la resurreotion 
de Jésus-Christ ; je le crois sur le témoignage historique qui vous porte à croire à la 
bataille de Pharsale ou d’Àrbelles. C’est un fait, un fait mystérieux, c’est vrai ; mais 
oomment la religion n’aurait-elle pas ses mystères, quand la chimie a bien les siens. » 

Voilà le ton de la conversation qui vous fera, chers lecteurs, trouver 
bien courte la route qui mène nos causeurs à la Grande-Chartreuse. . 


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DU DRAPEAU BLANC ET DE LA PROCLAMATION DE CHAM¬ 
BORD. { vol. in-12 de 116 p.—Prix: 1 fr.; pour les agrégés, 75 c. 

Nous ne saurions mieux faire que de laisser la parole au respec¬ 
table auteur pour qu’il expose lui-même sa pensée : 

« Les manifestes des princes, dit-il, ont toujours éveillé l’attention 
publique ; l'opinion de tous se divise à leur égard, excitant tantôt les 
haines et les colères, tantôt l’indifférence et le mépris. Depuis 89 jus¬ 
qu’à nos jours, les manifestes princiers ont été nombreux ; mais tous, 
lorsqu’on les considère de près, ont été de vulgaires appels de préten¬ 
dants, à l’exception de ceux du comte de Chambord. Les plus odieux et 
les plus machiavéliques de tous, sont ceux de l’homme de Sedan. Cette 
odieuse figure de conspirateur et de parjure, ce César du bas empire 
était doué du don de mentir. Ses manifestes suent le mensonge et l’hy¬ 
pocrisie. Ou il mentait, ou il enveloppait tellement sa pensée que nul 
ne pouvait la saisir ni la comprendre. Tous ses discours, tous ses ma¬ 
nifestes cachent un mépris de l’homme incroyable ; on dirait que ce 
César trouvait que l’humanité n’était faite que pour être dupée. 

« Cet homme disparu, ses successeurs ont suivi de si belles tradi¬ 
tions. Pas une proclamation au peuple qui soit vraie, ou qui ne cache 
quelque faux-fuyant; pas un discours où la vérité apparaisse dans sa 
belle nudité. 

« Aussi l’opinion du public saturée de duperies, de mensonges, d’ha¬ 
biletés de langage, a-t-elle accueilli avec un étonnement d'admiration 
les nobles paroles du comte de Chambord. Enfin, s'est-on dit, voilà un 
prince qui ne ment pas. Ceux mêmes qui détestent son principe, ses 
ennemis de toute sorte, ont rendu hommage à sa loyauté; tous se sont 
inclinés avec respect devant lui et l'ont proclamé un honnête homme, 
titre rare aujourd’hui, surtout chez les princes qui se sont laissés en¬ 
vahir par l’esprit astucieux et byzantin du siècle. Ceux qui ont lu tous 
les discours et tous les manifestes passés éprouvent à la lecture de 
celui d’Henri V le même soulagement que ressent le voyageur qui, 
après avoir longtemps cheminé dans l’obscurité et le demi-jour, et dans 
des lieux où la poitrine est suffoquée, se trouve subitement transporté 
au grand jour et en plein soleil; sa poitrine se dilate, il respire avec 
bonheur, et la beauté du ciel, la pureté de l’air qu’il respire lui font 
trouver plus noires et plus étouffantes les téuèbres qu’il vient de 
quitter. C’est à analyser ce beau manifeste et à dissiper les préjugés 
qu’il soulève, que je destine cette brochure. Ai-je atteint mon but! Au 





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lecteur d'en juger. Dans tous les cas, j’ai accompli ce que je crois un 
devoir, car tout honnête homme doit la vérité à ses semblables, et si je 
ne réussis pas, ma récompense sera sans nul doute le suffrage de mon 
roi et l’honneur de l’entreprise. 


LA MONARCHIE LÉGITIME et la monarchie bâtarde, par M. Léon Glas. 
Une brochure in-12 de x-34 p.— Prix: 50 c.; pour les agrégés, 40 c. 

11 nous est difficile de rendre compte de cette brochure, sans entrer 
dans un ordre de questions qu’il ne nous est pas permis de discuter 
ici. Nous nous bornerons à deux citations, sans commentaires : elles 
suffiront pour faire parfaitement apprécier l’esprit et la valeur de l’ou¬ 
vrage. 

m Au moment où nous écrirons ces lignes, il nous tombe sons les yenx un article 
du Constitutionnel sur les exécutions qui viennent d'avoir lieu & Versailles. Nous y 
lisons : « La vue de ces trois cadavres étendus, le bruit de cette éclatante expiation, la 
première qui soit véritablement à la hauteur de la Commune, l’éclatante leçon que Dieu 
nous donne, rien ne peut supporter l’égoïsme froid et calculateur de certaines gens... 
Il leur importe peu d’outmger les lois divines et humaines, et d’enrichir le martyrologe 
do l’intrigue et de la rébellion; ils veulent assurer leur lendemain... Quelques-uns 
ayant toujours besoin de représailles, paraissent désireux de savoir sur qui, l’heure 
venue, ils devront frapper..... Leur haine s’égare; quelqu’un est responsable et doit 
attiser la revanche des criminels : ce sont oeux qui ont déchaîné la révolution sur notre 
pays. 

« Est-ce que Ferré fût jamais monté au pouvoir si M. Picard et M. Jules Favre ne 
lui en avaient frayé le chemin? Est-ce que si, au 4 septembre, l’autorité légale avait été 
respectée, on aurait vu les saturnales de mars? Ceux-là sont responsables qui ont ouvert 
Père de la révolte et qui ont réclamé pour leur coup de main l’assistance des incen¬ 
diaires, des meurtriers et dos pillards. 

« Tout est ici saisissant de vérité, excepté ces paroles : leur haine s’égare ; quelqu’un est 
responsable et doit attiser la revanche des criminels. Les criminels, s’ils persévèrent dam 
le crime, ne peuvent avoir de la haine pour ceux qui leur ont ouvert la voie ; ils u’éprour 
vent ce sentiment que oontreceux qui les ont contrariés dans leurs abominables desseins. 
Sont-ils repentants? Ils abhorrent leurs initiateurs, mais ils n’ont point de revanche à 
prendre contre eux ; tout au plus peuvent-ils demander qu’on les fasse asseoir sur 1# 
même banc d’accusés et qu’on les associe à leur punition. 

a Mais si tout, ces paroles exceptées, est vrai dans cet article, il n*y a pas toute la 
vérité. Elle est entière dan» le principe : Les responsables sont ceux qui ont déchaîné la 
Révolution sur notre pays , ceux qui ont ouvert Vire de la révolte. Elle ne l’est pas dans les 
oonséquenoes. En effet, pourquoi s’arrêter à M. Picard, à M. Favre, sans oublier 
Gambetta? Pourquoi ne pas remonter à 1830 qui a réellement ouvert Vire ds la révo^ 
lution? Serait-ce parce que le 4 septembre n’a pas respecté Vautorité légale? Mais 
1852, 1848, 1830 l’ont-ils respectée davantage? Comment tant d’inlri^uoi, de rtbellions 9 
devenues autorités légales, n’auraieut-elles pas inspiré à d’autres intrigues et à d’autre# 
rébellions le désir et l’espoir de devenir autorités légales à leur tour ? 

« Aussi, pauvres égarés, et vous surtout, partisans de la branche cadette, nous vous 
eu conjurons, ne cherches pas à recommencer dans l’espérance d’obtenir de meilleur# 
résultats. Vous n’avez pas d’hommes supérieurs à Louis-Philippe, à Casimir Périer, à 
MM. de Molé, Thiers et Guizot. 

* En auriez-vous, ils ne triompheraient pas de la logique des principes dont on peut 


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suspendre la marche, mais jamais l’arrêter, si on ne lui oppose faction des principes 
contraires. La France n’est pas née d’hier, elle n’est pas à constituer, et la forme de sa 
constitution se trouve dans l’autorité fixée par la loi salique. L’autorité appartient à 
fauteur, et c’est la race de nos rois, la plus belle qui existe, qui a formé notre patrie. 
Là est la pierre angulaire de la souveraineté qui dépend de Dieu seul : quiconque se 
heurtera contre cette pierre sera brisé! En 1830, vous avez pu méconnaître cette 
vérité avec une certaine bonne foi. Aujourd’hui vous seriez sans excuse, parce que 
vous fermeriez les yeux à cette lumière des faits qui vous montre les révolutions engen¬ 
drant toujours les révolutions et les filles naissant toujours pires que leurs mères, de 
sorte que celle qui s’anndnce n’aura pas d’autre caractère que la haine de tout bien. 
Voulez-vous l’empêcher de naître, car la Commune l’a conçue et l’Internationale la 
porte dans ses flancs ? Il faut revenir à Dieu et à . ce contrat national primitif, dont 
la violation a été si féoonde en malheurs. La prévision de Prudhon se réalise en oe 
moment. Toutes les questions ont été agitées, il ne reste qu’à choisir entre les extrêmes, 
athéisme ou catholicisme , anarchie on monarchie . Il n'y a pas de place pour le juste-milieu, 
entre l’ordre et le désordre. 


ÉPILOGUE DE L’ABT CHRÉTIEN, par M. A.-F. Rio. 2 vol. in-8°de 
400-476 p. — Prix: 15 fr. 

(Nous avons déjà dit un mot de cet ouvrage d après une autre Revue; 
mais nous avions promis notre appréciation personnelle : nous tenons 
aujourd’hui cet engagement). 

M. Rio vient de publier, en deux volumes, l’épilogue de son Art chré¬ 
tien, et cet épilogue est une autobiographie. Nul ne soupçonnera, je 
pense, l’éminent auteur de F Art chrétien d'avoir voulu rompre avec ces 
habitudes de rare modestie, qui s accordent si bien avec son talent et 
avec sa science ; s'il a écrit son histoire, c'est qu’il a eu des raisons. 
« L'origine des impressions et des idées dont j'entreprends ici la revue 
rétrospective, « dit-il dans son avant-propos , « n'est éclairée, pour moi 
comme pour les autres, que d une lumière crépusculaire qui ne permet 
pas de la tracer aussi distinctement que d'autres origines. Mais il est 
une autre tâche plus facile à remplir, c'est celle qui consiste à constater 
et à apprécier les influences qui ont fécondé ces premiers germes, et, 
sous ce rapport, je puis dire que j'ai été placé, pendant quarante années 
consécutives, dans les circonstances les plus merveilleusement excep¬ 
tionnelles. * M. Rio a voulu écrire l'histoire de ces influences, et c’est 
pour cela qu'il nous déroule les annales de sa vie. Il s'étudie lui-même, 
et il nous permet de prendre part à cette étude, où nous trouverons 
plaisir et profit. M. Rio a vécu dans l’intimité d'hommes éminents, chers 
à la religion, aux lettres, à la politique : Montalembert, son glorieux 
allié dans le grand œuvre de la restauration de l’art chrétien en France; 
Lamennais, dont nous suivons, dans le livre de M. Rio, les vicissitudes 
terminées, hélas! par une catastrophe ; Gerbet, âme élevée et tendre, 






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qui savait, à ses heures, transporter dans ses vers cette grâce mystique 
et ces beautés un peu voilées que nous admirons dans sa prose, et enfin 
le comte Auguste de la Ferronnays, ce diplomate au cœur si breton et à 
l’âme si française, qui était un juste et sur le nom duquel le Récit d'une 
sœur a fait descendre le rayon tardif d’une gloire durable. C’est sur¬ 
tout M. de la Ferronnays, trop négligé par la plupart des historiens de 
la Restauration, que M. Rio s est attaché à peindre; il a voulu sauver 
de l’oubli cette pure et pieuse mémoire. Des lettres de tous les hommes 
éminents que j’ai nommés, et d’autres encore, viennent ajouter au 
charme et à l’intérêt de ce livre ; la littérature épistolaire a ce vif attrait 
pour nous autres Français, qui comptons tant de chefs-d’œuvre en ce 
genre : qu’il est doux, par exemple, d’être admis en tiers dans les con¬ 
fidences d’un Montalembert, et de recueillir avec M. Rio les effusions 
de cette âme si chrétienne, si forte et si ardente! M. Rio a beaucoup 
voyagé; avec lui nous parcourons l’Italie, l’Allemagne, l’Angleterre; 
nous admirons des chefs-d’œuvre, nous nous asseyons à des foyers 
célèbres et nous arrivons à la fin du second volume avec un seul re¬ 
gret : le regret de voir sitôt finir un tel ouvrage. Il est vrai que l’on 
peut en recommencer la lecture. 


A QUOI SERT UN CHAPELET, suivi de Par-dessus les remparts . Le 
très-saint Sacrement sauvé par un frère des Ecoles chrétiennes. Souvenirs 
de la Commune de Paris 1871. i vol. in-12 de 142 p., avec une gravure.— 
Prix: 0 fr. 35 cent. 

Quoique très-juste, le titre de ce charmant opuscule ne fait peut-être 
pas assez pressentir tout l’attrait qu’offre la lecture de ses pages 
dignes de Silvio Pellico. Nous ne nous rappelons pas en effet, depuis 
l’apparition de ce livre si simple et si touchant,— prisons ,—avoir lu 
rien de plus suave et de plus dramatique tout ensemble. Il est évident 
que l’auteur n’a point visé à l’effet, et peut-être est-ce là son début 
littéraire. Comment se fait-il donc qu’il ait rencontré cette pureté et 
cette sublime simplicité de forme qu’on admire dans les mémoires du 
poète italien? Silvio Pellico était un littérateur éminent, et l’on com¬ 
prend chez lui cette perfection soutenue d’une simplicité de forme qui 
s’élève sans effort au sublime par la délicatesse ou l’élévation du sen¬ 
timent chrétien. Ici, il faut admettre que la même noblesse et la même 
délicatesse de pensée ont suffi pour élever ët maintenir l’auteur à ce 
ton soutenu qui est un mérite rare, même parmi les habiles dans l’art 


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d’écrire. Nos lecteurs sont assez gens de goût pour apprécier ce qu’il 
y a ici de surprenant, et autant que de longues années d'études litté¬ 
raires peuvent nous autoriser à le croire, notre jugement sera ratifié 
par eux. Un grand nombre d’opuscules sur les tristes jours de la 
Commune ont excité la curiosité; plusieurs ont obtenu un succès mérité; 
mais dans un grand nombre la forme littéraire laisse beaucoup à 
désirer. Dans le premier épisode de ce volume : A quoi sert un chapelet, 
l’esprit, le goût, le cœur sont également satisfaits. Peut-être est-il à 
regretter que cette petite perle ne soit pas publiée en une brochure 
séparée. Le récit qui complète le volume et qui a pour titre : Par¬ 
dessus les remparts , offre assurément une lecture intéressante, mais ce 
n’est plus le même parfum de délicatesse et de perfection de forme. 
Le dernier épisode, le Saint-Sacrement sauvé par un Frère , offre le 
sujet d’un tableau saisissant, que l’on devrait voir au salon de cette 
année : s’il n’est pas fait, nous espérons qu’un pinceau chrétien et 
habile, comme celui de M. Lafond, ne tardera pas à fixer sur la toile ce 
témoignage sublime de foi qui se détache au milieu des scènes horribles 
de la Commune; comme le pur rayon d’une étoile qu’on entrevoit pour 
un instant dans une éclaircie de nuages pendant une nuit orageuse (1). 

(1) Nous ne pouvons résister au désir de mettre immédiatement sous les jeux de nos 
lecteurs cette scène sublime. Un frère a déjà fait plusieurs tentatives pour entrer dans 
l’église, dont toutes les portes sont gardées : il sait que le Saint-Sacrement est resté 
dans le tabernacle et qu'on n’y a pas encore touché. Une porte donnant dans la classe, 
où tout à l’heure encore il se trouvait au milieu de ses enfants, permet d’entrer dans 
l'église. Mais une sentinelle placée dans la classe déserte, veille devant cette porte. 
Cependant, il semble au frère qu’une voix secrète l’encourage et il va tenter un nou¬ 
vel effort. Ici nous citerons textuellement les paroles de l’auteur du récit : « Avant 
même d’avoir pénétré dans la classe, le cher frère entend résonner le pas lourd du fac¬ 
tionnaire : la porte est toujours gardée, est-ce la peine de tenter quelque chose de ce 
côté ? 

— Qui sait ? Essayons toujours ; et, après une fervente invocation à la Reine des 
anges, il entre... 

A ce moment la sentinelle se retourne. 

Cest un brave homme du quartier, bien éloigné assurément de l’esprit du triste 
rôle qu’on lui fait jouer. 

— Comment ! mon ami, c’est vous qui êtes là ! lui dit le frère en s’approchant, 

— Comme vous le voyez, cher frère. 

— Quelle besogne pour un homme comme vous ! 

L’homme baisse la tête, et bas, si bas qu’à peine le frère peut l’entendre : 

— C’est horrible I murmure-t-il. — Le frère profite de cette émotion pour aborder 
rondement la question. 

— Voulez-vous me rendre un service ? 

— Oh ! vous n’en doutez pas.... Si... je le puis... 

— H s’agit de me laisser entrer dans l'église pour quelques secondes ; je voudrais 
prendre quelque chose dans le tabernacle. 

A ces paroles le factionnaire pâlit affreusement, et d’une voix saccadée, haletante : 

« Impossible 1 dit-il, la consigne est formelle ; je suis fusillé si je laisse entrer 
âme qui vive !... et surtout, comme ils le disent, un calotin. 


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La grandeur du sujet a bien inspiré Fauteur de ce récit, dont le style 
est généralement remarquable par sa convenance et sa simplicité. U 
est certain que rien n est plus propre à relever les esprits et les cœurs 
que de semblables lectures, et nous ne saurions trop engager nos 
respectables agrégés à répandre avec profusion cet excellent petit 
volume. 


MOIS DU SACBÉ-CŒUR. La dévotion des gens du monde, par M. l’abbé 
Auguste Càrion. i vol. in-32 de 248 p. — Prix : 60 cent.; pour nos agrégés 
40 cent.; sur beau papier: 1 fr. 25; pour nos agrégés, 80 cent. (Il reste très- 
peu d’exemplaires.) 

Nos respectables lecteurs n’ont pas oublié sans doute la remarquable 
étude publiée dans notre Revue, il y a deux ans, sur ce pieux travail, 
qui s’adresse réellement aux gens du monde par l’élégance du style et 
le tact avec lequel l’instruction et les conseils sont présentés. On sait 
que la touchante dédicace de ce livre à Pie IX a valu a l’auteur un 
bref très-flatteur du Saint-Père. Notre époque comprend que le refuge 
de la France est dans le cœur adorable du divin Sauveur; Paris vient 
de donner un témoignage éclatant du réveil de cette dévotion par excel¬ 
lence; nous estimons que le petit livre rappelé ici au souvenir de nos 
lecteurs, est très-propre à amener, même les plus tièdes, à embrasser 
les pieuses pratiques des serviteurs du cœur adorable de Notre- 
Seigneur. 


— Donnez-moi an moins un conseil : si je m'adressais an sergent du peste ? 

— Que Dieu vous en préserve ! c’est un outrancier forcené . Au premier mot que 
vous lui toucheriez de l’affaire, il ordonnerait à ses hommes de tirer sur vous. 

— Je consentirais volontiers à être fusillé, pourvu qu’on me laissât auparavant 
prendre ce que je veux. 

A ces mots, dits d’un ton ferme et convaincu, le factionnaire saisit la main du 
frère et, la serrant respectueusement dans la sienne: 

— Je sais, dit-il, ce que vous voulez prendre dans le tahernaole, cher frère, c'est 
le bon Dieu;... après tout, je suis chrétien, moi aussi, et je ne dois pas avoir peur plus 
que vous. Allez donc, mais faites vite ; il y va de notre vie à tous les deux, et j’ai.... 
des enfants ! 

Le frère s’élance, il vole au tabernacle, il s’empare du Saint-Sacrement déposé dans 
un corporal. Le garde national présente les armes à genoux, et, se relevant, il ac¬ 
compagne jusqu’à la porte de la rue Chariot le frère, qui se hâte d'aller mettre en 
sûreté dans sa communauté le Dieu de son cœur. 

A peine le tabernacle était-il vide de son hôte divin que les insurgés, tenus miracu¬ 
leusement éloignés pendant quelques instants par l’ange de rEuoharistie, venaient 
relever le factionnaire. 


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— 143 — 


CONNAISSANCE DU CŒUR DE NOTRE-SEIGNEUR JÉSUS-CHRIST 
PERCÉ DE DA LANCE ; ouvrage du R. P. Bonucct, de la Compagnie 
de Jésus, traduit du latin par Mgr Luquet, évêque d’Hésébon. 1 vol. grand 
in-i 8 (format charpentier). Prix : 3 fr. 75; pour les agrégés, t fr. 80. 

Tous les saints dans tous les siècles ont exprimé leur amour et 
leur vénération envers le cœur de Jésus. Depuis Marie, dont le cœur 
est le miroir le plus parfait du cœur de Jésus, jusqu’à la bienheureuse 
Marguerite-Marie Alacoque, que de merveilles sublimes, que de mi¬ 
racles de la grâce ! Le P. Bonucci rapporte la suite de ces commu¬ 
nications divines, il expose le sentiment des Pères sur le culte du 
cœur adorable de Jésus. C’est dans la seconde partie de son ouvrage 
que l'auteur raconte les merveilles de charité et d amour produites par 
le divin Cœur dans l’Eglise militante. 

Veut-on un court exemple de la manière de l’auteur et de la solidité 
de son ouvrage! Prenons une page au hasard. Le P. Bonucci veut 
nous montrer que nous pouvons facilement acquérir le cœur de Jésus, 
mais que nous le négligeons ; il dit : 

« Saint Augustin non» représente le oœnr de Jésus comme cœur du véritable amour, 
c'est-à-dire blessant et blessé. Quand il blesse, il so sert de flèches, ou plutôt il est une 
flèche choisie. Il est blessé par la lance qui le traverse en entier. Le contemplant ainsi, 
le grand docteur s’écrie; O pauvreté, tu es traversée de la lance! Tertuüien (t) nous 
explique le rapport qui existe entre cette blessure dn cœur de Jésus et sa pauvreté. 
Tournant en dérision les gentils, qui vendaient leurs dieux d’or pour payer les impôts, 
il disait ; Vous déshonorez les dieux publics, lorsque vous les vendez dans le lieu de 
rencan. — C'était alors l’usage déplacer sur une lance les objets qui se vendaient ainsi. 
Saint Augustin parlait donc en ce sens. Il voyait Jésus en croix, tellement appauvri 
par son amour, qu’il avait laissé son auguste Mère h saint Jean, le paradis au larron, 
ses vêtements aux soldats, le pardon aux pécheurs, son âme à son Père, son corps et 
son sang h l’Eglise son épouse. N’ayant plus rien à nous léguer après sa mort, il 
planta son cœur sur la lance du Boldat, afin que tous pussent l’acheter, s’ils le vou¬ 
laient. Dons son admiration, saint Augustin avait donc bien raison de dire : O pau¬ 
vreté, tu es traversée do la lance! O Gala tes insensés , écrivait saint Paul (moi je dirai : O 
pécheurs insensés!), qui vous a fasciné l’esprit (2)? Vous avez Jésus-Christ devant les 
yeux. Lui, qui était riche (8), est devenu si pauvre pour acquitter le prix de votre ré¬ 
demption, quil n'avait pas où reposer sa tête (4) et il ne lui reste que son cœur. 

« Il l’a mis pour ainsi dire à l'encan, sur la lance d’un soldat, afin que tous l’achètent 
à vil prix. Et pourtant, vous ignores ou vous méprisez tant d’amour et la facilité d’ac¬ 
quérir un semblable trésor ! Chrétiens ingrats, qu’attendez-vous ? Venez, achetez sans 
argent et sans aucun objet d'échange (5) le cœur du Seigneur Jésus. — Il ne nous de¬ 
mande pas de prix, dit saint Ambroise (6), celui qui, pour nous racheter, a donné son 
sang. — Il nous offre ce trésor, pourvu seulement que nous voulions le prendre. — 
Dieu regarde comme un grand prix notre seul désir; il a soif que nous ayons soif 
de lui. Il regarde oomme un bienfait que nous lui demandions quelque grâce ; il donne 


(1) Apol. } c. xih. —(2) Gai., iii, i. — (3) II. C’or.v in, 8. — (4) Luc, ix, SI. — 
(S) Isaïe, lv, i. — (6) Lib. de Joseph Patrice, vu. 



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avec plus de joie que le» autres ne reçoivent (1). — Bien plus, ajoute saint Pierre Chryso- 
logue, il s’attriste s’il manque quelqu’un pour recevoir. — Pourquoi doue, disons-nous 
avec Isaïe (2),dépenser le fruit de votre travail sans acquérir le pain qui peut vous rassa¬ 
sier ? Ecoutez-moi : prenez une nourriture saine , et votre âme sera inondée de délices. Ecoule z- 
moi, et vous allez vivre . 

« Pourquoi recherchez-vous avec tant de soins et tant de fatigues les vaines joies d’un 
siècle mauvais, qui ne saurait vous satisfaire ? Seul, seul le cœur de Jésus remplit 
l’Âme affamée de biens. Pourquoi le négligez-vous et achetez-vous si cher des choses 
aussi viles? Pourquoi méprisez-vous le cœur de Jésus, qui vous est offert ? Et pourquoi 
vendez-vous tout ce que vous avez afin d'acquérir les trésors de la terre, c’est-à-dire les liens 
de votre cœur ? Approchez-vous donc, et possédez le cœur de Jésus, notre Seigneur et 
notre Roi. — Très-facilement, c'est-à-dire en vous approchant seulement de lui, vous 
pourrez en jouir (3).— Venez, et votre âme se réjouira dans l'abondance , cos cœurs vivront 
du cœur de Jésus dans les siècles des siècles . Hâtez-vous et cherchez-le, tandis qu'on peut 
le trouver; je dis plus, lorsque ceux mêmes qui ne le cherchent pas le trouvent . Craignez 
qu’ensuite, le cherchant, vous ne le trouviez plus (4). Approchez de ce cœur élevé (5), c’est-à- 
dire de ce courant clair et doux d’une fontaine cachée aux yeux des hommes, dont 
les eaux n’ont pas d*origine, dont la profondeur ne peut se mesurer, dont la hauteur 
est sans terme, la largeur infinie, la pureté inviolable (6).— Hâtez-vous et achetez. » 

On voit dans cette seule page, prise à livre ouvert, comment Fau¬ 
teur sait fondre ensemble l'Écriture et les Pères, et donne quantité de 
pensées fortes et fécondes. C’est ainsi dans tout son ouvrage, indé¬ 
pendamment des merveilleuses et sublimes révélations qu’il cite et 
qui ont été accordées à tant de saints dans tous les temps. Aussi, 
comme tout, dans ce beau livre, est substantiel et rempli de célestes 
attraits! Il y a des lumières, de la chaleur, de la vie pour les âmes qui 
veulent avancer, se consoler, se fortifier, et s'établir dans la con¬ 
naissance et l’amour du cœur sacré du divin Sauveur. A chaque ligne, 
peut-on dire, on sent retentir cette parole pleine de douceur et de 
tendre et affectueux reproche en même temps, qu'entendit la bienheu¬ 
reuse Marguerite-Marie : Le voilà ce cœur qui a tant aimé les hommes ! 
On nous fait pénétrer dans ce sanctuaire à la suite des saints, et, 
par ce qu’on nous rapporte d’eux, il n’est pas possible que nous ne com¬ 
prenions point ce que Dieu veut surtout de nous. 

C’est à Rome que le R. P. Bonucci, zélé missionnaire, après 
s'être fortifié, au milieu des rudes travaux de l’apostolat par la médi¬ 
tation des douceurs et des richesses du cœur de Jésus, vint achever 
son œuvre, et qu’il publia le fruit de ses pieuses et saintes recherches 
sur ce cœur adorable. Et c’est à Rome aussi qu'un autre mis¬ 
sionnaire, non moins affamé que le P. Bonucci du salut des âmes, et, 
comme lui, terminant sa vie dans un laborieux et fécond repos, 


(1) S. Grégoire de Nazianzb, Orat. in S. Bapt. — (2) Isaïe, lv, 2, 3. — (3) S. Gré¬ 
goire de Nazianze, loc. dt. —(4) Isaïe, Lin, G; lv, 2. — Joan., vii, S4. — 
(S) Psolm . xliii, 7. — (6) S. Bernard. Serm . de Pas . Dom. 


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— 145 


s’applique à mettre cette œuvre, (écrite en latin) à la portée de tous en 
la traduisant en langue vulgaire. L'un acheva sa carrière d'apôtre et 
d’écrivain par la publication du meilleur livre, peut-être, que nous 
ayons sur le divin Cœur, et Mgr Luquet, écrivain aussi et apôtre zélé, 
mit la main à la même sainte œuvre, alors qu’il ne vivait plus que 
par son âme devant Dieu seul, aimant, souffrant, aspirant l’éternelle 
vie et le faisant descendre sur la terre par une continuelle et fervente 
prière. 


t. vu. 


10 


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* _ 



DEUXIÈME PARTIE 


REVUE 

DIS 

REVUES BIBLIOGRAPHIQUES ET LITTÉRAIRES 


POUVOIR ET LIBERTÉ, par Jean Loyseau. 4 vol. in-12 de 426 p. — 

Prix: 3 fr. 

C'est un travail solide et grave, véritablement philosophique et 
théologique, plein d’érudition comme de juste raisonnement. L'auteur 
ne nous avait point habitués encore à le rencontrer sur ce chemin : il y 
fait vraiment noble figure. Que son livre lui ait coûté vingt ans de 
réflexions, de recherches et de rédaction, ainsi qu'il nous l'apprend dans 
son avant-propos, il n’y a guère à s’en étonner : ces matières sont 
ardues |par elles-mêmes ; la conciliation exacte et sereine ds ces deux 
choses, pouvoir et liberté, difficile, et le siècle où nous vivons n'a rien 
fait pour la simplifier, l'éclaircir et la réaliser. 

L’auteur découvre ses principes, n'en dissimule pas un rayon, les 
appuie de l’opinion et de l'enseignement précis des savants et des 
sages, et marche devant lui jusqu’au bout, n'accordant rien, à rien ni à 
personne. A notre avis, il serre avec excès en bien des points : voilà 
bien le cabinet d'études solitaire ! 

La première partie du livre traite du libre arbitre. Que d’inepties 
répandues sur ce point ! * Quand on discourt avec les hommes de son 
temps, on est effrayé du vide épouvantable qui s'est fait dans les âmes. 
Ce ne sont plus seulement des lacunes qu'on rencontre, c'est le néant. 
Les conséquences ne font pas moins défaut que les principes, et 
les éléments les plus vulgaires de la pensée sont presque partout 
absents (p. 7). « On ne saurait donc trop exactement préciser les 
notions vraies, si l’on veut arriver à se faire comprendre. Or, pour 
l'auteur, la liberté n’est point une faculté proprement dite de l'âme 
humaine, mais simplement Vêlai d'une âme qui jouit de l'exercice de 
ses facultés. Il ne la confond point avec le libre arbitre, dont il fait, 
au contraire, une faculté maîtresse. 

Quant à l'autorité, elle tient à la nature même de Dieu et à sa 


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— 147 — 


volonté d’établir un ordre parmi ses créatures, pour se communiquer 
et s’unir à elles. Cet ordre, ou hiérarchie, consiste en ce que les 
créatures d’un degré inférieur reçoivent l'illumination et la charité par 
l’organe de celles qui leur sont immédiatement supérieures. Le libre 
arbitre, étant la puissance du bien, se soude ainsi essentiellement, 
naturellemnnt, à l’ordre divin, qui est le bien. La conciliation est donc 
ici toute facile. — On trouvera dans le livre de bien belles pages sur 
la noblesse et la grandeur de l’obéissance chrétienne, qui est, à vrai dire, 
la grandeur et la noblesse foncière de l’homme. « L’homme est soumis 
à l’homme en tant que canal et ministre de la volonté de Dieu (p. 185). » 
Si la société souffre, s'étiole et périt, c’est qu’elle abjure ou ne suit pas 
cette doctrine. 

La troisième partie a pour objet spécial l’accord de l’autorité et de la 
liberté dans une société ordonnée comme dans le for intérieur de la 
conscience. Les pauvretés de notre temps, filles de ses erreurs volon¬ 
taires, y sont vertement et spirituellement flagellées; la verve éclate 
et le fouet siffle. On ne peut mieux exposer et conspuer ces superbes’ 
misères, ni mettre plus authentiquement la main sur une plaie cachée. 

MARIE-CAROLINE D’AUTRICHE et la conquête du royaume de Naples 

en 4806, par M. Pierre C. Ulloa, duc de Lauria. 1 vol. in-8°de xii-386 p. 

— Prix : 5 fr. 

Voici un épisode des plus saisissants de l’épopée impériale dont nous 
avons été trop fascinés. Un héros doublé d'un fou, un Tartare doublé 
d’un Corse, c’est-à-dire un homme appelant la ruse, le mensonge, la 
perfidie au secours de la violence, voilà bien Napoléon tel qu’il se 
montre dans sa conduite avec les Bourbons d’Espagne et de Naples. Ij 
est le plus fort et il l'emporte au commencement ; mais il succombe 
quelquefois, même de son vivant, et, dans l’estime de la postérité, la 
victoire finale, l’honneur, reste soit au peuple, soit au prince vaincu : 
au peuple en Espagne, à la reine Marie-Caroline à Naples. Digne fille 
de Marie-Thérèse, digne sœur de Marie-Antoinette, Marie-Caroline, 
insultée par Napoléon, comme la reine de Prusse, reprend sous la 
plume de M. le duc de Lauria sa physionomie noble et passionnée, son 
énergie et sa séduction de reine et de femme. Pas de thèse ici, pas de 
déclamation : rien que des documents inédits, lettres et pièces diplo¬ 
matiques, rien qu’un récit calme et impassible comme l’histoire; et 
pourtant on frémit d’indignation contre le vainqueur, et de sympathie 
pour la victime. — Et pourquoi ce déchaînement de force et de four- 



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berie? Pour ce résultal éphémère de remplacer les Bourbons par 
Joseph et par Murat! pour faire aux représentants d’une dynastie nou¬ 
velle, aux vicaires d’une monarchie cosmopolite, des trônes qui ont 
croulé avec elle dans le sang et les ruines de la France! 

Encore une fois lisons des livres comme celui de M. le duc de 
Lauria, pour nous défaire à tout jamais de ce chauvinisme victoires et 
conquêtes qui finit par amener de si cruelles représailles! 


CONFÉRENCES ET LECTURES, par M. Augustin Cochin, membre de 
l'Institut. 2 e édition, i vol. in-12 de 430 p. — Prix: 3 fr. î>0. 

On se rappelle qu’en 1869 une loi fut promulguée qui autorisait à 
tenir des réunions publiques moyennant certaines conditions. De con¬ 
cert avec MM. Jules Favre, Jules Simon, Saint-Marc-Girardin, de 
Broglie, Laboulaye, Léon Say, Eugène Yung (quel singulier mé¬ 
lange!), M. Cochin se servit de la loi nouvelle pour ouvrir des confé¬ 
rences libres devant un nombreux public. Il était prédestiné à ce genre 
d’apostolat. Doué d’une activité très-grande et de beaucoup d’imagina¬ 
tion, homme d’action, de parole et de plume, il devait saisir l’occasion 
de réunir ses auditeurs sympathiques autour de sa tribune. Or, comme 
l’Amérique, l’Angleterre, et surtout la France, avaient ses affections, 
il se fit un devoir et un bonheur de les honorer. 

M. Cochin glorifie le président Lincoln dans sa première conférence ; 
c’est une ode où étincelle un fervent lyrisme que nulle réserve ne tem¬ 
père. De nos jours ce culte pour le franc-maçon Lincoln a pâli. Après 
Lincoln ce fut le tour du général Ulysse Grant, président actuel des 
Etats-Unis, et il félicite l’homme politique non moins que le straté- 
giste. — Des hauteurs de la politique américaine nous allons à Henri 
Longfellow, le poëte vraiment beau qui avait déjà rempli les deux 
mondes du bruit de ses succès. L’admiration de M. Cochin sait être 
neuve par d’heureux accents. — En contemplant à l’exposition de 1867 
l’Amérique du Labrador représentée par les témoins matériels de la vie 
des Esquimaux, M. Cochin décrit en géographe et raconte en historien 
ce qui concerne ces étranges peuplades. 

Pour l’Angleterre, à l’occasion d’un ouvrage de philosophie et d’his¬ 
toire naturelle publié en 1867 par le 4uc d’Argyll sous ce titre : le Règne 
de la loi; M. Cochin s’en sert comme d’une arme bien trempée contre 
ce naturaliste dévoyé qui toujours oppose des faits et que toujours 
les faits condamnent. — L’éloquent écrivain nous conduit ensuite dans 


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un village anglais, et il nous fait toucher du doigt ce mécanisme des 
institutions administratives si étranger à nos mœurs et dans lequel 
s'associent, avec tant de force, le jeu des activités libres et les in¬ 
fluences de la propriété territoriale. 

En France, M. Cochin, en nous parlant des souvenirs de famille re¬ 
cueillis si précieusement par Mme Craven, déroule ces récits et les com¬ 
mente avec une poésie qui saisit lame et ne faiblit jamais. Son talent 
et son cœur font couler à flots du même jet une éloquence sans art, qui 
attendrit d autant plus que l'auteur s'efface pour laisser voir dans leur 
intimité dès âmes supérieures, des types incontestables de la beauté 
morale.— Enfin, dans sa dernière lecture,l'auteur met en regard, dans 
un ingénieux tableau, les contrastes de 1806 et de 1870 sous le titre de 
la Reine Louise de Prusse, cette reine de malheureuse et courageuse 
mémoire dont le fils, le roi Guillaume, vient de prendre contre nous une 
revanche implacable. 

En général, ces conférences, si remarquables par le fini de la forme, 
par le mouvement et l'entrain de la pensée, ont plus d agrément que 
de substance. Il y a trop de complaisance dans les éloges à l’adresse 
dès ennemis de notre foi, et par suite une humble place est faite aux 
choses et aux personnages du catholicisme. 

(Pour les travaux ci-dessus, d'après la Bibliographie catholique .) 

LA CULTURE EN B1LLONS D’APRES LA MÉTHODE DE 

M. DECROMBECQUE, par Paul Blanchemain, professeur d’agriculture. 

I vol. in-18 de 167 p. avec figures dans le texte.—Prix: 1 fr. 25. 

M. Decrombecque est celui des concurrents qui remporta, à l'expo¬ 
sition universelle de 1867, la première des récompenses accordées à 
l’agriculture du monde entier. 

Sans doute les antécédents de sa brillante carrière pesèrent dans 
cette décision ; mais ce fut le système productif et économique de sa 
nouvelle culture en billons qui attira surtout les éloges et qui fixa 
l'attention du jury international. 

Plusieurs praticiens et agronomes demandèrent à M. Blanchemain 
d’écrire cette méthode, qu’il étudia sur place, dans l’exploitation de 
M. Decrombecque à Lens. 

C'est le résultat des renseignements reçus et des observations pra¬ 
tiques faites par lui-même, qu'il nous présente, dans ce volume, avec 
beaucoup de clarté, de conviction, et nous dirons même d’enthou¬ 
siasme. 


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— 150 — 


Cet ouvrage intéresse les agriculteurs, notamment ceux qui se 
livrent à la culture de la betterave; il leur suggérera de bonnes idées et 
pourra leur faire obtenir d’heureux résultats. Les réflexions fort sobres 
qui s’y glissent, sont propres à relever aux yeux des cultivateurs la 
noblesse de leur profession. 

JEAN DE NAMUR OU ENTRETIENS D’UN INSTITUTEUR AVEC 

SES ÉLÈVES, par Mlle Lilia Pichard. J vol. in-8° de 190 pages. — Prix: 

1 fr. 50. 

Cet ouvrage, couronné par la Société protectrice des animaux de 
Bruxelles, est le développement du programme suivant, mis au con¬ 
cours par cette Société : 

« Exposer, dans un langage simple et à la portée des jeunes intelli¬ 
gences, les préceptes de douceur et d’humanité dont s’inspirent les 
sociétés protectrices, et en particulier les soins que le respect des œuvres 
du Créateur et les principes de morale, commandent de donner aux 
animaux, ces utiles auxiliaires de l’homme. 

» Faire ressortir l’importance du rôle des animaux au profit de 
l’homme, et faire comprendre à l’enfance combien il est injuste et cruel 
de les maltraiter ou d’abuser de leurs forces. Démontrer que les mau¬ 
vais traitements abrègent leur existence, et que l’intérêt même de ceux 
qui les possèdent exige qu’ils soient traités avec douceur, afin d’en 
obtenir une plus grande somme de services. 

» Faire comprendre à l’enfance la nécessité de respecter les nichées 
et d’épargner les oiseaux, dont le concours est si utile aux agriculteurs ; 
leur enseigner enfin à ne se faire un plaisir de la souffrance d’aucun 
être créé. « 

Ce fond est agréablement encadré. 

Jean de Namur, maître d’école, fait faire à ses élèves une promenade 
à la campagne, et il profite de cette excursion pour leur donner les 
leçons et les exemples se rapportant aux sujets que nous venons d’in¬ 
diquer. 

La scène se passant en Belgique, il y a bien quelques détails de 
mœurs qui échapperont au lecteur français. Mais cet inconvénient n’a 
rien de sérieux, et il est largement compensé par l’avantage d’une cou¬ 
leur locale qui donne à des questions si souvent traitées, un certain 
cachet de nouveauté. 

Les Entretiens sont attrayants et empreints d’un esprit religieux. 


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Répandus parmi la jeunesse des campagnes, ils ne pourront qu’élever 
les âmes et inspirer de bons et nobles instincts. 

ZflA MAISON FORESTIÈRE, racontée aux enfants, par Mlle Mélanie Bou- 
rotte. 1 vol. in-18 de 154 p. — Prix: 2 fr. 

Mlle Mélanie Bourotte a été plusieurs fois couronnée, dans les 
concours, comme poète et écrivain. Ainsi que le dit le conseil général 
de la Creuse, (dans une délibération concluant à lui accorder un prix de 
cinq cents francs, pour l’ouvrage que nous avons sous les yeux), une de 
ses plus nobles préoccupations est de consacrer son talent à montrer 
aux populations qu’elles seront d’autant plus heureuses qu’elles s’atta¬ 
cheront davantage à l’agriculture et à l’amour de leur foyer domes¬ 
tique. 

La Maison forestière n’a pas la prétention d’être un cours, même fort 
abrégé, de sylviculture : ce livre s’adresse simplement aux enfants, 
pour leur inspirer l’amour des bois et leur faire entrevoir le rôle des 
forêts dans l’ensemble d’un pays et l’existence d’une nation. 

Ces notions forestières sont encadrées dans une narration simple et 
gracieuse. 

{Pour les trois ouvrages ci-dessus, d'après le Bulletin des publications 

populaires.) 

HISTOIRE DE SAINTE CATHERINE DE SIENNE ET DE LA 

PAPAUTÉ DE SON TEMPS, par le P. Capecelatro, traduit par 

Mme Elise Jàl, i vol. in-18.—Prix : 4 fr. 

Si l’histoire, au dire de Cicéron, est la maîtresse de la vie, la lumière 
des nations, le témoin des âges écoulés, c’est surtout l’histoire de 
l’Église, il faut le reconnaître, qui se présente à nous avec tous ces 
avantages. Pourquoi remarquons-nous dans les esprits tant de décou¬ 
ragement et de défaillances ? N’est-ce pas parce que, uniquement frappés 
de coups de tonnerre et des éclairs de l’orage qui passe, ils oublient que 
la sérénité n’est pas faite pour notre ciel, qu’elle n’y a jamais brillé 
que par intervalle, et que, comme toute autre constitution humaine, 
l’Église et la Papauté ont toujours été ballottées par toutes les tempêtes 
et menacées de tous les naufrages? Reste un seul espoir, c’est que 
l'esquif qui les porte ne doit point périr, fluctuai nec mergitur. 

Étudier l’histoire de lÉglise est donc aujourd’hui plus opportun que 
jamais. Mais parmi les diverses périodes de cette histoire, s’attacher 
de préférence’ à celles qui ont été le plus troublées, voilà qui relève 


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— Ll 2 — 


l’espérance et chasse le découragement. C est sous ce rapport que la vie 
de sainte Catherine de Sienne mérite d’être lue et méditée. 

Jusqu’alors les biographes de la vierge de Sienne, au nombre de 
quarante, s’étaient bornés à retracer ses vertus, à raconter ses miracles 
et à nous faire admirer la merveilleuse sainteté de son âme. Quant à 
ses actes en faveur de l’Église et aux rapports étroits qu’elle eut avec 
la Papauté dans ce terrible quatorzième siècle, époque de schisme, de 
guerres et d’infirmités de toutes sortes, nos historiens n’avaient pas 
paru s’en préoccuper. C’est précisément ce nouveau point de vue que 
le P. Capecelatro, membre éminent de l’Oratoire de Naples, vient de 
mettre en lumière pour l'instruction et le reconfort des âmes pusilla¬ 
nimes. Ce précieux livre, honoré d’une lettre fort élogieuse de M. le 
comte de Montalembert et traduit avec autant de fidélité que d’élé¬ 
gance par Mme Élise Jal, fait partie de la Bibliothèque dominicaine . 
Il se recommande donc à tous les lecteurs sérieux. 

- Oh ! Catherine de Sienne, disait Pie IX en baisant ses lettres 
nouvellement éditées, c’est elle qui a aimé les Papes ! Puisse la France 
lire ses lettres et s’instruire toujours à son école ! « 

ETUDE SUB JEAN BABT, son influence, son époque, par M. Adolphe 

Lebleu. 1 vol. 

L’auteur de cette étude, M. Adolphe Lebleu, s’est donné pour mis¬ 
sion de restituer à l’histoire la véritable figure de ce héros du Nord, 
altérée à plaisir par la légende et le roman. Quand on a lu ce travail, 
qui s’appuie sur les données de la meilleure critique, on en conclut que 
Jean Bart n’est pas le capitan rude et grossier que l'opinion se repré¬ 
sente, mais bien un homme de société et d’un grand caractère, que 
son influence sur la politique de son temps et sur la défense nationale 
s’est exercée bien plus encore par la hardiesse de ses conceptions que 
par sa bravoure proverbiale; enfin, que les sentiments religieux tenaient 
une grande place dans cette âme au milieu des tumultes et des orages 
de la vie. 

(Pour les ouvrages précédents, d'après la Semaine religieuse de Paris.) 

PRÉDICTION D’UN PROPHÈTE QUI N’EN EST PAS UN. Brochure 
in—18. — Prix : 30 c. 

Tel est le titre d’un petit opuscule qui porte pour épigraphe des 
mots latins dont voici le sens. Allons-nous aux ténèbres ou à la lumière , 


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— 153 — 


à la f mort ou à la vie? Ce qui se passe est*il le commencement de la fin 
ou le prélude d’un temps meilleur ? Graves questions qui ne peuvent que 
nous intéresser vivement et auxquelles, selon nous, il est très-sagement 
répondu. Les conclusions ne sont nullement tirées de prophéties plus 
ou moins authentiques et dont les termes sont susceptibles de plusieurs 
interprétations; elles résultent des faits que nous voyons journellement 
s’accomplir. Elles sont aussi très-consolantes et très-capables de sou¬ 
tenir notre courage au milieu des épreuves présentes. Nous recomman¬ 
dons vivement à nos lecteurs la propagation de cet opuscule. 

HISTOIRE DES ÉVÊQUES DE MARSEILLE, depuis saint Lazare jus¬ 
qu'à nos jours. Joli volume grand in-8° compacte. — Prix : 3 fr. 50. 

M. l’abbé Ant. Ricard vient de publier un recueil intéressant de 
notices sur les Évêques de Marseille qui se sont succédé, sur le siège 
de saint Lazare, depuis les premiers siècles de l’Eglise jusqu’à 
Mgr Place. Cette publication intéresse tous les diocèses de France, 
les évêques de Marseille ayant été mêlés, dans la suite des âges, à 
une foule d'événements généraux de l’histoire religieuse de notre 
patrie. Nous la recommandons avec empressement à tous les amis de 
nos antiquités chrétiennes et de notre histoire nationale. 

(Pour les ouvrages ci-dessus d’après la Revue du mande catholique .) 

DEVOIR DES CHRÉTIENS devant l’infaillibilité doctrinale du Pontife 
romain prononcée par la pratique et la tradition pertétuelle dans les temps 
apostoliques, et définie par le saint Concile œcuménique du Vatican, par 
M. l’abbé F.-L.-M. Màüpied, théologien au Concile, docteur en théologie, 
docteur es-sciences, ancien professeur à la Sorbonne, etc. 2 vol. in-8° de 
iv-514et 538 p.—Prix : 12 fr. 50. 

« 11 était nécessaire, écrit à l’auteur Mgr Filippi, évêque d’Aquila, 
l’une des lumières de l’épiscopat d’Italie, il était nécessaire que, comme 
la préparation de la science avait précédé la constitution sur l’infailli¬ 
bilité pontificale, ainsi pareillement la réflexion de la science l’eût 
suivie. Et vous avez excellemment répondu au besoin de la chose et des 
temps.Les preuves de la science théologique,que vous avez toutes réunies 
pour mettre en lumière et confirmer dans les esprits le dogme sanc¬ 
tionné de l'infaillibilité pontificale, constituent un vrai trésor, qui 
désormais devra faire partie de la bibliothèque de tout théologien. 
Vous avez voulu aussi joindre à l’œuvre du théologien l’œuvre du publi¬ 
ciste, en ajoutant les preuves de la science politique à celles de la 


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îôgle 



— 154 — 


science théologique; et, en mérité, il convenait qu’elles y fussent ajou¬ 
tées pour démontrer l’opportunité et les avantages futurs du grand 
acte conciliaire. Et en cela vous avez vraiment atteint le but. Il ne se 
passe presque pas de jour qu’on ne lise les plus dégoûtants outrages 
contre la définition de l’infaillibilité doctrinale du chef visible de la 
chrétienté, en accusant les Pères du Vatican d’avoir sanctionné la forme 
la plus absolue du despotisme, et en provoquant les gouvernements à 
se prémunir contre elle. Vous avez habilement retourné les armes 
contre les adversaires, en démontrant que la prérogative divine pro¬ 
clamée du vicaire de Jésus-Christ, du Père des chrétiens, est la plus 
solide garantie de la liberté des peuples ; parce que, comme vous l’avez 
noté en vrai théologien, elle ne consiste pas dans l’arbitraire personnel 
de faire et défaire toute chose, mais précisément dans une garantie de 
tout abus et de tout excès , que Dieu accorde à l’autorité de l’Église 
résumée et représentée par son chef suprême. » 

Nous ne pouvions avoir une meilleure et plus haute autorité pour 
louer et recommander le beau travail de M. l’abbé Maupied. Mgr Fi- 
lippi ne se borne pas à une simple approbation, dans laquelle on pour¬ 
rait voir un acte de pure courtoisie; il estime tellement cet ouvrage, 
qu’il en fait préparer en ce moment une traduction italienne dont nous 
avons sous les yeux le prospectus; cette traduction, faite sous les 
auspices des évêques d’Aquila et de Calvi (cet évêque faisait partie de 
la députation de fuie) par la prêtre Silvio Villoresi, paraîtra prochaine- 
nement. ( D'après la Bibliographie catholique.) 

VIE DE DUQUESNE, par un officier de marine. 1 vol. in-!2de 142 p., avec 
une gravure.— Prix : 0 fr. 75 c. 

Sur soixante-dix-huit ans qu’il vécut (1610-1688), Duquesne con¬ 
sacra soixante ans au service de la France.^Cette carrière, aussi longue 
que glorieuse, fournit de nombreux matériaux au biographe. 

Toutefois, à l’exception du premier chapitre, le travail que nous indi¬ 
quons ici est plutôt historique que biographique. 

L’auteur résume les principaux faits d’une lutte de trente ans contre 
l’Espagne et contre Ruyter, sans oublier le blocus de Scio, ni les bom¬ 
bardements d’Alger et de Gênes. 

L’histoire des origines de la marine militaire de la France sous 
Louis XIV et Colbert se résume en quelque sorte dans la biographie 
de l’illustre marin. 


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LES BIENFAITEURS DE L'HUMANITÉ. Sciences, arts, inventions, 
œuvres de charité, par C. Fallet. 1 vol. in-8° de 256 p., avec 2 gravures. 
— Prix : 3 fr. 

Recueil de courtes notices sur les personnages suivants : Guten¬ 
berg, Roger Bacon, Copernic, Galilée, Descartes, Newton, Pascal, 
Papin, James Watt, Georges Stephenson, Robert Fulton, Otto de 
Guérick, Benjamin Franklin, Galvani et Volta, les frères Montgolfier, 
Davy, Niepce et Daguerre, André Vésale et Jenner, Olivier de Serres, 
Adam de Craponne et Riquet, Jacquard, Bernard de Menthon, Las 
Casas, saint Vincent de PauJ, l’abbé de l'Épée et l’abbé Sicard, le 
baron Monthyon, Mme de Fougeret et Mme de Pastoret. 

Voici cependant de quelle manière l’auteur explique cette pensée : 
<t Nous avons voulu, dit-il, apprendre à nos lecteurs ce que les décou¬ 
vertes dont ils recueillent les fruits ont coûté de recherches et les 
animer au travail en leur montrant les résultats qu’il produit toujours, 
quand on s’y livre avec ardeur. — Après les noms des savants qui ont 
contribué par d'utiles découvertes au bien-être des populations, vien¬ 
dront ceux des hommes qui se sont dévoués au soulagement de l’hu¬ 
manité, afin que nos jeunes amis apprennent à confondre, dans un même 
sentiment de respect et d'admiration, les maîtres de la science et les 
héros de la charité. » 

Ces petites notices sont instructives, faciles à comprendre, et écrites 
dans un bon esprit. 

COURS ÉLÉMENTAIRE DE DROIT USUEL, par A. Baume, i vol. 
in-12 de 137 p. — Prix: 1 fr. 

Ce petit volume contient un résumé des codes civil et de commerce, 
où les principales matières sont seules exposées dans des termes moins 
scientifiques que ceux employés par le législateur et, par là même, 
facilement intelligibles pour tous les lecteurs. 

Celui qui possédera ce livre ne devra pas se croire en mesure de 
résoudre toutes les questions légales, mais il pourra se familiariser 
avec l’esprit de notre législation et se rendre compte assez exactement 
de ses devoirs dans les limites du cadre adopté par l'auteur. 

VOYAGE A LA COTE ORIENTALE D'AFRIQUE FENDANT 
L'ANNÉE 1866, par le R. P. Horker, missionnaire apostolique de la 
Congrégation du Saint-Esprit et du Saint-Cœur de Marie, supérieur de la 
mission de Zanzibar, i vol. in-12 de 267 p. — Prix : 3 fr. 

Quoique nous ayons déjà plusieurs voyages en Afrique, celui-ci 


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— 156 — 


réclame une place à part, en raison de son intérêt et de sa réelle va¬ 
leur. 

C’est un missionnaire qui parle, étudiant les hommes et les choses au 
point de vue de la foi. Louvrage est écrit dans un style facile, parfois 
vif et piquant. 

Le P. Horner a été chargé de fonder la mission de l’île de Zan¬ 
zibar et d’explorer les côtes de Zanguebar. Il a pénétré dans des tribus 
qui n'avaient jamais vu de blancs, et qui l’ont pris souvent pour un 
sorcier. Les mœurs des différentes peuplades, les unes nègres, les 
autres musulmanes, les unes douces et hospitalières, les autres cruelles 
et anthropophages, sont décrites d’une façon des plus intéressantes. 

Mgr Gaume a encore rehaussé, par des documents nouveaux sur 
l'Afrique, le récit du missionnaire. 

Ce livre, excellent, ne peut cependant être mis en toutes mains. A 
cause de certains détails de mœurs il convient seulement aux adultes. 
[Pour les quatre ouvrages ci-dessus, d’après le Bulletin des publications 

populaires.) 

LA CONJURATION ANTI-CHRÉTIENNE CONTRE L’AME DES 

ENFANTS, par M. l'abbé Justin Verniolles, chanoine honoraire de Tulle, 

curé de Beaulieu, ancien supérieur du petit séminaire de Servières. 1 vol. 

in-12 de vu-285p. 

Dans le livre de VEducation chrétienne (dont nous avons rendu 
compte le mois passé), le respectable auteur annonçait quelques pages 
sur les trames dirigées contre l ame des enfants. Il tient aujourd’hui 
sa promesse et complète ce dernier ouvrage. 

« Quand nous avons, dit-il, entrepris cette tâche, nous étions loin 
d’en mesurer l’étendue. Nos études, commencées depuis deux ans, peu¬ 
vent s’augmenter chaque jour du récit de toutes les vexations que les 
congrégations enseignantes ont à subir. Toutefois, il faut bien se 
borner : aux chrétiens qui gémissent des maux de l’Église, aux pères 
de famille jaloux de défendre la foi de leurs enfants, nous offrons ce 
modeste essai. D’autres viendront après nous et pourront continuer ce 
que nous avons à peine ébauché. 

Certains lecteurs nous accuseront peut-être de violence et d’injustice ; 
voici notre réponse. 

Nous citons dans cet écrit une centaine de textes et de documents 
qui prouvent un dessein formel et bien arrêté de priver les enfants 
d’une éducation chrétienne. Qu’on nous montre que ces textes sont faux 
et supposés nous sommes prêts à confesser notre erreur. Ce sont peut- 


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— 157 — 


être les conséquences que Ton repousse! Dans ce cas, c est une question 
de logique et de bon sens, et le lecteur impartial jugera. 

« Si Tindignationet la douleur ont donné parfois un accent particulier 
à nos plaintes,ceux qui savent le prix d’une âme, et qui connaissent la 
perversité des sophistes, se garderont bien de nous blâmer. Lorsque 
pendant de très-longues années on a vu de près les enfants, lorsqu'on 
a délicieusement senti, par son expérience, ce que les influences de la 
foi et delà piété peuvent faire de ces âmes neuves, candides, aisé¬ 
ment tournées vers le bien ; lorsque, d’autre part, on voit ce que des 
maîtres indifférents ou athées ont fait depuis un siècle de notre mal¬ 
heureux pay3, on est saisi de stupeur devant le crime épouvantable de 
ceux qui se sont exclusivement emparés de l'éducation de la jeunesse : 
oui, les crimes de Véducation française; c'est le titre d'un livre récemment 
publié par M. Laurentie. Après avoir lu les pages éloquentes de cet 
écrivain sur le sujet que nous traitons, nous aurions voulu garder le si¬ 
lence. Mais alors notre travail touchait à son terme ; nous l’avons 
achevé, heureux de voir notre thèse soutenue par une autorité si digne 
de respect. 

« Un autre motif nous a déterminé à poursuivre. Depuis quePieIX, 
notre glorieux et bien-aimé Père, est prisonnier dans son palais, il 
adresse souvent de courageuses paroles à ceux qui vont le visiter. Or, 
il parle presque toujours des dangers dont les maîtres pervers et les 
chaires de pestilence menacent les petits enfants; il conjure les mères 
chrétiennes de veiller sur ce précieux dépôt, et il exhorte vivement 
les pasteurs à redoubler d’efforts pour éloigner de la jeunesse un ensei¬ 
gnement corrupteur. 

« Dans un bref adressé naguère au fondateur d’une revue catholique* 
le Saint-Père rappelle que là est le grand péril du moment. 

« Les maux qui nous tourmentent et nous accablent, dit-il, dé- 
« coulent principalement du zèle opiniâtre, des efforts acharnés que 
« déploie l’impiété pour soustraire l’éducation de la jeunesse à la di- 
« rection et à la tutelle de l’Église. » (Bref du 15 février 1872 au 
R. P. d'Alzon, supérieur desaugustins de l’Assomption.) 

« Malgré notre obscurité et notre faiblesse, nous travaillons justement 
à démasquer ces embûches, à dénoncer ce zèle opiniâtre et ces complots 
de l’impiété. Trop heureux serions-nous si, en préservant quelques 
âmes de la contagion, nous pouvions apporter la moindre consolation 
au saint Pontife qui est présentement abreuvé de fiel et attaché sur un 
nouveau Calvaire ! » 


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La modestie de Fauteur se trompe sur la portée de son livre. Cet ou¬ 
vrage sera une consolation pour le Saint-Père, car il est écrit avec assez 
de conviction, de compétence et de talent pour contribuer à déjouer la 
trame infernale et la conjuration antichrétienne contre l’âme des 
enfants. 

LE CŒUR DE JÉSUS ET NOS SOUFFRANCES ou le mois du Sacré- 
Cœur honoré par trente exercices en rapport avec nos maux présents et 
les secours dont nous avons besoin . (Avec approbation de M« r l'évêque du 
Mans). 1871. Paris. — Prix: 0 fr. 50. 

Nous avons déjà plusieurs mois du Sacré-Cœur, entre lesque 
distingue tout particulièrement celui de M. labbé Carion , écrit avec 
autant de talent que de piété. Celui que nous annonçons se recom¬ 
mande par l’à-propos. Les terribles événements que nous venons de tra¬ 
verser, ceux qui nous menacent encore fournissent à l’auteur des con¬ 
sidérations pleines d’à-propos sur le besoin que nous avons de nous 
attacher à ce souverain remède ; car le Cœur divin, bien compris et 
imité, peut seul nous délivrer. C'est donc à l’étude de ce Cœur adorable, 
étude puisée dans les principaux actes de la vie du Rédempteur, que 
l’écrivain consacre la première partie de son œuvre, en appliquant au 
temps présent les sentiments que suggérait au Cœur divin cette pres¬ 
cience qui embrassait les fautes et les douleurs de tous les siècles. 

De l’étude l’auteur passe à l’imitation du Cœur de Jésus, imitation 
toujours appliquée aux circonstances actuelles. La troisième partie 
nous introduit dans l’intimité, si je puis m’exprimer ainsi, de ce foyer 
de charité, par le moyen de la prière, des visites au Saint-Sacrement, 
de la communion fréquente, de la dévotion à Marie et à Joseph , etci 
Quelques prières complètent ce petit volume, dédié à saint Joseph. 

Outre son actualité, ce livre a le mérite d’être aussi bien écrit que 
profondément senti. On voit qu’il est l’œuvre d’une personne versée 
dans les voies spirituelles ; mais sa simplicité le met à portée des esprits 
les moins mystiques. Aucun ne mérite plus de devenir populaire; son 
modeste format et son prix modique le rendent accessible à tous. 

J.-M. de Gaulle. 

MOIS DE MARIE, à l'usage de l’enfance et delà jeunesse, par le R. P. Coste, 
ancien supérieur du petit séminaire de Valognes (Manche). 1 vol. in-12 de 
322 p. — Prix: 2 fr. (an profit d’une bonne œuvre). 

Ce Mois de Marie n’est autre chose qu’une gerbe de pieux récits. Le 
P. Coste en a fait une petite vie de Marie, cette mère aimante de la 


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— 159 — 


jeunesse... Cet ouvrage a reçu plusieurs approbations épiscopales ; voici 
l'une des lettres adressées à l'auteur par plusieurs ecclésiastiques émi¬ 
nents, au sujet de son livre. — « Monsieur le supérieur, j’ai reçu l’ex¬ 
cellent livre que vous avez bien voulu m’adresser ; je vous en remercie 
à tous les points de vue. Nous avions déjà sur le mois de Marie de 
nombreux sujets de méditations, mais à mon avis aucun n’est ni plus 
pieux ni plus solide ni surtout plus pratique. Vous verrez qu’il sera 
goûté par tous, et surtout par la jeunesse à laquelle vous l’avez dédié. 

« Croulebois, vicaire général de Coutance. * 

ÉPISODES DU TEMPS DE LA COMMUNE DE PABISen 1871. 1 vol. 
in-8° de 187 p., avec une gravure. — Prix: 0 ir. 70. 

Ce volume, comme son titre l’indique, offre plusieurs récits détachés 
qui tous se rapportent aux viciscitudes qu’éprouvèrent, pendant cette 
terrible époque, plusieurs maisons des Frères des Ecoles chrétiennes. 

Sous le titre un peu étrange Entre chien et loup, dont on ne saisit pas 
l’-à-propos, on lit un récit des inconcevables vexations suscitées aux 
Frères, infirmiers volontaires des ambulances de la Presse, vexations 
qui se terminent par l’envahissement de la maison-mère de l’Institut 
rue Oudinot et l’expulsion des Frères, même des Frères gravement 
malades et presque mourants. C’est M. Cotte, ancien directeur des am¬ 
bulances de la Presse, qui raconte lui-même, avec pièces à l’appui, ses 
rapports avec la Commune, et comment il dut, avec le docteur Demar- 
quay, s’emparer de force de la maison,pour ne pas la laisser prendre par 
la Commune. U y a dans les dialogues et dans la correspondance de 
M.Cottedes révélations curieuses,qui servent à donner encore une idée 
plus juste de la bassesse à laquelle on était descendu dans ces jours 
mauvais. Pour les autres épisodes, les titres font comprendre de quoi 
il s’agit, et c’est pourquoi nous les citons ici : Communauté de Notre- 
Dame de Lorette rue des Martyrs, 68; — Communauté du faubourg 
Saint-Martin, n° 150; — les écoles de Belleville; — les arrestations 
sous le règne de la Commune; — Notes sur l’arrestation, la détention 
et la délivrance des Frères et des employés de Saint-Nicolas d’Issy ; — 
Saint-Joseph des Allemands; — La Villette; — Communauté des 
Frères de Bercy. 




— 100 — 


BULLETIN SOMMAIRE 

DES 

PUBLICATIONS RÉCENTES 


André Hofer, et l’insurrection du 
Tyrol en 1809, par le R. P. Clair, de la 
compagnie de Jésus 1 vol. in-12 de 250 
pages. Prix : 2 fr. 

Armée du Rhin (1’) depuis le 12 août 
jusqu’au 29 octobre 1870 par le maréchal 
Bazaine. 1 vol. in-8° de 312 pages, orné de 
11 cartes. Prix : 8 fr. 

Armistice et la Commune (1*). 1 beau 
vol. in*8° accompagné d’un atlas de cartes 
stratégiques indiquant les positions de 
l’armée et de la garde nationale à chacun 
des combats et les mouvements progressifs 
des troupes dans Paris, par le général 
Yinoy. Prix : 10 fr. 

Aventures d’une colonie d’émigrantb 
en Amérique, par Gerstaker, traduites de 
l’allemand par Xavier Marmier. 1 vol. in- 
12. Prix : 1 fr. 25 

Commentaires de César, suivis du 
précis des guerres de Jules César, par Na¬ 
poléon. 2 vol. in-12 Prix : 4 fr. 

Comme on servait autrefois, le 
Marquis de Montcalm, le maréchal de 
Bellefonds, par le P. Sommervogel. 1 vol. 
in-12 de 250 pages. Prix : 2 fr. 

Dépositions des témoins de l’en¬ 
quête PARLEMENTAIRE SUR LE 18 MAR8 
classées dans un nouvel ordre et résumées 
par Ilenri Ameline, 3 vol. in-12. Prix : 9 fr. 

Dictionnaire encyclopédique d’a¬ 
necdotes, modernes, anciennes, françaises 
et étrangères, par Edmond Guérard. 2 vol. 
petit in-8°. Prix : 8 fr. 

Enfants (les), éducation, instruction, par 
Champflcury. 1 vol. in-12. Prix : 3 fr. 50. 

Eschyle, Xenophon et Virgile, étu¬ 
des philosophiques et littéraires, par V. 
Couraavaux, professeur à la faculté de 
Douai. 1 vol. in-8°. Prix : 5 fr. 

Essai sur l’Allemagne à propos do la 
gnerre 1870-1871, par un ancien diplo¬ 
mate. 1 vol. in-18. Prix : 1 fr. 

Etapes d’un chasseur a pied (les), 
souvenirs de la l eTe armée de la Loire, par 
Léon Géraud. 1 vol. in-12. Prix : 3 fr. 

Généalogie de la maison de Bourbon 
de 1256 à 1871, par L. Dussieux 2« m « édi¬ 
tion. 1 vol. in-8° de 260 pages. Prix : G fr. 


Globe illustré (le), géographie gé¬ 
nérale à l usage des écoles et des familles, 
par E. Cortambert. 1 vol. in-4° cartonné, 
orné de nombreuses gravures intercalées 
dans le texte et accompagné de 16 cartes 
tirées en couleur. Prix : 4 fr. 

Histoire générale de la guerre 
de 1870-1871, par L. Dussieux. 1 vol. in-12 
de 292 pages. Prix : 2 fr. 

Histoire d’une femme, par Louis 
Enault 1 vol. in-12 de 472 pages. Prix : 3 fr. 

Insurrection du 18 mars(I’), extraits 
des dépositions recueillies par la commis¬ 
sion d’onquête, classés, discutés et résumés 
par Edmond Villetard. 1 vol. in-12. 

Prix : 3 fr. 50 

Marine d’aujourd’hui (la), par le vice- 
amiral Jurien de la Gravière. 1 vol. in-12. 

Prix : 3 fr. 50. 

Mes héritages, par Mlle Zénaïdo Fleu¬ 
riot. 1 vol. in-12 de 272 pages. Prix: 2 fr. 

Missionnaire catholique en Angle¬ 
terre (un) sous le règne d’Élisabeth, par 
le K. P. Forbes, de la compagnie de Jésus. 
1 vol. in-12 de 211 pages. Prix : 2 fr. 50 

Rabagas, comédie en cinq actes, par 
Victorien Sardou. 1 vol. in-18. Prix : 2 fr. 

Rues de Paris (les), biographies, por¬ 
traits et légendes, par Bathild Bouniol, 3 
vol. in-12 d’ensemble 1324 pages. Prix : 9 fr. 

S. Jean Chrysostome et l’impéra¬ 
trice Eudoxib, par Amédée Thierry. 1 
fort vol. in-8°. Prix : 8 fr. 

SOUVENIR8 DE MA JEUNES8E au temps 
de la Restauration par le comte L. de Carné, 
do l’Académie française. I vol. in 8° de 
383 pages. Prix : 6 fr. 

Traité élémentaire de chimie or¬ 
ganique, par Berthelot, professeur au Col¬ 
lège de France. 1 vol. in-8°. Prix : 13 fr. 

Un séjour en France de 1792 à 1795, 
par H. Taine. 1 vol. in-12 de 305 pages 
1 Prix : 3 fr. 50. 

Voyage de l’Atlantique au Paci¬ 
fique, traduit de l’anglais par Belin de 
Launay. 1 vol. in-12 contenant 2 cartes. 

Prix : 1 fr. 25 


Le Gérant , F. WATTEL1ER 


PARIS. — IMPRIMERIE JULES LE GLEBE, BUE CASSETTE, 29. 


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Tome VII. 


— e. 


•loin 1898. 


REVUE 

BIBLIOGRAPHIQUE ET LITTÉRAIRE 


A. MO» RESPECTABLES AGRÉGÉS. 

Selon la promesse que nous avons faite dans notre dernière 
livraison, nous plaçons sous vos yeux, et nous soumettons à votre 
appréciation, la note qui nous a été adressée au sujet de la fonda¬ 
tion immédiate d'une école des beaux-arts dirigée dans un esprit 
franchement chrétien. Nous croyons savoir que l’auteur, avant 
de nous envoyer la note qu’on va lire, avait exprimé sa pensée 
devant plusieurs personnes compétentes, et que l’on s’occupe d’en 
venir à la pratique le plus tôt possible. Nous sommes bien certains 
que tous nos honorables agrégés hâteront de leurs vœux, et faci¬ 
literont par leur concours la réalisation d’un projet si noble et si 
pieux. 

<c 11 est peut-être surprenant qu’on ne se soit pas demandé 
« pourquoi, généralement, tous les hommes qui ont fait leurs hu- 
« inanités ontun goût assez sûr pour juger les œuvres littéraires, 
« tandis que la plupart avouent très-ingénument leur incom- 
« pétence absolue pour apprécier les productions de l’art. Qui 
« de nous n’a entendu répéter cent fois, devant un tableau ou 
« une statue, la phrase stéréotypée : Je ne m'y connais pas? 

« Pour peu qu’on y réfléchisse, la cause de cette incapacité 
« parait manifeste ; tous ont acquis le tact littéraire par l'étude 
a raisonnée, par la lecture analysée des modèles, dans la littéra- 
« ture ancienne comme dans les chefs-d’œuvre de notre littéra¬ 
le ture nationale. 

« En appliquant la même méthode pour l’enseignement des 
« beaux-arts, on arriverait au môme résultat j il y aurait toujours 
« peu d’artistes de grand talent, comme il y a peu de littérateurs 
« distingués, mais toute la classe lettrée aurait acquis le goût rai- 
« sonné nécessaire pour juger sainement la valeur artistique 
« d’une œuvre quelconque. Comme pour l’art religieux que nous 

T. VII. il 



152 


« avons spécialement en vu§,..£on développement dépend princi- 
« paiement du bon goût; Uu clergé; il suffirait d’établir dans 
« chaque école ecclésiastique, dans les séminaires petits et 
« grands,tun coursclassique.d’eslhétique,, pour, faire acquérir aux 
« élèves, par l’étude analytique de plusieurs mrodèles excellents, 
« le sentiment et la science du beau artistique. 

« Et qu’on ne se récrie pas sur la difficulté, l’impossibilité de 
« doter chaque école ecclésiastique d’un petit musée de chefs- 
« d’œuvre JDe interne que, .pour le fond des beautés littéraires, 
« on peut les apprécier souvent dans une bonne traduction, il 
ti serait aussi possible d'exercer le goût des élèves par l’étude 
xi raisonnée de bonnes copies de'tàbleaux de mérite/et de plâtres 
a'bien exécutés d’après les meilleures statues ou bas-ureliëfs; la 
« gravure souvent suffirait, surtout pour l’étude de la composi- 
« tion et de l’expression. 

« Quant à l’exaCtitufte archéologique, il existe d’excellents ou- 
<c vrages, peut-être trop coûteux, mais d’après lesquels il serait 
« facile de rédiger des manuels sérieux et suffisamment corn¬ 
et plets. Dès que cétte pensée serait admise, il deviendrait néces- 
« saire de créer une école dont les élèves les plus capables, sous 
<c la direction de peintres chrétiens, comme par exemple M. La¬ 
ïc fond etM. Savinien Petit, de sculpteurs comme M. Bonnassieux, 
« de graveurs comme M. Guzman, etc., exécuteraient des copies 
« reproduisant assez fidèlement le mérite de l’œuvre originale 
« pour servir de thème aux leçons d’esthétique. 

«‘Enfin, pour donner avec la théorie générale le souffle de 
« l’inspiration à cette école de jeunes artistes chrétiens, il fau¬ 
te drait leur faire suivre les leçons d’un professeur éminent, dont 
« la voix éloquente les initierait à la -sublime poésie de l’art 
« chrétien, avec l’autorité de science et d’élévation de pensée d’un 
« digne émule de M. fiio, dont l’admirable livre a ému toute 
« l’Europej à l'exception peüt-être de la France. 

« Il n'est point de diocèse où l’on ne trouve quélques chrétiens 
« assez éclairés et assez amis de l’art pour fournir, ou du moins 
« organiser, les moyens de réaliser la somme relativement mo- 
« dique qui suffirait à l’acquisition de bonnes copies et de plâtres 
« soignés, nécessaires pour l’enseignement. 

« Çes acquisitions tourneraient au profit de cette Ecole libre 
"« qui uurait, par ses seules garanties d ? art et de acUome ja*- 


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— 163 — 

« «fcéologiqiie, le privilège de fournir d’abord 1» séminaires 
« pour leurs nwséesd’rniseignement, et ensuite les églises doet le 
« bon goût exclurait les produis informes et ridicules du <*>«- 
« anerce des «articles de sainteté. 

« En résumé, ce projet mesure la fondation, le succès ut la iteafo 
« d'une Ecole des beaux-arts sous l'inspiration chrétienne. » 


L’apparition merveilleuse des croix sur les vitres en Allemagne 
est un fait que la presse la plus matérialiste n’ose nier. Toilà donc 
le surnaturel qui s’impose, bon gré mal gré, à notre siècle In¬ 
croyant. Ceux qui ne l’avaient pas encore assez apprécié, com¬ 
prendront que notre œuvre a rendu un service important en pu¬ 
bliant et en faisant connaître le savant ouvrage de M. deMirville 
des Esprits et de leurs manifestations., cette véritable encyclopé¬ 
die du merveilleux et du surnaturel à tous les Ages et cbéztous 
les peuples. Les esprits légers qui, sans réflexion, dédaignaient 
d étudier les faits surnaturels, les regardant comme des légendes 
sans valeur historique, seront forcés de reconnaître leur réalité 
et par conséquent l’obligation pour tout homme sensé de les 
étudier avant d’en parler. 


PREMIÈRE PARTIE 


OUVRAGES ÉDITÉS PAR NOUS OU DONT NOUS AVONS ACCEPTÉ 
LA PROPAGATION SPÉCIALE. 

V«WS SAINT TOA19ÇOB XAVIER, DŒ LA «ODOPAfiNIE M 
JÉSUS, «aÿôtte des Jades et du ia,pon, par le P. Bouuouas, de la même 

'{3KÎ**; * 522 *■ “'" e ^ “ 

ü fff ^’ êtce P 38 iautile de ^Weler d’abord les litres recoin- 
mandables de l’auteur de cet excellent ouvrage. Dominique Bouhours. 

bltératow distingué, naquit à Paris ,en 162a II entra au noviciat des 
Jésuites à 1 âge de seize &os. 

Après avoir professé les humanités à Paris, il ensqgua la nbéto- 



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rique à Tours. Plus tard, il fut chargé de l’éducation des jeunes 
princes de Longueville, et ensuite de celle du marquis de Seignelay, 
fils de Colbert. Il mourut à Paris l’an 1702. 

Cet écrivain éminent publia, entre autres ouvrages, la vie de saint 
François-Xavier, de la compagnie de Jésus, apôtre des Indes et du 
Japon. Le roi Louis XIV daigna en accepter la dédicace. 

Dans ce grand siècle on n’écrivait pas à la légère, surtout quand 
on avait à soutenir, comme le Père Bouhours, l’honneur de son nom 
et la réputation d’un ordre illustre, non-seulement par son zèle apos¬ 
tolique, mais aussi par la place qu’il avait su conquérir dans la ré¬ 
publique des lettres, comme l’on disait alors. Voici en quels termes 
l’élégant et docte écrivain expliquait les moyens qu'il avait pris pour 
assurer à son livre le mérite le plus important, l’exactitude historique. 
Les mémoires sur lesquels j’ai travaillé, dit-il, m’ont fourni tout ce 
que je pouvais souhaiter pour la perfection de mon ouvrage, en ce qui 
regarde la vérité et les ornements de l’histoire ; car, sans parler, de 
Turselin et d'Orlandin, j’ai lu exactement Lucena et Bartoli. Le pre¬ 
mier a écrit en portugais, et son livre a pour titre : Historia da vida 
do Padre Francisco de Xavier , e do que fizeram na India os Religiosos 
de Companhia de Jesu. Il dit qu’il a eu entre les mains les copies 
authentiques des informations qui furent faites par l’ordre de Jean III, 
roi de Portugal, sur les actions du bienheureux père Xavier, et les 
originaux de plusieurs lettres écrites des Indes sur le même sujet, 
lesquelles se gardent encore aujourd’hui dans les archives du collège 
de Coïmbre. Pour Bartoli, si connu par ses ouvrages, et qui est un 
des meilleurs écrivains d’Italie, il a tiré des archives de la maison 
professe de Rome, et des actes de la canonisation, ce qu’il dit du 
saint dans la première partie de l'histoire de la compagnie de Jésus 
intitulée Y Asie. 

« Quoique ces deux historiens aient ramassé, en quelque façon, tout 
ce qui se peut dire sur saint François-Xavier, je n’ai pas laissé de 
voir ce que les autres en ont écrit, et j’ai lu principalement le livre 
de Nieremberg , intitulé Claros Varones ; Y Histoire des Indes , de 
Maffée, et celle de Jarric; Y Histoire ecclésiastique du Japon , de So- 
lier; l’Histoire castillane des missions que les Pères de la compagnie 
de Jésus ont faites en l’Inde orientale et au royaume de la Chine 
et du Japon, composée par Louis de Guzman ; et enfin l’Histoire por¬ 
tugaise des voyages de Fernand Mendez Pinto. 

« Mais, comme saint François-Xavier a écrit lui-même une partie 


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des choses qui lui sont arrivées aux Indes et au Japon, je me suis fort 
attaché à ses lettres, et j’en ai tiré des lumières qui ne m’ont pas peu 
servi à éclaircir la vérité. Ces lettres m’ont fourni aussi de quoi 
rendre la narration plus animée et plus touchante, en faisant quel¬ 
quefois parler le saint et mêlant ses sentiments avec ses actions. 

u J’avais presque achevé mon ouvrage lorsque j’ai reçu d’Italie et 
d’Espagne deux vies de saint François-Xavier, que je n’avais point 
encore vues : l’une fort nouvelle, écrite en italien par le Père Massei ; 
l'autre, plus ancienne, écrite en espagnol par le Père François Garcia. 
Je n*ai guère trouvé dans ces deux livres que ce que j’avais remarqué 
ailleurs ; mais j’ai pris beaucoup de plaisir à les lire,tant ils sont écrits 
correctement et poliment, chacun en sa langue. « 

On est si habitué à entendre exalter les progrès de notre siècle et 
surtout sa supériorité pour la critique historique, que beaucoup de 
lecteurs se tiennent en garde contre la trop facile crédulité des his¬ 
toriens des siècles précédents. Pour combattre ce préjugé, nous cite¬ 
rons encore le - Père Bouhours : ;on verra que, de son temps, on hési¬ 
tait à admettre le merveilleux, et qu’un auteur de son mérite ne pré¬ 
sentait que des faits soumis préalablement au contrôle d’une critique 
éclairée et rigoureuse. 

« Je craindrais qu’une vie aussi extraordinaire que celle-ci ne cho¬ 
quât un peu les esprits profanes, si la réputation de saint François 
Xavier n’était bien établie dans le monde, et que ses miracles n’eus¬ 
sent toutes les marques des véritables miracles, comme a très-bien 
remarqué l'auteur qui en a fait le recueil. La mission du saint les 
autorise d'abord ; car, étant envoyé de Dieu pour convertir les infi¬ 
dèles, il était nécessaire que la foi fût plantée dans l’Orient par les 
mêmes voies qu’elle l’avait été dans toute la terre au commencement 
de l’Église. 

« D’ailleurs, jamais miracles n'ont été examinés avec plus de soin 
ni plus juridiquement que ceux-là. Ce ne sont point des miracles faits 
en secret, et qu'on doive croire sur la parole de deux ou trois per¬ 
sonnes intéressées ou qui peuvent être surprises ; ce sont d’ordinaire 
des faits publics, reconnus de toute une ville, de tout un royaume, 
et qui ont pour témoins des peuples entiers, la plupart idolâtres ou 
mahométans. Plusieurs de ses miracles ont duré longtemps, et il a 
été aisé aux personnes incrédules de s'en éclaircir. Tous ont eu des 
suites qui en rendent la vérité incontestable, telles que sont les con¬ 
versions des royaumes et des rois les plus ennemis du christianisme. 


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îâf ferveur acfaiiuMe de» netivm chrétiens, et ta constance héroïque 
des martyrs : mais sien peut-être ne confirme davantage tes miracles 
dé* saint Xavier "que sa sainte vie, qvi a eu quelque chose de plus 
merveilleux que ses miracles même*; iL fallait,, ce semble, qu’un 
homme qui vivait comme lui, fit ce que tes autres hommes ne ta* 
soient point; et que, s'abandonnant tout à Dieu par une entière' con¬ 
fiance dans tes occasions tes {dus pérfflewe*, Dieu lui abonéontat, en 
quelque façon, sa toute-puissance pour te bien des âmes. 

Mate ces sentiments ne sont pas seulement des catholiques; tes lrf- 
telique» mêmes révèrent Xavier ; et Baldeus parte de lui en ces termes, 
dans son Histoire des Indes: * Si la religion de Xavier convenait avec 
la nôtre, nous le devrions estimer et honorer comme un autre saint Paul. 
Toutefois, nonobstant cette différence de religion, son zèle, sa vigilance 
et la sainteté de ses meurs doivent exciter tous les gens de bien à ne 
point faire l'œuvre de Dieu négligemment; car les dons que Xavier 
avait reçus pour exercer k charge de ministre et d'ambassadeur de 
Jésus-Christ, étaient si éminents, que mon esprit a'est pas capable de 
les exprimer. Si je considère la patience et la douceur avec lesquelles il a 
présenté aux grands et aux petits tes eaux saintes et vives de l'Évan¬ 
gile, si je regarde le courage avec lequel il a souffert le9 injures et les 
affronts, je suis contraint de m'écrier avec l'Apôtre : Qui est capable 
comme fui de ces choses merveilleuses t » 

Baldeus finît l'éloge (te saint par une apostrophe au saint même; 
PKt à Dieu, dit-il, qu'ayant été ce que vous aveu été, vous fussiez ou 
vous eussiez été des nôtres l 

Richard H&klVit, aussi protestant de ptas ministre e» Angleterre, 
loue Xavier sans aucune restriction (1). « Sancian, dit-il, est une îte 
dans les confins de la Chine, et proche le port de Canton, fameuse par 
la mort de François-Xavier, ce digne ouvrier évangélique, et ce divin 
maître des Indiens en ce qui concerne la religion, qui,, après de grands 
travaux, après plusieurs injures et des croix infinies souffertes avec 
beaucoup de patience et <fe joie, mourut dans une cabane 9ur une mon¬ 
tagne déserte, le 2 décembre de Pannée 1552, dépourvu de toutes les 
commodités de ce monde, mais comblé de toutes sortes dé bénédictions 
spirituelles, ayant fait connaître 1 auparavant Jésaa-Christ à plusieurs 
milliers dte ces Orientaux. Les histoires modernes des Indes sont rem¬ 


it ) Les principales navigations , voyages, trafics et découvertes de Ta nation anglaise par terre 
et par mer , et*. Deuxième' parti* chi second volume. 


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plies* des. excellentes vertus, et. des. œuvres, miraculeuses, de ce.saint, 
homme..»» 

M. Tavernier, qui» a. touteJa.probité que 1.on. peut avoir hors deJa*. 
vraie, religion ^enchérit sur ces. deux instoinss, et parle comme un catho- 
lique(l),. « Saint.ErançoisXayier, ditril, finiten.calieu.sa.missiouavec^ 
sa vie, après avoir établi laioichrétienme avec des progrès, admirables, 
dans tous les, lieux où. il. avait passé, non-rseulement par. son zèle, 
mais aussi par son exemple.et.par la.sainteté de .ses. mœurs. 

**- Il.na.jamais été dans la Chine; néanmoins il y a beaucoup d’appa.- 
rence. que le. christianisme qu'iL ayait établi dans l'île de. Niphon 
s’étendit dans les pays voisins*.et sa multiplia par les soins de ce saint 
homme, que Ton peulnommer à juste titre le saint Paul et le véritable 
apôtre des Indes..»* 

Nous espérons que nos respectables agrégés nous sauront gré d’avoir 
mis à leur disposition, pour un prix si modiqpe,.une belle édition dîun 
livre que son format et Jes gravures qpi l’embellissent permettent.de 
donner en cadeau^après en avoir réservé un .exemplaire pour sa biblio¬ 
thèque. Il importe.de combattre le naturalisme,.le matérialisme,.qpi 
de nos jours empoisonnent l’air par des ouvrages de la valeur de celui 
que nous offrons à nos lecteurs : la perfection de la forme, le charme du 
style font goûter les bonnes, et solides pensées que suggère le fond 
même du livre : c’est donc un des meilleurs ouvrages de propagande 
que nous sommes heureux d’inscrire, dans notre catalogue. 


FASTES ET LÉGENDES DU SAINT-SA CK E ME NT , dèpuis son insti¬ 
tution jusqu’à nos jours, par J J-Mi ms Gàüllc, précédés d’un* exposé'dit 
dogme de l'Eucharistie, par M. Auguste Carion, prêtre, avec approbation dé, 
Mgr l’évêque d’Arras. 1 vol. in-12 de 468 p, — Prix : 3 fr. ; pour les agré¬ 
gés : i fr. 60. 

Il y a deux parties dans cet ouvrage. La première est le plus lucide 
traité qui existe peut-être sur le dogme, si consolant d& l'Eucharistie* 
Écrit dans un style clair et précis, ce traité répond à, toutes ^objec¬ 
tions des gens du monde, plus ou moins infectés des sophismes de l'hé¬ 
résie; et la lecture, facile même pour ceux qui sont étrangers aux études 
théologiques, satisfait pleinement la raison, si la foi avait besoin dè 
son secours. 

La seconde partie est une autre consolation donnée au cœur du fidèlè 
en même temps qu'un attrait pour les esprits sceptiques que ce9 ré- 

(!) «Recueil .deipln&ieurs relations: et traités singuliers et curieux. 


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cits, émouvants toujours, et souvent appuyés de témoignages irrécu¬ 
sables, peuvent porter à réfléchir et à examiner plus sérieusement le 
dogme qu'ils rejettent avec une si téméraire liberté. 

On sera bien étonné de voir au nombre des témoins qui déposent en 
faveur de la présence réelle et des miracles contemporains opérés par 
le Saint-Sacrement, Luther et Voltaire lui-même. 

Les deux pièces historiques que cite à ce propos l'auteur sont in¬ 
contestables. Mais qu’est-ce qu'une contradiction de plus chez les 
apôtres de l'erreur et du mensonge? C est un aveu semblable à celui 
que l'exorciste arrache à l'esprit des ténèbres lui-même, lorsqu'il le 
force à confesser la divinité de Jésus-Christ. De nos jours pas plus 
qu'au temps de la vie du Sauveur sur la terre, ce ne sont pas les mi¬ 
racles qui manquent à l’homme pour croire à ce qui apparaît obscur à 
son infirme raison ; c'est un cœur simple et droit. 

Le livre que nous analysons peut faire beaucoup de bien, même à 
ceux qui ferment les yeux à la lumière. Il saisit vivement l’imagina¬ 
tion, il se fait lire, et il est bien difficile de ne pas être ému en lisant 
tant de faits sérieusement attestés comme historiquement vrais et qui 
laissent loin derrière eux les plus merveilleuses fictions de l'esprit 
humain. 

Nous ne ferons aucune citation, parce qu'il faudrait tout citer dans 
les soixante-huit récits qui composent cet intéressant recueil. 

C'est un beau monument élevé au Saint-Sacrement, et le respectable 
auteur a commencé à trouver sa récompense dans l'approbation d’un 
savant et pieux prélat, ainsi que dans plusieurs lettres de félicitations 
que lui ont adressées des ecclésiastiques distingués. Il n'est point 
douteux que de nombreux lecteurs n'y viennent bientôt ajouter leurs 
suffrages. 


UNE SOLUTION AUX QUESTIONS SOCIALES, par le vicomte d’Ax- 
thenaise. 1 vol. in-8° de 91 p. — Prix : 2 fr. net pour les agrégés : 0 fr. 50. 

Félix qui poluit rerum cognoscere causas , s'écriait le poète latin. En 
effet c'est la base de toute science. En politique, comme en médecine, 
si vous voulez guérir le mal, il faut d’abord en rechercher les causes. 
Nous ne saurions donc trop applaudir aux courageuses investigations 
auxquelles tant de belles intelligences se livrent depuis quelque 
temps pour découvrir l'origine de notre malaise social et politique. 
Notre joie redouble quand nous rencontrons ces recherches de vérité 


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parmi les jeunes gens qui appartiennent aux classes supérieures de la 
société, et qui, loin de croire qu’ils sont nés pour consommer dans de 
stériles loisirs les fruits de la terre, se souviennent que, dans notre 
patrie surtout, noblesse oblige. 

Ainsi pense, ainsi se comporte M. le vicomte d’Anthenaise. Il suffit 
de reproduire les titres des chapitres de sa substantielle brochure pour 
prouver qu’il n’a laissé sans étude ni sans examen aucune des quës* 
tions que le sphynx révolutionnaire pose comme autant de menaçants 
problèmes aux modernes générations. 

Il traduit d'abord à la barre de la raison les doctrines insensées qui 
se résument dans le programme athée, immoral et destructeur de toute 
société, de Y Internationale. C’est le dernier mot ou les conséquences 
logiques de l’idée révolutionnaire. — Pourquoi ne traiterions-nous pas 
la bourgeoisie comme elle a traité la noblesse? disent les apôtres du 
prolétariat. — La bourgeoisie n’a rien voulu supporter au-dessus d’elle, 
nous ne voulons pas supporter quelle nous domine plus longtemps. 
Elle a dit qu’on ne pouvait pas hériter des vertus et des titras de ses 
aïeux; nous disons qu’on ne doit pas hériter davantage du capital de 
ses parents. Elle a supprimé la hiérarchie, nous voulons achever son 
œuvre en supprimant la famille, etc. Qu’est-ce que peut répondre la 
bourgeoisie révolutionnaire à ces implacables logiciens ? 11 n’y a qu’un 
remède, c’est celui qu’indiquait saint Remy au fier Sicambre dont il fai¬ 
sait courber la tête sous l’onde régénératrice : Brûle ce que tu as adoré , 
adore ce que tu as brûlé. En somme, il faut rebâtir l’édifice social qu’on 
a commencé à démolir en 89. Partant de ces données, l’auteur passe 
en revue toutes les questions à l’ordre du jour, pour nous servir du 
langage parlementaire : la famille , la propriété, le suffrage universel , 
la centralisation y les pim imposés , les/emmes,les mineurs , les sociétés 
civiles , commerciales , religieuses . Ce que devrait être la commune , Z’ar- 
rondissement, le département, la province , VÈtat. 

En d’autres termes, il esquisse le programme d’un vaste ouvrage 
qui demanderait de longues méditations et plusieurs volumes. 

Mais ce programme lui-même, il est bon de l’avoir tracé, et meilleur 
encore de l’avoir publié. C’est un thème où toutes les questions brû¬ 
lantes de notre époque sont posées, et où l’auteur a même indiqué les 
jalons de la route par laquelle il est peut-être possible à la société de 
sortir du labyrinthe révolutionnaire. 

Les bornes et la nature de cette revue ne nous permettent pas 
d’entrer dans la discussion ; nous devons donc nous arrêter à cette 


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analyse,en recommandant à.noa lecteurs.de faire leur profit duxrLde. 
Garde à vous!.jeté par M.Je.vicomtediAnthenaise, et de méditer sur. 
la, solution qu’il propose, ,en. cherchant les. moyens de la; mettre: en. 
pratique. 


DES; MORTS'HÉROÏQUES'pendànt lit guerre de 1870-1871 et pendant lin 
Gommune, par G. IliCLNOT. tvoL in-8? omé d’une gnmire de !viit-222 pi — 
Prix, 1 fr.,50.. 

SOUVENIRS DES AMRUL ANGES,, par. A.. S. de DoKcourt. 1 voL iar8° 
orné d’une gravure, de xu-232 p. — Prix : 1 fr. 50. 

SOUVENIRS D'UN OTAGE DE LA COMMUNE, par un frère des Écoles 
chrétiennes. 1 vol. in-12, orné d’une gravure de 108 p. — Prix: 0 fr. 50. 

MA SORTIE DE. MAZAS, par Joseph de Margal. 1 vol. in-12 de 144 p. 
orné d'une gravure. — Prix : 0 fr. 60: 

L’histoire se compose de deux éléments^ les actes officiels conservés 
dans.les archives publiques, et les témoignages écrits de ceux qui ont. 
pris part aux événements contemporains. Il est donc intéressant de 
recueillir ces témoignages au fur et à mesure qu’ils se produisent 
C’est, à ce titre que nous signalons encore aujourd’hui à l’attention de 
nos lecteurs les brochures dont nous venons d'écrire les titres. 

Le premier de ces livres est dû à laplumede.M;.Danlnoy. Son but 
est indiqué dans l’introduction..D’un bout du monde à l’autre on disait : 

« Les Français ne croient plus qu’aux jouissances du luxe, au bien- 
être, et aux corruptions d'une civilisation matérialiste... 

« La France a.rejeté Dieu...DieurejetteralaFrance...Mais voici que 
du sein de nos désastres se fait entendre une sublime protestation ; ce 
sont nos morts qui parlent; sous la main sacrilège qui vient dépouiller 
les victimes comme sous la main pieuse qui cherche, dans un faible 
battement de cœur une étincelle qui permette de ranimer les sources 
de la vie, un même fait se présenter une croix, une médaille reposent 
presqpe toujours sur ces braves poitrines. Ainsi s’élève de.ces sillons 
sanglants un cri unanime Nous, sommes tombés en invoquant le 
Dieu; de nos pères, la Dieu qpi a toujours protégé la France et qui la 
sauverai » 

Le,cadre de. hauteur embrasse tous lea épisodes de cette terrible 
année d’expiation et toutes les conditions? de la société, française qui y 
ont apporté leur tribut d’héroïsme en ;face de l.’étranger envahisseur, de 
la pairie, et aussi de vant cet autre ennemi encore plus flétrissant dont 
L’infâme ligue, de l’Internationale avait, fait une. horde de, bourreaux 


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parricides eneangteariant et déshonorant te sein» maternel eneopetwàt 
meurtri des coups» desPnweiens. Ce m'esA pas seakmenâ le dévoue- 
ment da1/auasônier, de la sœur decharüiéy du frète de te doctrine chré¬ 
tienne qn’ïk noua montre partout* sur tes. champs de bataille» aux an*- 
hvbnees ou. dns tes prisons des nouveaux septembriseurs, c'est toute 
te société française, depuis Kécolier ete Saint-Nicolas que F obus des 
Prussiens vieat frapper sur sa couche; innocente, jusqu'à ce martyr de 
notre brave année qui» après avoir sauvé te Louvre; des fuaœojra des 
«ouveaux vandales, meurt brûlé vif par les pétreleurs. 

Quelle' éloquente réponse aux déclamations de nos libres penseurs 
que ces morts croyants de tout âge r de- tout rang qui environnent 
encore d'une auréole de gloire les désastres et les ignorâmes que leurs 
calomniateurs et leurs bourreaux ont accumulées sur notre- infortunée 
France. 

Tandis que ces masses grossières, élevées» dans le matérialisme 
athée»fuyaient comme de vils troupeaux devant le Prussien triomphant, 
qui sauvait l'honneur dis drapeau français ; qui combattait un contre 
dix? qui mourait pour te patrie, comme on savait combattre et mourir 
pour elle dans les siècles passés? — Des chrétiens, soldats ou chefs, 
prêtres et laïques» hommes et femmes, paysan ou gentilhomme. Le 
livre de M. C.. Daainoy est un précieux recueil de faits que noua con¬ 
naissons déjà pour 1a plupart* mais qui, dispersé» dans les journaux ou 
des lettres particnlàèrasv sont utilement réunis, dans cet intéressant 
volume* Nous voudrions faire quelques citations.. Écoutez comment 
meurt un de ces gentilshommes si ridiculisés par la basse envie de 
nos égalitaires. 

* M. de l’Épinay Saint-Luc, capitaine d es mobiles de Maine- 
et-Loire, est atteint d'un, éclat dobus au côté droit; il voit la mort ap¬ 
procher, il se fait porter à cent mètEes pim loin pour se confesser et 
communier. Avant de recevoir son. Dieu» il fait approcher ses hommes : 
m Mes amis, leur dit-il,, je vous, ai appris à combattre, je veux vous 
- apprendre comment oruaeurt en chrétien, »» et, d’une voix ferme encore; 

Portez aunes....Présentez... armes.... Genou terre !... » Après avoir 
reçu son Dieu,M. de L’Épinay ajoute: « Adieu, mes amis, en>avant» au 
« feu ! » Puis il attend la mort avec calme» priant. Dieu, de bénir sa 
mère et ses six enfants*. » 

A chaque défaite vient ainsi se placer un acte ou un cri d'héroïsme. 
Après le combat de Reischofien », un chasseur à pied* morne,, désespéré 
d'avoir survécu à ses eompagpous* d'armes, s'étonne qu'on songe à 


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panser sa blessure: - Mille vies comme la mienne, s’écrie-t-il en 
- pleurant, ne valent pas un pas de l'ennemi en France. » 

Au bombardement de Strasbourg, un étudiant en médecine, 
M. Corneber, a les deux jambes fracassées par un obus sur le rem¬ 
part où il pansait les blessés. Ses camarades l'environnent. « Mon âme 
avant tout! s’écrie-t-il, et il appelle l’aumônier. Après s’être confessé, 
il demande avec ingénuité au bon prêtre : « Croyez-vous que Dieu me 
pardonne? * Ainsi la foi, que le matérialisme s’efforce d’étouffer surtout 
dans nos écoles, se réveille forte et naïve sur nos champs de bataille, 
comme aux anciens jours où le Dieu de Tolbiac, de Bouvines et de De- 
nain aimait tant à se montrer bon Français . 

Et à ce propos citons le mot d'un autre brave de cette guerre dou¬ 
loureuse, qui, prenant soin de communier avant chaque combat, s'é¬ 
criait : - N’ayez pas peur de me voir reculer; je porte avec moi le Dieu 
« qui ne capitule jamais. » 

Disons-le avec consolation, la foi ni l'héroïsme du soldat français 
n’ont pas quitté notre malheureuse patrie, et concluons par le mot de 

François I er : « Tout et perdu... fors l’honneur.» qui avec cette foi 

sauvera tout. 

Nous ouvrons le second livre que nous venons d’inscrire en haut de 
cet article, Souvenirs des ambulances , et nous y voyons exprimée en 
d'autres termes la même consolante espérance: « Si la guerre de 
« 1870-1871, et l’insurrection plus désastreuse encore qui l’a suivie, 

« ont mis en lumière bien des défaillances, bien des crimes ; si la 
« corruption qui, depuis quelques années, s’est étendue à toutes les 
« classes de la société nous est apparue dans toute sa laideur, avec son 
•« cortège d’égoïsme et de lâcheté, ces mêmes événements ont donné 
« lieu à des actes de dévouement et d'héroïsme qui, chez aucun autre 
« peuple, ne se seraient produits dans une égale proportion. Dieu, en 
« nous infligeant la plus cruelle épreuve qui puisse atteindre une 
« nation, nous a donné le moyen d’affirmer que l'esprit de foi et de 
« charité est plus fort chez nous que le plus grand des malheurs, de 
« telle sorte que cette guerre, sans victoire pour nos armes, ajoutera 
« cependant des pages magnifiques à nos annales. » 

Le service de santé revendiquera une large part dans ces pages 
glorieuses, et dans ce service ou chacun a fait son devoir , le clergé, les 
religieux de tout ordre, les frères des Écoles chrétiennes en particulier, 
ont conquis une place d'honneur. C’est là un triomphe pour la France 
chrétienne, une réponse éloquente de la religion aux attaques dont 


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elle est l'objet depuis un siècle, un gage de victoire prochaine. 

Nous ne pourrons reproduire ici tous ces actes sublimes d'un dévoue¬ 
ment qui surpasse peut-être encore celui d'un soldat sur le champ de 
bataille. Mais nous ne résisterons pas au plaisir de détacher de cet in¬ 
téressant recueil une page où l'énergie du bon exemple, non moins que 
la liberté dont on jouissait dans les ambulances, sont démontrées par 
une conversion vraiment prodigieuse. 

« Tout, pendant cette malheureuse guerre de 1870-1871, conspirait 
« contre nous : le désarroi de l'administration, la rigueur inaccoutumée 
« de la saison et la maladresse des nouvelles recrues qui, peu fami- 
« liarisées avec le maniement des armes à feu, causaient à chaque ins- 
« tant des accidents nouveaux. 

« Un de ces accidents, un coup de feu tiré presque à bout portant 

# dans le bas-ventre d'un jeune soldat, par un camarade maladroit, 
.« avait mis le malheureux blessé dans un état désespéré. 

« Amené mourant à l'ambulance de la rue Oudinot, ce jeune homme 

# dut, aux soins des bons frères, un soulagement immédiat. Toutefois 
« sa blessure laissait peu d’espoir aux médecins, et l'aumônier de la 
« maison crut devoir offrir quelques paroles de consolation au malade. 
h II lui parla du Dieu qui guérit, ou du moins qui donne la force de 
« souffrir, et il l'engagea à mettre ordre aux affaires de sa con- 

# science. 

« — Vous repasserez un autre jour, « lui répondit le blessé, de ce 
u ton moqueur qui est particulier au gamin de Paris. Et, détournant la 
M tête, il se mit à siffler entre ses dents l'air d'une chanson populaire. 

« Le prêtre s'éloigne le cœur serré. 

* — Priez, dit-il au frère infirmier, priez pour ce pauvre enfant 
« qui, si près de l'éternité, se joue de la miséricorde de Dieu. 

« Cependant, le lendemain, lorsque le chirurgien en chef, M. le 
tt docteur Labbé, s'approcha du lit du blessé, celui-ci, l'apostrophant 
« brusquement, lui dit : 

h — Je croyais qu'il n'était pas permis aux curés d'importuner les 
« malades pour les faire confesser. 

« — Que voulez-vous dire, mon ami ? 

« — Oh! tout simplement vous prier de signifier a tous ces diseurs 
- de patenôtres de ne pas venir nous ennuyer, 

« — Vous a-t-on donc forcé de vous confesser? 

« — Le plus souvent! C'est moi, au contraire, qui l'ai joliment 
« rembarré, le curé I 


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« — Eh bien ! donc, de quoi vous plaignez-voue! Le prêtre remplit 
« son devoir en engageant les malades à mettre ordre à leur cens- 
•« cienoe;il ne foroe personne, ail n’insiste même pas. Vous avez *eu 
« (tort hier en rembarrant, comme vous dites, i aumônier, et anjomv 
» d’hui vous n'avez pas moisis (tort de vous plaindre. 

« Le Parisien se le tint pour dit.* il ne se plaignit plus. Quant à 
« envoyer promener le prêtre, il n’en trouva pins foccasion. M. l’abbé 
, Boche lui adressait, chaque mat» en passant, quelques bonnes pa- 
.. raies ; «nais il se gardait de lui parler de confession. 

« L’horrible plaie se «cicatrisa, les forces revinrent au blessé; mais 
« k cure tnt langue; elle exigea trois mois de soins assidus. Les " 
•« frères se montrèrent d’une bonté, d’une patieooe qsri, chaque jour, * 
« émerveillaient davantage le jeune malade. Cependant, loin de vou- 
44 ioir reconnaître «et admirer le soabile qui les faisait agir, il sem- * 
“ blait, à mesure que les fruits de la piété se «outraient ainsi à lui, u 
« redoubler de mauvais vouloir A l’endroit de la religion. 

44 Ne perdant aucune occasion de déblatérer conte les prêtres, il - 
x raillait les malades qui se confessaient et ne manquait pas de déco- ** 
« dher contre les convalescents qui suivaient les offices toutes les * 
*4 flèches à l’usage de nos beaux esprits de carrefour. 

«« Cependant k igrâce faisait taon couvre dans ce «cœur égaré plutôt- 
« que perverti. Un jour vint où ce soi-disant esprit fort, qui, Atout- 
« propos, avait déokré qu’on ne le verrait jamais six pieds d’un 
‘4 prêtre, alla spontanément trouver l’aumânier. * 

.« —J’ai bien tardé, monsieur l’abbé, lui dit-il, à Tenir «'excuser - 
« de vous avoir si mal reçu la première fois que vwns avez i«u la hanté 
“ de vous oceqpar de moi. 

«• .Je âne sms repenti bien souvent «depuis d’«v»îrdherché à was 

«< faire de la peine... Me le pawdomaez-vaus, monsieur l’abbéL.. 

*• —- Vous pardonner, mon ami; mais je me vous en ai jamais 
« voulu. 

« — Et le bon Dieu, monsieur d’abbé, me paardanBera-tril^... cela 
« et tant d’autres choses?... 

« En parlant ainsi, le jeune homme s’éfaitagenoinilimixipueds du 
m prêtre; il lad ouvrant (son coeur, et il éprouvait un eoategewent, une 
« joie qu’il n’avait jamais ressentie jusqu alors. «Cette première con- 
« fession fut suivie de beaucoup d’autres. L'incrédule de k refile -était 
p devenu ne chrétien Jarnent. Chaque dimanche le voyait approcher 
« de la sainte Table; il était pour tous un sujet d’édificalwn. 


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— 176 — 


« Quel “prédicateur Éloquent avait'faît descendre •lalumière dans ce 
« cœur Tébel le T La puissance du bon exemple. Nôtre jeune Parisien 
« avait Teconnu l’arbre à ses‘fruits; la douce abnégation /le dévoue- 
« menthéroïque des bons’frères lui avaientTàlt'goûter et aimer lare- 
« ligion qui soutenait leur admirable vertu. » 

Nous avons choisi ce trait parmi tant d'autres, où la ’foi de nos 
paysans emrdlës dan6 les mobiles, aussi bien que célle de nos soldats 
et de nos officiers des troupes de ligne, éclàte d’une‘manière si rassu¬ 
rante pour'l’avenir de la patrie. 

Les Souvenirs d'un otage de la Commune sont dus û la plume d'un 
frère des'Écoles chrétiennes, aussi bien que Ma sortie de Wazces. Ces 
deux opuscules soîft écrits tous deux avec une verve ^ôt rine correction 
de style remarquables. C’est une réponse qui va droit à Tadresse^de 
tél journaliste qui traite avec un dédain si peu mérité ces pauvres 
ignorantins. 'Ainsi,'apres avorrprouvé, dans cétte année-d’épreuve, sur 
nos champs de bataille, dans nos ambulances et-dans'les cadiôts, quhls 
avaient le cœur éminemment français, les pieux enfants du vénérable 
de la Salle nous montrent encore que Tesprît^national ne leur fait pas 
défaut. 

Les Souvenirs d'un Otage de 'la Uammune rrorfs racontent d’une'ma¬ 
nière très-pittoresque les aventures* d’un bon frère qui n ’échappa aux 
horreurs de la prison, où tfavaiertt enfermé avec itant d’autres les 
RaoülRigaült et les’Dacosta, que pour tomber dans lesmains des héros 
de'la‘Commune, qui, bon géé, malgré lui/veulent -en ‘faire ’un soldat 
de leurs'barrioades; puis dans 'les mains des'troupes'de la délivrancer 
qui, peu s’en faut, vont fusilleT comme un insurgé celui qui a été 
ramasser nos braves combattants ‘jusque sous tes “balles prussiennes. 

Mu sortie de tfazas, par Joseph de Wargàl, est un manuscrit livré à 
l’impression à l’insu de son jeune autour, qui Pavait rédigé‘uniquement 
pour sa famille. C’est une vive peinture de ces jours de terreur et d’an¬ 
goisses, trop vite oubliés. ‘Détachons r une t page ^seulement de ce récit. 
L’auteur est tombé dans un de ces affreux’bouges où la Commune en¬ 
tassait pêle-mêle les plus honnêtes gens avec les plus vils rebuts de la 
société.IPour charmer tes ennuis'du ,««dlot, chenun ide ses hatesœsl 
prié de conter tour à tour ses aventures. 

** IHbn tourevirtt^ettfin de’prendredaiparole. Jeriis oqœ ij’avûis été 
•• arrêté en essayant de quitter PacÎ3 pourmaeirendBe auprès deima 

mère. 

« Ces quelques mots parurent intéresser vivement mesnomapagaons, 


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— 176 — 


« et lorsque, quelques instants plus tard, on proposa de chanter 
« quelque chose pour se distraire, tous se réunirent pour me décerner 
« Thonneur d'ouvrir le concert. J'avais si grand peur d'entendre en- 
« tonner quelque chanson obscène que je ne me fis pas prier. — D'ail- 
« leurs, me dis-je, c'est un moyen comme un autre d’apostolat. — 
« N'osant hasarder un cantique, je choisis le chant du Jeune Soldat. 

- L'attention de mes auditeurs se transforma graduellement en une 
« vive émotion; j'avais éveillé chez eux cette fibre patriotique que, 
« dans un cœur français, rien ne saurait paralyser entièrement. 

« On me demanda autre chose. 

« Je chantai la Guérilla , qui eut plus de succès encore. En écoutant 
« mes accents émus, ces êtres, que les vices les plus abjects avaient 
« abaissés presque au niveau de la brute, redevenaient des hommes. 

M — Encore! s'écria-t-on quand j’eus achevé, encore!... Vainement 
« j’alléguai que j'étais fatigué. Je dus m'exécuter, à la condition toute- 
« fois qu'on ne me demanderait plus rien. 

« J’entonnai le beau chant du Martyr. Les assistants semblaient 
« suspendus à mes lèvres. Je voyais leurs poitrines se dilater, leurs 
« fronts se relever et leurs regards briller d une émotion qui semblait 
« les étonner eux-mêmes. Ils retenaient leur souffle pour mieux 
« écouter, et, lorsque j'eus fini, au lieu de laisser éclater leurs bravos, 

« comme précédemment, ils gardèrent un profend silence. 

« Que se passait-il au fond de leurs âmes ? Dieu et les anges le sa- 
« vent. Quand, au bout de quelques instants de méditation, ils me sup- 
** plièrent de recommencer ce magnifique chant, leurs physionomies, 

« leurs voix mêmes étaient transformées. 

« Comme vous le pensez bien, chère mère, je ne me fis pas prier. Je 
« demandai à Dieu de faire pénétrer ma voix encore plus profondément 
« dans ces pauvres cœurs, et, quand j'arrivai à ces paroles : 


Dieu tout-puissant, couronne mon martyre, 

Pour moi, du ciel ouvre l’éternité. 

« je les vis tous incliner le front, et des larmes perlèrent à la paupière 
« de plusieurs. 

« L'impression produite sur mes auditeurs était si grande que dès 
« lors aucun d'eux ne me tutoya plus. 

« — Vous avez sans doute été élevé chez les Jésuites? me demanda 
« l'un d’eux. 





— 177 — 


* — Je n'ai pas eu cet honneur, répondis-je; je suis simplement 
* élève des Frères, 

* — Ce sont de bons maîtres, qui enseignent bien les enfants ! 
« s'écria une voix. 

« Un fédéré confirma cette assertion, et d'un ton qui me fit très* 
« saillir : 

« — Bienheureux, ajouta-t-il, ceux qui n'oublient jamais les leçons 
« qu’ils en reçoivent. » 

Nous terminerons cette analyse par un vœu : c'est que ces livres, 
tout palpitants d'un intérêt si puissant, soient lus et propagés dans 
toutes les classes de la société, et qu'ils portent même à l’étranger, 
abusé par nos défaites d’un jour et les déclamations de nos ennemis, 
la bonne odeur du génie français, qui n’a pas cessé d’être chrétien et 
qui redeviendra bientôt la gloire de l’esprit humain et la lumière du 
monde. 




T. VII. 


12 


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DEUXIÈME PARTIE 


REVUE 

DIS 

REVUES BIBLIOGRAPHIQUES ET LITTÉRAIRES 


ANTONIO PÉBEZ, Philippe U et le royaume d'Aragon, par le marquis 
«s Pidal, de l'Académie royale d’histoire, etc., traduit pour la première fois 
do l'espagnol ea français par M. 4. -G. Macxabal, agrégé de rUniwské, 
membre correspondant des académies royale espagnole„ royale d’histoire, 
d’archéologie et de géographie de Madrid, etc. 2 vol. gr. in-8°de 350 et 400 p. 
— Prix:!5fr. 

L’auteur de cet ouvrage a joué un rôle assez important dans les 
affaires publiques depuis son entrée aux cortès en 1838 jusqu’à sa 
présence à Rome comme ambassadeur depuis 1856. C’est donc un 
àuteur sérieux, sinon parfaitement impartial. La première partie de son 
ouvrage présente l’historique de la monarchie espagnole et explique 
les rapports du gouvernement général de l’État avec le gouvernement 
particulier du royaume d’Aragon. M. de Pidal rend franchement 
hommage au clergé d’Aragon, dont le rôle fut si considérable, si pa¬ 
triotique et si sincèrement libéral dans le vrai sens du mot. 

La seconde et la troisième partie sont consacrées à l’histoire particu¬ 
lière du comté de Ribagorza sous Philippe IL Puis vient l’histoire 
d’Antonia Perez. Tout le reste du livre est un immense drame où s'agi¬ 
tent de nombreux personnages, et dans lequel un grand rôle est donné 
à l’inquisition au sujet de laquelle nous faisons de formelles réserves . 
Pour le reste, des trésors d’érudition sont ici amassés et classés avec 
ordre. L’auteur n’apprécie pas toujours les personnages selon leurs 
œuvres. Le traducteur a cru devoir donner un portrait de Philippe II, 
pour combler une lacune, mais il n’a pas eu le courage de mépriser les 
préjugés semés par les mensonges historiques qui dénaturent les actes 
de ce grand roi, qui a su prévoir les guerres et les révolutions san¬ 
glantes préparées par la réforme et en préserver son pays. De là les 
déclamations contre l’hypocrisie, le despotisme, la cruauté prétendus 
de ce grand roi. 

Malgré tout, Philippe II reste une belle figure dans l’histoire. Animé 


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d’une grande énergie, apanage des âmes -fortement trempées, il savait 
distinguer le mérite partout où il le trouvait; il étudiait toutes les 
questions, examinait tout par lui-même, et suivait sa j^apreimpulsion, 
ne seiaissant guider par aucun conseil hasardeux, par aucune insinua¬ 
tion. -Nulne travaillait plus que Philippe II, « dit M. Magnabal, qui 
est un peu de notre 'avis et un peu de l'avis des autres; * nul n’ap- 
* portait plus de soin aux affaires du gouvernement dans lesquelles il 
« aimait par-dessus tout la clarté. Les enseignements de Thistoirq, 

« les exemples contemporains, les profonds conseils de son père, lui 
« avaient donné, dès ses premières années, un grand fonds de maturité 
« et de prudence. Il était sincèrement religieux et catholique, sans 
- sacrifier néanmoins à un fanatisme aveugle les convenances de l'État. » 
Libéral, confiant, quoique circonspect, plein de droiture et de loyauté, * 
bienveillant et respectueux, sachant respecter en lui-.même le mo¬ 
narque de droit divin, réprimant des passions fougueuses, noblement * 
ambitieux, plein de respect pour les autres, sévère, mais juste, spiri¬ 
tuel et sagace, profond penseur, habile politique, tel nous apparaît 
Philippe II. Rien n'est donc moins étonnant que les attaques dirigées 
contre ce prince catholique. 

Antonio Perez était fils d'un secrétaire dÉtat de Charles-Quint, 
nommé Gonzalo Perez, et de Maria Tovar. Il avait reçu une excellente 
éducation à l’Université d'Alcala. Après ses études, il voyagea pendant 
plusieurs années, étudiant avec ardeur les tendances politiques des 
gouvernements, la science de la diplomatie, et surtout l'art de flatter. 

Son maître en politique fut Machiavel; son maître en diplomatie. 
Tacite. Les maximes équivoques de ces deux hommes, leurs leçons, 
leurs préceptes, leur astuce, furent les bases sur lesquelles il se 
.promit d*appuyer sa règle de conduite. Présenté à Philippe II 
par le prii\ce dÉboli don Rey Gomez de Silva, Antonio Perez fut 
secrétaire dÉtat à 1 âge de vingt-cinq ans. Devenu le premier du 
royaume après le roi, il ne sut pas, malgré sa pénétration, comprendre 
le caractère de Philippe. Il se laissa éblouir, se montra orgueilleux, 
arrogant, étala un luxe effréné, fit parade de ses mœurs scandaleuses. 

A la suite d'une accusation de meurtre, il passa onze ans en prison ; 
on le tortura, on lui prit ses papiers. Il s'enfuit en Aragon, conspira 
de tous côtés, s'exila en France, fut reçu à Pau parla sœur du Béar¬ 
nais, Catherine de Bourbon, conspira de nouveau et finit par mourir 
à Paris dans la dernière détresse en 1611. — Telle fut la vie de oet 
homme singulier qui, malgré sa maturité, sa pénétration, son astuce. 


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— 180 — 


ne sut point maintenir son crédit auprès d’un prince qui l'estimait et 
le chérissait. Ce fut l’orgueil qui le précipita de la hauteur à laquelle 
il était parvenu sans peine et sans intrigue. 

L’œuvre du marquis de Pidal est un récit complet de cette existence 
étrange, un tableau de la cour de Philippe II nuancé des couleurs les 
plus vives, une étude —■ trop minutieuse peut-être dans les détails — 
des institutions provinciales, administratives et politiques de l’Espagne 
au xvi* siècle. On y reconnaît le travail de 1 érudit, la science et la phi¬ 
losophie du penseur; mais ce livre gagnerait à être éclairé des lueurs 
de la vérité religieuse. Il est impartial dans la forme et peut-être 
dans le fond, si l’on tient compte des bonnes intentions de l'auteur; 
mais il manque de cette ardeur à rechercher la vérité parmi les calom¬ 
nies, les interpollations, les mensonges, qui distinguent l’écrivain mi¬ 
litant, insoucieux des acclamations de la foule, et plus désireux des 
applaudissements du petit nombre. Il eût mieux valu, peut-être, que 
M. de Pidal se pénétrât davantage de la parole de Joseph de Maistre, 
et n’accueillît pas aussi passionnément les accusations portées contre 
une institution transformée par les rois espagnols en instrument poli¬ 
tique. L’inquisition est aujourd’hui connue dans ses plus profonds 
secrets. Ses actes sont au grand jour, et l’on peut la juger. Tribunal 
religieux à Rome, puissance politique en Espagne, pouvoir occulte à 
Venise : elle présente un triple aspect qu’il s’agit d’étudier autrement 
que dans les livres souvent inspirés par la haine. Il suffit de rappeler 
que le protestantisme a le plus grand intérêt à la poursuivre de ses 
attaques et qu’il n’a jamais hésité sur le choix des moyens. 

LA FEMME CHRÉTIENNE et la société moderne, par M. l'abbé Ozanam, 

chapelain d’honneur de Sa Sainteté, missionnaire apostolique, etc. 1 vol. 

in-12 de xvm-320 p. — Prix : 3 fr. 

Les ennemis du christianisme font les plus grands efforts pour arra¬ 
cher la femme à son influence : c’est pour conjurer ce danger que l’abbé 
Ozanam apporte au secours de la bonne cause le tribut d’un zèle 
ardent, d’une instruction approfondie et d'une expérience de quarante 
ans dans les pénibles travaux des missions ou du ministère des pa¬ 
roisses. Pour montrer tout ce que la femme doit au christianisme, l’au¬ 
teur commence par exposer sa condition dans l’antiquité, chez les Juifs 
et chez les païens, puis il étudie tour à tour la mission de la jeune fille 
chrétienne, celle de l’épouse, de la mère, de la veuve, de la vierge 
vivant dans le inonde ou dans le cloître ; l’éducation à ses divers degrés. 


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— 181 — 


le mariage, les rapports avec les domestiques, le gouvernement d’une 
maison, les relations avec le monde, les abus du luxe et de la toilette, 
et beaucoup d’autres questions non moins importantes sont l'objet de 
discussions non moins approfondies et détaillées. Toutes ces matières 
sont traitées d'une manière neuve, avec beaucoup de solidité, et ce livre 
est très-propre à tenir en garde les femmes honnêtes de toutes les 
classes contre les pièges que leur tend la libre pensée. 

LES CROISÉS DE SAINT-PIERRE. Scènes historiques de Tannée 1867, 
par le P. Franco, de la compagnie de Jésus; traduction exclusivement 
approuvée et revue par Fauteur. 3 vol. in-12 de 512, 532, 534 p. — 
Prix : 7 fr. 50. 

Du 10 septembre au 10 novembre 1867 il y eut soixante jours de 
péril pour la ville de Rome. Le dévouement des troupes pontificales 
triomphe des soldats garibaldiens. C’est ce petit drame que le 
P. Franco, dont on connaît le remarquable talent, a pris pour thème 
d’un récit très-attachant qui offre une histoire complète de nos admi¬ 
rables zouaves pontificaux. Le P. Franco sait son Italie par cœur. Non- 
seulement il a vu en partie ce qu’il raconte, mais il s'appuie toujours 
sur des documents authentiques,auxquels il a joint quantité d’ouvrages 
en toutes langues, traitant le même sujet ou «eux qui s’y rapportent. 
La liste qu'il en donne ne renferme pas moins de quatorze pages. De 
là cette sûreté dans l’appréciation, cette exactitude dans les noms et 
les moindres détails, cette abondance d’anecdotes caractéristiques qui 
assurent à son travail un accueil empressé partout où Ton aime les 
grandes et‘belles choses et où Ton prend intérêt aux combats et aux 
dangers de l’Église. 

DE LA CONDITION légale (les communautés religieuses en France, par 
M. Charles Jacquier, avocat à la Cour impériale de Paris, lauréat de la 
faculté de Paris. 1 vol. in-8° de xlviii- 532 p. — Prix : 7 fr. 

Après avoir établi que la charité est la base du christianisme et que 
les œuvres de charité ne peuvent se maintenir et se perpétuer sans le 
secours des associations, l’auteur examine successivement la situation 
légale des communautés religieuses en droit romain, dans notre an¬ 
cienne jurisprudence, et enfin sous le régime des institutions actuelles. 
Cette dernière partie seule présente des documents pratiques, et on 
pourrait désirer qu’elle fût plus développée. Les considérations histo¬ 
riques sont très-utiles pour rectifier des erreurs et dissiper des pré- 


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— 182 — 


jugés trop répandus de nos jours. Sans entrer dans le détail'de toutes 
fes questions traitées ici avec une érudition remarquable, il suffit de 
fire que cet ouvrage, bien qu’il ne soit pas exempt de tout, est ce qu’H 
Y a de plus complet et de plus exact théoriquement pariant sur cette 
grave matière. 

(Pour les ouvrages qui précèdent , d'après la Bibliographie catholique.) 


LES RICHESSES DU GLOBE, par C. Fallet. 1 vol. in-4° de 344 g., avec 
2 gravures. — Prix : 5 fr. 

Mme Fallet jette d'abord un coup d'oeil sur la voûte céleste. Elle 
donne quelques notions sur les étoiles fixes, les planètes, les comètes, 
les étoiles filantes, les météorites, les aurores boréales. 

Elle s'occupe ensuite de la terre, de ses révolutions, des mers, de 
l'atmosphère, des vents, des images, de la pluie, du serein, de la 
noaée, de la glace,, dei a neige r du tonnerre, des trombes, etc. 

Puis, passant àl 'étude des différents terrains, elle arrive aux pré¬ 
cieuses productions du règne minéral. C'est ici seulement que le titre 
commence à se justifier. Il faut sans doute considérer tout ce qui pré¬ 
cède comme une sorte de longue introduction. 

Depuis lors, les matières peuvent être exposées en quelques mot» ; 
après le règne minéral, nous voyons successivement le règne végétal 
et le règne animal déployer devant nos regards les richesses qu'ils* of«* 
fæntài l’homme,. Et, «inclusion, noua voyons apparaître l'homme lui- 
même, pour qui tout a été créé et qui est créé pour Dieu* 

Lee notions données sur ces* différents sujets ne s'élèvent pas au- 
dessus d’un niveau scientifique fort modeste. Maie elles seront suf¬ 
fisantes pour la jeunesse, et même pour des adultes pourvus de la 
simple instruction élémentaire. L’esprit de l'ouvrera est parfaitement 
chiëtiem La beauté du formai fenada l'effet pour ks distributions de 
prix. 

BRAQUER RX PLANTER FOURRAGERES, par Ed. Vianke, directeur. 

du Journal d'agriculture progressive . i vol. grand in-8° de 424 p. — Prix : 8 fr. 

M. Vian ne déplore le peu' de soins que l'on donne à la culture dte» 
plantes fourragères, branche si impartante de» nervenws, puisqu'elle est 
destinée à> procurer la nourriture du bétaiL Pour les prairies naturelles 7 
surtout, ii semble n ? y avoir rietr de mieux & frire que «te les laisser 
donner leura richesses; Oir ne s'en occupe que pour enlever les* pro~ 


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— 188 — 


doits; et, même dans les contrées les plus renommées pour leurs 
herbages, on constate une diminution sensible de production et de 
qualité. 

Aux yeux de Fauteur, la principale cause du mal, c'est l'ignorance 
dans laquelle est encore l'agriculture sur le meilleur mode à employer 
pour maintenir la fertilité dans les herbages, pour régénérer ceux qui 
dépérissent et pour en créer de nouveaux. 

Il cherche donc à apporter le remède et donne un traité très-complet 
et très-savant de tout ce qui touche aux prairies et aux plantes fourra¬ 
gères, soit au point de vue botanique et scientifique, soit au point de 
vue pratique. 

Chaque plante est décrite et étudiée à fond. Les questions de cul¬ 
ture, d’engrais, d'instruments perfectionnés, d'irrigation, de création de 
prairies, sont traitées avec tous les développements possibles. 

170 vignettes très-bien faites ajoutent à sa valeur et à la clarté des 
descriptions. 

COIVFESSIOU D’Uïf OUVRIER, par Émile Souvesthï. \ vol. in-18 de 283 p. 

Nouvelle édition revue et augmentée d’un chapitre entièrement inédit. ~ 

Prix i fr. 2o. 

Pierre Henri, dit la Rigueur, est un ouvrier maçon, qui a écrit pour 
lui et pour sa famille tout ce qu'il a pu retrouver de ses souvenirs. 

Son existence a été rude. Son père, enclin à l'ivrognerie, était mort 
d'une chute. Sa mère, pour laquelle il eut toujours le plus respectueux 
attachement, l'éleva dans de bons principes, qui lui permirent de com¬ 
battre, comme il le dit lui-même, la douleur par la patience et d'en 
triompher par l'honnêteté. 

Doué d'un esprit observateur, il constate que l’homme a en lui ses 
plus grands ennemis, qui sont les mauvaises passions, et il s'attache 
à les vaincre. 

Pierre Henri, marié jeune à une honnête ouvrière, rend aussi douces 
et aussi heureuses que possible les dernières années de sa mère. li a 
la douleur de perdre un enfant. 

Le voici devenu maître maçon ; ses premières entreprises réussis* 
sent. Mais, victime d’une confiance mal placée, il est ruiné et forcé de 
travailler comme un simple ouvrier. Après le temps des épreuves 
viennent des jours heureux. Plusieurs enfants ont remplacé au foyer 
celui qui avait été tant pleuré. 

Ce livre est écrit dans un style qui plaire aux classes ou vrière * . Il 


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contribuera à rectifier certaines idées fausses sur les inégalités sociales, 
et il établira que l’ouvrier peut réussir par la bonne conduite et l’é¬ 
pargne à se procurer une heureuse situation. 

(Pour les ouvrages ci-dessus , d'après le Bulletin des publications 

populaires.) 

LA CHAPELLE SAINT-HYACINTHE, souvenirs des cathéchismes de 
la Madeleine, recueillis par un ancien disciple de Mgr l'évêque d’Orléans, 
4825-1835 ; Paris, 1872. 2 vol. in-12 de xii-490 et 494 p. — Prix : ô fr. 

Heureuse pensée que celle qui a fait recueillir ces instructions, 
ces homélies, ces sermons, ces récits d’une époque déjà bien loin 
de nous, mais qui a vu commencer ou plutôt se renouveler avec tant 
d’éclat l’œuvre si utile, si féconde des catéchismes de persévérance, 
avec des catéchistes aussi capables que ces jeunes ecclésiastiques 
destinés à devenir si illustres : l’abbé Dupanloup, aujourd’hui évêque 
d'Orléans; l’abbé Pététot, aujourd’hui supérieur de l'Oratoire; l’abbé 
Legrand, aujourd’hui curé de Saint-Germain-l’Auxerrois; l'abbé Ar- 
nault, aujourd’hui curé de Sainte-Marguerite; l'abbé Guelly, l’abbé 
Barie, l'abbé de Moligny, et tant d'autres. Nous avons ainsi un cours 
d'instructions à l'usage de la jeunesse, une espèce d'année chrétienne, 
que liront avec bonheur ceux pour qui ces instructions sont des sou¬ 
venirs, que liront avec plaisir et profit les jeunes chrétiens et les jeunes 
chrétiennes, et qui fournissent à nos catéchistes contemporains, à 
tout le clergé, des modèles, des sujets d’instruction à l'usage des en¬ 
fants et des jeunes gens. Ces deux volumes ne peuvent donc man¬ 
quer d’être bien accueillis du public religieux; ils continueront et 
répandront le bien autrefois produit par les catéchismes de la Ma¬ 
deleine. ( D'après les Annales catholiques.) 

MONSEIGNEUR DARBOY, esquisses familières, par Alexis Piehron, pro¬ 
fesseur de rUniversité. 1 vol. in-12. — Prix : 1 fr. 50. 

Le titre de ce petit livre dit tout ce qu’il est. Ce n'est pas une bio¬ 
graphie en 'règle de Mgr Darboy ; ce n’est qu’une suite d’esquisses 
familières, tracées de mémoire par un ami qui l'avait connu dès son 
enfance et qui avait vécu jusqu’à la fin dans son intimité. Chaque cha¬ 
pitre, et il y en a quinze, est comme un petit tableau, où le peintre 
en. quelque coups de pinceau représente son héros, je ferais mieux de 
dire son ami, dans les diverses phases de son existence. C'est moins 
l’archevêque qu’il fait connaître que l’homme privé dans ses rapports 


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— 185 — 


avec sa famille, avec ses amis, avec tous ceux qui avaient avec lui des 
relations personnelles. Ces études offrent donc ce charme particulier 
que l’on trouve toujours à pouvoir considérer dans leur vie intime les 
hommes que lear savoir , leur mérite et les circonstances ont élevés, 
au faîte des honneurs. Ce volume est très-intéressant; et s'il n'a¬ 
joute pas beaucoup à la renommée de Mgr Darboy, il a du moins l'a¬ 
vantage de faire connaître l'homme, et, je puis le dire, de le faire 
aimer. 

Ce que cet ouvrage a de spécial, c'est qu’il est fait par un professeur 
de l’Université et à un point de vue universitaire. Pas n'est besoin de 
dire que ce professeur de l’Université est en même temps, ce qui 
n'est point rare, un bon catholique. Mais, parmi les bons catholiques, 
il y a sur certains points libres deux manières de voir et comme 
deux courants d’idées différents. Les uns, admirateurs enthousiastes 
et consciencieux des siècles où l’Église catholique avait la pleine et 
entière direction de la société, veulent à tout prix nous ramener à cet 
idéal. Et comme la plupart des institutions modernes, et spécialement 
l’Université, ont été fondées au moins en dehors de l’Église, sinon 
contre elle, ils les combattent avec une persistance d’autant plus vive 
qu’ils les regardent comme une des sources de tous nos maux. Les 
autres, tout en protestant qu’ils veulent rester chrétiens, désirent ce¬ 
pendant aussi rester de leur temps. Sans nier les défauts des institu¬ 
tions actuelles, ils font ressortir les avantages qu'elles présentent 
et prétendent que tout le travail des gens sensés et pratiques doit 
consister à combattre les uns et à profiter des autres. L'Université 
est mauvaise par elle-même, disent les premiers ; il faut donc la dé¬ 
truire et la remplacer par une institution que l’Église catholique anime 
de son souffle et inspire de sa vie. L’Université a beaucoup de bon, 
répondent les autres, et, du reste, tous vos efforts seront impuissants 
pour la renverser; cherchons donc, d’une part, à l’améliorer en la chris¬ 
tianisant, et, d'un autre coté, à établir à côté d’elle des institutions 
rivales, mais non ennemies, qui fassent mieux qu’elle, s’il est possible. 
Or, M. Pierron incline vers ces dernières opinions, et l’on ne saurait 
douter que Mgr Darboy ne leur fût sympathique. De là, les attaques, 
les colères passionnées dont il fut l'objet pendant sa vie, attaques et 
colères que la mort si saintement héroïque qu’il a subie ont à peine 
calmées. Il nous semble qu'en présence de ces deux écoles, bien plus 
séparées peut-être par les exagérations des passions humaines que par 
le fond même des idées, on ne saurait trop se rappeler les mémo- 


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— 186 — 


râbles conseils d'humilité et de charité donnés par le Saint-Père dans 
une de ses récentes allocutions. Quoi qu’il en soit, on ne peut que 
lire avec grand avantage et beaucoup d'intérêt les Esquisses familières 
sur Mgr Darboy . . . _ ; 

(Pour les articles qui précèdent , (Taprès la Semaine catholique 

de Lyon.) 

ÉTUDE DES FLEURS, botanique élémentaire, "descriptive, usuelle, par 
l'abbé Cariot, membre correspondant de la société linnéeane (cinquième 
édition, 1872). 3 beaux vol. % avec 13 planches, contenant 150 figures. — 
Prix : 15 

Les éditions d'un ouvrage de ce genre, se succédant si rapidement, 
suffiraient pour en attester le mérite. Cette dernière édition est encore 
plus complète que la précédente. Dans le premier volume, les table9 
analytiques ont été entièrement refondues et rendues assez claires 
pour que l’on puisse, sans maître, déterminer toutes les plantes. Le 
deuxième volume a été augmenté de 240 pages, afin de faire entrer 
dans l’ouvrage toutes les nouvelles découvertes qui ont enrichi la bo¬ 
tanique. Le dictionnaire historique, usuel et pratique, dans le troi¬ 
sième volume, a été enrichi de nouveaux articles : ce précieux diction¬ 
naire ne se trouve pas dans les autres ouvrages du même genre. 

LE MIRACLE de saint Dominique à Sori&no, par le R. P. Fr. Pie-Marie 
Rouakd de Card, ex-provincial des frères-prècheurs, docteur eu théologie, 
in-8° de 96 p. — Prix : 1 fr. 25. 

Il y a, dans le couvent des dominicains de Soriano, en Calabre, une 
statue de S. Dominique, « si pesante qu’il faut cinq personnes pour 
“ la mettre en place et quatre vigoureux jeunes gens pour la porter 
« en procession. » 

Le 15 septembre 1870, jour de fête et de foire, cette statue, trans¬ 
portée depuis la veille dans l’église du pays, se mit à osciller, sans 
qu’aucune main la touchât. Elle se mouvait sur ses bases, pendant 
que celles-ci restaient fermes. Elle se penchait, s’avançait, s’élevait, 
se tournait comme une personne vivante. La tête suivait les mouve¬ 
ments du corps, s’inclinant de préférence vers une image de Notre- 
Dame du Rosaire. Le visage était couvert d’une sueur abondante et 
changeait de couleur, passant d’une pâleur extrême à un rouge très- 
prononcé, exprimant la tristesse ou la confiance, le calme ou l’indigna¬ 
tion et la menace. Les yeux prenaient l’expression du visage et se 


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portaient tantôt sur les personnes présentes, tantôt vers un but plus 
éloigné, tantôt vers le ciel. Les lèvres s'agitaient avee impétuosité^ 
comme celles d'un homme qui parle. Et cette muette prédication dura 
au moins deux heures, devant plusieurs milliers de témoins, gens du 
pays ou étrangers venus pour la foire. CJh examen sévère, pendant et 
après, n'a pu y découvrir ni supercherie ni illusion d'optique ni aucune 
autre cause naturelle. Bien plus, des efforts ont été faitspour arrêter 
les mouvements de la statue, et toujours sans succès*. Enfin, des grâces 
nombreuses ont complété le prodige et accru l'enthousiasme et la foi 
de la population. — Tel est le fait dont le P. de Card publie le récit, 
ou plutôt le procès-verbal, car son intéressante brochure, à part 
quelques détails préliminaires, n'est que la reproduction d’une enquête 
poursuivie par lui sur les lieux mêmes, pendant dix-sept jours. Rien 
d’obscur, rien de louche dans les témoignages. On a vu, on est con¬ 
vaincu, on affirme, on prouve. Les habitants de Soriano et des envi¬ 
rons n'admettent pas un doute. L'autorité ecclésiastique, toujours 
prudente, s'incline aussi devant l'évidence et bénit le Ciel d'une pa¬ 
reille manifestation. Donc, nier serait folie. 

A CEUX QUI SOUFl'UEHT, consolations, par Mgr de Ségur. t vol. in-t8 
de 216.p k .— Prix : i fr. 

La douleur est un mal trop réel; la sagesse consiste non à la nier, 
mais à l’accepter avec résignation. Le péché en est l'auteur, mais elle 
peut servir à nous mener à un bonheur sans fin. Souffrir avec Jésus- 
Christ, souffrir pour expier, pour gagner une couronne, n'est-ce pas 
une belle perspective ? Heureux le lecteur qui cherchera le développe¬ 
ment de ces pensées dans le livre cte Mgr de SégUT. Le respectable 
auteur parle des misères humaine» comme un 1 témoin qui les a vues, 
et de la souffrance connue un hommequi se sanctifie avec elle. 

LS GŒSS DS JÉSUS, principe et modèle de la perfection chrétienne, par 

le Pèse DesprdinSp. de la. Compagnie de l&us, 3 e édition* Mois du Sacré? 

Cœur. 1 vol. in-32 de xxiv-300 p. — Prix : 0 fr. 75. 

Ce livrer extrait êt\m grand travail, publé sous le même titre*,, 
donne, sous un vahune. restreint, ce qu'il y a de plus édifiant et des 
plus pratique dans le bel ouvrage du P. Desjardms. On trouvé ici: 
trente lectures, une pour chaque jour du mois, et fauteur S’est rais à 
la portée cte tous par le choix des arguments et des preuves. 

{Pour ter trois ouvrages ci-dessus, d’aprèrla Biographie catholique.) 



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ISABELLE AUX BLANCHES MAINS, chronique bretonne suivie de 

Y Anneau de la châtelaine , par Mile Gabrielle d’Ethampes. \ vol. in-4 2 (1872). 

— Prix : 3 fr. 

Espèce de roman établi sur des faits historiques ; les personnages 
sont très-intéressants et les scènes d’intérieur de famille charmantes. 
Un jeune duc de Penthièvre, maltraité par son frère aîné, aimé par ses 
jeunes sœurs, se console de ses infortunes en pensant à l’affection d’une 
jeune fille avec laquelle il doit se marier un jour et qui est élevée dans 
la maison. Jl refuse de coopérer à la prise déloyale de Jean V et cherche 
à le faire évader. Plus tard, ce prince veut punir les traîtres, et le 
jeune homme est donné en otage par sa famille. Il demeure captif 
pendant plus de vingt-huit années et n’est délivré que sur les instances 
de sa fiancée, Isabelle aux blanches mains, qui fait connaître les ser¬ 
vices qu’il a rendus autrefois au prince Jean. Le mariage si longtemps 
attendu peut enfin se réaliser. — Dans la deuxième nouvelle, un jeune 
homme qui revient des croisades se fiance à une jeune fille aussi pieuse 
que distinguée, mais il est obligé de repartir avec le frère de cette jeune 
fille et meurt dans un combat. Il remet, avant de mourir, l’anneau des 
fiançailles, qui est rapporté dans la famille et y devient une source de 
bénédictions pendant de longues années. Cet ouvrage, fait dans un 
esprit religieux, plaira surtout aux lecteurs qui recherchent les récits 
historiques, les souvenirs et les légendes de notre pays. 

PHILON BINOME ET LE JEU DE LA FORTUNE, par G. de la 

Landelle. i vol. in-12. — Prix : 2 fr. 

Ouvrage très-bon, plein d'intérêt, aussi instructif qu’amusant, fait 
pour les lecteurs sérieux et qui plaira surtout aux jeunes gens déjà 
initiés à l’étude des mathématiques. Dans un récit qui abonde en ré¬ 
flexions spirituelles et en sentiments religieux, on met en scène un per¬ 
sonnage original, il est vrai, mais doué d’un excellent cœur et qui 
cherche à expliquer les probabilités de la vie et le jeu de la fortune. 
Sans être superstitieux, il subordonne constamment le jeu des proba¬ 
bilités à la direction de Dieu et à l’action de la prière, qu’il appelle le 
levier de l’homme simple. On trouve tout dans ce volume : science, 
notions historiques, bons conseils, récits intéressants, scènes de fa¬ 
mille touchantes. 

11 est donc bien important que le lecteur ne se laisse pas rebuter par 
quelques termes de mathématiques ou par des réflexions singulières 




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— 189 


ou philosophiques. L’auteur a sur toutes choses des idées arrêtées, 
précises et absolues, mais son esprit méthodique n exclut ni la haute 
fantaisie ni l’attrait romanesque. Il a voulu faire un livre neuf et 
montrer que les mathématiques pouvaient devenir la base d’un livre 
d’imagination, tout en développant un caractère, en creusant un type 
particulier, et en mettant en relief des opinions parfois paradoxales, 
mais toujours fondées sur la logique. Il signale aussi les fréquentes 
inepties et les nombreuses inconséquences de notre grammaire et de 
notre orthographe. 

HISTOIRE GÉNÉRALE DE LA GUERRE DE 1870-1871, seconde 

campagne de France, par L. Dussieux, professeur honoraire à lëcole de 

Saint-Cyr. 1 vol. in-12 (1872). — Prix : 2 fr. 

Ouvrage sérieux, instructif et plein d’intérêt. Le style est ferme et 
concis, les réflexions courtes, mais marquées au coin du savoir et de 
l’expérience. Il raconte les préliminaires de la guerre, les échecs de 
l’armée française sur les frontières de l’Allemagne, la catastrophe de 
Sedan, la révolution du 4 septembre, les sièges et les capitulations de 
Metz et de Paris, les horreurs de la Commune et les opérations de 
l’armée du Nord et de l’armée de l’Est. Il se termine par le récit des 
faits relatifs aux délégations de Tours et de Bordeaux, à l’anarchie 
dans le Midi et à la paix de Francfort. Viennent ensuite trois appen¬ 
dices contenant la liste chronologique des combats principaux livrés 
pendant la guerre, la constitution de l’empire d Allemagne, le jugement 
des Allemands sur l’armée de la Loire et l’armée du Nord. On dési¬ 
rerait peut-être, au premier abord, plus de développements, mais les 
faits sont si récents et si profondément gravés dans la mémoire de 
tout le monde, que l’on suit très-bien la marche des événements, qui 
devient, par le fait même de cette concision, pius claire et plus com¬ 
préhensible. On ne peut que recommander beaucoup ce livre, excellent 
sous tous les rapports. L’auteur, ancien professeur de l'école militaire 
de Saint-Cyr, a pu faire ce travail avec d’autant plus d’intérêt qu’il 
connaissait l’armée française, qu’il a étudié l’armée prussienne pendant 
cinq mois de son séjour à Versailles, et qu’il a recueilli ce qui lui a été 
dit depuis un an par des centaines d’officiers, dont il a été le maître. 
Son but, nous dit-il lui même, a été de faire passer ses sentiments dans 
l’âme des lecteurs et de leur faire connaître les causes réelles de nos 
malheurs, afin d’en prévenir le retour. 

{Pour les trois ouvrages ci-dessus, d’après la Semaine catholique de Lyon.) 


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JOURNAL DU SIÈGE SE PARIS (18 septembre 4870 — 28 janvier 1871), 
par Michel Cornudet. 1 vol. in-18 de 482 p. —*Prix : 3 fr. 50. 

Ce livre, écrit avec conscience et talent, tient toutes les promesses 
de son titre. Outre les impressions personnelles où se reflète jour par 
jour l’état de l’opinion publique pendant lesiége deParis, on y trouve, 
cités in extenso , les actes officiels dont la connaissance était nécessaire 
pour éclaircir ou appuyer le récit des faits politiques et militaires : 
proclamations du gouvernement de la défense nationale, dépêches de 
Gambetta, se retrouvent à leur date. Les actes officiels de quelque 
étendue sont généralement Tenvcyés au bas des pages, de manière A 
ne pas entraver la narration. Des extraits, pris avec beaucoup de dis¬ 
cernement dans différents journaux, achèvent de révéler la situation des 
esprits. 

Ce qui imprime à cette publication un caractère tout particulier, c est 
que M. Cornudet nous donne les faits tels qu’il devait les supposer, * 
les impressions telles qu'il devait les ressentir réellement â chaque 
date marquée dans son Journal , et non pas en les rectifiant, d’après 
ce qu’il a appris depuis lors. Ce procédé communique au récit une vie 
et une vérité saisissantes. Il semble que l’on repasse par toutes les pé¬ 
ripéties de cette terrible époque. 

En attendant l’histoire, dont le jour n’est pas encore venu, le livre de 
M. Cornudet est un Tésumé des événements du siège aussi complet et 
nous dirons même aussi impartial que possible ; car, en présence de 
certains actes de nos gouvernants d’alors, l’indignation de l'honnête 
homme offensé n’ôte rien à l’impartialité de l’historien. 

Le Journal du siège de Paris doit prendre place dans la série des 
ouvrages relatifs à la dernière guerre, tels que le Memorial du Siège et les 
Tablettes d'un Mobile. 

LA CAPTIVITÉ A ULM, par le P. P. Joseph, aumônier des prisonniers 
de guerre. 1 vol. in-12 de vm-28 p., avec 2 lithographies. 4° édition. Au 
profit des victimes de la guerre. — Prix : i fr. 50. 

Le R. P. Joseph raconte, dans leur naturelle simplicité, les joies et 
les douleurs de sa captivité volontaire. Il a voulu ainsi payer un tribut 
de reconnaissance au bienfaiteur des prisonniers, et faire sortir de 
Tobscurité des actes qui attestent, chez quelques-uns de nos soldats, les 
vertus inspirées par la foi, le dévouement et le patriotisme. Enfin il 
montre avec une grande vigueur le mal causé à notre armée par l’irré- 


ligion, l’impiété, l’indifférence avec leurs suites inévitables, qui sont 
l’indiscSpline, l’ivrognerie, la débauche, sous lerars formes hideuses et 
multiples. 

La Captivité à Ukn offre l’attrait d’un récit semé d’anecdotes souvent 
très-touchantes. Et à ce titre elle se fera aisément et fructueusement lire 
par les soldats, qui pourront se délivrer, grâce à cette bonne lecture, de 
nombreuses préventions contre le clergé. L’auteur, du reste, ne cache 
pas son dessein : il veut « publier sur les toits les actes de dévouement, 
d’abnégation, d’héroïque charité, » accomplis par les prêtres pendant 
la guerre, car, dit-il, « il est grand temps de répondre aux calomnies 
de l’Internationale et des sociétés secrètes. Faire connaître la religion 
par ses œuvres est, à l’heure présente, un devoir impérieux. « 

La longue liste nécrologique des prisonniers décédés & Ulin et à New- 
Ulm est placée à la fin du volume. 

(Pour les deux ouvrages ci-dessus, d'après le Bulletin des publications 

populaires.) 


LE BEHDEZ-VOUS DE FAMILLE, par A. Dbvoillx. 1 vol. in-* 2. — 

Prix : 2 fr. 

Le fond du livre est le récit du siège de Lyon pendant la révolution. 
Les détails principaux sont empruntés à l’ouvrage de M. Balleydier 
sur ce sujet; divers membres d’une famille honorable des environs de 
cette ville, un prêtre, un soldat de Crécy et un révolutionnaire se 
trouvent réunis ainsi que leur père à la fin du siège. Tous meurent dans 
les meilleurs sentiments, même le révolutionnaire, qui finit par se 
convertir, entraîné par l’héroïsme et le courage des autres. Le rendez- 
vous c’est la mort, si bien nommée par l’auteur la porte de l’autre vie. 
Ce livre offre de l'intérêt, abonde en réflexions sérieuses et en senti¬ 
ments chrétiens et patriotiques. On peut lui reprocher un peu de 
décousu dans la narration, des longueurs et quelques négligences. 11 
est à la portée de tous les lecteurs. 

[D'après, la Semaine catholique.) 



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BULLETIN SOMMAIRE DES PUBLICATIONS RÉCENTES 


Allocution de Mgr Hermillod au 
service solennel célébré pour le repos de 
l’âme de M. Deguerry, curé de la Made¬ 
leine. 1 br. in-8° de 32 pages. Prix : 1 fr. 

Amiral Bouet-Wjllaumez {Y) et l’ex¬ 
pédition dans la Baltique, par Félix Julien, 
ancien lieutenant de vaisseau. 1 vol. in-18. 

Prix : 2 fr. 

Apôtre saint Jean (T), par M. l’abbé 
Baunard, chanoine honoraire d’Orléans. 
2 e édition. 1 vol. in-12 de 444 pages. 

Prix : 4 fr. 

Captivité a Ulm (la), par le P. Joseph, 
missionnaire apostolique. 1 vol. in-12 de 
280 pages, orné de deux lithographies. 

Prix : 1 fr. 

Conjuration antichrétienne contre 
l’ame des enfants (la), par M. l’abbé Justin 
Verniolles, chanoine honoraire de Tulle. 
1 vol. in-12 de 280 pages. Prix : 2 fr. 60. 

Conseils aux jeunes gens sur l’étude 
de la philosophie, par Mgr Dnpanloup, 
évêque d’Orléans. 1 vol. in-12 de 330 
pages. Prix : 2 fr. 50 

Deux filles de notre monde, par 
Mme la comtesse B. S. 1 vol. in-12. 

Prix : 3 fr. 50 

Discours et conférences sur l’Édu¬ 
cation, par le K. P. Captier. 1 fort vol. 
in-12. Prix : 4 fr. 

Empire et la défense de Paris 
devant le jurt de la Seine (P), intro¬ 
duction et conclusion par le général Trochu, 
suivi de pièces justificatives et du testa¬ 
ment du général Trochu. 1 vol. in-8° de 
584 pages. Prix : 8 fr. 

En route pour la Grande-Char¬ 
treuse, par Georges Romain. 1 vol. in-32 
de 64 pages. Prix : 0 fr. 50. 

Histoire de la Restauration, par 
Alfred Nettement; tome VIII et dernier. 1 
fort vol. in-8° de 760 pages. Prix : 8 fr. 

Histoire de N.-S. Jésus-Christ, par 
Mgr Dupanloup, évêque d’Orléans; 3 e édi¬ 
tion. 1 beau vol. in-12 orné de quatre gra¬ 
vures. Prix : 5 fr. 

La Salette, Lourdes et Pontmain, 
Voyages d’un Croyant, par le comte La- 
ioud. 1 vol. in-12 de 420 pages. 

Prix:3 fr. 60. 

Lettres d’Horace Walpole, écrites à 
ses amis pendant ses voyages en France 
(1739-1775), traduites et précédées d’une 

Le G 


introduction, parle comte de Bâillon. 1 vol» 
in 8° de 331 pages. Prix : 7 fr* 

Ligue a Quimper (la) et dans le district 
de Cornouailles, par le R. P. Mercier, de 
la compagnie do Jésus. 1 vol. in-12 de 300 
pages. Prix : 2 fr. 

Merveilles de la chimie (les), par 
Martial Deherrypon. 1 vol. in-12 orné de 
51 vignettes. Prix : 2 fr. 25 

Musée des archives nationales, do¬ 
cuments originaux de l’histoire de France 
publiés par la direction des archives. 
1 fort volume in-4° enrichi do 1,200 fac- 
similé des autographes les plus importants 
depuis l’époque mérovingienne jusqu’à la 
révolution française. Prix : 40 fr. 

Nouvelles variées, par Mme Bourdon. 
1 vol. in-12. Prix : 2 fr. 

Organisation et tactique de l’in¬ 
fanterie (française, depuis son origine 
jusqu’à l’époque actuelle, par le comte 
d’Andlau, colonel d'état-major. 1 vol |in-8° 
de 110 pages. Prix : 2 fr. 

Panégyrique de Jeanne d’Arc, pro¬ 
noncé dans la cathédrale d’Orléans, le 8 
mai 1872, par le P. Ad. Perraud, prêtre 
do l’Oratoire. 1 br. in-8° de 52 pages. 

Prix : 1 fr. 

Révérend père Pierre Olivaint (le), 
Journal de ses retraites annuelles de 1860 
à 1870. 2 vol. in-12 de 640 pages. Prix: 5 f. 

Souvenirs personnels d’émeutes et 
de révolutions, par Amédée Acliard. 
1 vol. in-12 de 339 pages. Prix : 3 fr. 60. 

Tyrannie prussienne (la), par un Al¬ 
lemand. 1 vol. in 8°. Prix : 3 fr. 

Trois apparitions d’âmes du purgatoire, 
relations publiées aveo l’approDation des 
supérieurs ecclésiastiques. 1 vol. in-12 de 
124 pages. Prix i l fr. 

Vie de la mère Marie-Thérèse, fon¬ 
datrice de fia congrégation de l’Adoration 
réparatrice, par M. l’abbé L d’Hulst. 1 vol. 
in-8° de 464 pages. Prix : 6 fr. 

Vie de la vénérable servante de 
Dieu Claire - Isabelle Gherzi, supé¬ 
rieure des Clarisses, par l’abbé J.-H. Ol- 
livier, docteur en théologie. 1 vol. in-12 de 
252 pages. Prix : 1 fr. 25 

Voyages de la corvette la Bâ YON- 
A JAISE dans les mers de la Chine, par le 
vice-amiral Jurien de la Gravière. 2 vol. 
in* 12 ornés de 10 gravures et de 2 cartes. 

Prix : 8 fr. 

rant , F. WATTEL1ER. 


PARIS. — IMPRIMERIE JULES LE CLERBET C le , BUE CASSETTE, 29. 


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Tvme VU. - W. ». 


Juillet 18»*. 


REVUE 

BIBLIOGRAPHIQUE ET LITTÉRAIRE 


A NOS AGRÉGÉ». 

Notre œuvre n’est pas simplement une affaire de librairie , mais 
un effort collectif pour opposer à la propagation du mal la propa¬ 
gande du bien. Nous sommes heureux de constater une fois de 
plus, respectables agrégés, que vous avez confiance dans notre 
dévouement à toute bonne œuvre et dans notre empressement à 
vous servir d’intermédiaire, toutes les fois que vous le jugerez 
convenable, pour vous aider à prendre votre part dans les entre¬ 
prises qui se rapportent à un but religieux ou moral. 

C’est ce que nous avons fait avec quelque succès pour les pé¬ 
titions en faveur de l’aumônerie de l’armée. Pendant le mois qui 
vient de s’écouler, plusieurs d’entre vous nous ont demandé si 
nous pourrions nous charger de transmettre leur offrande à la 
commission qui s’est organisée sous la protection de l’archevê¬ 
ché de Paris pour réaliser le vœu national de l’érection d’une 
église monumentale dédiée au Cœur adorable de Notre-Seigneur 
Jésus-Christ. 

Ce sera avec bonheur que nous accepterons cette mission 
auprès du comité, auquel nous demanderons, chaque fois et 
pour chacun des donataires, un récépissé spécial que nous puis¬ 
sions avoir l’honneur de leur transmettre immédiatement. 


T. TII. 


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— 194 — 


PREMIÈRE PARTIE 


OUVRAGES ÉDITÉS PAR NOUS OU DONT NOUS AVONS ACCEPTÉ 
LA PROPAGATION SPÉCIALE. 


IMPORTANCE RECONNUE D’UNE DE NOS PRINCIPALES 
PUBLICATIONS. 

Si le goût actuel et la vogue paraissent exclusivement dévolus aux 
petites brochures qui effleurent plus ou moins une question, il est 
certain que les ouvrages de longue haleine, largement conçus et 
traités avec toute l'ampleur que réclame une étude approfondie et com¬ 
plète, sont nécessaires pour jeter une lumière vive et nette sur l’en¬ 
semble des questions qui se rattachent à un point important de la doc¬ 
trine religieuse ou des spéculations philosophiques. 

Sous ce dernier rapport, l’étude des faits est essentielle pour élucider 
plusieurs questions très-graves, et une étude de faits n'a de valeur 
scientifique qu’à condition d etre complète et sévèrement discutée : il 
faut quel auteur ait la patience d’interroger tous les temps, de compulser 
les documents qu’offrent les différents peuples ; après avoir recueilli 
cette ample moisson par toute la terre, il lui reste encore à discuter 
ohacun de ces faits, à élaguer en tout ou en partie ce qu’une critique 
rigoureuse ne peut admettre; enfin, avec le reste des documents jugés 
valables, il faut, pour ainsi dire, instruire la cause et faire ressortir 
de l'ensemble des témoignages la vérité de la théorie et la certitude 
des principes. 

Mais la composition d’ouvrages de cette valeur suppose des hommes 
d’une intelligence puissante et capable d'un travail opiniâtre pendant 
de longues années. Ce n'est pas tout encore : il faut que l’auteur et 
l’éditeur aient le courage de se présenter devant un public composé 
généralement de gens, les uns trop occupés, les autres trop légers 
pour accueillir comme il le mériterait un ouvrage sérieux. Tous les 
vrais penseurs ont été d'accord pour reconnaître, dans l’œuvre magis¬ 
trale de M. de Mirville, les caractères que nous venons d’esquisser, et 
nous sommes heureux et fier de nous être associé, dans le rôle modeste 


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- 196 — 


d’éditeur, au service rendu à la science philosophique par cette impor¬ 
tante publication. 

Nous avons vu avec plaisir un des journaux les plus sérieux rendre 
hommage à l’œuvre de M. de Mirville à l’occasion d’un fait récent. 
Nous citons textuellement : 

LES CHOIX MYSTÉRIEUSES. 

L’Univers a reçu la lettre suivante : 

Monsieur le rédacteur, 

L’émotion produite par l’apparition des croix mystérieuses a été accompagnée chez 
certaines personnes d’un sentiment de surprise d’autant plus fort que ces personnes 
croyaient le ftlit sans antécédents dans l’histoire. 

M. hnbert-Gourboyre, dans son intéressante lettre, s’est bâté de les désabuser, mais 
d’une manière trop succincte. 

Comment le savant professeur ne s’est-il pas appuyé sur l’ouvrage de M. de Mirville 
intitulé : Des Esprits et de leurs manifestations diverses ? 

Permettez-moi, Monsieur, de présenter la substance du chapitre consacré dans cet 
important ouvrage à ce genre de phénomènes t 

Tout le monde connaît ce tremblement de terre accompagné de flammes mystérieuses, 
qui vint s’opposer à plusieurs reprises à la restauration du temple de Jérusalem. Avoué 
par l’empereur lui-même, rappelé sans cesse par ses partisans et présenté par eux comme 
un méfait magique du Dieu des chrétiens, ce fait important ne peut laisser aucun pré¬ 
texte à la dénigration rationaliste. On avoue donc le feu; mais ce dont on ne parle 
jamais, c’est l’apparition des croix merveilleuses qui vinrent s’imprimer au même 
moment sur les vêtements des travailleurs. 

Ceux qui étaient présents, disait un grand homme contemporain, « montrent encore 
aujourd’hui les croix qui ont été imprimées sur leurs vêtements... C’était comme une 
lumière brillante, et ce spectacle remplit d’une telle terreur l’âme des témoins, que 

tous, d’une voix unanime, s’empressaient d’invoquer le Dieu des chrétiens. » 

Socrate, Sozomène et Rufin parlent à peu près dans les mêmes termes que saint Cyrille. 

M. de Mirville cite un grand nombre de ces mêmes invasions de croix pendant lee 
années 419, 476, 954, 958, 1295, 1500, 1501, 1558 et 1669. Lors de la peste de 476 à 
Constantinople, les croix apparurent sur les vêtements de tous ceux qui devaient suc¬ 
comber, et qui seuls en effet furent emportés par le fléau. Maintenant, lorsque l’on 
examinait l’essence de ces croix qui pénétraient partout, au fond de l’armoire la mieux 
fermée comme à découvert, que trouvait-on ? Des produits de nature très-diverse. Ainsi 
le savant P. Kircher, dans celles de 1660, constatait, auprès du Vésuve, un composé do 
matières sulfureuses; à Viterbe, de l’huile ordinaire; au collège germanique de Rome 
(on sait quelle étendue de pays oes croix avaient couverte), un liquide infect et sans nom. 

•» Couleur, dimension, nature et forme, tout variait à l’infini dans ces croix de 1660, » 
nous dit un grand sceptique, Bayle, qui accepte à ce sujet le rapport du savant jésuite. 

Il ne nous appartient pas d’en dire davantage. Ceux qui seraient désireux de con¬ 
naître la cause première de oe phénomène, les circonstances qui d’ordinaire l'accompV 1 
gnent, les malheurs qu’il semble précéder, n’ont qu’à recourir au livre d’où ce qui 
précède a été extrait. 

Agréez, Monsieur le rédacteur, les salutations [empressées d’un de vos plus sympa¬ 
thiques lecteurs, 

G. LàKOÎHU 

Le Havre, 15 juin 1872» 

M. Lamothe, sachant mieux que tout autre combien chez M. de Mir¬ 
ville le phénomène n'est jamais compté pour tien, toutes les fois qu’il 




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ne peut en chercher et surtout en trouver le dernier mot ou la fin , 
M. Lamothe, disons-nous, aurait pu nous montrer l'auteur rapprochant 
toutes les apparitions de croix qui se manifestent à de très-nombreuses 
époques de l’histoire : par exemple, dans le fameux tau biblique, prophé¬ 
tique et vengeur de l'Égypte, puis dans des pluies de croix lancées 
par plusieurs éruptions de volcans, puis lors de certaines pestes, 
guerres et autres fléaux. C'est là qu'il faut renvoyer nombre de gens 
qui croyaient avoir lu l’histoire et qui ne soupçonnaient même pas 
les faits dont nous parlons. 

C’est là qu'ils trouveront toute l'histoire des croix, parfaitement con¬ 
cordante comme sources, dans S. Grégoire de Nazianze, Socrate, 
Rufin, etc. ; plus tard (dans la Chronique de Sigebert) signalant sous 
Pépin le Bref ces croix tant ès habits des personnes qu’en courtines et 
voiles des Églises; d’autres rapportées (dans Eginhard) sous Charlemagne, 
guerre des Saxons; d’autres (dans la Chronique d'Herman ) sousOthon, 
empereur d’Allemagne; une autre dans le diocèse de Cologne, sous 
l’empereur Maximilien P r et une autre enfin traitée très-scientifique¬ 
ment au xvi* siècle, par le très-savant P. Kircher, ce jésuite qui, 
suivant le comte de Maistre, aurait depuis longtemps une statue s'il fût 
né en Angleterre . Là, ces gens qui croient tout connaître et prétendent 
tout expliquer sans savoir, trouveront ce qu'enseignent sur cette matière 
la vérité et le bon sens ; peut-être, ce qui vaut bien mieux, y trouve¬ 
ront-ils un motif de retour à la foi catholique, s’ils savent méditer, 
comprendre et mettre à profit pour l’avenir les terribles enseignements 
du présent et du passé. 

L’événement leur prouvera (par les autres suppléments qui ne man¬ 
queront probablement pas, dans cette dernière phase, de compléter 
l’histoire) qu’il s’agissait de bien autre chose dans ces phénomènes que 
« de jeux de la nature et d'effets d'ombre et de lumière pour divertir 
sans doute les physiciens et les académiciens. « 


VIE DE ANNE-CATHERINE EMMERICH, par le Père E. Sehmoeger, 
traduite de l'allemand par M. l’abbé Cazalès, vicaire général de Versailles. 
3 gros vol. in-8° avec portrait. — Prix : 21 fr. 

Catherine Emmerich était une des stigmatisée^ dont on a beaucoup 
parlé dans le commencement du siècle actuel. Née le 8 septembre 1774, 
entrée au couvent des Augustines de Dulmen en Westphalie, elle y fit 
profession le 13 novembre 1803. Ce couvent fut supprimé le 3 décem- 


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bre 1811 ; l’église en fut fermée. L’abbé Lambert, prêtre français émi¬ 
gré, aumônier du couvent, eut pitié d’elle, et lorsqu'il lui fut devenu 
impossible de continuer à demeurer dans le couvent, dont l'autorité ci¬ 
vile s'était emparée, il lui procura une petite chambre dans la maison où 
il était lui-même logé et l’y fit conduire par une ancienne servante du 
couvent, avant le carême de 1812. Elle y mourut le 9 février 1823, 
n’ayant pris aucune nourriture depuis plus de douze ans. 

Dès son enfance elle s'était fait remarquer par une piété extraordi¬ 
naire. Elle lui attirait souvent des désagréments de la part de ses 
parents, très-bons catholiques, mais ignorants et ne comprenant rien à 
de telles démonstrations. Elle a toujours dit à ses supérieurs ecclé¬ 
siastiques, mais sans en tirer la moindre vanité, que dès l’âge de trois 
ans elle avait été honorée de visions et de révélations de Notre- 
Seigneur, de la sainte Vierge et de plusieurs saints. A douze ou treize 
ans elle manifesta le désir d'entrer en religion ; mais sa mère et tous 
ses parents lui répétaient sans cesse que leur pauvreté et leur nom¬ 
breuse famille étaient un obstacle insurmontable à l'accomplisse¬ 
ment d’un tel désir. Dans l’espoir de se faire accepter elle travailla à 
son instruction et étudia la musique avec ardeur pour pouvoir être ad¬ 
mise au moins comme organiste. 

A peine installée, l'état déplorable de sa santé la rendit une charge 
pour la maison, malgré tout son zèle pour l'accomplissement de ses de¬ 
voirs dès que cela lui était possible. Bientôt ses souffrances prirent un 
caractère plus grave : des stigmates se manifestèrent aux mains, aux 
pieds, au côté, sur le front, et elle reçut l’empreinte d'une croix sur la 
poitrine donnant également du sang, principalement les vendredis, 
comme toutes ses autres plaies. Elle fit tous ses efforts pour en dérober 
la connaissance à tout le monde. Ce ne fut qu après sa sortie du cou¬ 
vent que, forcée par les circonstances de prendre pour confesseur le 
P. Limberg, dominicain dont le couvent avait été aussi supprimé, 
neveu de son ancienne maîtresse des novices, et d’accepter les soins 
d'une ancienne religieuse de son couvent, la sœur Saëntjens, devenue 
maîtresse d’école à Dulmen, celle-ci le3 découvrit et, malgré les ins¬ 
tances de Catherine et les recommandations du P. Limberg, elle dévoila 
ce mystère, qui ne tarda pas à devenir le sujet des. conversations de 
toute la ville et rendit la pauvre stigmatisée, à son grand regret, 
l’objet d’une curiosité générale. 

Gn sait avec quel soin l’Église surveille tout ce qui peut présenter 
un caractère surnaturel pour repousser toute fraude, toute simulation. 


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La constante application avec laquelle la sœur Eramerich avait cher¬ 
ché à cacher les faveurs oélestes dont elle était l'objet semblait exclure 
tout soupçon de fourberie de sa part. Mais quand le P, Limberg vit 
que les indiscrétions de la sœur Saëntjens ne permettaient plus de les dis* 
simuler, il s'entendit avec le doyen de Dulmen pour en faire un examen 
approfondi avec l’assistance de médecins et en dresser un rapport à 
l’autorité supérieure du diocèse. C’était alors Mgr Clément-Auguste 
Droste de Vischering, vicaire général, devenu depuis si célèbre comme 
archevêque de Cologne. 

Le vicaire général revint jusqu'à trois fois à Dulmen, accompagné de 
médecins dont quelques-uns protestants, et il s’assura ainsi de la réalité 
des stigmates, de l’effusion du sang et surtout de la franchise de la 
sœur Emmerich. Il s’assura également, à sa grande surprise, d’un 
autre don de Dieu : une perspicacité qui lui permettait de lire au fond 
de la pensée des personnes qui l'approchaient, de les voir à distance et 
d'annoncer ainsi les tribulations qui la menaçaient, les souffrances 
qu’elle devait endurer. L'administration française de cette époque, sa¬ 
tisfaite du résultat de oes enquêtes, la laissa tranquille. Les traités de 
1814 et 18J5 ayant attribué l’ancien évêché de Munster à la Prusse, 
l’administration protestante ne put supporter oette manifestation sur¬ 
naturelle. Malgré son état de faiblesse, on la fit enlever avec une 
violenoe inouïe de chez elle, subir une détention cruelle et une enquête 
d’une extrême sévérité, dont les auteurs publièrent non les détails, 
mais un soi-disant résultat falsifié et sans aucune bonne foi. 

Les visions dont elle était favorisée nécessitaient l'existence d’une 
personne à qui elle pût en raconter tout ce qu elles présentaient d’inté¬ 
ressant et d’utile. Un littérateur, connu ju9que-là par des productions 
assez légères, vint la visiter, à la fin de 1818, uniquement par curio- 
sité. Elle reconnut en lui celui quelle cherchait. Il lutta contre lui-même 
pour s’arracher à l’asoendant quelle exerçait sur lui. Mais, ramené par 
elle aux pratiques religieuses dont il s’était trop écarté, il vint au mois 
de mai 1819 se fixer à Dulmen et lui servit de secrétaire jusqu’au mo¬ 
ment où elle mourut. Nou9 n’entrerons point dans le récit des révéla¬ 
tions recueillie* par le P. Smœgler sur les notes de Brentano, qu’il dé¬ 
signe sous le nom de pèlerin. Elles ont pour but de montrer à quel 
point on peut se rendre utile aux âmes par la prière et par l’acceptation 
des souffrances envoyées par la providence de Dieu ; non-seulement à, 
celles qui achèvent d’expier en purgatoire les fautes de leur vie, mais à 
celles des vivants, en leur attirant des grâces qui les arrêtent quand ils 


— 190 — 

sont en danger de succomber, et procurant même des secours matériels 
à leur corps pour les amener sur la voie du bien. Malgré tout ce qu elles 
offrent de merveilleux, noua croyons pouvoir affirmer qu'on ne peut y 
trouver rien de contraire à la foi. Des hommes aussi éclairés que le 
P. Schmœgler et M.l'abbé Cazalès n’auraient rien laissé passer qui 
fût douteux ou incertain. 

Est-oe à dire que nous devions regarder comme positivement vraies 
toutes les visions de Catherine Emmerich, y croire complètement! 
Telle n’est pas notre pensée. Dans son admirable travail sur les révé¬ 
lations de Marie Lataste/un des plus habiles théologiens de l’époque, le 
R. P. Toulemont a indiqué les caractères auxquels on peut recon¬ 
naître que les révélations portent bien réellement l’empreinte d’une ori¬ 
gine divine. N'avoir rien de contraire à la foi de l'Église, à ses dogmes, 
aux mœurs, est le premier de ces caractères, mais il ne suffit pas. Il 
faut encore qu’elles contiennent un enseignement profitable, qu’elles 
tendent toujours à élever l’Ame vers le bien. Celles de Marie Lataste 
présentent presque toujours ce second caractère non moins essentiel 
que le premier. On ne peut y supposer que l’imagination de la voyante 
ajoute à l’inspiration. Nous devons l’avouer, ce caractère ne se trouve 
pas toujours dans les révélations de Catherine Emmerich. Elles abon¬ 
dent en descriptions toujours intéressantes, il est vrai; mais on sent 
quelquefois que son imagination, en cherchant à se rendre compte de ce 
qu’elle a vu ou entendu, s’écarte un peu dans le vide. Ajoutons que, re¬ 
cueillies par Brentano, on peut se demander si, lorsqu'il cherchait & 
l’exciter à rappeler ses souvenirs, il ne la poussait pas même à son insu 
dans cette voie et ne tâchait pas de les rendre plus piquantes. Dans ce 
qu'il raconte lui-même de ses relations souvent aigres et difficiles avec 
elle, ne pourrait-on pas le présumer assez souvent? 

C’est à ces causes, sans doute, qu'il faut attribuer l’espèce de pré¬ 
vention dont on ne peut guère se défendre à cette lecture. Il n'en résulte 
pas moins un enseignement bien précieux et qui ressort à chaque page, 
c’est celui de l’immense utilité, pour les âmes des morts et des vivants, 
de la prière qu'on adresse à Dieu pour elles, de l’offrande qu’on lui fait, 
dans ce but, des souffrances qu'il nous envoie. Si nous pouvions nous 
pénétrer do cette vérité, nous souffririons non pas seulement avec rési¬ 
gnation, mais avec joie. La Vie de Catherine Emmerich, outre l’intérêt 
saisissant qu'on trouve & sa lecture, doit donc nous être utile par cet 
inappréciable enseignement. C'est un double motif pour en recomman¬ 
der la lecture. Marquis de Rots. 


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VIE DE LA V. S. DE DIEU CLAIRE-ISABELLE GHERZI, supé¬ 
rieure des religieusesclarisses, par labbé J.-H. Oluvihr, docteur en théo¬ 
logie. 1 vol. in-12 de 262 p. — Prix : 1 fr. 25 ; pour les agrégés, 50 cent. 

La vénérable servante de Dieu Claire-Isabelle Gherzi est peu connue 
en France; mais elle est très-célèbre en Italie, et elle le deviendra 
parmi nous lorsque les merveilles dont sa vie est remplie auront été 
révélées. Le côté le plus admirable de cette illustre sainte, c’est la 
manière dont elle a exercé l’autorité à titre d’abbesse, au milieu des 
temps difficiles que les révolutions avaient créés pour les monastères. 

Il y a, entre l'époque pleine de troubles et d'agitations où Claire- 
Isabelle vivait et celle où nous sommes, une ressemblance qui per¬ 
mettra de trouver dans les faits de cette vie des leçons salutaires et 
des enseignements très-utiles. Après avoir donné l’exemple de toutes 
les vertus, elle a été appelée de Dieu à gouverner sa communauté, et 
elle a traversé toutes les difficultés que les supérieurs peuvent ren¬ 
contrer. 

Supérieure pendant vingt-deux ans, nous verrons Claire-Isabelle 
passant dix-huit années en proie aux infirmités les plus cruelles, et 
durant treize ans elle n’a pas quitté son lit, où la douleur la crucifiait, 
comme une victime d’expiation,en odeur de suavité devant le Seigneur. 
Mais sur ce trône de la souffrance, elle avait tant de lumière que nulle 
autre ne pouvait la surpasser dans la sagesse du gouvernement, et 
elle était, par ses prières et ses tribulations, une source si abondante 
de bénédictions que rien ne souffrait sous son autorité. 

Par la sagesse dont l'Esprit-Saint l’avait ornée, la vénérable 
Claire-Isabelle avait le don de diriger les consciences; en même temps 
elle assurait la prospérité du monastère. Ainsi nous pouvons apprendre 
qu'il faut avant tout mettre notre confiance dans l’action de la grâce, et 
faire peu de cas de l'activité naturelle et de tant de vaines qualités 
dont l’Esprit-Saint n’est pas le principe. 

Les fonctions des supérieurs imposent des devoirs particuliers qui 
sont,en général,peu connus; chacun de nous doit apprendre à se sanc¬ 
tifier, soit en commandant aux autres, soit dans l’exercice de l'obéis¬ 
sance. Il est grandement à désirer que Dieu donne aux communautés 
religieuses des âmes qui travaillent à leur sanctification dans l'accom¬ 
plissement des devoirs de la supériorité. Ainsi la bénédiction se 
répandra comme une rosée céleste sur les cœurs et les esprits, et les 


— 201 — 


instituts fleuriront au point de vue spirituel, de même que sous le 
rapport temporel. 

Sachons contempler avec admiration l'œuvre de la grâce ici-bas, 
lorsque les membres d’une communauté, ne formant qu’un cœur et 
du’une Ame, travaillent de concert à faire sans cesse de nouveaux pro¬ 
grès dans la perfection. C’est alors le paradis sur la terre ; au milieu 
tes temps les plus malheureux, la protection de Dieu intervient d’une 
manière miraculeuse, et l’on voit s’accomplir ce qui semblait impos¬ 
sible. 

Nous verrons dans cette vie comment les monastères sont préservés 
de la suppression, et ce que Dieu sait opérer en faveur de ceux qu’il 
aime, si une âme correspond à tous ses desseins sur elle. 

« La source où nous puisons nos documents, dit l’auteur, a été celle 
des procès faits en vue de la béatification et canonisation. Le 
R. P. Vincent de Jennes, postulateur général des causes des bienheu¬ 
reux, des vénérables et des serviteurs de Dieu qui appartiennent à la 
Réforme de l’Ordre séraphique, et dont la résidence est à Rome, au 
couvent de San-Francesco à Ripa, a daigné nous confier tout ce qui 
pouvait nous être utile dans notre travail. La bienveillance de ce Père 
aussi pieux que versé dans la science sacrée est connue de tous, et 
nous sommes heureux de lui offrir ici l’hommage de notre gratitude. 
Mais, afin de rendre notre Vie aussi complète que possible, en outre de 
tous les matériaux rassemblés de la belle Vie italienne déjà publiée, 
dont nous avons pu faire notre profit, nous nous sommes mis en rela¬ 
tion avec la révérende mère supérieure du monastère de Gubbio, et 
nous avons recueilli par elle les faits les plus récents, qui ne se trou¬ 
vaient pas dans les dossiers faits déjà depuis plusieurs aimées. * 

Tous ceux qui savent goûter ce qu’il y a de vivifiant dans la contem¬ 
plation des opérations par lesquelles la grâce se plaît à former un saint, 
nous sauront gré de leur avoir fait connaître cette Vie. Nul ne lira ces 
pages sans être mû à devenir meilleur, il respirera là un parfum qui ne 
se trouve point dans les œuvres où la main de Dieu n’a point de part. 


VIE DU B. P. D. BERNARD, fondateur et premier abbé de la Trappe de 
Thymadeuc, par le vicomte Gouzillon de Bklizal. 1 vol. in-12 de 272 p. — 
Prix : 1 fr. 25 ; pour les agrégés, 50 cent. 

Il y a trente ans que le R. P. D. Bernard voyait poser la première 
pierre de l’église de Thymadeuc : ce pieux fondateur a achevé son exil 


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— m — 

sur la terre, mais il a laissé des enfants spirituels pour continuer sou 
œuvre. 

a Lorsqu'une main, » dit fort bien le respectable auteur, « qui avait 
mission de créer et de soutenir une de ces œuvres vient à tomber, c'est 
pour se relever plus puissante. Elle reste toujours ouverte sur le sillon 
inachevé : invisible, mais présente, transfigurée par la mort; ce n'est 
plus la main d'un ouvrier infatigable, mais celle d'un protecteur puis¬ 
sant, d’un saint.^Elle ne semble quitter le travail entrepris que pour 
aller chercher au ciel l’abondance des bénédictions qui le fécondera. 
L'histoire de l’Église offre la preuve de cette vérité : les hommes aux¬ 
quels Dieu avait donné part à son esprit créateur, saint Bernard, saint 
François d’Assise et saint Benoît, n’ont abandonné leurœuvre que pour 
la rendre plus féconde, et un jour ils verront au ciel venir les saluer 
dunamde père une multitude d’enfants qu’ils n’auront point connus. *■ 
Il en sera ainsi de l’abbaye de Thymadeuc : la main qui posa, il y a 
trente ans, les premières assises de sa jeune église s'est glacée depuis 
plusieurs années ; mais sans doute qu’elle continue à fonder et à bénir 
son œuvre, et qu'elle lui e9t plus utile dans la gloire où nous espérons 
qu’elle repose, qu'elle ne l'était dans les fatigues et dans les labeurs, 

Le nom du R. P- Bernard appartient désormais à l’histoire locale. 
La Bretagne sera fière de le compter pour l’un de ses enfants ; bien 
qu’il ne lui appartienne point par droit de naissance, on peut dire qu'il 
est devenu Breton par droit de conquête en prenant possession, avec 
sa croix de bois, d’un modeste coin de çette terre armoricaine, sanoti** 
fiée par la vie pénitente des cisterciens ressuscités. 

Chaque intelligence est un reflet de la lumière dont parle l’Évangile, 
qui illumine tout homme venant en ce monde. Toutes les âmes ont 
reçu en dépôt oe reflet, quelles doivent faire luire à des degrés diffé¬ 
rents, sans doute, mais avec une égale fidélité. Dom Bernard fut fidèle 
à cette mission ; il porta constamment le reflet de la lumière divine au 
milieu du monde et dans 1e. silence du cloître. 

Ce sont ses enfants et ses nombreux amis qui écrivent son histoire; 
son successeur, dom Cyprien et le P. Théodore, prieur de l’abbaye, qui 
partagea toutes les épreuves de la fondation, ont rassemblé avec soin 
de précieux documents. D'anciens amis et compagnons d’enfance de 
dom Bernard ont répondu avec une grande générosité à leur appel. 
« Pour moi, dit modestement l’auteur que nous continuons à citer, 
je ne serai que l’écho de toutes oes voix qui forment un concert à sa 
louange. * 


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£03 


MANUEL DE LA SCIENCE PRATIQUE DU PRÊTRE dans le saint 
ministère, par Pabbé de Rivières, chanoine de la métropole d’Alby. Théolo¬ 
gie — Droit canon — Administration temporelle des paroisses, — Rituel 
et règles de la direction pastorale. 1 beau vol. grand in-8° Jésus de 625 p. 
Prix : 4 fr. 50. 

Les auteurs qui traitent des différentes branches de la science ecclé¬ 
siastique sont fort volumineux. Impossible à un prêtre engagé dans 
les occupations multipliées d’une paroisse, d’en faire la revue attentive, 
complète, chaque année. Pour qu’un prêtre sache bien ce qu’il doit 
savoir à tout instant, il faut, chaque année, le graver de nouveau au 
très-grand complet dans son souvenir, 

Tels sont les motifs qui ont déterminé M. l’abbé de Rivières à pu¬ 
blier en un seul volume, de manière à pouvoir être lu facilement en peu 
de semaines, un résumé de chacune des parties de ces importants ou¬ 
vrages. On verra par les appréciations suivantes Futilité de ce travail, 
résultat de dix années d’expérience et de pratique, 


Alby, 12 mars, fête de saint Grégoire, pape et docteur. 

« Monsieur Je qhanoipe, 

u Votre Manuel de la 8ciençe pratique du prêtre est un riche répertoire de œ que U mi¬ 
nistre de Dieu doit savoir sur U théologie morale, les principes de droit canonique, la 
liturgie, le rituel et les règles de direction spirituelle pour rendre son ministère à la 
fois aisé, fructueux et consolant. L’ouvrage est bien divisé ; la marche est méthodique, 
précise, claire, rapide j la lecture de votre ouvrage est très-attachante ; les prêtres aimer 
ront è lo lire et relire da'js leurs moments de loisir, et ce sera pour eux un délassement 
eu même temps qu'une étude sérieuse. Ils aimeront surtout à y trouver aisément et 
promptement une solutiou petto et sûre à mille difficultés qui so présentât dans la pra-s 
tique du saint ministère et dans la direction des âmes, etc., eto. 

Eug f Desjahpins, S. 

« Supér . i» 


« Je m’associe de bon cœur à tous les éloges que le R. P. Desjardins 
a décernés, après avoir examiné avec le plus grand soin cet ouvrage, 
au Manuel de la Science pratique duprètre y parM. l’abbé de Rivières, 
chanoine de la métropole d’Alby. f J. P., Arch . d’Alby. » 


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— 204 — 


DISTRIBUTIONS DE PRIX. 

Pour répondre aux désirs d’un grand nombre d’agrégés, nous avons 
publié un catalogue pour les distributions de prix; nous avons pu pré¬ 
senter à nos agrégés un choix véritable de bons livres, dans des condi¬ 
tions de bon marché exceptionnelles. Nos lecteurs auront sans doute 
remarqué les ouvrages de M. l'abbé Henry, groupés sous *le titre de 
Magnificences de la Religion . Bien que ce grand travail embrasse déjà 
vingt volumes, il peut être donné en prix,parce que généralement chaque 
volume forme un ouvrage complet. Il en est de même des sept volumes 
parus de la Christologie de M. l'abbé Maistre, et des Chroniques et 
Mémoires relatifs à l’histoire de France : ce sont là de magnifiques 
volumes, grand in-8° à deux colonnes de 800 pages, dont la valeur 
commerciale est de 10 fr., mais que nos agrégés ont le privilège de 
se procurer pour 3 fr. 75. Il nous semble que, pour les élèves avancés, 
il serait parfois possible de donner l’excellent ouvrage de M. de Saint- 
Albin sur les Francs-Maçons. Le Catéchisme de Guillois en quatre 
volumes in-12, pour le prix si minime de 4 fr. 50 (au lieu de 12 fr.) t 
peut assurément se donner comme prix d’honneur ou par volume 
séparé à un élève qui aurait quatre prix. Pour les maisons qui doivent 
viser au bon marché absolu, nous leur offrons notre excellente et belle 
collection de Vies de saints et de saintes en beaux in-12 à 50 c. De plus 
nous avons choisi chez les divers éditeurs de livres de prix ce qui nous 
a paru le meilleur depuis les in-8° de luxe jusqu'aux petits in-32, qui, 
malgré leur riche cartonnage, ne coûtent à nos agrégés que 20 centimes. 
Cependant nous pensons que des livres de prix ayant le privilège 
d’attirer l’attention de la famille et d’y être conservés avec soin, il est 
bon, quand on le peut avec prudence, de profiter des distributions de 
prix pour faire pénétrer dans les masses les ouvrages capables d’éclairer 
et d’édifier. 


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DEUXIÈME PARTIE 


EEYUE 

DIS 

REVUES BIBLIOGRAPHIQUES ET LITTÉRAIRES 


LES HÉBREUX dans l’isthme de Suèz, par le docteur Constantin James. 

1 vol. — Prix : 1 fr. 

Sous ce titre, Les Hébreux dans l’isthme de Suez , M. le docteur Cons¬ 
tantin James vient de publier son excursion en Égypte à l’époque de 
l’inauguration du canal de Suez. Nous connaissons peu d’ouvrages qui 
présentent un aussi grand intérêt au point de vue géographique, his¬ 
torique et religieux. Le savant médecin a recueilli avec soin toutes les 
observations, tous les incidents qui peuvent intéresser et instruire le 
lecteur; il résume ses impressions sur les hommes et les choses avec 
une telle précision et une telle verve qu’on croit, non plus lire ses ré¬ 
cits, mais voyager avec lui à travers la Méditerranée, l’Égypte et l’I¬ 
talie. 

Ceux qui aiment les souvenirs classiques y trouveront les plus dé¬ 
licieux passages d'Homère et d’Ovide, relatifs aux lieux qu’on ren¬ 
contre dans le pittoresque trajet de Marseille à Alexandrie. Ceux qui 
préfèrent la couleur moderne n’auront que l’embarras du choix; ils as¬ 
sisteront tantôt au départ des caravanes algériennes pour la Mecque, 
tantôt à la description des pyramides du Nil, du Caire et des princi¬ 
pales curiosités de l’Égypte, tantôt à la cérémonie religieuse de l’i¬ 
nauguration du grand canal de Suez, faite en présence de plusieurs 
souverains par le clergé catholique et les dignitaires du culte musul¬ 
man. 

Mais ce qui nous a surtout frappé dans cet ouvrage, c’est la vi¬ 
gueur avec laquelle M. Constantin James venge les grands récits bi¬ 
bliques, tels que le passage de la mer Rouge par les Hébreux, la pluie 
miraculeuse de la manne, des attaques de l’incrédulité moderne. C’est 
au nom de la science, en s'appuyant sur la connaissance des lieux, qu’il 



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montre l'impuissance ou la mauvaise foi de ces attaques et la majes¬ 
tueuse vérité historique des livres saints. On se demande, après avoir 
lu les explications si lucides et si péremptoires de M. James, commen 
des esprits distingués ont pu s laisser entraîner, par la passion de nier 
les miracles et l’intervention surnaturelle de la Providence, à des aber¬ 
rations indignes d’un homme sérieux, 

M. James, en quelques pages pleines d’attrait, à la portée de toutes 
les intelligences, a rendu un tel service à la cause catholique, que nos 
plus éminents évêques se sont empressés de lui adresser leurs meil¬ 
leurs remercîments et leurs plus vives félicitations. Il ne pouvait re¬ 
cevoir un témoignage plus flatteur pour une œuvre où le mérite de la 
forme égale la valeur du fond. 

LES MIRACLES DE NOTRE-DAME DE LOURDES, 

défi public par Artus.— Prix : 25 cent. 

On a beaucoup parlé du défi public porté à la libre pensée par M. Ar¬ 
tus, à propos des miracles de Notre-Dame de Lourdes. Ayant été lui-* 
même le témoin d’une guérison miraculeuse dans sa propre famille, et 
convaincu par là de l'exactitude des autres miracles dont M. Lasserre 
s'est fait le consciencieux historien, M. Artus avait conçu le projet 
de prendre toute la libre pensée à partie. Il offrit donc de parier 
10,000 francs contre le premier venu que les prodiges racontés par 
M. Lasserre sont vrais. U en choisit deux au hasard, offrant d'en 
prendre deux autres au gré de ses adversaires; il déposa les 10,000 fr. 
chez un notaire de Paris, 5,000 francs en plus pour les frais; il donna 
son nom, son adresse et publia son appel dans tous les journaux. Le 
jury devait être composé des membres de l'Institut. 

Dans le vaste camp de l'incrédulité, il ne se trouva pas un seul 
homme assez hardi pour tenir le pari ni pour risquer 10,000 francs sur 
sa libre pensée. Ils auraient pu se cotiser à un franc par tête et se 
mettre dix mille hommes pour avoir ensemble autant de courage que 
cet audacieux catholique. Ils ne l'ont pas fait. Tout ce monde-là fut 
subitement atteint d’une incurable surdité. 

Pour être complet cependant nous devons dire qu'un sieur de Mer- 
cadeau, rédacteur d'un petit journal du Midi, commença par répondre 
et parut d'abord tenir le pari. Il espérait que devant sa rodomontade 
M. Artus retirerait son argent. Celui-ci maintint son offre, et ce fut 
l'autre qui se déroba. On alla aux informations; ce vaillant homme 


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avait signé sa lettre d’un faux nom. Toute la libre pensée était en dé¬ 
route : son unique soldat avait fui. 

M. Artus vient de rappeler au public cette amusante histoire, dans 
une petite brochure. Il annonce, dans la préface, qu'il a envoyé la bro¬ 
chure à tous les journaux. Nous compterons parmi nos adversaires 
ceux qui auront le courage de la signaler. 

U2 MONDE MODERNE, histoire du monde depuis la conquête dé Constan¬ 
tinople jusqu’à la fin du règne de Louis XIV, par Henri de Runcey. Paris, 

2 vol. in-8. 

Nous avons sous ce titre, le Monde moderne, la continuation de l’his¬ 
toire du monde par M. Henri de Rianoey, l’œuvre par excellence de 
oet excellent et regrettable auteur. 

Le premier volume s’ouvre par la prise de Constantinople et de là 
passe aux grandes découvertes maritimes et aux guerres des Français 
en Italie. Ce sont, en effet, de grands noms et de grands faits histo¬ 
riques que Charles VIII et Louis XII guerroyant au delà des Alpes, 
Ferdinand et Isabelle achevant la conquête de l’Espagne, Christophe 
Colomb ajoutant un nouveau monde à l’ancien et Gaina ouvrant à 
l’Europe la route de l’Afrique et des Indes. 

Dans l’ordre religieux et moral nous assistons à la plus formidable 
révolte qui se soit encore produite : Luther déchirant la robe sans cou¬ 
ture de l’Église; et au plus magnifique triomphe qu’ait remporté cette 
même Église : le concile de Trente, qui asseoit pour des siècles la dis-* 
cipline et le dogme sur des fondements inébranlables. 

Après nous avoir fait gémir ailleurs sur la brillante et déplorable 
rivalité de Charles-Quint et de François I #r , le livre se ferme sur l’his¬ 
toire de notre roi populaire, Henri IV, qui, en renaissant à la religion 
de ses pères, fait en même temps renaître la France à la gloire et au 
bonheur. 

Le second volume était à peine terminé, lorsque la mort vint enlever 
l’auteur à la science et aux lettres. C'est son fils, M. Adrien deRiancey, 
qui a pris le soin pieux d’en préparer la publication. Respectant l’œuvre 
paternelle, il s’est borné à énoncer en leur ordre et en leur temps les 
faits principaux ; car, dit-il dans sa préface, - je veux rester sobre 
d’appréciations que mon inexpérience rendrait périlleuses. » Tout le 
monde applaudira à ces nobles sentiments inspirés par la piété filiale 
et commandés en partie par le mérite de l’œuvre elle-même. En effet, 
ce dernier volume de M. le comte de Riancey est, sous tous les rapports, 


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digne des précédents» si ce n'est qu’il serait peut-être plus juste 
d’affirmer qu'il les dépasse tous. Ce qui lui donne un puissant intérêt 
et une sorte de douloureuse actualité» c’est le récit des grandes luttes 
de Louis XIV sur le Rhin avec ces vaillants capitaines qui avaient 
noms Condé, Turenne, etc. 

(Pour les ouvrages ci-dessus , d'après la Revue du monde catholique .) 

Z«A HEINE DES MEUS. Venise, ses doges, ses princes, par M m * Barcé. 1 vol. 
in-8° de 268 p. avec 4 gravure. — Prix : 1 fr. 50. 

La république de Venise a duré onze siècles» sous cent vingt-deux 
doges» depuis Anafesto, élu en 697, jusqu’à Louis Marini, dont le 
pouvoir expira, avec la république elle-même, en 1797. 

Faire tenir en un mince in-octavo l’histoire de ces doges, de Venise, 
de ses révolutions, de ses conquêtes, de sa gloire et de sa décadence; 
en d’autres termes, résumer en moins de trois cents pages les huit 
volumes de M. Daru, c’était une entreprise très-difficile. 

L’auteur pourtant s’en est heureusement tiré, en ce sens que cer¬ 
taines parties du livre, les passages entre autres relatifs à la quatrième 
croisade et .aux guerres de rivalité entre Venise et Gênes, présentent 
un véritable intérêt. 

Mais, aux époques suivantes, alors que l’Italie devient, comme on l’a 
dit, le champ de bataille de l'Europe, on ne peut se dissimuler que la 
complication des événements amène quelque confusion dans le récit, 
en même temps que leur nombre oblige à une certaine sécheresse. 
D’autre part, pour le xvi* siècle, on regrette que le mouvement de la 
Renaissance, si remarquable à Venise, ne soit pas plus nettement 
indiqué. 

Tel qu’il s’offre néanmoins, le.livre de Mme Barbé sera lu utilement 
par un nombreux public : celui qui, avide d’instruction, ne peut cepen¬ 
dant entreprendre des lectures très-étendues. 

HISTOIRE POPULAIRE DES ZOUAVES PONTIFICAUX ( Volontaires 

de VOuest) pendant la campagne de France 4870-71, par M. l’abbé E. Mail¬ 
lard. 1 vol. in-48 de 69 p. 1874. — Prix : 35 cent. 

Cette petite brochure, facile et utile à propager, offre le résumé 
rapide et intéressant du livre plus développé de M. de Gerlache. 

On y trouve des ordres du jour de Charette, des mots heureux, des 
anecdotes curieuses, et surtout deux tableaux très-bien tracés de la 
belle conduite des zouaves à Patay et au Mans. 


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HISTOIRE POPULAIRE DES GARIBALDIENS pendant la campagne de 

France 1870-71, par M. Pabbé E. Maillard. 1 vol. in-18 de 71 p. 1871. — 

Prix : 35 cent. 

Brochure formant le pendant de la précédente, et méritant également 
la note : facile et utile à propager. 

Elle est faite sur le môme modèle, au moyen des articles de journaux 
parus pendant la guerre, sur le théâtre même des exploits de Garibaldi. 
Des anecdotes curieuses dont quelques-unes sont peu connues, amu¬ 
seront le lecteur et lui feront apprécier à leur juste valeur les héros à 
chemises rouges. 

(Pour les trois ouvrages ci-dessus , d'après le BuUetin des publications 

populaires.) 

DIEU ET L’OUVRIER, par M. de Plasman. 

M. de Plasman vient de faire paraître un nouvel ouvrage qui, dans 
les circonstances actuelles, doit fixer l'attention de toutes les classes de 
la société; il a pour titre Dieu et l'Ouvrier ; par ce mot ouvrier , M. de 
Plasman entend toutes les classes de travailleurs ; aussi a-t-il dédié 
son œuvre au peuple français. 

Sous ce titre modeste, Dieu et l'Ouvrier, on pourrait croire qu'il ne 
s’agit que de conseils de morale et de religion dont les événements 
1870-1871 prouvent que les ouvriers ont certainement besoin; mais 
M. de Plasman, dans un cadre resserré, traite dans la première partie : 
de la terre, des animaux, de l'homme, du ciel, et il répand sur tous 
ces tableaux une grande clarté et un intérêt saisissant. 

Il répète les objections qui se sont élevées contre l’existence de Dieu; 
il prouve Dieu par les merveilles de la nature et par le sentiment du 
juste et du vrai que Dieu a déposé dans notre cœur. — Dans la 
seconde partie il traite de l’immortalité de lame, et sa démonstration 
est si évidente qu’en terminant la lecture de l'ouvrage on éprouve une 
espérance qui soulage le présent et dore tout notre avenir. 

Quoique l’ouvrage ne s’adresse qu’aux hommes de travail, il offre 
un si grand intérêt et des aperçus si nouveaux que toutes les classes 
de la société doivent profiter grandement à cette lecture. 

(D'après VImpartial du Loiret .) 
t. vu. 14 


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L’ARMÉE DE MAC-MAHON ET LA BATAILLE DE BEAUMONT, 

par M. l'abbé Defoürry, curé de Beaumont. 1 vol. — Prix : 2 fr. 

Nous venons de lire cet ouvrage avec tout l’intérêt que commande 
l’importance des événements qui y sont racontés, intérêt que rendaient 
plus vif encore le nom et la position de l'auteur, et aussi nos souvenirs 
personnels. Les limites de cet article ne nous permettent pas d’en don¬ 
ner une analyse complète ; nous voulons seulement faire connaître les 
impressions que nous en avons ressenties. 

Elles sont de deux sortes : 

La description du pays est bien faite, la marche des corps d’armée 
clairement indiquée, les différentes phases de l’action bien étudiées et 
présentées d’une façon souvent saisissante. 

On sent que l’auteur a assisté vraiment à ues tristes scènes, et qu'il 
en a souffert comme citoyen et comme prêtre; on l’aime pour ses an¬ 
goisses patriotiques et son zèle de pasteur. 

Mais, à côté de ces qualités du livre et de l’auteur, nous avons vu avec 
regret se produire des erreurs et des appréciations au moins étranges. 
M.Defoumy a accepté avec une confiance blâmable tous les récits de ses 
paroissiens, et ceux non moins inexacts de quelques officiers blessés. 
Quelques-unes de leurs histoires sont vraiment par trop invraisem_ 
blables : telle est celle d’un colonel et de ses quatre officiers qui veulent 
s’enfermer à la mairie de Beaumont, parce que six uhlans sont dans le 
village, et aussi celle des officiers supérieurs de Mouzon qui jouent du 
piano pendant la bataille et refusent d’aller se battre. M. Defoumy 
semble en vouloir surtout aux généraux et aux officiers d’état-major, 
et leur reproche, avec quelque amertume, de ne pas être restés trois 
semaines sans manger. Nos malheurs provenaient toujours, à l’en 
croiie, de ce que le général ou l’état-major étaient à déjeuner. C’est au 
moins puéril. 

Une partie de l’ouvrage, que nous louons sans réserves, c'est le récit 
même de la bataille, où du simple exposé des faits ressort-clairement la 
part de responsabilité qui revient à chacun des généraux. 

Sans doute le général commandant le 5 e corps eut le tort de se mal 
garder, le fait n’est pas contesté; mais on s’était battu la veille à Bois- 
des-Damds, depuis midi jusqu’à sept heures du soir, et l’encombrement 
delà seule route indiquée pour gagner Beaumont n’avait permis d’arri¬ 
ver dans cette localité qu’au point du jour : ce court trajet avait été 


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des plus pénibles, on était forcé de s’arrêter à chaque minute, les offi¬ 
ciers montés marchaient à pied pour ne pas s’endormir sur leur cheval ; 
on était littéralement épuisé de fatigue et de faim. 

En arrivant dans le village occupé la veille par nos troupesy et autour 
duquel se trouvaient réunis le 7 e corps à Stone, le l flP à Douiy et le 
12 e à Mouzon, on n’eut pas une crainte bien vive d’être attaqué panle 
corps prussien, auquel on avait résisté avantageusement la veilleave 
les seules forces du 5 e corps. 

Le maréchal partagea cette confiance, quand il traversa Beaumon 
huit heures et demie du matin, et personne autour de lui me songea 
demander une modification à l’ordre adopté. 

Quoi qu’il en soit, on était mal placé, mal gardé, et on a été surpris ; 
en quelques minutes, deux régiments avaient le tiers de leurs heaumes 
hors de combat; mais un quart d’heure «près le premier coup de canon, 
le reste du corps d’armée occupait des positions avantageuse» au nord 
de Beaumont, et la résistance était organisée deJamanière.la plus in¬ 
telligente. : . 

Les deux ou trois officiers que Fon prétend avoir vu fuir à toutes 
brides en insultant les soldats, se précipitaient, par ordre; àMouzon, 
pour informer le maréchal que rien-n’était perdu, et que lmn tiendrait 
assez longtemps pour attendre f'arovéedes* I er , 7 e et l2*corps. 

En réalité, on tint sept heures; mais lé secours ne vint pas. Telle est 
l’importance d’une seule faute dans un pays où le succès est tout. 

Personne ne songe à tenir compte «u commandant du 5 e corps des 
difficultés qu’il a eu à surmonter pour amener ses troupes de ;Sarre- 
bourg à Beaumont, au milieu des ordres contradictoires et des chan¬ 
gements d'itinéraire qui lui étaient imposés;mais, un- jour, les régi¬ 
ments de son corps d’armée négligent les précautions accoutumées, et 
tout est perdu. Les services «intérieurs du général, la fermeté avec 
laquelle il répare en quelques instants la surprise de Beaumont, les 
preuves de courage qu’il donne avant-de passer la Meuse, tout : cela 
disparaît dans le désastre final, et il devient : l’homme qui n'a pas 
voulu marcher à Reichshoffen, l’homme qui a oublié son artillerie au 
Camp de Châlons. L’absurdité de ces calomnies en assure la succès, 
■tandis qu en dehors de ceux qui ont assisté à toutê la journéeide.Beau¬ 
mont, trè9-peu de personnes savent pourquoi la défaite a été-aussi 
complète. Et ce ne sont pas les commandants des 1 er , 7 e et 12 e corps 
qui se chargeront d’éclairer a césujet l’opimon publique. 

[D'après la France nouvelle.) 


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L’AUTORITÉ ET LA LIBERTÉ, par Mgr Landriot, archevêque de 
Reims. 1 vol. 12. — Prix: 2 fr. 

Le monde politique, aussi bien que le monde moral, repose sur deux 
bases essentielles : l’autorité et la liberté. Les malheurs de nos sociétés 
modernes viennent de ce qu’on a faussé dans les esprits l’intelligence 
vraie de ces deux mots. Il appartient à l'Église, organe de la vérité, de 
leur rendre leur signification propre et de guérir ainsi la plaie sociale. 

Ce qui manque à nos sociétés modernes, c est le respect pour l’au¬ 
torité. D’où vient ce manque de respect? Du déplacement du principe 
autoritaire. On ne le fait plus découler de Dieu, mais du peuple sou¬ 
verain. « Or, dit M. Guizot, Dieu seul est souverain, et personne ici- 

* bas n'est Dieu, pas plus les peuples que les rois. Donc il faut en 

* revenir à l’enseignement chrétien : tout pouvoir vient de Dieu. Car 

* si vous découronnez de leur auréole divine et l’individu, et le chef de 

* la famille, et les gouverneurs des nations, vous ne laissez que le 
« coté humain. Ce coté humain, nécessairement défectueux, engendre 
« le mépris. Du mépris à l’anarchie et aux révolutions sanglantes, la 

* marche est rapide et fatale. Ce qui a inspiré à Royer-Collard cette 

* parole : « Nous périrons faute de respect, «et à Franklin cet autre 
« mot non moins juste : « Chaque nation a le gouvernement qu’elle 

mérite. « 

Une telle doctrine ne consacre nullement le droit divin, tel que l’en¬ 
tendent certains esprits prévenus. Elle ne favorise pas davantage les 
abus du pouvoir. Mais elle fait ressortir l’ingratitude, l’injustice et les 
funestes conséquences des attaques dirigées contre l’autorité. D’où la 

* nécessité de chercher dans la pratique sérieuse de l’enseignement chré- 
jtien le seul remède possible et efficace aux maux de notre société. 

• L’Église ne montre pas moins de courage à défendre les droits de la 
cüberté qu’à soutenir les principes de l'autorité. C’est pourquoi elle ne 
tee laisse point abuser par ces grands mots : liberté, égalité, fraternité, 
cftrogrès, civilisation; paroles séductrices dont se servent de prétendus 
libéraux pour tromper les peuples et satisfaire leur ambition personn¬ 
elle. Le christianisme seul leur donne, en pratique comme en théorie, 
-une interprétation satisfaisante. Il nous montre, à la lumière de la foi, 
içy’au lieu de chercher à greffer la vertu sur la liberté, comme on pré- 
etpnd te faire aujourd'hui, il faut au contraire greffer la liberté sur la 

vertu. - Il n’y a qu’un peuple vertueux, dit Franklin, qui soit capable 
de porter la liberté. * 


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L'autorité et la liberté, venant se donner le baiser de paix dans un 
respect commun envers la loi divine, donneront toujours la paix et la 
prospérité aux nations. 

Telle est, en substance, la doctrine qu’a expliquée Tarchevêque de 
Reims à son peuple, dans cinq conférences qu'il vient de livrer à la pu¬ 
blicité; planant au-dessus de tout esprit de parti et de tout système 
gouvernemental, il développe avec éloquence les étemels principes de 
renseignement chrétien, en les corroborant parles témoignages nom 
suspects des libéraux anciens et modernes. Le bien qu’a opéré sa parole 
dans son immense auditoire ne peut que se propager et s’accroître à la 
lecture de son ouvrage. ( D’après la Semaine catholique de Lyon.) 

DEUX DINDONS ET UN CHAMPENOIS, à propos de la Commune de 
Paris. Paris, 1871. In-18 de 36 p. 

Encore le bon sens du village contre l'esprit de Paris; les deux 
dindons,qui sont de Paris, raisonnent sur la Commune en vrais dindons; 
Je Champenois, qui est de son pays, raisonne avec son bon sens, et bat 
comme plâtre les deux Parisiens, dont un, au moins, reconnaît sa 
bêtise. 

Bonne petite brochure de 20 centimes à propager. 

LE DIEU NOUVEAU, récit populaire traduit de Conrad de Bolanden, par 
J. Griser. Strasbourg, 1871. In-24 de 64 p. — Prix : 30 cent. 

Nojis avons déjà apprécié VAncien Dieu , du même auteur; le Dieu 
nouveau , c'est le pape infaillible, et le but de cette brochure est de 
bien montrer ce qu'il faut entendre par l’infaillibilité pontificale, de 
dévoiler les trames de la conspiration qui présente le nouveau dogme 
sous le jour le plus faux, de prouver que nier l’infaillibilité du Pape, 
c’est nier l’infaillibilité de l’Église; enfin, que c’est calomnier le dernier 
concile que de dire qu’il a fait du Pape un Dieu. Bon petit livre à 
répandre et à propager. 

LES QUATRE SAISONS, petites leçons du grand'papa, par Paulin Teg- 

LifcREs, professeur de sciences naturelles, officier d’académie. 3 e édition, 1871. 

Paris, in-12 de vm-464 p. — Prix : 2 fr. 50. 

Voici un petit livre bien imprimé, bien écrit, bien pensé, qui mérite 
de tous points l’accueil qu'on lui fait. Il y a là un grand-papa qui cause 
avec un petit-fils, un enfant très-intelligent et très-désireux de s’ins- 


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traire, et chaque saison vient à son tour fournir l'occasion d'apprendre 
une foule’ de choses relatives à la physique, à ta chimie, à la bota¬ 
nique, à la zoologie, à l’industrie. D'ailleurs le grand-papa a bien soin 
de ne pas négliger les occasions d'élever jusqu’à Dieu les pensées de 
l'enfant ; il fait sans pédanterie, sans ton de prêcheur, tout natu¬ 
rellement, et l'enfant lui-même fait des réflexions qui montrent qu'il 
a compris les leçons qu’on lui donne. Les Quatre Saisons sont donc un 
bon livre d’éducation et d’enseignement, un de ces livres que nous 
voudrions voir se multiplier, et que la plume de M. Teulières sait rendre 
aussi agréables qu'utiles. 

(Pour les articles ci-dessus , d'après les Annales catholiques.) 

HISTOIRE DE L'ÉGLISE DE NOTRE-DAME DES VICTOIRES ETC 
DE L’ARCHICONTBÉRIE DU TRÉS-SAIRT ET IMMACULÉ 
CŒUR DE MARIE, par M. l’abbé Lambert, vicaire à Notre-Dame des 
Victoires, et M. l’abbé Buirette, curé de Gland, près Château-Thierry. 

Cet important ouvrage est divisé en trois parties. 

Dans la première, lés auteurs étudient, sous forme d'introduction, 
les divers triomphes accordés par la Mère de Dieu aux nations chré¬ 
tiennes sur leurs ennemis, triomphes qui lui ont valu dans les âges les 
plus reculés le titre de Notre-Dame de la Victoire ou des Victoires. 
Ce rapide exposé justifie le sens donné par la tradition à ce texte des 
Écritures quelle applique à la sainte Vierge, terribilis ut castrorum 
acies ordinata ; Vous êtes terrible, ô Marie, comme une armée rangée 
en bataille. Il faut remonter jusqu'à l’an 626 pour trouver l'origine de 
oette glorieuse appellation de Notre-Dame de la Victoire. Les Grecs, 
déjà si confiants dans la Reine du ciel, lui exprimèrent par cette invo¬ 
cation nouvelle leur pieuse reconnaissance. Depuis cette époque,, ta 
sainte Vierge ne cessa de se montrer secourable aux chrétiens contra 
leurs ennemis. L'introduction au livre que nous analysons contient 
les témoignages les plus irrécusables de ce genre d’intervention de ta 
Mère des hommes en faveur de ses serviteurs. Notre-Dame de la Vic¬ 
toire, honorée d'abord par les Grecs jusqu'au moment de leur décadence, 
le fut ensuite et avec no a moins d'enthouaiasnieqrar les Espagnols, lea 
Portugais, les Italiens si dévots à leur Madone, les Belges, les Alle¬ 
mands, les Hongrois et les Polonais. La France enfin, qui est le 
royaume de Marie, regnnm Galliœ, regnum Marias , proclama dès le 
règne de Philippe-Auguste, à l’occasion de la bataille de Bouvines, lea 
victoires de la sainte Vierge. C’e6t de œtte époque que date la fondai 


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lion, de Notre-Dame de Bon-Secours près de SenUs> qui s était appelée 
d’abord. Notre-Dame de la Victoire. Louis VIII, Louis XI, Philippe 
le Bel, Philippe de Valois, Louis XIII et Louis XJ Y, héritèrent des 
sentiments de leurs prédécesseurs envers la Protectrice de leurs armes. 

Cette introduction, fruit d’un long travail et des plus savantes 
recherches,, est un véritable chef-d’œuvre d'érudition et d'apologétique 
chrétienne. 

La deuxième partie de l'ouvrage est consacrée spécialement à l'église 
de Notre-Dame des Victoires. Projetée et fondée par Louis XIII, elle 
fut bâtie par Louis XIV et bénie en 1666 par Mgr de Péréüxe, arche¬ 
vêque de Paris. MM. Lambert et Buirette, avec un soin que l'on pour¬ 
rait appeler filial, nous donnent la description la plus minutieuse de 
leur chère églises Toutes les parties du chœur et de la nef, toutes les 
chapelles, tous les tableaux sont étudiés successivement. Il n'est pas* 
jusqu'aux cloches qui n’aient leur histoire particulière et détaillée* 
Puis, viennent les confréries, diverses* érigées en cette église, entre 
autres celle des SalpUriers,, heureux de confier leur redoutable industrie 
au- patronage de la Reine des armées ; les fondations de toutes sortes 
établies en cette même église, etc. 

Les derniers chapitres contiennent la relation des faits les plus, im¬ 
portants qui se sont passés en l'église de Notre-Dame des Victoires 
avant la Révolution et depuis la réouverture des églises jusqu'aux 
événements de l’année 1871, à savoir : l’expulsion des Augustins 
déchaussés connus sous le nom de Pètits-Pères, ^érection de leur 
église en paroisse sous le vocable de Saint-Augustin ; puis en 1796 
l'installation de la Bourse dans le pieux sanctuaire; plus tard, à 
l’époque du Concordat, la restauration dp titra et de la paroisse de 
Notre-Dame des Victoires, et sa réconciliation par Mgr de Chabot 
en 1809. Enfin les dernières pages rappellent les excès et les profana¬ 
tions indignes dont cette église fut le théâtre pendant le règne néfaste 
de la Commune. 

Cependant le principal intérêt du livre se concentre dans la troi¬ 
sième partie, dont les deux autres ne sont, à vrai dire, que le prélude. 
Ce qu on. cherche en effet dans une histoire de Notre-Dame des Vic¬ 
toires, c'est avant tout ce qui a trait à l'origine et au développement 
de cette archiconfrérie célèbre qui s'est étendue dans le monde entier. 
Bien* de complet n’avait paru jusqu'ici, qui pût satisfaire sur ce point, 
la» légitime curiosité des agates pieuses. L’œuvre consciencieuse de» 
MM. Lambert et Buiretto ne laisse rien à désirer, lie ont sans douta 


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profité des essais de leurs devanciers, mais de manière à élever un 
monument tout à fait nouveau pour la forme et pour les proportions. 
Indépendamment de la partie historique concernant M. Desgenettes et 
le succès merveilleux de son œuvre, partie fort intéressante, pleine de 
faits surnaturels et de sève chrétienne, les fidèles liront avec intérêt 
plusieurs chapitres fort sérieux sur la dévotion au très-saint Cœur 
de Marie et son antiquité dans l'Église, sur l'influence du culte de la 
sainte Vierge aux différentes époques de l'histoire, sur les motifs qui 
semblent avoir déterminé la Providence à choisir Paris pour le siège 
de l'archiconfrérie, enfin sur les raisons qui en découlent pour nous de 
ne pas désespérer de la capitale de la France. 

Nous avons pensé qu'il suffisait pour le recommander d'analyser 
froidement ce grand ouvrage, qui bientôt trouvera sa place dans toutes 
les bibliothèques chrétiennes. Le style en est simple et grave, parfois 
animé, toujours correct et empreint d'une touchante piété. Les divers 
sujets traités par les auteurs leur ont permis de répandre dans leur 
œuvre du mouvement, de la variété et de la vie. C'est au moment où 
l’archiconfrérie semble entrer dans une phase nouvelle, que cette 
importante publication devait se produire, et nous ne doutons pas 
qu’elle ne contribue pour une grande part à la prospérité d'une insti¬ 
tution qu'elle se proposait uniquement de faire mieux connaître. 


IVAN LE TERRIBLE, ou la Russie au zvi 6 siècle, i vol. in-12 de 400 p. 
par M. le comte Alexis Tolstot; traduction du prince Augustin Galitzin. — 
Prix : 3 fr. 50. 

Le règne du czar Ivan IV, si justement appelé le Terrible , dont la 
durée de plus d'un demi-siècle s'étend de 1533 à 1584, est, en effet, 
l'époque la plus tragique de l'histoire de Russie, et jusqu'à ces derniers 
temps l'une des moins connues : car naguère encore, sous l'empereur 
Nicolas, qui, lui aussi, aurait bien mérité quelque peu le surnom de 
Terrible, il était absolument interdit d'en parler. C'est cette curieuse 
époque dont un des meilleurs écrivains russes, le comte Alexis Tolstoy, 
a fait l'objet de ses recherches et de ses études spéciales et qu’il a 
retracée, avec la précision de l’érudit et le sentiment de l'artiste, dans 
le roman historique que nous annonçons, et qui, selon les propres 
paroles de l’auteur, dans sa Préface « ne vise pas seulement à faire 
« revivre certains événements, mais surtout à caractériser une époque, 
« et à se rendre compte des croyances, des mœurs, du degré de civi- 


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« lisation de la société russe dans la seconde moitié du seizième 
- siècle. » 

(Pour les deux ouvrages précédents , d 9 après la Semaine religieuse 

de Paris.) 

L'ÉCOLE POLYTECHNIQUE et nos institutions militaires et scientifiques, 
par un ancien officier. Paris. 1 vol. 

« L’Europe ne nous envie plus rien, pas même l'École polytech¬ 
nique. » 

Ainsi parlait récemment un professeur de cette fameuse institution, 
en ouvrant son cours. Il exprimait une vérité, mais il Peut exprimée 
mieux encore s'il eût dit : « et surtout pas l'École polytechnique. » 
L'étude dont nous nous occupons le prouve. 

Qui eût osé l’écrire, ou même le penser, avant nos récents désastres? 
Qui nous eût dit qu'après avoir possédé quatre-vingts ans « la pre¬ 
mière École du monde, » après l'avoir nourrie chaque année de la fleur 
des générations françaises et lui avoir confié la haute et à peu près 
exclusive direction de toutes ses administrations, tant civiles que mili¬ 
taires, la France serait écrasée, sillonnée en tous sens par l'ennemi, 
enfin mise à rançon et démembrée, sans que pas un de ces chefs, 
orgueil de la glorieuse École, se trouvât de force à lutter contre la 
science de l’ennemi et sans qu’il se révélât en dehors des préparations 
officielles un seul génie capable de la sauver I La France! 

Soyons justes, quelques rares esprits clairvoyants : MgrDupanloup 
dans son livre De VÉducation, M. Raudot dans son trop prophétique 
ouvrage De la décadence de la France , M. d'Armentières dans la Revue 
du monde catholique , avaient essayé de dissiper l'illusion. Ils avaient 
pressenti et expliqué d'avance cet incroyable phénomène d'affaissement 
d’une grande nation Ils avaient montré que le système polytechnicien 
avec ses monopoles éteint fatalement, et quelle que soit la valeur per¬ 
sonnelle de quelques individualités, toute émulation, tout progrès, tout 
esprit d'initiative. 

En effet, pas de progrès scientifique sans travail. Mais, je vous le 
demande, pourquoi l'employé de lÉtat, en France, travaillerait-il? 

De deux choses l'une : ou cet employé sort de l’École polytechnique, 
ou il n’en sort pas. 

S'il sort de l'École, il arrivera quand même; qu'il travaille ou non,il 
arrivera en haut de l'échelle administrative. On ne lui demande plus 
de quoi il est capable aujourd'hui, mais de quoi il fut capable à vingt 


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— 218 — 

ans. Conclusion, il se repose. Ii se repose d'autant plus volontiers qu'il 
est généralement épuisé par la préparation en serre chaude avant sa 
vingtième année. 

Les vices du système avaient éclaté dès sa fondation. Un mémoire 
du comité des fortifications, en date du 2 germinal an VI, porte que : 
c depuis l'institution de l’École polytechnique, le génie et l'artillerie 
n'ont point eu de sujets comparables à ceux qu'un concours général de 
tous les citoyens leur procurait autrefois. Tout ce qui, dune cette École, 
réunit le plus de capacités, se présente pour les services civils; l'état 
militaire n'est vraiment pour eux qu'un pis-aller. » Le ministre de la 
guerre, Pétiet, constatait les mêmes résultats et annonçait que l'orga¬ 
nisation de VÉcole polytechnique porterait un rude coup aux corps mili¬ 
taires en les remplissant d'officiers supérieurs sans vocation, sans 
ardeur, tous les derniers de leur promotion* 

Ces plaintes se renouvelèrent plus d'une fois depuis. Mais contre les 
raisons décisives l'institution a toujours trouvé des protections plus 
décisives encore. Les élèves occupaient tous les emplois supérieurs. Ils 
dominaient dans les ministères, les chambres, les corps savants, 
partout. 

L'auteur de Y École Polytechnique traite surtout la question au point 
de vue militaire, qui est sa spécialité professionnelle; mais il n'en né¬ 
glige point les autres aspects. Il étudie aussi les influences sociales et 
littéraires de la fameuse école; il démasque l'esprit de caste et cette 
espèce de franc-maçonnerie envahissante qu'elle constitue en dépit de 
nos mœurs démocratiques; ii signale les antagonismes qu'elle crée 
trop souvent au sein des administrations. Bref, il mérite l’attention 
de tous. 

Une chose que l'on ne saturait trop remarquer, c'est que les mono¬ 
poles de l’Ecole polytechnique ont tenu et tiennent à un autre plus gé¬ 
néral, eelui de l’Uiiiversité. Jamais l’opinion n'eût supporté cette 
monstruosité d’une institution scolaire brevetée avee garantie 1 do gou¬ 
vernement, pour nous fournir toute seule d'ingénieurs, si xat despote 
n'avait eu en même temps l'incroyable idée de couler dans le même 
moule toutes les intelligences cultivées de son empire. « Dans votre 
machinery scolaire, nous disait naguère le Times, tout se tient et tout 
se vaut. » Et tout doit être changé! 

Revenons, pourvu qu'il en soit temps encore, revenons à la liberté 
d’avant 1792. La résurrection de la patrie est à ce prix. 


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PETIT CATÉCHISME POLITIQUE, par M.-J. de Kernaeret. 1 brochure. 

—. Prix : 10 cent. 

M. de Kernaëret traite, dans un Petit Catéchisme de propagande, de 
Dieu, de Yautoritè, de la famille, de Y État, de la monarchie , de la sé¬ 
dition, de la constitution française , des révolutions , des objections , du 
roi . On peut lui appliquer, en toute justice, le mot populaire : Cest 
court et bon . Pas un mot inutile, pas une phrase qui ne soit une vérité. 
La forme par demandes et par réponses fait jaillir la pensée, la vie, 
nette et vive. Le prix lOeentimea en fiait un livre de propagande. Dans 
l'intérêt de la vérité historique et per patriotisme national, qu'on le 
propage activement. 

(Pour les deux articles ci-dessus d'après la Revue du Monde catho¬ 
lique.) 

LES COLONIES FRANÇAISES. GÉOGRAPHIE, HISTOIRE, STA¬ 
TISTIQUE, par A. de Longeville. 1 vol. in-8° de 253 p. avec 2 gravures. 

— Prix : i fr. 50. 

Le programme annoncé par le titre de ce livre est fidèlement suivi. 
Un chapitre est consacré à chacune de nos colonies, envisagée au 
triple point de vue de la géographie, de l'histoire et de la statistique.. 

De la sorte, nous passons successivement en revue le Sénégal, les 
établissements français dans l'Inde* Saint-Pierre et Miquelon, la 
Guyane française, les Antilles françaises, Madagascar, L’île de la Réu¬ 
nion, les établissements français en. Cochinchine, les établissements 
français dans l'Océanie. 

Ce livre, rédigé avec assez de soin et dans, un bon esprit, notam¬ 
ment lorsque l'auteur fait ressortir l'utilité et la pureté du rôle des 
missionnaires, offrira, de l’intérêt à quiconque est désireux de se ren¬ 
seigner sur nos colonies. 

SAGESSE ET BONHEUR oilLE. TOIT PATERNEL, par.J.-B.-L.G ha*- 
pagnac. \ voL in-12. de 288 p. avec 4 grav, — Prix : 2 fr. 

Ce livre a un but moral bien déterminé : montrer lès dangèrs de 
l'ambition,, qui entraîne tant de] jeunes gens de la campagne vers 
Paris* 

C’est l'histoire d’une honnête famille d’Auvergne,. 

Les*, trois enfants du père Delphin ont été élevée par lui dans L’a- 


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— 220 — 


mour du travail et du devoir. Cependant les deux plus jeunes ne ré¬ 
sistent pas à la tentation d aller chercher fortune à Paris, tout en pré¬ 
tendant rester travailleurs et honnêtes gens. 

L aîné, Guillaume, demeuré seul près de son vieux père, ne tarde 
pas à lui fermer les yeux, et fait prospérer le bien paternel. Les deux 
autres ont une existence malheureuse. 

Cet ouvrage, dont la forme a vieilli, est écrit dans un esprit sincè¬ 
rement religieux et peut être mis dans toutes les mains. 

VEILLÉES D’UN VIEUX RÉPARTITEUR DE CAMPAGNE : PETIT 
CODE RURAL DES CONTRIBUTIONS DIRECTES, par MM. Desm- 
g ni ères et Lambert, contrôleurs à Orléans. 1 vol. in-18 de 270 p. — Prix ~ 
i fr. 50. 

Ce livre s’adresse aux habitants des campagnes et aux petits pro¬ 
priétaires ; c’est un guide du contribuable, pour se mettre en règle vis- 
à-vis de l’administration des finances et défendre ses droits s’ils étaient 
lésés. 

Un vieux répartiteur de campagne, ancien maire et ancien classifi¬ 
cateur de cadastre, n’a jamais cessé, dans l’exercice de ces diverse» 
fonctions, de suivre et d’étudier toutes les questions ayant rapport aux 
contributions directes. A l’aide de quelques ouvrages sur la matière* 
il s’est efforcé de compléter une instruction dont il désire faire profiter 
ses concitoyens, en les réunissant chaque dimanche soir à la mairie 
pour écouter des leçons familières. 

Les sujets de ces leçons successives sont : les contributions fon¬ 
cières, des portes et fenêtres, personnelle et mobilière, des patentes* 
des voitures et chevaux, la taxe des prestations et la taxe sur les 
chiens. Suivent des modèles de réclamations et le tarif général des pa¬ 
tentes. 

(Pour les trois ouvrages précédents d 1 après le Bulletin des publica¬ 
tions populaires.) 

LA VIE DANS L'ESPRlT ET DANS LA MATIERE, par le R. P. Méruv 
prêtre de l'Oratoire, professeur à la faculté de théologie, en Sorbonne. 1 voL 
in-12.— Prix : 3 fr. 50. 

D y a cinq mois, Pie IX signalait aux catholiques de France le» 
progrès de l’athéisme et du matérialisme dans les classes populaires- 
Nos lecteurs savent aussi que l’évêque d’Orléans donnait, il y a pen 
de temps, sa démission de membre de l’Académie française, pour pro- 


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— 221 — 


.tester contre les honneurs décernés au matérialisme dans la personne 
de M. Littré. Nous sommes heureux de recommander d'une manière 
toute particulière aux amis de la philosophie et à ceux qui appellent 
de leurs vœux la régénération de la France, un ouvrage très-remar¬ 
quable, publié par le R. P. Méric, sur le matérialisme contemporain. 

Cet ouvrage est divisé en deux livres. Une préface, écrite d'un styie 
Ferme, rapide et d'une très-grande élévation de pensées, énumère les 
principales causes de la décadence philosophique, de l'abaissement de 
la raison publique et du triomphe honteux du matérialisme contem¬ 
porain. Le P. Méric étudie ensuite et réfute les représentants les plus 
tristement célèbres du matérialisme : Moleschot, Buchner, Robin, 
Taine et Littré. Deux chapitres d'une grande beauté, sur l'âme con¬ 
sidérée dans ses harmonies avec le corps et avec Dieu, terminent ce 
premier livre. La dialectique de l'auteur est rapide, savante et très- 
serrée. 

Dans le second livre, le R. P. Méric étudie la vie du corps hu¬ 
main. H examine et discute les systèmes des vitalistes, des organi- 
ciens, des animistes, et constate l’accord de la théologie et des sciences 
sut la nature de la vie humaine. 

Le R. P. Méric a su donner à son travail, que nous croyons destiné 
A un grand succès, un caractère d'actualité qui en augmente l’intérêt. 
On voit qu'il a lu les travaux les plus récents des physiologistes, des 
chimistes, des physiciens, et que, s'il a médité S. Thomas d'Aquin, il 
a étudié aussi MM. Claude Bernard et Houget. 

Nous désirons que ce livre, ferme, savant et éloquent, soit entre les 
mains des séminaristes, des prêtres et des laïques qui veulent défendre 
Jeurs croyances spiritualistes et se tenir au courant des polémiques 
-contemporaines. (D'après la France nouvelle.) 

IX MANUEL DU ZOUAVE PONTIFICAL. 1 vol. Paris. 

On vient de réimprimer le Manuel du Zouave pontifical , par le R. P. de 
4»erlache. Pourquoi, dira-t-on, un manuel du zouave pontifical, puis¬ 
qu'il n’y a plus de zouaves pontificaux? On peut répondre d'abord que 
ces vaillants soldats ont été obligés de se disperser, mais qu'ils existent 
encore, prêts à se reformer, dès que l'Église aura besoin d'eux, dès que 
la France les appellera à son aide. Le général de Cissey, ministre de la 
guerre, leur a dit dans un ordre du jour, au moment, où il les a liccn- 
.ciés: «t Je me sépare de vous avec la profonde conviction que la France 


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— 222 — 


pourra toujours compter sur votre valeur et sur votre dévouement 
contre les ennemis du dehors et contre ceux du dedans. * Lorsque le 
moment sera venu, ils viendront plus nombreux qu'auparavant sous 
leur glorieux drapeau du Sacré-Cœur, et les nouveaux arrivés prendront, 
comme leurs devanciers, pour compagnon et pour soutien de leurs fa¬ 
tigues, ce petit Manuel que Ton trouvait dans les mains glacées des 
zouaves tués à Loigny. 

Mais, si les zouaves pontificaux ne devaient plus reprendre les armes, 
il y a d'autres soldats à qui Ton peut donner leur manuel. On peut le 
distribuer aux ouvriers, à tous les jeunes gens qui vivent dans le 
monde. C'est un excellent type de manuel, où le P. de Gcrlache, Jésuite, 
aumônier des zouaves pontificaux, a réuni avec beaucoup de discerne¬ 
ment toutes les prières les plus utiles à un chrétien qui mène une vie de 
travail et n'a pas le temps de faire des oraisons. Il ne faut pas de bien 
longues prières pour gagner le ciel, le divin Maître nous Ta enseigné. 

Ce qui recommande aux lecteurs pieux cette deuxième édition, c'est 
qu'elle renferme une admirable consécration au sacré Cœur de Jésus, 
composée par qui?... par ce vaillant, ce glorieux général de Sonis qui 
tomba grièvement blessé en chargeant les Prussiens à la tête des zouaves 
pontificaux, le 2 décembre 1870. Sur son lit de douleur, le héros chré¬ 
tien, à qui l'on venait de couper la cuisse, composa, pour les zouaves 
pontificaux, une consécration au divin Cœur de Jésus. On sait que 
ces soldats du Pape marchaient au combat avec une bannière où était 
brodé le divin emblème du sacrifice et qu'ils s'étaient tous mis sous la 
protection spéciale du sacré Cœur. Qu’on lise cette noble et touchante 
prière du général de Sonis et on verra quel chrétien, quel saint, Dieu 
avait donné pour chef, dans cette campagne de France, aux soldats de 
Pie IX: 

0 Jésus î vrai Fils de Dieu, notre Roi et notre Frère, rassemblés tous 
ici, aux pieds de vos autels, nous venons nous donner jpleinement à vous 
et nous consacrer à votre divin Cœur. 

Vous le savez, Seigneur, nos bras se sont armés pour la défense de la 
plus sainte des causes, de la vôtre, Seigneur, pùisque nous sommes les 
soldats de votre Vicaire- 

Vous avez permis que nous fussions associés aux douleurs de Pie IX 
et qu’après avoir partagé ses humiliations nous fussions violemment sé¬ 
parés de notre Père. 

Mais, Seigneur, après avoir été chassés de cette terre romaine où nous 
montions la garde au tombeau des saints Apôtres, vous nous prépariez 


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223 — 


d’autres devoirs et vous permettiez que les soldats du Pape devinssent 
les soldats de La France. 

Nous avons paru sur les champs de bataille, armés pour le combat. 
Votre Cœur adorable, représenté sur notre drapeau, abritait nos ba¬ 
taillons. 

Seigneur, la terre de Franoea bu notre tang, et vous savez si nous 
avons bien fait à la patrie le sacrifice de notre vie. 

Beaucoup de nos frères sont morts. Vous les avez rappelés à vous, 
parce qu'ils étaient mûrs pour le ciel. 

Mais nous, nous restons et nous ignorons le sort que vous nous ré¬ 
servez. 

Faites, mon Dieu, que la vie que vous nous avez laissée soit tout 
entière consacrée à votre service. 

Nous portons tous sur nos poitrines l'image de votre sacré Cœur: faites 
que nos cœurs eu soieut l'image encore plus vraie. Rendez-nous dignes 
du nom de soldats chrétiens. 

Fdites que nous soyons soumis à nos chefs, charitables pour le pro¬ 
chain, sévères pour nous-mêmes, dévoués à nos devoirs et prêts à tous 
les sacrifices. 

Faites que nous soyons purs et de corps et d’âme ; qu’ardents dans le 
combat, nous devenions tendres et compatissants pour les blessés. 

0 Jésus! dans les dangers et dans les souffrances, c'est de votre divin 
Cœur que nous attendons notre plus puissant secours. 11 sera notre re¬ 
fuge lorsque tous les appuis humains nous manqueront et notre dernier 
soupir sera notre dernier acte d’espérance dans sa miséricorde infinie. 

Et vous, ù divine Marie ! que nous avons choisie pour notre mère, à 
vous aussi nous avons rendu témoignage. 

Les champs de bataille ont vu le long cortège des mères, des épo«ses 
et des sœurs en deuil, et, lorsque de pieuses mains remuaient la terre 
qui recouvre les morts, on savait reconnaître les nôtres à votre scapu¬ 
laire. 

Soyez donc notre protectrice et obtenez-nous la grâce de nous tenir 
étroitement unis à vous dans le sacré Cœur de Jésus, durant la vie et à 
l’heure de la mort, pour le temps et pour l’éternité. 

Ainsi soit-il. 




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bulletin sommaire des publications récentes 


Bombardement de Paris (lo) *ab les 
Prussiens en janvier 1871 avec 15 figures 
et une ^rte de Paris bombardé, par le 
2*rH~de Sarrepont. 1 vol. garni m£ 
raisin. 

Conférence au profit des écoles pro- 
feSeU^thoüW de jeunes jles 
faite au Cercle catholique de Pans le 
Î5 avril 1812, par Mgr MermiUod. Bro¬ 
chure in-8» de 28 page». Prlx • 1 ,r ' 

Démocrates et Iosobaktinb, par l’abbé 

Eecallo . 1 vol. in-12 de 104 page». Prix . 1 »• 

Deux bombardements de Mont- 
médt (le»), Bouvenirs d’un témoin oculaire, 
par Niolau» Simon. 1 vol. ut*£*<g* 

Deux créations (le»), par Jules G îém. 

1 vol. in-12 de 310 page». Pnx i 2 fr. 50 

Enquête parlementaire sur l'insur¬ 
rection do 18* AM 1811, édition conte¬ 
nant in extenso les trou volumes distribué» 
à l’Assemblée nationale. 1 ^ 

Enseignements et consolations atta- 

CH^a A NOS DERNIERS DÉSASTRES, par 

Mgr Plantier, évêque de Nîmes. 1vol. in-12 
de 332 pages. Prix : 1 tr * 

Etat sans Dieu (T), mal social de la 
France, par Auguste Nicolas. 1 vol. m-8 0 
de 240 pages. FriX * 6 

Hébreux dans l'isthme de Suez (les), 
par le docteur Constantin James. 1 vol. 
In-12 de 102 pages. Prix : 1 tr. 

Histoire anecdotique et illustrée 
de la commune de Paris, par ^ 
de la Vausserie. 1 vol. m-4° orné de nom¬ 
breuses gravures. Pnx : ® * r * 

Histoire anecdotique et illustrée 
de LA GUERRE DE 1870-71, par le vicomte 
de la Vausserie. 1 vol. in-4° orné de 70 gra 
vures. Pnx : 3 fr. 50 

Histoire des états généraux consi¬ 
dérés au point de vue de leur influence sur 
le gouvernement de la France de 13a5 à 
1614, par G. Picot, juge au tnbpnal de la 
Seine. 4 vol. in-8<>. Pnx : 32 fr. 


Homme-Femme (l’) f par Alexandre Du¬ 
mas, 1 vol. in-12 de 181 pages. Prix : 2 fr. 

Isabelle aux blanches, mains suivie 
de l'Anneau de la châtelaine, par Mlle^Ga- 
brielle d’Ethampes. 1 vol. in-12 de 374 p. 

Pnx : 3 fr» 

Jeunes années de Sainte-Beuve (les), 
suivies de Réflexions et jugements de son 
père sur la Terreur, avec notices et notes, 
par Fr. Morand, juge au tribunal civil de 
Boulogno. 1 vol. in-8° de 152 pages. 

Prix : 3 fr. 

Miracles de Lourdes (les), défi public 
à la libre pensée par Artus. 1 vol. in-12. 

Prix : 0 fr. 25 

Patrons de broderie et de lingerie 
du XVI e SIÈCLE, fao-simile des éditions 
originales, avec une introduction, par Hip- 
polyte Cocheris, conservateur à la biblio¬ 
thèque Masarine. 1 vol. petit in-8°. 

Prix ; 7 fr. 50 

Pierre de lune (la), par Wilkie Collins, 
trad. par Mme la comtesse de Clermont- 
Tonnerre. 2 voL in-12 de 543 pages- 
Prix : 2 fr. 50 

Politique prussienne et le catho¬ 
licisme en Allemagne (la), considérations 
sur la dernière guerre franco allemande, 
par un catholique allemand. 1 vol. in-8°. 
^ Prix : 3 fr. 

Reine Planterose, par L. Dépret. 

1 vol. in-12. Fri* : 3 fr. 

Religion et patrie vengées de la 
fausse science et de l’envie haineuse, par 
l’abbé Moigno. 1 vol. in-12 de 138 page». 

Prix : 1 fr. 50 

Sainte Communion (la), conférence aux 
dames du monde, par Mgr Landriot, arche¬ 
vêque de Reims. 1 vol. m-12 de 352 pages* 
^ Prix ï 3 fr. 

Théorie géogénique et la science 
des ANCIENS (la), par l’abbé R. F. Ghoyer, 
chanoine honoraire. 1 br. in-8° de 160 p. 

Prix s 2 fr. 

Vie de Copernic, ou histoire de ^décou¬ 
verte du système du monde, par Camille 
Flammarion. 1 vol. in-12 de 245 pag®** 
Prix : 1 fr. 50 


Le Gérant . F. WATTEL1ER. 


PARIS* - IMPRIMERIE JULES LE CLEEB ET C**, EUE CASSETTE, 29. 


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Tome VII. — W. 8. 


Août 1878. 


REVUE 

BIBLIOGRAPHIQUE ET LITTÉRAIRE 


Aux Membres de l’Œuvre des Agrégations. 

Nous pensions avoir expliqué clairement une distinction im¬ 
portante à faire, par rapport à l’acquisition des livres, pour les 
personnes qui ne sont pas agrégées à notre œuvre : ces per¬ 
sonnes n’ont pas le droit assurément de recevoir ces livres aux 
conditions des agrégés, mais elles peuvent très-bien nous de¬ 
mander ou nous faire demander d’acheter pour elles des livres 
aux conditions ordinaires. Nous sommes pour elles un libraire 
comme les autres. Nos agrégés peuvent donc, sans manquer 
nullement à la délicatesse, se charger de nous transmettre, de la 
part de leurs amis ou voisins, des demandes de livres, soit de 
notre fonds, soit d’autres éditeurs, et nous les fournirons, non 
pas au prix réduit qui est le privilège des agrégés, mais au même 
prix que le feraient tous les autres libraires. De cette façon il est 
avantageux de nous procurer le plus grand nombre possible de 
demandes : ce mouvement d’affaires profite à notre œuvre. 


PREMIÈRE PART s E 


L 

OUVRAGES ÉDITÉS PAR NOUS OU DONT NOU8 AVONS ACCEPTÉ 
LA PROPAGATION SPÉCIALE. 


APPEL A NOS AGRÉGÉS 

IN PAVEUR DK 

L’ÉCOLE PRIMAIRE 

Revue des intérêts chrétiens dans renseignement, sous le patronage de S. Joseph. 
Rédacteur en chef : E. Qoix. — Parait deux fois par mois et forme au bout de 
l'année un très fort volume grand in-8 ü deux colonnes. — Prix, pour la France : 
un an, 6 tr. ; pour la Belgique, la Hollande, la Suisse et ITtalie, 11 Dr. Cinq années 
parues, chacune 6 Tr. 

La question la plus grave en ce moment, comme le sentent très-bien 
ceux qui se préoccupent des questions sociales, c'est renseignement , 

T. Vil. 15 


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— 226 — 


et spécialement renseignement primaire, qui doit former l'esprit des 
masses. L'ardeur extrême avec laquelle les ennemis de l’ordre et de la 
religion travaillant à nous imposer l’enseignement laïque, ce qui pour 
eux signifie, comme» iis ^avouant dm resta, reusciguemeit sans Dieu, 
suffirait pour montrer que là se trouve la question de l'avenir. 

Mais s’il fallait une preuve directe, une proclamation solennelle de 
cette vérité, nous la trouverions dans la sollicitude du chef suprême de 
l'Église, qui a pressé les vrais fidèles de prendre une part active aux 
élections communales, précisément pour empêcher que l'administration 
de la cité ne tombât entre les mains des hommes pervers, capables d'im¬ 
poser aux enfants l’enseignement sans Dieu, c'est-à-dire l'enseigne- 
imnt pratiquement athée. 

Il y a longtemps, que ce mal a commencé à s’introduire dans la so¬ 
ciété; sans être offieieHemen4! proclamé, tout tendait, depuis 1880 sur¬ 
tout, à rendre renseignement aussi étranger que possible à î’édaeatien 
religieuse, et trop souvent, ^t dans les livres, soit dans la pratique, 
m iromveit des indices trop certains d’une opposition à la doctrine chré- 

C*est pour cela que depuis six ans nous avons, au prix de grands sa¬ 
crifices personnels, soutenu avec persévérance un journal eTmstnwtïoH 
franchement chrétien : I'École primaire. 

Nous venons aujourd’hui faire appel à tous nos agrégés pour assurer 
le succès de cet organe si important. Nous concevons fort bien qu’il con¬ 
vient, pour exciter leur zèle, de prouver par des témoignages irrécusa¬ 
bles que Y École primaire mérite d’occuper le premier rang parmi les 
journaux du même genre. 

D'abord,. pour établir la parfaite compétence du directeur de Y École 
primaire, il nous suffira de rapporter le témoignage d’après lequel nous 
nous sommes déterminés à adopter cet nrgane'en faisant tous les sacri¬ 
fices nécessaires pour le maintenir à ses débuts. Il fut répondu au 
membre de notre comité qui alla prendre des informations au ministère 
de l'instruction publique, • que M. Qulx était un praticien éminent, 
que son mémoire sur la réforme de renseignement primaire avait été 
remarqué entre tou m, et qa’il aurait obtenu le grand pria s’il n’avait 
point été ai ouvertement clérical. » 

9f. Buruj, alors ministre de l’instruction publique, confirma se té¬ 
moignage d'une manière éclatante; car, malgré Y esprit clérical, c’est-à- 
dire le caractère franchement chrétien du rédacteur de YÈtole pri m air e, 
esprit très-nettement exprimé à chaque page de son journal, M. Du- 


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— s&i — 


ray abonna d’effiæ à VÈcolt primaire toutes, tes. écoles nmnales de 
Fouace. 

Après cette appréciation date valeur pédagogique de notre journal 
aux yeux rênes de l’Université* nous citerons un témoignage non 
moins expüdle, mais bien plus précieux : l’approbation, longuement 
motivée et te recommandation pressante de te Société générale d'éduca¬ 
tion eid'enseignement. On sait que cette société, qui s’honore de compter 
parmi ses membres fondateurs un grand, nombre d’archevêques et 
d’évêques, a pour objet te défense des intérêts chrétiens dans l’ensei¬ 
gnement, et qu’elle réunit les hommes les plus éminents de la h au te 
société parisienne, des corps savants et du monde des lettres, et des 
arts(l>. 

Or, dans le bulletin de cette société, voici en quels tecmesYÊcak pri¬ 
maire u été appréciée après quatre années d’existence : 

<« L'École primairty fondée depuis quatre ans, s’efforce de propager 
les principes d’une pédagogie chrétiennne, basée sur la connaissance de 
l'homme et sur celle de la vérité religieuse; elle fait pénétrer ces prin¬ 
cipes jusque dans les détails et les matières de l'enseignement, de ma¬ 
nière à nourrit sans cesse, dans les travaux de l’école, l’esprit des en¬ 
fants, des principes et des conseils qu’ils doivent connaître et pratiquer 
pnr réaliser en eux L’œuvre capitale de l’instruction et de l’éducation 
clirétiennes. 

« Tel est, au point de vie chrétien, le rôle rempli par Y Ecole pri¬ 
maire. Son teâuence a’a pas. été moins.grande pour ce qui touche à l’en- 
æigaeaienl proprement dit. Prenant avant tout pour mobile de ses ef¬ 
forts le progrès dans ce qu’il, a de légitime et de sanctionné par l’expé¬ 
rience, partant, en outre^ de ce principe que c’est par l'intelligence, et 

(I) Le tares* ta te Société générale d’éducation et d’enseignement pour l’année 
1871-1872 est oomposé ainsi qu'il suit: 

Président : M. Cornu de t, ancien président de seotion an Conseil d*Êtsfr; — Rufel- 
nxvv bonoraib®: AL d’A-xisU;. — Vick-Pbésidents : MM. le vicomte de Melun, 
ancien député ; Michel, auteur de nombreux oavrages d'enseignement; Fabbé T&enon, 
supérieur de l'École de» Cannes, aadla» élèoa à* décote d’Athèup».; Chmeteix^ Aggggn 
dépité ; Baudéa. » Secbétajlke général : M. le comte E. de Germiuy r avocat. — 
Secrétaire adjoint : M. Gaston de Senneville, auditeur h te Cbtrr des comptée» — 
Tbéborier t M. Ch. Hamel, avocat. — Mkmrbbs : MM* Andky, ancien professeur au 
eottége 4o Jaüiy ; BeoUy, avocat; Fr. Callyste, des Ecoles chrétiennes; Digard, avocat; 
Ch. de Franqueville, ancien maitre des requêtes; rabbé (THulst; Kol b-Bernard, dé¬ 
puté ; Le Osmus, secrétaire général de la Société i’Êcanonae abartabte; H. P. Les- 
cuyer, des Frères Prêcheurs, prieur de l’école Albert-le-Grand; Lefébure, député; 
R. P. Lescœnr, de l’Oratoire; R. P. Matignon, de la Compagnie de Jésus7 teewfite 
de Montessuj; le eente do Mortemart; ia oocil* dfi A. Raattefc ; te -comte 

<te Ségtzr, aaotea conseiller d'État. 


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— 228 — 


par Pintelligence suffisamment développée, que l'enfant peut parvenir 
à la connaissance et à l'amour de la vérité, VÉcole primaire s'est faite le 
champion de la réforme des méthodes et s'est efforcée de vulgariser 
toutes celles qui peuvent le mieux exercer l'esprit de l'enfant, déve¬ 
lopper ses facultés, tout en lui communiquant des connaissances. Cette 
partie de son programme a été particulièrement goûtée par les institu¬ 
teurs, qui nont cessé d'y applaudir. Aujourd'hui cet enseignement pro¬ 
gressif et chrétien est reçu par plus de cent mille enfants. Nous faisons 
des vœux pour qu’il se répande dans des proportions bien plus grandes 
encore. 

« Le cadre de VÉcole primaire est très-varié; chaque numéro con¬ 
tient au moins trois articles de pédagogie ou d'éducation, des leçons 
d'éducation religieuse et morale, une partie agricole qui a pour objet 
de progager, sous une forme classique et élémentaire, les progrès et 
les principes de cet art, des exercices spéciaux d'intelligence, la matière 
toute préparée des classes de français, d’arithmétique, d'histoire, de 
géographie, une revue scientifique, le compte rendu méthodique des 
ouvrages d'enseignement et de pédagogie qui doivent composer la 
bibliothèque de l’instituteur, enfin une partie littéraire et morale qui 
fait successivement passer sous les yeux du lecteur les plus beaux 
morceaux de notre littérature au double point de vue du style et de la 
doctrine. 

« UÉcole primaire publie tous les documents administratifs qui 
intéressent ses lecteurs, arrêtés ministériels ou circulaires, ainsi que 
des consultations sur les difficultés qui peuvent s'élever dans la fonda¬ 
tion et dans la tenue des écoles. Elle porte à la connaissance de ses 
adhérents tous les faits qu’il leur importe de ne pas ignorer. En un 
mot, elle s’efforce d’être pour eux un recueil théorique, essentiellement 
pratique et complet dans les questions d'enseignement et de jurispru¬ 
dence scolaire. 

« L’École primaire a le droit d'attendre des catholiques qu’ils 
la soutiennent et la propagent. Nous souhaitons particulièrement 
que cette utile publication pénètre dans les écoles dirigées par les 
Frères. En adoptant une publication franchement catholique, ces ex¬ 
cellents instituteurs ne feront pas seulement un acte de justice, ils se 
donneront de plus un utile auxiliaire pour la pratique de l'en¬ 
seignement. » 

Appuyés sur ces suffrages si nets et si compétents, nous croyons 
pouvoir faire fc appel à tous nos agrégés pour que, par une propagande 


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— 229 — 


active ils assurent à notre journal le succès qu'il mérite. Nous le disons 
avec confiance; car c'est cette respectable Société d'éducation et d'en¬ 
seignement qui, après mûr examen, la proclamé : l’École primaire a le 
droit d'attendre des catholiques qu'ils la soutiennent et la propagent • 

Comme moyen efficace, après avoir personnellement fait de très- 
grands sacrifices dans la conviction du bien immense que cet organe 
doit opérer, nous venons demander h nos agrégés de prendre chacun 
au moins un abonnement : il leur sera facile de l’utiliser en faisant 
cadeau de Y École primaire à une des écoles qui se trouvent dans leur 
rayon. 

De plus, nous sollicitons de tous ceux qui en ont le loisir et la facilité, 
une propagande toute spéciale pour réunir chacun le plus grand nom¬ 
bre possible d'abonnements. Eu égard à la modicité du prix, cette pro¬ 
pagande est une des plus faciles; nous ne craignons pas d’ajouter, après 
les suffrages cités ci-dessus, que c’est assurément une des plus effi¬ 
caces. 


Pour donner à tous nos lecteurs un moyen plus direct encore 
de se rendre compte de l’esprit dans lequel est dirigée Y École primaire , 
nous mettrons sous leurs yeux le sommaire et le premier article du 
premier numéro de cette année. 

Nous avons modifié légèrement le titre en exprimant, à partir de ce 
premier numéro, toute notre pensée par le sous-titre : Revue des inté¬ 
rêts chrétiens dans Yenseignement. Pour attirer en même temps sur notre 
œuvre une bénédiction plus abondante, nous l’avons placée « sous le 
patronage de saint Joseph . » C’est à cette modification du titre qu'il est 
fait allusion au début de l'article qu’on va lire : 


SOMMAIRE. A nos lecteurs. — Première partie : Le gouvernement d'une classe ; lit¬ 
térature pédagogique ; dialogues pédagogiques ; l'art d’écrire. — Deuxième partie : 
Education religieuse et morale; dictées intellectuels et morales. — Troisième par¬ 
tie : enseignement; langue française; méthode d’observation ; diotées intellectuelles; 

cours de style épistolaire ; arithmétique des campagnes ; méthode d’observation._ 

Quatrième partie : Les doctrinaires philosophes; une école primaire sous la commune 
de Paris ; le maître d’école irlandais. 


PREMIÈRE PARTIE. 

AUX INSTITUTEURS CATHOLIQUES. 

Nous affirmons aujourd'hui un titre que nous aurions pu prendre 
peut-etre avec juste raison il y a six ans, mais que nous avons voulu 


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— < 2 »§—* 

mériter avant d'en revendiquer l'honneur et fRemtarasser émts tarife 
leur étendue les devoirs qu'il impose. A cette heure nos preuves sont 
faites ; la confiance que nous ont témoignée tes nombreux souscnptoum 
que nous avons trouvés dans renseignement chrétien, nous rassure sur 
la valeur de notre œuvre, et Ton trouvera tout naturel que nous lui 
donnions le titre qui hri appartient, d’après tes doctrines et les ensei¬ 
gnements qu’elle a pour objet de propager. 

La nécessité des temps, et l’extension de plus en plus alarmante 
d'un enseignement antichrétien et anticatholique, nous font d'ailleurs 
un devoir d'affirmer avec plus de fermeté les principes de pédagogie 
chrétienne dont cette publication s’est laite l'apôtre et le champcoa. 

L’heure est solennelle et menaçante, fl est trop évident que Rensei¬ 
gnement primaire, et, par cet enseignement, la direction des esprits 
sont exposés à un immense péril. Il se fait dans l’opinion un travail de 
désorganisation morale, non plus sourd et caehé, mais public et éclatant, 
qui menace de faire sortir la société tout entière hors des voies <ta 
christianisme. L’explication de cet étrange phénomène moral n’est peut- 
être pas bien difficile à trouver. A bien des égards, les hommes et leurs 
œuvres ne sont que les fruits naturels et nécessaires de leur temps; 
les esprits comme les idées se modèlent inévitablement sur les types 
que l'opinion présente avec éloge aux imitations de tous. Si donc ces 
types sont imparfaits, ou même odieux et détestables, les imitations se 
ressentiront plus ou moins de leur vice originel. Les instituteurs sont, 
sur ce point, dans le cas de tous les hommes : ils ne sont ni pires, ni 
meilleurs que les doctrines qui forment le courant général dés opinions : 
si cela ne justifie pas des tendances regrettables et des principes qui 
ne sont pas toujours innocents, cela les explique au moins, et, en 
signalant l'origine du mal, en indique heureusement le remède. 

Ce remède est dans la publicité et dans la propagation de la vérité, 
puisque Itemnr émane de l'immense diffusion qui en est faite. 

Légitime ou non, heureuse ou funeste, l'Influence de la presse est 
incontestable, et ctesi désormais une puissance avec laquelle doivent 
compter ceux qui par devoir sont tenus de réfréner le mal. B faut suivre 
le mal sur le nouveau terrain où il s’est placé, et pénétrer dans tous les 
recoins où trop souvent il parle en maître, parce qu’il y parle seul. 
Cet esprit du mal, il est actif, il est entreprenant, il est mercantile et 
avide de gain, autant que de prosélytisme et de séduction, et poussé 
par ces bas mais paissants mobiles, sur de réussir pan» qu’il se sent le 
monopole de flatter les instincts pervers de te nature humaine, il entra 


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— 231 — 


hardiment dans la lice* prodiguant sans hésitation des sacrifices qui lui 
seront largement rendus. Pourquoi ne le suivrait-on pas sur ce ter¬ 
rain! L'homme n'obéit-il donc qu'au m al» et appartient-il seulement 
à l’erreur d’imprimer une direction à ses idées et à ses sentiments! 
Est-ce que la conscienoe humaine» cette conscience naturellement 
chrétienne , n'a pas ses revendications victorieuses, lorsque la vérité, 
longtemps absente ou voilée, présente aux.regard s de l’âme ses beautés 
divines et sa raison toute puissante ? 

L 'homme, dit Joseph de Maistre* croit qui lui parle; il croît le bien 
ou le mal, la vérité ou Terreur, selon que Tune ou l'autre se pré¬ 
sente à sa pensée et fait effort pour s’imposer à son âme. L'instituteur 
en cela est comme tous les hommes : faut-il s'étonner que dans l’absence 
à peu près complète de publications scolaires chrétiennes, tout entier 
livré aux suggestions des journaux d'enseignement qui lui prêchent 
l'indifférence, quant ils ne le poussent pas directement à Terreur et à 
la révolte* il se laisse dériver au courant qui emporte les âmes vers le 
mal et submerge les consciences! Ne sent-on pas Pimmensepéril qui en 
résulte pour les âmes ! cet homme, que vous laissez ainsi tromper, 
.égarer* pervertir peut-être, cet homme n'est pas seulement un disciple, 
une individualité perdue dans la foule : c'est un maître qui demain aura 
des disciples à son tour, et qui portera autour de lui, dans un vaste 
rayon, les principes dissolvants qui ont d’abord séduit son esprit et 
égaré sa conscience! 

11 n'y a qu'un remède à apposer à ce danger redoutable : c’est de 
venir fraternellement en aide à l'instituteur, homme de bonne volonté 
le plus souvent et disposé à bien faire, de redresser ses convictions, 
d'éclairer son esprit, de fournir à son activité les matières de cet ensei¬ 
gnement pratique qu’il est obligé de recevoir des journaux et des 
livres ou l'esprit chrétien ne brille que par son absence. 

Tel est l'objet principal de notre œuvre. 

Que voulons-nous faire en réalité! 

Avant tout, rappeler sans cesse les maîtres de Tenfance à la rectitude 
des principes chrétiens, si facilement, si souvent emportés par le courant 
des mauvaises doctrines, qui traîne dans sa fange tant d'hommes de 
bonne fui, trompés et leurrés plus encore que pervertis; 

. Réformer l'instruction dans la pratique en fournissant au maître 
non-seulement les principes d’une pédagogie chrétienne, mais surtout 
les matières toutes préparées d’un enseignement chrétien et moralisa¬ 
teur. Nous faisons en cela ce qui n'a pas été fait, et ce qui est plus que 


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jamais d'une évidente nécessité : la pédagogie théorique et pratique d'un 
enseignement primaire chrétien et catholique : 

Lier dans l'enfant le développement de l'intelligence et de la pensée 
à la vérité chrétienne et à tous les conseils qui peuvent éclairer la 
conscience, lui donner des vertus intellectuelles qui règlent la marche 
de l’esprit et assurent l'exercice régulier et normal de la raison; 

Entourer l’enfant par le choix des matières et l'influence des idées 
d'une atmosphère catholique où son esprit acquerra un tempérament 
religieux qui maintiendra dans la vie la santé de son âme; 

Emprunter à l'enseignement chrétien, à notre grande littérature 
chrétienne et catholique, la quintessence de ses beautés, et enseigner 
ainsi le beau avec le vrai. 

Réformer les méthodes d'enseignement, trop arriérées dans bien des 
écoles, et provoquer par là, avec une instruction plus solide, un plus 
grand développement de l'intelligence en faveur de la vérité; 

Enfin, fournir aux maîtres et aux maîtresses des leçons toutes pré¬ 
parées sur toutes les branches de l’enseignement. C'est là une des 
parties les plus goûtées de notre publication et l'une de celles qui nous 
ont valu le plus d'éloges. La parfaite compétence des rédacteurs de cette 
partie a été proclamée par Je succès croissant de notre publication, et 
par l'envoi d’office qu'en a fait spontanément l'autorité supérieure à 
toutes les écoles normales de France, 

Nous n’avons pas toutefois la prétention de tout faire ni de tout dire 
en cette grave matière. Nous sollicitons, au contraire, les conseils et les 
avis du corps vénérable auquel nous nous adressons, et qui, placé au 
sein des choses, est le mieux renseigné sur les moyens qu’il conviendrait 
d’employer pour réaliser le bien que nous voulons faire. 

Nous sollicitons aussi son appui. Les bonnes publications ont contre 
elles ce danger redoutable de rencontrer souvent l’indifférence de ceux 
à qui elles pourraient êtres utiles, tandis que les mauvaises trouvent 
d'inévitables connivences et un succès assuré dans les passions perverses 
qui y cherchent une facile approbation et d'agréables encouragements. 
La lutte serait trop inégale si les hommes de bien et les hommes d’in¬ 
fluence n’apportaient l’appui de leur autorité et de leur bon vouloir aux 
œuvres chrétiennes qui ont inévitablement pour ennemis ou le parti 
pris de l’ignorance, ou l'hostilité systématique de l'erreur. Nous espé¬ 
rons donc cet appui comme nous le réclamons au nom des grands intérêts 
qui sont liés au développement et à l’influence de l’enseignement 
chrétien. 


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— 233 — 

Tout le monde appelait depuis longtemps de ses vœux la création d un 
journal à!Enseignement primaire catholique , le voici : nous le recom¬ 
mandons à toutes les personnes qui comprennent l’influence de 1 instruc¬ 
tion primaire et le besoin qu’elle a d'être réformée dans le sens chrétien 
et catholique. 

Au reste, ce n’est pas à titre gratuit que nous réclamons ce concours 
et cet appui. Outre l'utilité que les maîtres de l’enfance peuvent retirer 
de notre publication, les œuvres chrétiennes, à leur tour, y trouveront 
un organe et un appui. Nous ferons en sorte de la rendre necessaire par 
l’intérêt et la variété de sa rédaction ; nous ferons plus : nous en ferons 
l’écho et le défenseur de tous les intérêts scolaires, particulièrement — 
sans négliger les autres, — de ceux qui se rattachent de plus près aux 
écoles catholiques. Nous sollicitons donc, à cet effet, de tous les chefs 
d’écoles catholiques les communications qui auraient pour objet de 
mettre en lumière les services de premier ordre que rendent en France à 
l'Église et à la société les Ecoles chrétiennes de tous les degrés. Nous 
espérons par là dissiper bien des préjugés et faire tomber bien des pré¬ 
ventions ; si les écoles chrétiennes, et spécialement les écoles congréga¬ 
nistes, sont parfois l’objet de la défiance d'une foule aveugle et égarée, 
c’est qu’elles ne sont pas connues. 


HISTOIRE DE NICOLE DE VERVINS , d'après les historiens contem¬ 
porains et témoins oculaires, ou le triomphe du Saint-Sacrement sur le 
démon, à Laon, en 1566, par l'abbé J. Roger, directeur au petit séminaire 
de Notre-Dame de Liesse. Ouvrage accompagné de deux brefs des souverains 
pontifes S. Pie V et Grégoire XIII, et précédé d’une lettre de M. le chevalier 
Gougenot des Mousseaux, auteur de la Magie au XIX e siècle . Un beau vol. 
in-8 de 495 pages, orné du fac simile d’une grande gravure représentant 
les exorcismes de Nicole de Vervins, avec légende explicative. — Prix : 6 fr.; 
pour nos agrégés, t fr. 50. 

Les malheurs de notre temps et la Yague appréhension de nouvelles 
catastrophes ont tourné les esprits, plus que jamais, vers le merveil¬ 
leux. Des livres de prophéties plus ou moins authentiques ont eu un 
succès vraiment extraordinaire. Des voix graves se sont élevées pour 
prémunir les fidèles contre l’excès de cet engouement. S’il y a quelque 
chose de téméraire à sonder l’avenir, il est toujours édifiant de contem¬ 
pler dans le passé les merveilles que la Providence a ménagées pour 
affermir la foi et ranimer la ferveur. Entre tous ces prodiges, le plus 


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remarquable, sans contredit, est celui dont nous offrons à nos agrégés, 
dans des conditions vraiment exceptionnelles, l’histoire parfaitement 
authentique. 

Nos lecteurs, qui connaissent la vaievr dm témoignage du chevalier 
Gougenot des Mousseaux, verront que notre appréciation n’a ne» d’exa¬ 
géré, par t'extrait suivant de la lettre que le savant auteur des Mè- 
dtatenrs et Moyens de la Magie a adressée à M. l’abbé Boyer* «n le re¬ 
mercient de l’envoi de son bel ouvrage: 

« Je vous remercierai tout à l’heure, dit JL le chevalier Gougenot 
des Mousseaux, du profit et du plaisir que j’ai trouvés dans k lecture 
de votre manuscrit, sur lequel vous avez eu l'extrême modestie de me 
demander mon appréciation. —Je vous fat donne en toute simplicité* 
mais tout haut, aussi haut qu’il vous plaira de la recevoir, et permettes 
que je vous félicite de votre naïve et miraculeuse histoire. On peut l'ap¬ 
peler un trésor. 

• Que dire de moins, en vérité, d’une œuvre originale qui se pré¬ 
sente sous le double aspect du mémoire historique et du récit surnaturel* 
réveillant le lecteur an brait des pas de tout un peuple, de toute une 
neWesse, et mêlant aux derniers retentissements de ce tumulte les 
noms de Médicis et de Montmorency, de Charles IX et de Coudé? Que 
dire de moins, lorsqu’au tissu des merveilles qui se pressent et s’entre¬ 
mêlent dans ces pages s’ajoutent les traits des mœurs de l'époque, les 
ruses et les violences des sectaires qui déchirent à la fois le sein de 
l’Église et le sein de lÉtat, la résistance timide et patiente des catho¬ 
liques, le courage calme et digne d’un clergé qui poursuit sa périlleuse 
mission au milieu des cris de mort, les exorcismes publics et solennels 
auxquels préside, avec une héroïque persévérance, le saint évêque de 
Laon, et ces nuées de témoins qui, de toutes les provinces de la France, 
viennent s'abattre sur le pittoresque escarpement que couronne de ses 
tours l’une des cités les plus illustres dans notre histoire? Oh! c'est là 
du mouvement, de la vie, du grandiose! Voilà de la haute et drama¬ 
tique poésie! Mais pourtant, dans quel style naïf, simple et modeste 
elle se déroule ! 

« Et le héros de ce drame — peuples, ouvreaJToreille — quel est-il î 
m chercher son lignage? Eh! mon Dieu, dans une simple boutique. 
C’est une jeune fille de seize ans, mariée d’hier, de mœurs douces -et 
pures, catholique fidèle, et médiocre d’intelligenoe ; on In nomme Nicole 
Obry* 

« Vous qui seriez curieux de la connaître, approchez; le temps ne 


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— 2 » — 

vous manquera point; prenez vos aises; voyez, voyez-la lutter, des 
mois entiers, contre des puissances infernales. Voyez le démon possé¬ 
der son corps, et tout à coup, en un clin d'œil, transformer en monstre 
cynique et hideux cette beauté pudique et frafche ! Voyez, en un din 
d'œil encore, la sainte Eucharistie, aussitôt que l'élève une main sacer** 
dotale, donner à ce monstre non plus la simple beauté de la femme, 
mais l'éclat séraphique de la beauté céleste» Et ce coup de théâtre 
veuillez pardonner ce terme à ma bouche laïque — se répète mille Sois* 
Les bourreaux en frémissent, et, dans la foule des hérétiques témoins 
de ces métamorphoses, les mis, bouleversés, reviennent humblement 4 
Dieu, les mires se roidissent dans leur orgueil, boivent la honte de 
leur confusion et laissent leur cœur se pétrifier. 

« Ainsi parle, ainsi le veut l’histoire. Oh! que de charmes dans de 
tels récits, Monsieur l'abbé! Gloire vous soit donc d'avoir su re¬ 
pousser du pied les écrits du mensonge, et suivre, en remontant 
aux origines, le courant historique dans sa fraîcheur et sa lim¬ 
pidité, pour ne puiser qu’aux bouillonnements mêmes et aux issues de 
là source! » 

Cet éloge tout récent, qui atteste que l'ouvrage T>*a rien perdu de soit 
intérêt primitif, s’accorde avec l’admiration que Y Histoire de Nicoktét 
Yervins inspira dès son apparition. Les esprits tes plus graves, les 
écrivains les plus renommés pour la sévérité de leur critique au xn* 
siècle n’avaient pas été moins explicites que M. le chevalier Gougeæt 
des Mousseaux, en exprimant leur pensée sur la réalité et L'importance 
de cette manifestation miraculeuse de la puissance divine. Le célèbre 
Cardinal Baronius, l'auteur des Annales ecclésiastiques, rapportant les 
événements remarquables de Tannée 1566, s’exprime ainsi : 

« Cette année, Nicole Obry, native de Vervins, en France, fat dé¬ 
livrée à Laon <Tune furieuse possession par la sainte communion que 
lui donna l'évêque, en présence de dix mille personnes et des ««tairas* 
qui mirent le tout par écrit. Les calvinistes eussent bien voulu que 
cette histoire, qui parcourut toute la France, eut été supposée ; mais il 
y avril trop de preuves pour la confirmer. « 

Baronius écrivait en 1506. 

GénébraTd (1590), docteur de la maison de Navarre, professeur 
d’hébreu au Collège royal, puis archevêque d'Aix, - on des plus sa¬ 
vants hommes de son siècle, * dit Feiter, parie aussi, dans sa Cfcroo*- 
logie sacrée, du miracle du Saint-Sacrement dans la possession de 
Nicole. 


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Le P. Delrio, jésuite (1599), après avoir rapporté, dans son ou¬ 
vrage sur la magie, une autre possession où le Saint-Sacrement avait 
aussi chassé le démon, dit : « Pareil prodige s est vu à Laon. Les cal¬ 
vinistes ne l’ignorent pas : ils étaient là plusieurs milliers, ils en 
étaient si furieux qu’ils ne se possédaient plus de rage (1). » 

Une mention portée en marge nous apprend que plusieurs éditions 
de Y Histoire de Nicole avaient été publiées à Paris et qu’une autre ve¬ 
nait de paraître à Liège en cette année 1598. Un témoignage bien plus 
précieux, plus décisif que tous les autres, celui qui nous a particulière¬ 
ment déterminé à faire l’acquisition de cette Histoire de Nicole de 
Yervins , c’est le bref élogieux du pape saint Pie V ; nous croyons 
devoir mettre sous les yeux de nos lecteurs ce document remarquable: 

« Pie V, pape, ànotre vénérable frère Fabius, évêque de Cajace, notre 
nonce apostolique près de Sa Majesté très-chrétienne, Charles (IX), 
roi de France, notre très-cher fils en Jésus-Christ. 

« Vénérable frère, salut et bénédiction apostolique. 

« Notre bien-aimé fils, Jean Boulèse, prêtre, qui vous remettra ces 
lettres, enflammé du désir d’augmenter la gloire de Dieu, plein de dé¬ 
vouement pour nous et pour la sainte Église romaine, nous a présenté, 
il y a quelques mois, un volumineux manuscrit, contenant tous lés 
actes d’un insigne miracle récemment arrivé dans la ville et diocèse de 
Laon, sous l’épiscopat d’un prélat de grande piété; miracle que Dieu a 
opéré sur une femme de la ville de Vervins, pour confondre la malice 
des hérétiques et éclairer les cœurs des aveugles . 

« Ce manuscrit, nous lavons confié à des hommes distingués par leur 
probité, leur expérience, leur savoir et dont la sagesse^ nous est bien 
connue. Nous leur avons commis le soin de le lire avec attention, de 
Y examiner mûrement; sur leur rapport favorable, nous avons rendu 
grâces au Dieu tout-puissant, qui, en ces temps malheureux, a daigné 
faire éclater ses merveilles dans une province naguère encore si horri¬ 
blement déchirée par l’hérésie, ce qu’il a fait dans un dessein d’inef¬ 
fable miséricorde, pour la gloire de son saint nom, pour l’édification des 
fidèles et pour le retour de ses enfants égarés. 

« Et puisque ce prodige admirable de la sainte Eucharistie, qu'on ne 
saurait assez célébrer , s’est accompli devant une multitude immense, 
il faut travailler avec ardeur à le faire connaître à tous les peuples. 

(1) Tarn norunt calviniste, quorum adorant multa millia, quam fremunt et rumpun 
tur. (Lib. VI, cap. n, »eot. 3.) 


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237 — 


« A cet effet, après avoir fai t extraire de ce volume les faits les plus re¬ 
marquables et les plus propres à la manifestation du miracle, nous vous 
envoyons cet extrait par le même Boulèse, et nous voulons que l’é¬ 
vêque de Laon, de concert avec le chanoine Despinois, qui ont été té¬ 
moins oculaires, examine de nouveau ces faits avec la plus scrupuleuse 
attention. S’ils les reconnaissent conformes à la vérité, vous vous 
présenterez en notre nom devant le roi très-chrétien, et vous deman¬ 
derez à Sa Majesté son agrément pour faire imprimer ce livre en 
France, afin que le récit de ce miracle, à la plus grande gloire de Dieu, 
se répande parmi toutes les nations. Et pour que cette tâche soit rem¬ 
plie avec plus d’exactitude et de fidélité, nous pensons qu’il importe 
que Boulèse lui-même en surveille l’impression. 

« Donné à Rome, à Saint-Pierre, sous l’anneau du pêcheur, le 8 oc¬ 
tobre de l’an 1571, de notre pontificat le sixième. 

« Cœ. Glorierius. » 

En exécution de ce bref, l’évêque de Laon et le chanoine Despinois se 
présentèrent devant trois docteurs de la faculté de théologie de Paris, 
et, après avoir entendu la lecture de tout le Manuel, 

Le premier répondit : « Je désire que Dieu soit honoré par ce mi¬ 
racle, qui est très-vrai et vu par plus de cent cinquante mille hommes, 
et que cela soit publié, non afin que j’en aie honneur, mais que ce soit à 
Phonneur de Dieu. » 

Le second répondit : « Je dis et déclare que tout a été fait comme 
il est porté et contenu audit livre, bien brièvement toutefois, et qu’il 
n’y a aucun mot contre la vérité, ce que je soutiendrai et délibère sou¬ 
tenir envers et contre tous, par tels tourments que l’on pourra me 
faire endurer. » 

En voilà assez pour justifier ce que nous disions en commençant sur 
l’importance de cet ouvrage ; nous pouvons ajouter que l’exécution 
typographique ne laisse rien à désirer, et la grande reproduction de la 
gravure du temps avec ses légendes marginales complète ce monument 
historique de l r un des faits les plus merveilleux et les plus édifiants 
dont il soit parlé dans l’histoire. 



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— 338 — 


LES PABFUMS DU PATER, par M. l’abbé Peyssor, vicaire de Vincennes- 
Un vol. in-18 de 244 pages. — Prix : i fr. ; pour nos agrégés, 60 c. Se vend 
au profit des orphelins de ht guerre. 

Nous recommandons à nos agrégés oe bon petit livre. Comme l'au¬ 
teur l'a fort bien compris, il était important de justifier ce travail nou¬ 
veau sur un sujet tant de fois traité. La préface, écrite avec une rare 
simplicité, va au-devant de l'objection, et inspire pleine confiance en 
celui qui l'a écrite; aussi croyons-nous que le mieux est de la placer 
sous les yeux de nos lecteurs : 

« Il existe un grand nombre d'explications du Pater. En essayer une 
nouvelle semblera peut-être inutile. N'oublions pas cependant que la 
parole de Dieu est toujours féconde : c'est une source à laquelle on peut 
toujours puiser sans jamais la tarir, L’Oraison dominicale surtout, qui 
est la parole divine par excellence, le modèle de toute prière, nous offre 
un exemple de cette admirable fécondité. J’ai donc cru que, même après 
tant d'autres, il serait encore possible de glaner quelques épis dans un 
champ déjà, si largement moissonné. 

« C’est aux orphelins des deux dernières guerres que je dédie et que 
j'offre ce modeste ouvrage, en le mettant sous la protection de l’Enfant 
Jésus. Puisse-t-il procurer quelques soulagements à ces innocentes 
victimes de nos folies et de nos discordes ! « 

Un recueil bibliographique important, les Études religieuses des 
Pères Jésuites, parle avec éloges de cet ouvrage, tout en adressant à 
l'auteur quelques observations^ fondées, mais qui n'ôtent rien au mé¬ 
rite de l’ensemble de son travail : 

Voici ce qu'il y a de plus saillant dans l'appréciation des Études re¬ 
ligieuses : « En souhaitant à ce gracieux opuscule de ne pas s'arrêter à 
la première édition, je me permettrai de conseiller à M. I'abbé Peys- 
son quelques retouches; dans l’exposition soit du dogme, soit de la 
morale, l’expression manque parfois de précision ; la pensée même n'a 
pas toujours cette parfaite exactitude qu’exige l'inflexible théologie. 
Aussi, pour donner quelques exemples, le contexte de la page 139, pris 
selon la rigueur de la lettre, conduirait à penser que Ton cesse d'être 
juste si l'on s'écarte de la volonté divine même en matière vénielle, en 
négligeant l'observation de ce qui est simplement conseillé. Cette pro¬ 
position de la page 46 : « Entre le plus grand saint et le plus grand scé¬ 
lérat, il n'y a que la différence que la grâce a faite, * est vraie, sans 
doute, pour le théologien; mais, en laissant dans l’ombre le concours 


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— 239 — 

de la Tûbnté humaine* elle suggérerait facilement à un esprit médio¬ 
crement instruit, cette induction, que le salut est l'œuvre exclusive de 
la grâce et que le péché et i’impéniteoee finale trahissent une grâce in¬ 
suffisante. On lit, à la page 189, que * le pauvre a un droit à l'aumône » ; 
ce droit suppose comme corrélative une obligation de justice ; or, l'au¬ 
mône n’est qu’un devoir de charité. Enfin, on ne saurait admettre 
(page £72) que la triplicité jointe à l’unité dans certains cas de l’ordre 
moral ou de l’ordre physique, fournissent une preuve à l’appui du mys¬ 
tère de la Sainte Trinité. L’assentiment à ce mystère ne repose que sur 
la révélation. « 


ACADÉMIE FRANÇAISE. — LE PRIX M BOSTON, pur A. Su »E 

GAU-fftire. — Prix : 30 c. 

LES FRERES A L'ACADÉMIE, par Abel George. Brochure de 3& pages» 

Prix; 30c» 

Voici deux opuscules qui traitent la même question au même point 
de vue, mais sous une forme différente. Nous les recevons au moment 
de mettre sous presse et nous nous empressons de les indiquer à nos 
agrégés, qui y verront avec plaisir un fragment très-considérable de 
l'éloquent discours de M. le duc de Noailles, dans la séance solennelle 
de l’Académie française, du 7 de ce mois. Ils y trouveront en plus des 
détails fort curieux et tout à fait intimes sur l’origine de la pensée de 
décerner 0 l’institut des Frères le prix de Boston. On verra avec quelle 
timidité d’abord cette idée fut présentée; comment peu à peu elle entra 
dans tous les esprits, qui se trouvèrent enfin unanimes pour l’adopter. 
Le suffrage public, traduit à la séance par use triple salve cF applaudis¬ 
sements, a montré que l'Académie, cette bis, s’était montrée réelle¬ 
ment française en revenant au sens chrétien. H y a là une manifestation 
importante, une protestation solennelle contre les menées du radica¬ 
lisme en faveur de l'enseignement athée. 


UNE DE NOS RÉCENTES PUBLICATIONS. 

Nous sommes heureux de trouver dans la presse des témoignages 
Mon spontanés sur l'opportunité et le mérite des ouvrages, que nous 
éditons. 

Dans notre dernière tivsMson nota avens agprodai* l’article rtmar- 


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— 240 — 


quable de YUnivers sur le grand et savant ouvrage de M. de Mirville; 
nous trouvons dans le numéro du 15 août du Messager de saint Joseph de 
Beauvais une appréciation très-flatteuse de l'une de nos récentes bro¬ 
chures. Voici eu quels termes s’exprime le Messager : 

« Il vient de paraître un bon et excellent petit livre ayant pour titre : 
Saint Joseph, Patron de l'Église universelle . Comme nous le verrions vo¬ 
lontiers entre les mains de tous les lecteurs du Messager , nous allons en 
donner une courte analyse. 

« Cet ouvrage, dont le modeste auteur a voulu garder l'anonyme, 
démontre avec une grande évidence, comme porte la lettre d’approba¬ 
tion de Mgr l’évêque de Versailles, que l’acte pontifical qui déclare cet 
illustre patriarche protecteur de tous les chrétiens, répond à un besoin 
de notre époque et apporte un remède efficace aux maux qui désolent 
la société moderne. » 

Suit l’analyse de cette brochure, dont la seconde édition est presque 
épuisée. C’est à notre prière que l'auteur a consenti à mettre son nom 
sur cette seconde édition. ( Saint Joseph , Patron de l'Église universelle. 
— Conséquences pratiques et opportunité de cette déclaration, par 
M. l'abbé Auguste Carion. Brochure in-12 de 46 pages. Prix : 40 cen¬ 
times; pour nos agrégés, 25 centimes.) 


ÉLÉVATIONS POÉTIQUES ET RELIGIEUSES, par Marie Jehiu. 

Un vol. in-18 jésus, 150 pages. — Prix : 2 fr. 50. 

Nous n’avons rien à ajouter aux éloges bien mérités que toute la 
presse catholique et nous-même avons accordés, à si juste titre, au 
talent poétique et à l’inspiration vraiment chrétienne de Mlle Marie 
Jenna. En annonçant la mise en vente de la seconde édition des poésies, 
nous nous bornerons à reproduire les approbations suivantes, qu’on 
trouve en tête du volume : 

Lettre de Mgr Parisis , èvèque d'Arras. 

Mon cher Monsieur, 

Il y a ûne heure que je recevais votre lettre, et, quoique assiégé 
par de nombreuses et graves affaires, attiré par le timbre de Bourbonne- 
les-Bains, je l’ouvrais aussitôt; puis, l'ayant lue, je regardai si le petit 


T 


_ 



— 241 — 

volume annoncé se trouvait dans le courrier du jour. Vraiment ie „•» 

vais ni le temps ni la volonté de lire des vers. J t,J *" 

Gependant jecoapai ] a prem i ère feuUle et je lus; puis je me laissai 
P«nto .„ch.,n,ed e cette poésie simple * Lori, d’une * 

J».., d un. dégage de bon goût, et surtout d'une foi pduéCe 
effleure 4 peme le terre et » tient cenuue portée sur ZlZ ’Z 
dirigent rere l'influi. Soue la séduction de celte jouissance r^**™ 
P “ P " C0UrU ' maisl ",de suit, cent deux pagesde ce délicieux ouvra, " 
puis, quant a moi, en faire un plus complet éloge et ie mû 
rouveheureux depouvoir enadresser mesfélicitations etàl’âutenr ■ 
en bénira Dieu, et à l'heureux père dont je partage le bonheur. 

f P .-Louis Parisis, 

Évêque d'Ann*. 

. f Lettre du R. P. Félix. 

..... Depuis longtemps il ne m’était arrivé de lire jnsan’au bout™, 
ivi^de poésie. Comment expliquerez-vous qu’après avoir commencé lei 

°J r ’ Je " ai . 6 PU m arrôter > et 1 u arr ivé au bout je n’aie éprouvé q^um 
regret, celui de voir sitôt arriver la fin? C’est peut-être déjà trop^oiw* 
dire que j aime vos Élévations poétiques et relieuses. Vos poésies sont 
ce qu elles se nomment, des élévations, et je vous félicite de bien 
wmprendre le rôle de la poésie, que je définirais volontiers : une éléva¬ 
tion des âmes par l’harmonie de la parole. V ® 

; J. Félix, Jésuite. 


Nous recommandons tout particulièrement à nos lecteurs la gravure 
qui a pour titre : Le comte de Chambord et ses ancêtres K 

Noua avoua sous fa, yeux cette belle composition; elle est d'une 
exécution irréprochable; c'est une page d'histoire avec un très-beau"! 
très-ressemblant portrait de M. le comte de Chambord. Le texte habi¬ 
lement disposé dans un ornement du meilleur goût, rappelle quels sont 

•.JZ T5 8 * retTOe les *"“■*» «™s accomplies par 
1 auguste maison de Bourbon. K “ 

Imprimée sur in-4» raisin, fond teinté, avec effets dé îmbière, elle ne 
se vend que 10 fr. le cent, ou par fraction de cent, franc de port C’est 

te ttS* d1 “ istoire à rtp “ dre * profus,on • * n» «r 


____ 


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T. VII. 





DEUXIÈME PARTIE 


REVUE 

ttttt 

REVUES BIBLIOGRAPHIQUES ET LITTÉRAIRES 


VOYAGE EN INDO-CHINE et dans l’empire chinois, par R. 'Louis de 
Carné, membre de la commission d’exploration du Mé-Kong, précédé d’une 
notice sur l’auteur» par H. le comte de Carné, de l’Académie française. Ou¬ 
vrage orné de gravures et d’une carte. 1 vol. in-12 de xx-528 pages.—Prix : 

4 fr. 

L’auteur de ce voyage était un jeune homme de grand avenir; il est 
rpertà l’âge de vingt-sept sms, pendant la guerre contre la Prusse, à 
l’heure de nos premiers désastres ; c’est pour cela que sonpère a dît se 
charger d’éditer cet ouvrage. Sur une canonnière de l’État parfaitement 
équipée, les voyageurs remontèrent le Mé-Kong jusqu’à son plushaut 
parcoure ; le Mé-Kong, fleuve immense qui se déploie d’abord connue 
un lac vaste.et tranquille, avant de révéler son courant de foudre, ses 
rapides infranchiesables et l’horreur de ses gouffreB sans fond. L’expé¬ 
dition consacra d’abord quelques jours aux rames d’Angcor, aussi im¬ 
posantes et plus mystérieuses que les ruines de Thèbes et de Memphis. 
Bientôt on atteignit le Laos, dont les émanations putrides avaient été 
fatales à tous les missionnaires qui les avaient affrontées. U fallut alors 
quitter la canonnière à vapeur et continuer sa route sur de frêles bar¬ 
ques maaoBuvfées par des indigènes. Navigation sans exemple qui con¬ 
duisait les voyageurs d’une nappe d’eau dont l'œil mesurait à peine 
l’étendue à des gorges insondables, au-dessus desquelles surplombaient 
dés roches géantes, et qui.les Faisaient passer des ardeurs d’un ciel de 
feu à l’ombre des bois impénétrables, où s’engageait le Mé-Kong- dans 
un méandre d’îlots, de lianes et d’arbres. L’hivernage de l’expédition 
en Birmanie estune lutte de toutes les heures;.les voyageurs, 
par laifièvre, les piedsnus etles jambes déchirées, tUsputententtore lès 
restes d’un sang appauvri à des myriades de sangsues, vampires ffltn 
redoutablesfqueiles tigres et les serpents du Laos. Ges souffrances n’é¬ 
taient rien encore comparées aux difficultés de toutes sortes que créaient 



— 243 — 


à «la caravane scientifique le mauvais vouloir et l'hostilité des petits 
princes de l’Asie centrale. Nos voyageurs étaient soutenus par la patrio¬ 
tique espérance de faire du Mé-Kong la grande route maritime de 
Tlndo-Chine, et de Saigon l’un des premiers ports du monde. En 1868, 
sans s'y attendre, les hardis explorateurs se trouvèrent, après avoir 
traversé des montagnes j usque-là inaccessibles, sur le sol du céleste 
empire, le s .800 lieues .qui les séparaient de Pékin furent traver¬ 
sées presque sans obstacles, sauf le péril auquel nos voyageurs se 
trouvèrent exposés en arrivant dans, le royaume de Tali, vice-royauté 
dUvSu-Tchuen, dont le sultan était en révolte contre la Chine. Le dé¬ 
vouement de jios missionnaires catholiques sauva nos Français, qui, 
sans eux, auraient péri.cent fois au milieu de ce paya de rebelles. 

Les pages de M. Louis de Carné sont une véritable photographie où v 
l’ion voitau naturel les mœurs, les usages, la religion, les superstitions 
et Je degré d’intelligence des peuplades de J’Indo-Chine et de la Chine 
occidentale. Il est fâcheux que la .main paternelle, qui a revu cette 
œuvre, n'en aitpaa fait disparaître quelquesplaisanteries voltairiennes, 
quelques réflexions de mauvais goût, qui nous'obligent de mettre.une 
grande restriction à nos éloges, en faisant .remarquer que cet ouvragç, 
d'ailleurs plein de mérite, ne peut être confié qu'à des lecteurs graves. 

POMPÉI, les catacombes, l'Alh ambra, étude, à l'aide des monuments, de la 
vie païennne à son déclin, de la vie chrétienne à son aurore, de la vie mu¬ 
sulmane à son apogée, par M. G.-B. de Lagréze, conseiller à la Cour d'appel 
de 'Parts ; — ouvrage Illustré de 75 gravures dessinées par Racinet, Bénard, 
etc. 1 voLû^Ô 0 ée(4S6 pages*—* Prix :42fr. 


Pompéi, les catacombes, l’Alhambrâ : trois dates, trois civilisations. 
Ce. n'est pas en antiquaire seulement que M. de Lagrèze les évoque, 
mais en artiste, en historien, en moraliste et, ce qui vaut mieux que 
tout cela, en chrétien convaincu et dévoué. Pompéi, exhumée de ses 
cendres, nous {^pparait avec ses maisons, ses palais, les colonnades, les 
peintures, les objets d’art, avec tout ce luxe de la vie publique et 
privée, mais aussi avec la représentation de ces coutumes, ces mœurs, 
ces mystères qui arrachaient à Juvénal cette parole flétrissante : « La 
postérité n’ajoutera rien à notre dépravation (1 ). » 


^1) il. est ir&-utile d’iyooter que de pareilles peintures, .non-seulement dans le style 
mais les images vivantes que présentent les gravures, rendent est oxrvrugs, malgré 
W%on esprit de Eu—sur ,fcouià fuît mepnv s mnt et impossible pour les jeu— gens et 
«more {dus pouries, jeun— personnes. [Note dt ta rédaction,) 


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— 244 — 


La peinture des catacombes n’est pas moins pittoresque, et ici l'âme 
respire avec bonheur cet air vivifiant de la foi chrétienne, qui remplace 
les saturnales païennes par la vie évangélique et l’héroïsme des pre¬ 
miers chrétiens. 

L’islamisme nous apparaît dans ses plus beaux jours, marquant son 
passage par des chefs-d’œuvre. Quelle richesse artistique dans les 
mosquées, les palais, les alcazars ! « Mais aussi comme ces Maures 
unissaient la foi punique à la valeur guerrière, la cruauté à la volupté, 
le mépris de la vie humaine à la prière, le fanatisme le plus féroce aux 
plus sublimes idées sur l’unité et la miséricorde de Dieu! « L’édifice 
qu'ils élevaient sur de telles bases devait s’écrouler, et ses débris, 
quoique considérables encore, sont sans gloire, sans dignité, sans 
avenir. 

Des trois civilisations qui se reflètent dans ce livre, l’une aujourd'hui 
est morte, une autre agonisante ; la troisième, toujours attaquée, reste 
toujours pleine de vie; elle a tranforméle monde, régénéré les sociétés, 
éonduit les arts à leur apogée, et l’avenir lui appartient comme le passé. 
Selle conclusion d'un magnifique travail. 

(Pour les deux ouvrages ci-dessus, d'après la Bibliographie catholique .) 

DISCOURS ET CONFÉRENCES SUR D’ÉDUCATION, par le R. P. 

Càptiér. 1 vol. in-18 jésus, de 544 pages. — Prix: 4 fr. 

Le nom seul du P. Captier, si glorieux désormais, suffisait à recom¬ 
mander ce volume. 11 y avait pour le public un charme triste et doux à 
retrouver, en des pages inconnues encore, le martyr du 25 mai 1871. 
On n’ignorait pas non plus que l’éminent religieux, héritier des vues 
du P. Lacordaire sur renseignement et de son courage, eût combattu 
le bon combat. On savait ses luttes contre les tracasseries d’une auto¬ 
rité mal inspirée, lors de la fondation d’Arcueil, le prestige que lui 
avaient valu ces luttes mêmes, le rang qu'il avait reçu dans les assem¬ 
blées de la Société générale d’éducation et d’enseignement, le succès 
enfin de ses conférences au Cercle catholique du Luxembourg. Un tel 
mélange de souvenirs douloureux et brillants donnait au livre un 
exceptionnel attrait. 

Nous l’avons lu et nous regardons comme un devoir d’en conseiller 
vivement la lecture. C’est qu'en effet la particulière séduction venue du 
personnage dont il rappelle la mémoire n’est pas la seule : il y a pour 
une très-large part aussi celle des idées émises* des appréciations, des 


:-^ 


— 245 — 


sentiments. Le P. Captier, fondateur de l'école Albert-le-Grand, victime 
des fédérés, est de plus un maître consommé dans cet art de l'éducation 
auquel il a voué sa vie. Il a étudié de près, durant vingt années, ce 
qu’il convient de faire pour l’enfant contemporain, l’enfant de notre 
siècle; il communique avec une admirable sûreté, dans les discours qui 
forment la première partie de l’ouvrage, le fruit de ses recherches pa¬ 
tientes et de son expérience. Un point sur lequel il insiste beaucoup, 
vu qu’à ses yeux le collège chrétien se doit distinguer par là surtout des 
autres institutions rivales, c’est de laisser à l’éducation publique autant 
de ressemblance qu'il se peut avec l’éducation de la famille, de garder, 
jusque entre les murs du collège, sans que, bien entendu, la vigueur ni 
la discipline en doivent souffrir, ce que la famille a de suave, c’est-à- 
dire l’inaltérable douceur des procédés, si bien que l'adolescent, solli¬ 
cité par toutes les influences à la fois, s’abandonne volontiers aux mains 
chargées de le conduire. Les fines observations abondent, les expres¬ 
sions heureuses aussi; ce qui vaut mieux, il y a comme la révélation 
incessante et la transparence d’une incomparable bonté. 

Les conférences prononcées au Cercle catholique ont un autre carac¬ 
tère. C’est l’élude, la discussion des plus grands problèmes de l'ensei¬ 
gnement, au temps où nous sommes. Le P. Captier affirme hautement 
la nécessité de l’élément religieux dans l’éducation. Je le crois bien! 
Tant qu’on n’y reviendra pas, tant qu’on déshéritera le jeune homme 
de ce qui doit être la meilleure part de son savoir, on ne fera qu’une 
œuvre incomplète et dangereuse, parce qu’elle est incomplète. Il af¬ 
firme de même les services rendues à cet égard par l’Église dan^ le 
passé, les droits qu’elle conserve à ne point abdiquer sa mission, les li¬ 
mites qui s’imposent à l’ingérence de l’État. Deux entretiens sont con¬ 
sacrés à l’Université, à sa fondation, à son influence ; on ne peut être 
plus ferme à la fois et plus mesuré. Nulle fâcheuse inspiration, nulle 
malveillance systématique, rien que la constatation d’insuffisances re¬ 
grettables et le désir de créer par le libre concours de toutes les forces 
et de tous les dévouements un plus grand bien. 

Le P. Captier s’était tracé un programme étendu qu'il devait déve¬ 
lopper devant son auditoire du Luxembourg. •< Dans l'avenir, disait-il 
— l’avenir est à Dieu, mais Dieu nous permet de compter sur sa bonté, 
—j’ouvrirai une seconde série de conférences... «Hélas! l’avenir pour lui 
a été ce que nous savons. Ut quid perditio hœc ! Pourquoi cette perte, 
sommes-nous tentés de répéter après le P. Perraud, son éloquent pa¬ 
négyriste, pourquoi ce noble cœur éteint, pourquoi cette voix silen- 



à 


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cieusel... « J'aurai donné l’exemple, disait-il encore, j’aaxai dansé 
iîcaœmple, d’autres achèveront.. •< 

Puissent se lever en grand nombre et bientôt ceux qui achèveront, 
les continuateurs de l’œuvre du P. Captier et du P. Laoordaire avant 
lui, et du noble Montaleiabert, ces fiers champions de l'éducation chté* 
tienne ! Il n'est plus possible de douter que la régénération socialeaât 
1 3k son principal appui, et qu'il y faille largement aviser. 

BOUVEAU GUIDE historique, descriptif, religieux etindustriei de l'étranger 

à Lyon, orné de plusieurs gravures et d'un plan de la. ville. 1 vol. in-18 

raisin. — Prix : 1 fr. 25. 

Fait à la dernière heure, au moment de l'ouverture de l'exposition 
lyonnaise, ce Guide est certainement appelé à beaucoup de succès. 
Plus complet, et, comme nous venons de le dire, plus récent que tous 
ses devanciers, il l'emporte aussi de beaucoup sur eux par la variété, 
l'exactitude et le grand nombre des renseignements qu'il contient. 

Ce n'est pas une sèche nomenclature ; ce n'est pas un de ces indica- 
teursqui ont toute l’aridité d'un dictionnaire ; c’est une sorte de pano¬ 
rama très-vif et très-piquant, dans lequel on voit, pour ainsi dire, dé¬ 
filer tout ce que Lyon a de remarquable et de curieux. 

Pour notre part, nous l’avons parcouru avec autant de plaisir qu’un 
roman. 

Nous ajouterons que, comme exécution typographique, c'est un vrai 
petit bijou. 

(Pour ces deux ouvrages , d'après la Semaine catholique de Lyon.) 

LA VIE FUTURE, par le R. P.Lescœur, de l’Oratoire. 1 vol. in-18 jésu* 
(elzévir). — Prix : 2 fr. 50. 

La France a été le théâtre d’événements bién terribles. Où doit-on 
en chercher la cause? Les esprits superficiels croient la trouver dans la 
nombre et dans la qualité des armes, dans l’état des préparatifs, etc. 
Sans doute ce9 éléments ont eu une influence sur les effets produits; 
mais ces causes accidentelles ont elles-mêmes une cause principale : la 
manque de foi aux grandes vérités religieuses, et en particulier à l'exis¬ 
tence de l’âme, à sa. destinée immortelle dans la vie future. 

Aussi remercions-nous le R. P. Lescœur de la bonne pensée qu'il a 
eue de faire des conférences sur une vérité aussi fondamentale. 

Comme le dit l'auteur, la vérité sur lame et la vie future se trouve: 


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aujourd'hui en présence de trois contradiction^ ou plutôt de trois 
grandes négations : 

1° la négation rationaliste, qui se présente au nom de la science et 
d& ses progrès,, et qui repousse, comme suranné, le dogme chrétien dé 
kk vie future, avec ses récompensée et 9es peines étemelles ; 

2° La négation superstitieuse, qui s’attache au dogme de l'Église, 
moins pour le. contredire que pour le travestir. A oe système appar¬ 
tiennent ceux qui évoquent les esprits par dos tables eu par d’autres 
moyens futiles ; 

3° La négation brutale, celle qui ne raisonne pas, ne disserte pas, 
mais se traduit par les actes le9 plus barbares. 

Quel motif peut avoir celui qui est persuadé que tout* finit avec lia vie, 
que son ventre est le seul Dieu à servir? N'a-t-il pas raison de cher- 
cher les jouissances matérielles avant tout, et de briser, s'il lé peut, Tes 
obstacles qui s'opposent à ce qu’il regarde comme sa fin suprême ! Si 
tout finit avec la vie, pourquoi ne prendrais-je pas la fortune de mon 
voisin avec tous les agréments qu'elle procure? N ayant que les gen¬ 
darmes à "redouter, je dois chercher à les mettre de mon côté, ce qui 
arrivera infailliblement quand les hommes qui pensent comme mai 
seront devenus les plus nombreux., U est évident que la croyaaee & la 
vie future est une des conditions indispensables de la sécurité et de la 
prospérité del'ordre sociaL Sans elle il' ne peut y avoir que ruine et 
anarchie. 

Après avoir exposé les trois erreurs dont nous avons parlé, le 
R. P. Lescœur expose le dogme chrétien de la manière la plus exacte 
et la plus intéressante. 

La cinquième conférence traite de la mort éternelle, c’est-à-dire de 
l’enfer. La sixième parle de la résurrection. Les deux dernières ont 
pour objet le üen de l immortalité et la vie éternelle. 

La: livre du R. F. Lescœur est un livre destiné à faire beaucoup* ët 
bien à ceux qui le liront. Malheureusement les ouvrages de cette caté¬ 
gorie ne sont pasrecherchéspar ceux qui auraient le plus besoin de les 
lire et de les. méditer. (D'après la Francs Nouvelle.} 

HISTOIRE ANECDOTIQUE DE L'ARMÉE DU RHIN, par un officier 
de cavalerie. 1 vol. în-12. — Prix : 1 fr. 50. 

A oôté des études stmtégiques déjà nombreuses sur h guerre avec la 
Prusse, il y a place pour les récits anecdotiques sur oette campagne. 


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, Parmi ces récits, d’autant plus intéressants qu’ils affectent moins de 
prétention, nous citerons Y Histoire anecdotique de l’armèe du Rhin . Ce 
«ont des lettres qu’un officier de cavalerie avait écrites pour sa mère, 
cet officier a été tué dans une des dernières affaires,et ses lettres, tom¬ 
bées entre les mains d’un de ses camarades, n’ont pu être remises à sa 
mère qui était morte pendant le siège de Paris. 

_ Ecrites au jour le jour ces lettres offrent de l’intérêt. L’officier raconte 
pe qu’il a vu, ce qu’il a éprouvé, et son récit a un ton de bonne foi qui 
convaincra le lecteur. 

Quelquefois, surtout aux approches de la capitulation, il sort du ter¬ 
rain anecdotique pour apprécier les événements et juger le maréchal 
Bazaine. Ici il ne nous paraît pas aussi bien inspiré, et nous n’accepte¬ 
rions pas tous ses jugements, explicables du reste èhez l'officier qui voit 
Avec désespoir arriver le moment où il faudra se rendre. 

; Cette petite réserve faite, nous ne pouvons que recommander cette 
Histoire anecdotique , où se reflètent les sentiments d'une grande partie 
de l’armée du Rhin. (D après la Revue du monde catholique .) 

ORIGINES DE LA FOI CHRÉTIENNE DANS LES* GAULES, spé¬ 
cialement dans le diocèse d'Amiens, par M. l'abbé J. Corblet. I toi. in-8* 
f de 100 pages. — Prit : 2 fr. 

Observations critiques a mm. bourassé et cheval* 

LIER sur la légende de saint Austremoine el les origines chrétiennes de la 
Gaule, par M. l'abbé Arbbllot. 1 vol. in-8° de 48 pages. — Prix : 1 fr. 

LES ORIGINES DE L'EGLISE DE TOURS, d'après l’histoire, avec une 
étude générale sur l'évangélisation des Gaules et de nombreuses pièces justifi¬ 
catives, par II. l'abbé C. Chevallier. 1 vol. in-8° de xu-634 pages.—Prix: lOfr. 

i 

Le but spécial de M. l’abbé Corblet est d’arriver à fixer la date du 
martyre de saint Frimin, premier apôtre de l’Église d’Amiens. Il fait re¬ 
marquer que jusqu’au xvii 0 siècle la tradition de l’évangélisation de la 
Gaule au I er siècle n’avait pas été contestée. Aux objections des 
réformateurs des bréviaires, et des modernes qui soutiennent la même 
thèse, M. l’abbé Corblet oppose des preuves directes et indirectes, dont 
l’ensemble est sans réplique. Il ne se contente pas d’établir solidement 
sa thèse ; maître de son terrain, il va droit à ses adversaires et les dé- 
8 arme. 

Sulpice-Sévère et Grégoire de Tours sont lucidement expliqués ou 
réfutés. Les objections tirées de l’état social de l’empire romain, celles 


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— 249 — 

qui font valoir les difficultés pour les missionnaires du i er siècle de parler 
la langue celtique, l'absence d'inscriptions çhrétiennes sur nos marbres 
funéraires du I er siècfe,etc., toutes ces raisons, plus spécieuses que fon¬ 
dées, sont serrées de près et détruites par une science nerveuse et concise. 
1 Dans son cadre restreint l'opuscule de M. l’abbé Arbellot touche à la 
plupart des points de la controverse et les éclaire. 11 vient entourer de 
nouvelles preuves l'authenticité de la légende de saint Priest, évêque de 
Clermont mort en 674, relative à la passion de saint Austremoine* 
évêque de Clermont. L'auteur, remontant aux sources, répond victorieu¬ 
sement à toutes les contestations au sujet de cette légende, et il se 
trouve amené par sa polémique à discuter les origines chrétiennes de 
la Gaule. Il réfute l'assertion de MM. Bourassé et Chevallier d'après 
laquelle le mouvement légendaire relatif à l’apostolicité de notre Église 
aurait pour cause les fausses décrétales qui parurent vers l'an 800. 

L’ouvrage de M. Chevallier est divisé en trois part es : 

* Dans la première figurent, après une préface et un coup d’œil sur 
l’évangélisation des Gaules, la physionomie historique et morale de 
Grégoire de Tours, les événements religieux du règne de Dèce, le chro¬ 
nologie de Grégoire de Tours et ses sources, la mission des sept 
évêques dont il parle, le catalogue authentique des évêques de Tours 
prédécesseurs de saint Grégoire. 

La deuxième partie est consacrée aux origines de l’Église de Tours 
d'après la tradition historique, où sont énumérés les témoignages de la 
tradition locale du vu® au x c siècle et les témoignages étrangers que 
produisent la tradition et la critique historique du xi°au xix e siècle. 
Enfin la troisième partie, toute de réfutation, pose d’abord les principes 
de critique applicables aux légendes, puis s'élève contre l’esprit lé¬ 
gendaire, spécialement contre la légende de saint Gatien, dont elle ex¬ 
plore les sources et qu’elle juge au point de vue liturgique. Viennent 
ensuite, après une conclusion générale contre l’opinion de l’apostolicité 
de nos Églises, vingt pièces justificatives. 

, Le livre de M. l'abbé Chevallier atteste de consciencieuses études et 
une science véritable, mais son opinion peut être combattue et réfutée 
avec succès. 

NOUVELLES, par M« Vknbt. 1 beau volume in-12 de 400 pages. — 

^ •» Prix : 3 fr. 

•i Ces Nouvelles sont au nombre de quatre : les Gants de la Mendiante , 


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— 250 — 


— Y Orme de Domptin, — le Crucifix du Dortoir ti — une Ame du Pur¬ 
gatoire* 

Dans les Gants de la Mendiante , l’auteur mène de front deux chose*, 
une histoire très-touchante, parsemée de scènes tantôt pittoresque*, 
tantôt fortement dramatiques, et une étude chrétienne du. plus haut 
intérêt sur la puissance particulière des pauvres. 

L'Orme de Domptin est ce quon appelle une gaieté, mais une gaieté 
fine et brillante, qui met aux prises la foi catholique, et les gros^ 
sièretés du monde nouveau dans un milieu campagnard; et toujours» 
chemin faisant, la scène théâtrale, les aperçus originaux, Üesprit à 
pleines mains. 

Le Crucifix du Dortoir est, dans une étroite limite, tout le roman de 
la vie d'un homme devenu chrétien tardivement, et qui se rappelle ses 
fautes de jeunesse, qui en constate les effets et qui s'efforce de les ré* 
parer. Point de ces conceptions de fantaisie qui promènent le lecteur 
dans Les chemins mauvais de l'improbable ou de l’impossible; le réel, 
le vrai poétisés au moyen d’une foule de petites choses charmantes qui 
montent dans la grandeur par le seul concours de la législation provi¬ 
dentielle et qui n’aboutissent pas moins à des conclusions d’une saisis¬ 
sante énergie. La presse de la province a reproduit abondamment cette 
nouvelle, comme aussi les autres, d'ailleurs. 

Enfin une Ame du Purgatoire, c'est à la fois l'histoire d'une pieuse 
servante et une manière d’étude sur les miracles. M» Venet semble 
vouloir démontrer que la plupart des miracles ont leur développement 
logique, correct, quoique inaperçu, et il en a pris un qui circulait à l'état 
légendaire, pour en fixer le germe, l'arroser, le développer;, le mûrira 
le cueillir. De cette étude curieusement dramatisée il résulterait que las 
miracles nous enveloppent sans que nous nous en doutions», et que s’ils 
ne mûrissent pas tous, c’est que la ferveur chrétienne nous manqua 
pour les féconder, Après réflexion, on s’étonne que l’auteur ait pu atr 
teindre sans la moindre apparence d’efforts deux buts si différents : ré¬ 
créer le lecteur par une historiette où fourmillent les détails plaisants, 
et lui faire pressentir une vérité des plus fortes et des plus précieuses. 

Nous venons d’indiquer rapidement les mérites divers de ce livre de 
Nouvelles. Il peutjy avoir à critiquer comme partout; mais on se trouve 
si agréablement conquis par la. lecture, que la critique a négligé-an 
tâche à son propre insu. Et puis on sent si bien que l’homme qui a écrit 
cela échappe à la critique à force de bonhomie chrétienne. 

Nous estimons que les Nouvelles de M. Venet ne sauraient 1 entrer 


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— Ml — 

dans une; famillfe honnête et intelligente sans y obtenir un accueil amical, 
sans y produire, les fruits les meilleurs, sans y demeurer même, comme 
uir deces livresqu&l’on lit, quel'onrelit et qui deviennent l’hôte aimé 
de la. maison. ( D’après la France nomalle. ) 

LE DÉSERT DE GLACES. Aventures du capitaine Hatteras, parM. Iules 
Verne 1 vol. in-{2 de 318 pages, 8 e édition. — Prix : 3 fr. 

On connaît le genre des ouvrages de M. Jules Verne : ce sont des 
récits d’aventures imaginaires, reposant sur un fondement réel; c’est- 
à-dire que si l'on pouvait se trouver dans les circonstances inventées 
par l’auteur, les choses, d'après les données de la science, devraient se 
passer de cette façon. 

Le capitaine Hatteras avait conçu le hardi projet de s’élever jusqu'au 
nord et de réserver à l’Angleterre, sa patrie, la gloire de découvrir le 
pôle boréal du monde. La trahison, ou plutôt le découragement dé son 
équipage usé par le» épreuves, la folie criminelle de quelques meneurs 
le laissent dans une épouvantable situation. Des dix-huit hommes em¬ 
barqués à bord du Forward , il en reste quatre, abandonnés sans res¬ 
sources, sans navire, à plus de 2,500 milles de leur pays. L’explosion 
du brick leur a enlevé les derniers moyens d'existence. 

Enfin, après avoir suivi toutes les péripéties de leur séjour dans la 
- désert de glace », nous voyons le capitaine Hatteras planter au pôle 
même — sur un volcan — le drapeau de son pays. Mais c'est dans un 
accès de sublime folie qu’il a ainsi réalisé, à la lettre le projet qui était 
son idée fixe, et la raison ne lui reviendra jamais. 

Ce récit, dramatique et attachant, est en même temps fort instructif. 
De nobles caractères y sont retracés, et plusieurs témoignages sont 
rendus à la divine Providence. 

( D’après le Bulletin des publications populaires.) 

MES HÉRITAGES, par Zénaïde Fleuriot. 1 vol. in-12. — Prix ; % fr. 

Sous forme de mémoire, une jeune fille raconte dé la manière la plu» 
1 ntéressante les divers événements de sa jeunesse. Elevée dan» de» 
sentiments religieux qui lui aident A lutter contre les peines de la vie, 
privée de sa mère, presque à sa naissance, elle reçoit d’abord les soin» 
dtane belle-mère qui la délaissent la rebute dès qu’elle a eHe-même des* 
enfants. Touché de sa triste position, un cousin, demeuré vieux garçon, 
la-prend chez lui et la rend assez heureuse, mais il meurt sans lui léis- 


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— 252 — 


ser sa fortune comme il l'avait promis. Elle revient dans sa famille, 
pauvre, mais formée à la piété par une vertueuse paysanne dont elle 
avait fait son amie pendant qu elle était chez son cousin; enfin elle 
entre chez une vieille tante infirme et paralysée qui ne lui laisse 
non plus, après sa mort, qu'un héritage insignifiant et hors d’état de 
la mettre à l’abri du besoin. Le récit se termine d’une manière assez 
incomplète et qui fait supposer qu’il aura une continuation dans un 
autre ouvrage. Divisé en trois parties, ce livre contient des scènes du 
monde bien décrites, et des détails d’intérieur de famille bien racontés. 
Il laisse son héroïne à vingt ans, ayant touché c.u néant des choses hu¬ 
maines, connu les déceptions, éprouvé bien des vicissitudes et merveil¬ 
leusement préparée aux luttes de la vie. Il plaira, nous n’en doutons 
pas, à tous les lecteurs. 

DU ZÈLE DE LA PERFECTION RELIGIEUSE, par le P. Batma, traduit 

du latin parle P. Ouvaint, de la Compagnie de Jésus. Paris. 1 vol. in-18, 

1872. —Prix : 80 c. 

On se plaint quelquefois, non sans raison, du peu de nerf et de doc¬ 
trine des livres de piété qui se publient aujourd'hui. En voici un toute- 
fois auquel il serait injuste d’adresser un semblable reproche; c’est 
l’œuvre d’un religieux de la compagnie de Jésus. L’auteur, comme il 
prend soin de nous en avertir, n’avait pas d’abord la pensée d’être utile 
à d’autres qu’à lui-même; nous lui savons gré de ne s’être pas laissé 
vaincre par son humilité et d’avoir mis au jour ses pensées et ses ré¬ 
flexions pieuses. Cet opuscule est destiné principalement aux personnes 
qui embrassent la vie religieuse; néanmoins toutes les âmes chrétiennes 
le liront avec fruit. 

Le Zèle de la perfection religieuse comprend trois parties principales : 
les encouragements, les secours nécessaires à la vertu et la pratique de 
la vertu elle-même : telle est bien la marche que doit suivre le chrétien 
lorsqu’il entre dans la voie des conseils évangéliques. De là ce petit 
traité est divisé en trois livres qui répondent à chacune des parties prin¬ 
cipales que nous venons d’énumérer. Sa doctrine est celle des grands 
maîtres de la vie spirituelle ; c’est assez dire qu’elle est aussi sûre que 
profonde, aussi éclairée que solide; la forme en est simple et sans art; 
l’auteur a suivi dans la distribution de son livre le cadre de Y Imitation 
de Jésus-Christ, ce livre d’or, comme il l’appelle si bien lui-même. 

Qu’on nous permette de recommander à l’attention du lecteur le cha- 


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— 253 

pitre intitulé : Des études utiles. On y verra la nécessité, pour le reli¬ 
gieux, pour le prêtre, d’unir dans une alliance indissoluble la raison et 
la foi, la science et la sainteté. Cette lecture nous remettait en mémoire 
un mot du cardinal du Perron au sujet de S. François de Sales. Quand 
on proposait à l’illustre controversiste de lui amener des.calvinistes à 
combattre, il ne manquait jamais de répondre : « S’il ne s’agit que de les 
convaincre, je crois posséder assez de savoir pour cela; mais s’il est 
question de tes convertir, conduisez-Ies à monsieur de Genève, quia 
reçu de Dieu ce talent. «Voilà bien le véritable secret pour rendre 
l’apostolat fécond et utile : il faut unir la science du célèbre cardinal à 
la douceur, à la sainteté de François de Sales. Ce talent de convertir les 
âmes, le prêtre doit lé demander à Dieu ; il doit chercher à l’acquérir 
par un travail de tous les jours et par une vie sainte; car, pour em¬ 
prunter le langage de l’auteur, « les œuvres parlent plus éloquemment 
que les lèvres; mais quand les hommes voient faire quelque chose, ils 
croient pouvoir le faire; mais qu’ils en entendent seulement parler, fût-ce 
même avec les plus bruyants éloges, ils ne se pressent pas tant d'agir. « 

Ajoutons enfin une dernière remarque qui ne saurait manquer de 
toucher les âmes chrétiennes : ce petit livre a été traduit du latin par le 
R, P. Olivaint, victime des fureurs delà Commune révolutionnaire. 
N’est-ce point là une dernière et éloquente recommandation? Ne serait- 
ce pas dans la lecture et la méditation fréquente des vérités d’un ordre 
si élevé que le saint religieux a trouvé la force de rendre à la vérité le 
témoignage le plus précieux et le plus fécond, le témoignage du sang? 
Aussi espéronsmous que cet opuscule, qui en est déjà à sa quatrième 
édition, se répandra de plus en plus et fera germer les grandes et mâles 
vertus si nécessaires à notre temps. 

(Pour les deux derniers ouvrages , d'après la Semaine catholique 

de Lyon.) 

L’ABBÉ DE BEAUMONT, premier gardien du tombeau de saint Martin. — 

Notice biographique . par le R. P. de THermitb, Oblat de Marie Immaculée; 

Se vend au profit de l’œuvre de Saint-Martin. 

Sous ce titre, le R. P. de l’Hermite, provincial des Oblats de Marie Imma¬ 
culée, vient de publier une pieuse et intéressante notice biographique sur 
M. l’abbé de Beaumont, premier gardien du tombeau de saint Martin, décédé le 
29 août 1867. 

On pourrait intituler ce petit opuscule Yhistoire d'une âme. En effet, le 
R. P. n’avait point à nous raconter des faits saillants et importants : la vie du 
vieux chapelain de Saint-Martin n’est point sortie extérieurement des voies 
communes et ordinaires. Il a d’ailleurs toujours apporté lui-même un grand 
soin à fuir tout ce qui aurait pu lui donner de l’éclat ou le mettre en relief. 
Aussi le biographe a surtout puisé dans les correspondances et les cahiers du 
modeste abbé la matière la plus importante et la plus touchante de son travail. 


"TMgïïîze 



C’est là vérH&blanent le miroir d'>ane âme : dans l'épanchement intime de » 
famille, le ooeur^e montre tel qu'il est, il ne cherche point à se déguiser ou à 
se surfaire. 

Quand l'abbé de Beaumont traçait sur le papier, an séminaire de Saint- 
Sulpice ou pendant ses retraites, ses sentiments, ses résolutions, ses craintes 
et ses espérances, il ne pensait pas qu’un jour les secrets de sa conscience 
seraient dévoilés, et seul, en présence de Dieu, il n'éprouvait aucun désir ni 
aucun besoin de se mentir à lui-même. On le voit, dès son petit séminaire, 
préoccupé de la grandeur de sa vocation, et Ton sent une âme décidée à s’en 
rendre digne par un grand amour du devoir et one grande fidélité. Sa vie en¬ 
tière ne dément point ses espérances, il fut toujours le même ; modeste, ai¬ 
mable, discret, aimant la maison de Dieu, les pauvres, le travail et la prière. 
Le R. P. de l’Herihtte nous le montre toujours le même à Sainte-Maure, à 
Saint Julien et au tombeau de Saint-Martin. 

Nous croyons qu'on ne pouvait mieux faire revivre la douce physionomie du 
bon abbé, qu'il était difficile de connaître sans se sentir en même temps porté à 
Humer. Le P. de l'Hermite ne l’a point connu ; mais il a été admirablement 
servi par ses amis et ses anciens élèves, et ceux-ci, à leur tour, trouveront 
que la plume élégante de Pécriv&in ti*a point trahi leur affection. 

Mgr Y archevêque de Tours et Mgr l’archevêque de Paris ont adressé à l'au¬ 
teur leurs félicitations, et nous ne saurions mieux faire que de les mettre sous 
les yeux de nos lecteurs. 

« Tours, 29 juin 1872. 

v Mon révérend Père, 

La mémoire du juste ue périra pas. 

* Vous avez procuré l'accomplissement de cet oracle an publiant la biogra¬ 
phie de M. Albert de Beaumont. Les lecteurs de votre notice, que j'allais ap¬ 
peler hagiographique, qui n’ont pas eu lebonbeur de connaître ce jeune prêtre, 
enlevé trop tôt à l'amour desa noble et chrétienne famille, à l'œuvre de Saint- 
Martin et a l’édification du diocèse, comprendront les regrets profonds qu'il jl 
laissés dans tous les cœurs. Ceux qui l'ont connu et aimé ie verront avec con¬ 
solation revivre dans vos simples et belles pages comme modèle de l'écolier 
vertueux, du pieux séminariste et du prêtre digne de sa sainte vocation. 

« A Y imprimatur que vous me demandez modestement, mon cher Père, j'a¬ 
joute mon approbation pour l'oeuvre, avec ^expression dé mes remerdmeuts 
et de mes affectueux hommages pour l’auteur, f Félix, archev. de Tours. » 

« Mon cher Père, * Paris, le 21 mai 1872. 

« Je viens de recevoir, et j’en suis heureux, les épreuves de la notice que je 
vous avais prié d'écrire sur la vie de l’abbé de Beaumont. Le souvenir de ce 
jeune prêtre, trop tôt ravi à l’Église et à l'œuvre de zèle que je lui avais confiée, 
ne doit jamais être oublié parmi le clergé delà Touraine. 

« Malgré sa jeunesse, je l'avais cru digne et capable de seconder le mouve¬ 
ment religieux qui s'est produit autour du tomboauretrouvé de saint Martin. 
U avait parfaitement répondu à mon dessein. Dieu se plaisait à bénir les effort» 
de ce jeune chapelain, modeste et pieux comme saint Louis de Gonzague, t^est 
de sa main que vous avez reçu la direction du sanctuaire de Saint-Martin, et 
vots avez pu juger quels progrès (a dévotion avait faitSi en peu de temps sous 
cette douce et sainte nnpuision. 

« La perte de ce prêtre, que Dieu a appelé à lui dès les pnemiens jours oe 
son sacerdoce, me causa la plus vive peine, car je l'aimais comme xm fils. Mon 
chagrin ne fut un peu adouci que par la promesse que vous voulûtes bien me 
feire alors de remplacer, avec quelques-uns de vos Pères, l'excellant prêt» 
que la mort m’enlevait, et de continuer l’œuvre commencée pariuiproe du 
tombeau de notre grand Saint. 

« Agréez, mon cher Pire, avec mes remerdraemfes, l'assurance de sen¬ 
timents les plus'affectueux. 

\ Semaine de 7hurs. ) % ^ Jr-fiHVOLVTE, archevêque d&fiaris.» 


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ock; e 



BULLETIN SOMMAIRE 


DES 

PUBLICATIONS RÉCENTES 


X’énumération que nous faisons ici des ouvrages parus dans le mois n'emporte 
nullement de notre part recommandation de ces ouvrages ; c’est une simple énu¬ 
mération bibliographique pour ceux de nos keteursqui veulent se tenir au courant 
de œ qui parait. 


ÂLLBMAGftB Et LA QUESTION d’Italib 
(P), lettres adressées à M. Weiss. 1 vol. 
iüM$o # Prix s 2 fr. 

Application de la gîtologue a 
L iAURlcuLTU&s, par Ju Burat, professeur 
à4!éools oentrala. Se vend relié. 1 fr. 50 

•lÀJBKXS MT LB6 OUTILS PRÉHISTORIQUES 

emuonStoIUés (les), par le vioomte Lepic; 
gland in— 4* ds <24 planches à eaux-fortes 
avsoitexte explicatif. Prix : 12 fr. ( 

! Belfort -et les bataillons mobiles | 
hs La Hautb*Saone, par J.-A. Rild. < 
1 VOL in- IH. Pua : 3 fr. 40 1 

Bombardement et la fortification | 
moderne (la)» par Piroq, capitaine de 
génie. 1 vol.<in-8<> accompagné de 7 plan¬ 
ches. Prix : 8 ir. 

Chemin de la vérité (le), par le comte 
de Champagny, de l’Académie française. 

1 vol. in-12 de 400 pages. Prix ; 2 fr. 50 
•Corse Lokbncez devant Puébla (le),' 
retraite des cinq mille ,(5 mai 1862). 1 vol. 
in-4K JPrix : 1 fr. 50 

De Chois en chute, lettres d'an pas¬ 
sant, par Arthur de Boissieu. 1 vol. in-12 
de â^pages. Prix : 3 fr. 

Ds XtA RÉVOLUTION BT HB LA RSfl- 
XAUBATION DBS VRAIS PRINCIPES SOCIAUX 

à l’époque Actuelle, par l’abbé Auguste 
Onolair. 2 vol. in-8° d’ensemble 1258 
pages. Prix : 14 fr. 

DlALOOÜES DES VIVANTS ET DES MORTS, 

par Edmond Biré, préface par M. Armand 
de Pontmartin. 1vol. in-12 de 344 pages. 

Prix : 3 fr. 50 
Dictionnaire de la langue française, 
par E. Littré, de l'Institut. 28 e livraison 
(Tendre-Trésor), Prix : 3 fr. 50 

DlCTIONNAUm UNIVE RSEL D’ÉDUCATION 

bt d’bnsbignement. 1 vol. in-8° à deux 
eolonnes de.l373jpages. Prix : 24 fr., 


Documents relatifs au siège db 
Strasbourg publiés par le général Uhrioh. 
1 vol. grand in-8° avec une carte. 5 fr. 

Cardinal de Retz (le), son génie et Bes 
écrits, par M. Marins lopin. 1 vol. in-12 
d© 106 pages. Prix : 1 fr. 26 

Du natal au Zambèbb 1854-Î866, ré¬ 
cits de chasse pur W. B. Balèrin; traduits 
par Mme Henriette Loreau. 1 vol. in-12 de 
312 pages contenant une carte. 1 fr. 26 

Du pain, des 'différents modes : et sys¬ 
tèmes employé» pour sa fabrication, parie 
major Ckmtxy. 1 voL in~4 avec deux 
planches. Prix : 3 fr. 

Du privilège du PROPRIÉTAIRE, com¬ 
mentaire de la loi du W février 1872, par 
Ernest Génevois. 1 vol. itn8. Prix: 3 fr. 

Education sblon l’esprit du chrïb- 
Tïahwme (1’), ptrr l’auteur des Méditations 
d'outre-tombt. 1 vol. in-12 de 240 pages» 
Prix : 1 fr. 60 


FUfECtTRSMUR RT DOT2ATBUB.-DB 

l*bspbtt moderne, étude suxua vie etson 
œuvre,par H. Durand deLaur,uncian pra- 
fesseur au lycée d» Versailles. 2*>rtsnroL 
in-8. Prix : 15 fr. 


Espagne contemporaine (P), jmmial 
d’un voyageur, par Louis Teste, -1 vd. 
in-18. Prix * 8 80 

Etudes sur la question des peines, 
oar E. Michaux, sous-directeur des colonies. 
1vol. in-8. Prix : 8 fr. 


'. Etudes stratégiques sur le théâtre 

>E LA OUERRB ENTRE PARIS BT BERLIN, 

>ar M. Fervel, colonel du génie. 1 voL In-8 
>y eo grand nombre de gravures dansli 
ex te. Prixî6fr. 

Etudes sur les facultés mentales des 
rnimaux comparées à celles de l’homme, 
ar J. C. Houzeau, membre de l’Aoadémie 






— 1256 — 


de Belgique. 2 vol. in-8. Prix : 12 fr. 

Foi vengée ffc), ou explication popu¬ 
laire de la Genèse selon la science et selon 
Moïse, par J. M. Orin. 1 vol. in-8 de 268 
pages. Prix : 3 fr. 

Fortification a fossés secs (la), par 
le colonel Brialmont. 2 vol. grand in-8 
avec atlas grand in-folio. Prix : 45 fr. 

Henriette, étude de mœurs, par M. 
Henri de Croisy. 1 vol. in-12 de 356 pages* 
Prix : 2 fr. 

Incident diplomatique (un), par M. de 
Catacary, ancien ministre de Russie aux 
États-Unis. Grand in-8 # . Prix : 3 fr. 

JoÛRNAL D’UNE MÈRE PENDANT LE SIÈGE 
de Paris, par l’auteur de Rousou. 1 vol. 
in-12. Prix : 3 fr. 

Journal d’un aumônier infirmier au 
Corps de Cathelimbau, par M. l’abbé 
Prétot, chevalier de la Légion d’honneur. 

1 vol. in-12 de 350 pages. Prix : 3 fr. 

Journal d’un capitaine de francs- 
tireurs, par le comte de Belleval. 1 vol. 
in-18. Prix : 3 fr. 

Littérature française des origines 
AU XVII* 82ÈLE (la), par M. Paul Albert 
maître de conférences à l’Écple normale pu! 
périettre. 1 volume in-12 de 432 pages. 

Prix : 4 fr. 

. Loi sur le recrutement de l’armée, 
annotée et expliquée, mise à la portée des 
gens du monde, in-32. Prix : 0 fr. 50. 

Manuel des conseils de fabrique, 
par un vicaire général de Langres. 1 vol. 
grand in-8° de 224 pages. Prix : 7 fr. 

. Métaux (les); mines, mineurs et indus¬ 
tries métallurgiques, par Êmilè With, in¬ 
génieur civjl. 1 vol. grand in-8® raisin, 
papier vélin, illustré de 167 gravures. 

Prix: 10 fr. 

Monsieur de Bérulle et les carmé¬ 
lites de France 1575-1611, par M. l’abbé 
M. Houssaye, prêtre du clergé de Paris. 1 
fort vol. in-8° enrichi de 2 gravures en taille 
douce. Prix : 6 fr. 

Paris et Province, deux histoires de 
notre temps, par Hip. Audeval. 1 vol. in- 
12. Prix ï 3 fr. 

Plantes médicinales et usuelles de 
nos CHAMPS (les), jardins et forêts; des¬ 


criptions et usages des plantes comestibles, 
suspectes et vénéneuses, par H. Rodin, 
membre de la Société botanique de France. 
1 vol. de 450 pages avec 117 figures. Relié. 

Prix : 3 fr. 60 
Politique prussienne et le catho¬ 
licisme en Allemagne (la), considéra¬ 
tions sur la dernière guerre franco-allemande 
par un catholique allemand, traduit de 
l’allemand par un catholique annexé. 1 vol. 
in*8°. Prix : 3 fr. 

Récit d’HENRi aux jeunes genb, par 
Henri de Croisy. 1vol. in-12, de 228 pages. 

Prix : 2 fr. 

Représailles du sens commun (les), 

I par Xavier Aubryet.Volumein-12.3 fr. 50. 
Roman intime (le), étude d’âme, par 
M. de Croisy. Prix : 2 fr. 

Rome souterraine, résumé des décou¬ 
vertes de M. de Rossi dans les catacombes 
romaines ; trad. de l’anglais de MM. North- 
oote et Brownlow, par P. Allard, avec 
une préface de M. de Rossi. 1 beau vol. 
in-8® illustré de 20 chromolithographies, 
de vignettes, etc. Prix: 28 fr. 

Siège »de farts (le), retraite des Alle¬ 
mands, souvenirs d’un contemporain ; \ jol, 
roi. in-18. Prix : 2 fr. 

Souvenirs de l’école Sainte -Gene¬ 
viève; notice sur les élèves tués à l’ennemi, 
par le R. P. Chauveau. 1* partie, 1 vol. 
in-12. Prix .: 3 fr. 50 

Souvenir et portraits, tome nï et 
dernier, par A.- de Lamartine. 1 vol. 
m-12. Prix : 3 fr. 50 

Traité de Topographie et de Recon¬ 
naissance militaires, par E. Bertrand,Da- 1 
pitainê du génie. 1 vol. in-8°avec grand nom¬ 
bres de gravures dans le texte. Prix : 8 fr. 

Traitement pratique des vtns spiri¬ 
tueux, liqueurs d’exportation, par Boireau. 

1 vol. in-8® avec planches. Prix : 6 fr. 

Voix deI’Alsace (la), par Emile Wend- 
ling. 1 vol. in-8. Prix : 1 fr. 50 

Volontaires du génie dans I’Est (les), 
par Jules Garnier. 1 vol. in-12 avec cartes. 

Prix : 4 fr. 

Waterloo, étude sur la campagne de 
1815, par le lieutenant oolonel Chesney. 

1 fort vol. in-8 avec cartes. Prix ï 7 fr. 60 


Le Gérant, F. WATTEL1ER. 

__ I 


PARIS. — IMPRIMERIE JULES LE CLERB ET O 1 ®, RUE CASSETTE, 29. 



Tome TU. — IV. ». 


Septembre 1871. 


REVUE 

BIBLIOGRAPHIQUE ET LITTÉRAIRE 


A NOS AGRÉGÉS. 

Au moment où nous allons rédiger et faire imprimer notre 
nouveau catalogue, nous engageons ceux de nos agrégés qui ont 
publié des ouvrages sur lesquels ils ont gardé leurs droits, à nous 
adresser sans retard, à titre de dépôt, quelques exemplaires de 
ces ouvrages, avec les conditions de faveur qu’ils peuvent faire 
pour notre œuvre. Nous les prions de nous adresser aussi une 
note très-courte, expliquant suffisamment le but et le plan de 
leurs ouvrages, afin de nous guider pour la rédaction prompte 
de cette partie de notre catalogue : on comprend que le temps 
nous manquerait pour faire lire et analyser chacun de ces nom¬ 
breux volumes. Nous sommes heureux de penser que nous pour¬ 
rons ainsi contribuer à faire connaître et à répandre d’excellents 
livres, auxquels il ne manque que la publicité pour en assurer le 
succès. Pour les ouvrages sérieux et de longue haleine, une fois 
les lecteurs d’élite pourvus, nous savons fort bien que l’on ne 
doit plus espérer qu’un placement limité ; mais cela suffit pour 
écouler une édition et ménager à l’auteur les moyens d’en pré¬ 
parer une nouvelle, quand il y a lieu. Ce qui est certain c est que, 
de toutes les œuvres qui tendent à propager les bons livres, la 
nôtre est celle qui l’emporte de beaucoup par le chiffre de ses 
affaires. Le concours persévérant et affectueux de nos agrégés 
pourra encore développer le bien qui s’est fait jusqu’ici. Une 
observation attentive de la marche des bonnes publications 
démontre évidemment que ce n’est pas la production des bons 
livres qui manque, mais la facilité et la promptitude de l’écoule¬ 
ment de ces ouvrages ; c’est donc à cela que doivent tendre prin¬ 
cipalement nos efforts. 


T. TU. 


17 


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PREMIÈRE PARTIE 


OUVRAGES ÉDITÉS PAR NOUS OU DONT NOU8 AVONB ACCEPTÉ 
LA PROPAGATION SPÉCIALE. 


LA SOUVERAINETÉ NATIONALE, par M. Léon Glas. 1 vol. in-12 
de 150 pages.—Prix: 1 fr. ; pour nos agrégés : 60cent. 

Nous reproduirons d abord Y Avertissement piquant placé en tête de 
cet opuscule; la modestie de l'auteur inspire confiance dans le mérite 
de l’ouvrage qu’il nous présente : 

« Je ne suis pas l’auteur de cette brochure, nous dit M. Léon Glas. 
Je n’en suis que le rédacteur et l’éditeur. 

« Toutes les pensées m'en ont été inspirées par un homme qui vit 
dans la solitude la plus profonde et dont je ne dirai rien, à mon regret, 
parce qu’il désire rester inconnu. 

* « Je l’ai toujours trouvé prêt à répondre avec une complaisance 
inépuisable à mes questions multipliées. Il m’a convaincu, et, croyant 
que ces idées pouvaient faire du bien, je me suis décidé à les publier. 
Je puis assurer qu’elles sont le fruit d’une méditation sérieuse, inspirée 
par l’amour seul de la vérité et indépendante de tout e9prit de parti. 

» Qu’il reçoive ici mes vifs remercîments, et que l’honneur, s’il y 
en a, lui revienne. Je n’ai pas d’autre mérite que celui d’avoir rédigé 
aussi bien que je l'ai pu. * 

Nous remercierons, nous, M. Léon Glas d’avoir recueilli avec un 
sein religieux ces bonnes et fortes pensées, et nous le féliciterons 
devoir si bien réussi à les faire valoir par une rédaction vraiment 
remarquable. On sent id un jugement vigoureux et une plume exercée : 
ce livre ne parait pas de notre époque, il n’a lien de la phraséologie 
que le journalisme a mise à la mode : ce sont des principes philosophi- 
quement posés, parfaitement définis, et d’où l’on tire avec justesse des 
conclusions qui satisfont l’esprit. Dans aucune des brochures modernes 
nous n’avons vu cette grande question de la souveraineté nationale 
aussi nettement discutée; Jes hommes même les plus entendus dans la 
politique profiteront à cette lecture. L’ouvrage est profond, mais il 
n’est pas obscur, tant s’en faut : c’est de la philosophie, mais de la phi¬ 
losophie française, claire et lumineuse; on saisit parfaitement la pensée 


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de l’auteur, et de cette pensée jaillit une lumière qui porte la clarté 
dans nos propres idées, généralement un peu confuses sur cette grave 
matière : c’est la question du jour, tout le monde en parle, mais on 
discute sans s’entendre; parce que, le plus souvent, tout en criant bien 
haut son sentiment, au fond on ne se comprend pas trop soi-même. 

Nous pensons que le meilleur moyen de persuader de lire ce livre, 
c’est d’en faire connaître le contenu ; voici le titre des chapitres : 

De la souveraineté nationale. I. De la souveraineté, sa nature et ses 
deux sortes. II. Après Dieu les pères seuls sont souverains par eux- 
mêmes. Conséquences qui en résultent. III. Dans toute société poli¬ 
tique, il intervient un contrat, exprès ou tacite, entre le gouvernement 
et les gouvernés. IV. Dans ce contrat, il faut primitivement l’unartî- 
mité de ceux qui contractent. V. Le peuple est-il souverain"? La majo¬ 
rité est le principe de la décision de ceux qui participent à la souve¬ 
raineté. VI. Origine de la souveraineté politique. VII. Le pouvoir 
politique vient de Dieu. VIII. Constitutions et pouvoirs légitimes. 
Dieu n’autorise que ce qui est légitime. IX. Tout gouvernement légi¬ 
time est de droit naturel et divin. X. Comment s’acquiert le pouvoir 
légitime. XI. Les pères peuvent s'engager pour leurs enfants et ceux-ci 
doivent respecter les engagements de leurs pères. XII. La révolte n'est 
jamais permise. XIII. La révolution. Ce qu’elle est : ses procédés, 
ses résultats. XIV. Le souverain légitime de la France et la révo¬ 
lution. XV. MM. de Broglie et Guizot et la révolution de 1830. 

Il ne nou9 est pas permis d’entrer ici dans la discussion de ces 
matières : qu’il nous suffise de dire que tout cela est traité de main de 
maître, avec une science solide, une fermeté de jugement rare et une 
.modération peut-être aussi rare de nos jours. C’est une œuvre émi¬ 
nemment sociale que de répandre de pareils cuivrages : nous le recom¬ 
mandons tout particulièrement à nos agrégés. 


AUJOURD'HUI ET DEMAIN, poème pehit et écrit par Pierre Lebbur*^* 

Prix : 20 francs. 

La dernière exposition a permis de constater la décadence, ou plutôt 
la mort de l’art à notre époque : le positivisme a tué l'inspiration, et 
cela devait être ; sans idéal il n’y a point d’artistes possibles ; la place 
est tout entière aux photographes ; le calque de la nature, l’imitation 
minutieuse d’une nuance et d’un reflet, le pastiche de la jfonne et de la 


couleur ; en un mot, tout ce qui peut amuser ou flatter les sens, voilà 
la futile perfection qu'ambitionnent les artistes, et la seule qui soit de 
mode aujourd'hui . 

Mais comme, en dépit de tous les sophismes et de toutes les corrup¬ 
tions, « l'homme est une intelligence servie par des organes, « un peuple 
ne peut vivre dans cette atmosphère de matérialisme brutal ; il périt 
infailliblement s'il y reste plongé. Est-ce là notre triste destinée! 
Faut-il désespérer de demain ? 

Non ! vient nous dire, avec l’autorité du talent et la verve d’une 
noble inspiration, un véritable artiste qui interprète lui-même, dans 
des vers marqués au bon coin, l’œuvre magistrale que son pinceau a 
créée sur la toile : aujourd'hui la honte et les ruines, demain le réveil 
à la gloire et à la prospérité; aujourd’hui la tyrannie de l’erreur, 
demain le règne de la vérité. 

11 y a un an, au moment où les incendies allumés par la Commune 
fumaient encore, nous avions vu le premier jet de cette belle compo¬ 
sition. L'artiste généreux a compris la valeur de l'inspiration qu’il 
devait à son patriotisme et à sa foi : laissant de côté tous les travaux 
qui lui étaient commandés, ne songeant qu’à servir Dieu et sa patrie, 
il s’est livré entièrement à l’accomplissement de son œuvre, qui a gardé 
le trait de l’inspiration, en acquérant le fini de l'exécution et la perfec¬ 
tion des détails. 

Pour ce bon Français, pour ce vrai chrétien, le premier besoin, 
comme le premier devoir, c’est de combattre pour le triomphe de la 
vérité, hors de laquelle il n'y a ni repos, ni bonheur, pas plus pour les 
peuples que pour les individus. Quand la force des circonstances ré¬ 
duit à déposer les armes et à subir la loi de l'ennemi victorieux, 
avec le pinceau et la plume on peut encore combattre l’erreur qui lui a 
ouvert la porte et livré la patrie. 

Ces nobles sentiments trouvent. Dieu merci, de l'écho dans bien des 
coeurs : M. Lebrun les a traduits d'une manière saisissante. A première 
vue, son tableau frappe et émeut; les connaisseurs proclament la 
noblesse de la composition, le cachet de l'inspiration, la beauté harmo¬ 
nieuse de l'ensemble, la savante disposition des détails; on a vu des 
hommes de cœur, ignorant les théories de l'art, faire de cette toile un 
éloge plus éloquent : en la contemplant, leurs yeux se sont remplis de 
larmes. 

Sur le premier plan, dominant toute la composition, le prince, debout 
dans le majestueux costume qui rappelle tout ensemble S. Louis, 


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— 261 — 


Henri IV et Louis XVI, tient d’une main ferme le glorieux drapeau 
de nos pères ; il exprime, par un geste noble et fier, les belles paroles 
de son manifeste. A la ressemblance frappante des traits, que les pho¬ 
tographes ont popularisés, se joint ici ce qui manquera toujours à la 
photographie : l'expression, le souflBe vital, ce quelque chose d'indéfinis¬ 
sable qui ajoute la peinture de l’âme au dessin des contours duTisage. 
Aussi est-ce là le portrait le plus vrai; car, suivant la vulgaire mais 
juste et profonde expression, c'est un portrait parlant. 

Au-dessus du prince, plane l’archange victorieux, protecteur de la 
France; il répand une lumière sereine sur la partie de la toile où 
domine le représentant de l’ordre et de l'autorité. En façe, dans l’ombre, 
apparaît l’ange du mal, aux ailes épaisses et sinistres ; son profil est le 
type frappant du cynique écrivain insulteur de Jeanne d'Arc et plat 
adulateur du Prussien ; son corps hideux vient enlacer de ses derniers 
replis une mégère qui respire la haine et la cruauté, et dont la bouche, 
grande ouverte, vomit vers le prince Poutrage et la menace ; sa main 
serre avec frénésie un poignard et une torche allumée : c’est bien là le 
type de la révolution. 

Au bas du tableau, sur le bord d'un abîme béant et sans fond, la 
France, prosternée dans la poussière, la face cachée entre ses bras, 
trahit tout à la fois, par sa pose, son anéantissement passager et la 
sève de vie qui coule encore dans ses veines : on attend qu’elle prête 
l'oreille à la voix de l’Église, qui, vêtue de deuil, dépouillée de tous 
ses ornements, s’incline vers cette fille bien-aimée pour l’engager à 
lever les yeux vers le prince qui, seul, peut la relever et lui rendre son 
antique splendeur. 

Dans le fond du tableau se déroule le panorama de Paris, où l’on dis¬ 
tingue, préservées au milieu des flammes, les tours de Notre-Dame et 
la gracieuse flèche de la Sainte-Chapelle* 

Voilà, tout décoloré et nécessairement décousu, le plan de cette 
grande et noble composition ; la parole ne la donne que par morceaux ; 
l’œil l’embrasse d'un seul coup, et la vigueur, l’élévation de la pensée 
s’empare de l'ame et la ravit. Après avoir savouré cette jouissance 
d'une grande conception, qui nous entraîne en quelque sorte hors de 
nous-mêmes, pour nous élever avec l'artiste à la hauteur où l’inspira¬ 
tion l’a transporté, si nous venons à analyser chaque partie de la com- . 
position qui est sous nos yeux, et si nous descendons aux détails les 
plus minutieux, nous reconnaissons encore avec bonheur ce cachet des 
vrais artistes qui, amoureux de leur œuvre et riches d’idées, ne 


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— 262 — 

négligent aucun accessoire, mais profitent de tout pour mieux traduire 
leurs pensées. Que l'auteur est loin d'imiter ce genre débraillé des pro¬ 
ducteurs à la commande, de ces faiseurs d’illustrations, qui jettent, 
comme au hasard, des couleurs heurtées ou des coups de crayon in¬ 
formes, sur une esquisse incorrecte l Pauvres barbouilleurs, ils s'ima¬ 
ginent qu’on les tiendra pour capables de terminer une œuvre a la façon 
des grands maîtres, parce qu’ils singent maladroitement les traits hardis 
et rapides du premier jet d'une pensée ; comme le bachelier frais émoulu 
qui se croirait émule da Racine, parce qu'il aurait griffonné, en prose 
plus ou moins correcte, le canevas d'une tragédie ! 

M. Lebrun, qui ne ménage ni t le temps ni le travail, après avoir 
bien mûri son sujet et arrêté les grandes lignes de l’ensemble, ne 
néglige rien dans l'exécution des détails, et le moindre accessoire porte 
avec lui une idée, comme dans les bons vers chaque mot ajoute à la , 
pensée. Regardez, par exemple, cette cravate blanche largement étoffée» 
suivant la forme historique du costume royal ; vue dans l’ensemble, on 
n’y aperçait qu’une heureuse proportion qui s’hannoniseavec la noblesse : 
de toutes les draperies du vêtement; mais examinez de plus près, et 
dans cette délicate broderie, au lieu d’une suite de points insignifiants, 
vous découvrirez une série ravissante d’ingénieux emblèmes, de souve¬ 
nirs historiques, qui charmeront votre esprit enoore plus que vos yeux. 

Comme il voulait faire de son œuvre un moyen de propagande pour 
l’idée d'ordre et d’autorité, opposée aux saturnales révolutionnaires, 
l’artiste a renoncé aux ressources du coloris et il a peint sa toile avec le 
noir et le blanc seuls; de cette façon la photographie a reproduit par¬ 
faitement le tableau : nous n’avons rien vu de mieux réusëi que oette 
photographie, qui mesure 90 centimètres de hauteur sur 60 de large* 

fendant les longues veillées des jours d’hiver consacrés à l'exécu¬ 
tion de son œuvre, l’auteur, qui ne pouvait, en déposant ses pinceaux, 
se eoutraire à l’idée qui le dominait tout entier, a senti le besoin de la 
traduire d’une autre manière. Bien qu’il ne s’y fût jamais exercé, il 
confia a la poésie les élans de son âme si chrétienne et si éminemment 
patriotique. Son essai, soumis à l’un de nos plus élégants poètes, à 
un éerivain plus noble encore de cœur que de nom, fut trouvé digne de 
l’Hopcessioa, et conquit à l’auteur l’amitié de celui qu'il avait choisi 
comme critique. H y a longtemps qu'on l’a dit, et avec vérité, mtcwlur 
pacte. 

Ici nous ne serons pas réduit, comme pour la peinture, à une froide 
analyse; nous aimons mieux citer; nos lecteurs nous en remercieront, 


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sans doute. Comme il y a dans ce petit poëme une grande unité d’idée, 
aussi bien que dans la toile dont il développe la pensée, les strophes, que 
nous choisissons çà et là, s'enchaînent assez pour que nous n’ayons pas 
besoin de les couper par des transitions. 

France! reprends courage et calme ta douleur; 

Tu reverras bientôt ton antique splendeur. 

Ecoute de ton Roi les appels magnanimes, 

Lui seul peut, sous tes pas, refermer les abîmes. 

Confiant dans l'appui de l’archange vainqueur 
Qui de l’ange rebelle enchaîna la fureur, 

Ton prince ne craint pas la horde sanguinaire. 

Allumant contre lui les feux de sa colère. 

11 n’est point l’instrument d'un parti factieux, 

Ni de l’impiété le jouet odieux. 

De ses rayons divins la Vérité l'éclaire ; 

Sans peur et sans reproche il marche à sa hnmène. 

11 ne pactise point, pour briguer leurs faveurs^ 

Avec les histrions, les fourbes, les rhéteurs. 

Il parle sans détoour; et sa ferme assurance 
Aux cœurs vraiment français a rendu l'espérance. 


Mais l'homme du progrès, ce héros de nos jours. 
Croit que pour réussir il s’y prend à rebours, 

Et que son noble cœur, auquel il rend hommage, 

Est trop franc, trop sincère et n*est plus de notre âge. 

Oui, bourgeois, tu l’as dit : depuis quatre-vingts ans, 
Le Vrai n’est plus de mode au beau pays des Francs ; 
La Sagesse à sa fête invite la Fotie, 

Le Vice et la Vertu marchent de compagnie ; 

Dans l’abject et l’impur le monde s’agitant 
Regarde d'un môme œil l’Éternel et Satan. 

Et pour comble de honte, ô tristesse! ô démence 1 
Ou appelle progrès ce temps de décadence l 

Avec un tel régime, adieu stable pouvoir 1 
Le maître du matin est esclave le soir : 

C'est la loi du plus fort, le règne de l'intrigue. 

Et le sceptre est à qui dirige mieux sa brigue» 


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— 264 == 


Des croyances du peuple infâmes ravisseurs, 

Que lui donneront-ils pour prix de ses sueurs?.... 
Et s'il veut de leurs biens à son tour se repaître 
Par la loi du plus fort il peut être le maître. 


Mais toi, frêle soutien qui nous rends les témoins 
« Du pouvoir qui, dis-tu, nous divise le moins, » 
En vain, pour l'apaiser tu flattes la tempête; 
L'ouvrage de tes mains s'arme pour ta défaite. 

Toi qui parlas si bien du Souverain Pasteur, 

Tu parais oublier que l'Élu du Seigneur 
De l'autorité vraie est la source féconde. 

Et que, sans ce flambeau, la nuit couvre le monde. 


Ton infaillible voix, Pontife glorieux, 

Fait entendre ici-bas le langage des deux. 
Grâces à tes travaux, bientôt la sainte Église 
A son bercail verra l’humanité conquise. 

Ton œil a mesuré les profondeurs du mal ; 

Tu fais toucher du doigt son prindpe fatal. 
Oracle du Très-Haut, ton auguste parole 
Appela les pasteurs de l’un à l’autre pôle. 

Et la Ville Éternelle a pu voir dans son sein 
Le père et les enfants, guidés par TEsprit-Saint, 
Indiquer aux mortels la seule route sage 
Dans le sombre dédale où l’erreur nous engage. 

O cénacle divin, désespoir du méchant! 

Ta voix a retenti de Y aurore au couchant. 

Aussi de toutes parts l’impiété se lève, 

Et livre ses assauts, sans repos et sans trêve. 


Vainement, Subalpin, lâche spoliateur. 

Ta révolte s’attaque au Béni du Seigneur : 
Celui qui du tombeau se leva plein de gloire 
Au Pontife suprême a promis la victoire. 

Tu voudrais partager, ambitieux César, 

La moitié de ta pourpre avec le saint Vieillard 1 


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265 — 


Sans doute, il te souvient que ton frère Pilate 
Revêtit le Sauveur d’un lambeau d’écarlate ; 

Qu'il lui donna pour sceptre un fragile roseau. 
Qu'une épine à son front fit un royal bandeau, 
Qu'il souffrit des valets les soufflets et l’outrage 1 
Pilate couronné, pareil est ton ouvrage ! 

Conserve-les pour toi,-tes haillons dégradants, 
Le Pontife demain t'enterrera dedans!!! 

Dieu qui, pour te juger, prépare sa balance, 
Réserve à tes forfaits leur juste récompense. 

Tu m'apparais gisant dans l'oubli du cercueil, 

La chute de ta race a payé ton orgueil. 

• Il est encore un Roi qu'on aime et qu'on révère. 
Il se nomme le Pape, et son règne est prospère ! 


Dix-huit siècles ont vu la barque du Pécheur, 
Malgré tous les écueils et les flots en fureur, 
Conduire les humains au port de la patrie 
Où régnent à jamais la lumière et la vie. 

Le Maître l'avait dit : a Les suppôts de l’enfer, 
Aiguisant le sophisme ou maniant le fer, 
N'arriveront jamais à prévaloir contre elle; 

Le monde passera; seule, elle est immortelle. 

Les Brutus, les Césars assiégeront en vain 
L’indestructible roc, rempart du genre humain. 
Le mortel insensé qui s’y heurte, s'y brise. 


De la Prusse je vois le rapace vautour 
S’abattre sur l’Église et périr à son tour : 
D’un sacrilège orgueil instrument et victime, 
il se creuse à lui seul un insondable abîme. 


• 

Quand ces enseignements, tant de fois répétés, 
Des superbes humains seront-ils écoutés? 

Toi qui de Bonaparte as retracé l'histoire. 
As-tu donc oublié comment finit sa gloire? 


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Et Napoléon Deux que le grand potentat 
Chargea d’un nom qui, seul, était un attentat (1), 
S’éteignant à Schœnbrun, dans l'appartement même 
Où le vainqueur altier encourut l'anathème (2) 

Et Napoléon Trois qui vit, au même jour, 

Son abandon de Rome allumer Wissembourg, 

Signal de ses malheurs!... Ignores-tu le reste? 
Jamais le doigt de Dieu Tût* il plus manifeste? 

Si la lumière vraie éclairait ton regard. 

Que tu t’empresserais d’arborer l’étendard 
Qui seul peut nous sauver du mal qui nous afflige. 

Et nous restituer notre antique prestige ! 

Tu comptes sur la ruse et les savants détours ; 

Avec de tels flambeaux l'on s'égare toujours. 

Si tu veux t’inspirer, regarde Henri de France : 

En un guide plus sûr il met sa confiance. 

Le Seigneur est sa force et son Adèle appui. 

Il l’adore, il le craint ; mais il ne craint que Lui, 

Lui pour qui les puissants et les grands de la terre 
Ne sont que vains jouets et que paille légère. 

Pour confondre l’impie, il n’a qu'à le vouloir» 

Dans la faiblesse il fait resplendir son pouvoir : 

Sous un rustique toit il prend l’humble bergère. 

Pour briser les efforts d’une armée étrangère. 


Sous l’étendard sacré du croisé saint Louis, 

Les braves surgiront’en notre*beau pays,' 

Et du sol mutilé reculant les frontières, 

Frères, nous reverrons la France de nos pères. 

Vous donnerez Vélan, soldats du Sacré-Cœur! 
Vous dont le monde entier admira la valeur, 
Défenseurs convaincus de la Divine Cause, 

Sur votre sainte ardeur notre espoir sc repose. 


(1) Le titre de Bot de Borne. 

(2) Napoléon II mourut dans la chambre même où son père avait signé le décret qui 
supprimait les États de l’Église. 


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— 267 — 


Non, Bismarck, tu n'as pas le vrai drapeau des Francs! 

ous une blanche égide, un jour, ses fiers enfants 
A leur mère rendront deux filles bien-aimées : 

L'Alsace et la Lorraine en tes mains opprimées. 

Ou bien les plis sacrés du sublime étendard, 

De notre antique honneur seul et dernier rempart. 

Ne seront qu’un linceul!... Le monde entendra dire : 

Le gentilhomme est mortl... la pauvre France expire!... 

De ce triste spectacle, ah 1 détournons les yeux ; 

L’illustre Rejeton de tant de rois fameux 
Aura d’autres destins !... Notre France asservie 
Va lui devoir bientôt la grandeur et la vie. 

De l’excès de ces maux naîtront les jours bénis 
Où la France acclamant le Fils de saint Louis, 
Redeviendra du Christ le soldat et l’apôtre. 

Et portera au loin et sa gloire et la nôtre. 

* 

Je vois flotter au loin de nombreux étendards; 

Des guirlandes, des fleurs brillent de toutes parts ; 
J’entends les chants joyeux des cités, des campagnes; 

Des vallons, l'allégresse a gagné les montagnes.; 

Les sereines clartés, dissipant les terreurs. 

Ont chassé loin de nous les sinistres lueurs; 

Le calme du foyer succède à l'incendie. 

Et Pintégrité règne où fat la perfidie» 

L'espoir, de ses rayons, colore l’avenir. 

De nos siècles de foi revit le souvenir. 

Et l’Église de Dieu revoit sa fille aînée. 

Comme elle fut jadis, de gloire environnée. 

• 


Le Droit aura vaincu. Le grand peuple agité 
S’affermira dans l’ordre et dans la liberté; 

Et les fils des croisés, en retrouvant leur voie, 
Béniront le Sauveur que le Ciel leur envoie. 

Et le pins beau royaume après celui du ciel, 
Héraut prédestiné du Monarque éternel. 

Dans le juste et le vrai marchant avec franchise. 
Sera plus que jamais le gardien de l’Église. 


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— 266 — 


L’éclat de sa splendeur ravira l'univers ; 

Des mortels qu’on opprime il brisera les fers; 
Les peuples à l'envi voudront, à son exemple. 
Connaître le vrai Dieu, l’adorer dans son temple. 


Les efforts incessants de l’enfer en fureur 
Sont de notre triomphe un signe précurseur : 

Il pressent que bientôt la France, sa victime. 

Saura se réveiller sur le bord de l’abîme. 

Son peuple écoutera la voix de ses douleurs, 

Et, retrempant sa foi dans le sang et les pleurs. 

Il redira bientôt la devise chérie : 

Vivre et mourir pour Dieu, l'Église et la Patrie. 

Chez les anciens, les poëtes s’appelaient vates (c’est-à-dire devins); 
on leur attribuait le don de lire dans l'avenir : assurément, quand ils 
ont des inspirations aussi chrétiennes, aussi patriotiques que M. Pierre 
Lebrun, on désire que les poëtes soient toujours des prophètes (1). 

A. C. 


ROUE SOUTERRAINE, résumé des découvertes de M. de Rossi dans les 
catacombes romaines et en particulier dans le cimetière de Calliste, par 
J. Spencer Northcote, président du collège d'Oscott, et W. R. Browîclow, de 
Trinity-College, Cambridge ; traduit de l’anglais, avec des additions et des 
notes par Paul Allard, avocat, juge suppléant au tribunal civil de Rouen, et 
précédé d'une préface par M. de Rossi. Ouvrage illustré de soixante-dix 
vignettes, de vingt chromolithographies et d'un plan du cimetière de Cal. 
liste. Paris, 1872. 1 magnifique volume grand in-8° de xvi-517 pages. — 
Prix : 28 fr. 

Nous ne saurions trop recommander à nos lecteurs ce riche volume, 
qui se placera aux premiers rangs cette année parmi les livres d’é- 
trennes, pour les esprits sérieux et cultivés. 

Comme le dit fort bien l’auteur de cette remarquable traduction, 
notre époque « aime à remonter aux sources, » et la critique historique. 


(1) Comme la grande composition de M. Pierre Lebrun se tire aveo les soins les plus mi¬ 
nutieux et par conséquent lentement, les exemplaires sont enlevés au fur et à mesure 
que le photographe peut les livrer; il est donc utile dose faire inscrire au plus tôt. Le 
prix devra être porté à 25 fr. ; mais pour nos agrégés il restera à 20 fr. Cette magni¬ 
fique^ photographie est une œuvre d’art sur laquelle il n'y a pas de spéculation, et quand 
on la vue, on ne marchande pas. Le petit poëme se donne avec la photographie. 


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— 209 — 

« presque toujours moins impartiale qu’elle ne veut le paraître, » est 
devenue la pierre de touche de l’histoire sincère. Que de choses autre¬ 
fois reçues comme des vérités ont été transformées, effacées, changées 
de place par la critique! Il est vrai que ses jugements ne sont point 
tous sans appel, et que trop souvent le parti pris et l'esprit de système 
ont entraîné les auteurs contemporains dans un scepticisme ou dans 
une méthode d’interprétation tout à fait arbitraires ; aussi peut-on 
dire, avec l’estimable traducteur : « Heureuses les vieilles histoires 
que la critique n’a pas démolies de fond en comble! » Celle du christia¬ 
nisme est de ce nombre. Depuis deux siècles, et surtout depuis trente 
ans, le sol romain a été creusé avec une ardeur infatigable, et, quoi 
qu’on en dise, une grande liberté d’esprit, dans le but d’y surprendre à 
leur source les premières institutions chrétiennes. De ce travail souter¬ 
rain l’histoire des origines de l’Église est sortie complétée, rajeunie; 
mais telle, en définitive, que la tradition écrite nous l’avait transmise, 
confirmée sur un grand nombre de points, ébranlée sur aucun. 

L’ouvrage dont nous parlons en ce moment initie à ce travail et à 
quelques-uns de ses résultats, par un résumé rapide mais suffisam¬ 
ment complet ; ce n'est point un abrégé sec et décharné, mais plutôt, 
selon l’heureuse expression de M. Paul Allard, une réduction de gi¬ 
gantesques travaux, d’abord les deux volumes in-folio de la Roma sot - 
terranea italienne, ensuite les mémoires innombrables que M. de Rossi 
a publiés dans les neuf années de son Bulletin d'archéologie chrétienne 
commencé en 1863, et dans divers autres recueils savants. 

Avec l’agrément et même les encouragements des deux savants 
anglais, auteurs du texte original, aidé de leurs conseils et ayant le 
bonheur d’avoir M. de Rossi lui-même pour critique et pour guide, le 
modeste mais habile traducteur a fait un livre supérieur au texte 
par sa clarté, son exactitude et son étendue (car M. Allard a ajouté les 
découvertes faites dans les catacombes depuis 1869, époque de la pu¬ 
blication de l’ouvrage anglais.) 

Dans la préface dont il a voulu enrichir cette publication, l’illustre 
M. de Rossi nous apprend « qu’il a fait exécuter sous ses yeux l’atlas 
des planches chromolithographiques qui décorent la Rome souterraine 
publiée en France par M. Paul Allard. » C’est la meilleure garantie 
d’une parfaite exactitude, qui est le point le plus important en pareille 
matière. M. de Rossi fait l’éloge le plus complet du travail des savants 
anglais, « très-versés dans la science de leur sujet, connaissant de visu 
les lieux et les monuments, les ayant étudiés dans tous leurs détails. 


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— 270 — 


Ils ont refondu, dit-il, mon ouvrage, sans s’astreindre à suivre servi¬ 
lement les divisions; ils l’ont même augmenté de notions empruntées 
à d’autres archéologues et à leurs études personnelles... « M. Allard a 
suivi à son tour la même direction; il a précisé, sur un grand nombre 
de points, des sujets que les premiers auteurs avaient seulement 
esquissés, et a surtout ajouté à leurs places respectives les indications 
des nouvelles découvertes... Malgré tant de remaniements, malgré les 
additions empruntées à des sources étrangères, ces interprètes intelli¬ 
gents et fidèles ont su condenser dans leurs pages la substance de 
mon ouvrage sans l’altérer; ils ont réussi dans l'entreprise littéraire 
la plus délicate et la plus difficile, s’étant, pour ainsi dire, identifiés 
avec un auteur qu’ils ont cependant transformé à leur gré et avec une 
grande liberté. J’ai relevé de légères inexactitudes, qu’un examen 
attentif de la Rome souterraine française m’a fait apercevoir; elles 
sont le meilleur témoignage de l’exactitude générale, et quant à la 
substance des faits, et quant à leur appréciation, qui règne en ces 
pages si savamment rédigées. « 

Après un pareil suffrage, tout éloge est superflu et toute critique 
serait aussi inconvenante qu’imméritée. Le beau travail de M. Paul 
Allard a sa place assurée dans la bibliothèque de quiconque aime la 
science historique de bon aloi; pour tous les esprits cultivés, rien de 
plus sain que la lecture de ces pages et la contemplation de ces monu¬ 
ments; en nous transportant dans les secrets de la vie de ces chrétiens 
des premiers siècles, à la vue de leur piété et de leur courage indomp¬ 
table, les âmes se retrempent dans ces mâles vertus que demandent 
les rudes épreuves, les persécutions nouvelles auxquelles l’Église est 
soumise de nos jours. 


COURS DE PHILOSOPHIE adapté au programme du baccalauréat, par 

M. Farcis, i vol. in-i8 jésus de xvi-534 pages. Paris, 1872. — Prix: 4 fh 

Après avoir eu l’honneur d’être choisi, en 1841, pour prendre pos¬ 
session, comme professeur de rhétorique, de la chaire illustrée par le 
savant cardinal Pitra, à Autun, M. Farges fut chargé, en 1850, du 
cours de philosophie. 

Pendant vingt années, il s’appliqua, avec toute la puissance de sa 
haute intelligence, à résumer et à coordonner les sentiments divers 
des écrivains les plus célèbres qui ont traité des questions philosophi- 
.que8. Depuis les philosophes les plus graves de l’antiquité jusqu'aux 


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esprits les plus légers de notre époque, M. Farges a tout consulté et 
tout exposé. Sur chaque question importante le lecteur trouve nette¬ 
ment résumé tout ce qui a été dit, avec l’indication des sources aux¬ 
quelles il lui est facile de recourir, s’il désire de plus amples rensei¬ 
gnements. 

Ce cours ne doit pas être confondu avec les manuels classiques, qui 
ne visent qu’à fournir des réponses pour les examens du baccalauréat. 

C’est une œuvre sérieuse, un résumé large et lumineux des travaux 
de l’intelligence humaine sur les questions philosophiques, pendant 
une longue suite de siècles et parmi les nations les plus opposées par 
leur génie et leur civilisation. 

Une intelligence aussi forte et aussi élevée que celle de l’auteur ne 
pouvait sans doute se borner à enregistrer ce qu’ont pensé les autres ; 
M. Farges, après avoir, en quelque sorte, instruit la cause et donné 
la parole aux divers écrivains, résume le débat et propose sa conclu¬ 
sion; mais il n'impose pas sa manière de voir, et le lecteur peut lui- 
même reprendre toute la cause et réformer l’arrêt, s’il ne le trouve pas 
équitable. 

Cette marche, aussi scientifique que loyale, fera rechercher ce Cours 
de Philosophie , non-seulement par les étudiants sérieux, mais encore 
par tant de gens du monde qui sentent l’insuffisance de leurs études 
philosophiques; ils seront heureux de combler une lacune si impor¬ 
tante par la lecture attrayante et facile du livre de M. Farges. 

Comme l’a fort bien dit un des principaux rédacteurs de la Revue 
Européenne , à la veille de nos désastres : • Une forte éducation phi¬ 
losophique est nécessaire pour faire contre-poids, dans les esprits 
de la génération nouvelle, aux doctrines qui, sous le spécieux prés 
texte de renfermer la science dans le cercle des idées positives, rajeu¬ 
nissent, à l’usage de notre siècle, les vieux dogmes de matéria- 
isme (1). * 

Un de nos plus éloquents professeurs de Sorbonne exprimait, d’une 
manière plus vive, la même pensée : « La sophistique a repris son 
empire parmi nous, parce que la philosophie a perdu le sien (2). » 

Le Cours de Philosophie de M. Farges répond à ce besoin de notre 
époque. 

(1) M. Adrien Delondre, Revue Européenne , février 1869. 

(2) Mgr Freppel, Origine, quatrième leçon. 


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L’UNION DE LA PAIX SOCIALE, lettre à M. Le Play, auteur des Ou¬ 
vriers Européens et de la Réforme sociale , par M. le comte de Buttenval, 
ancien ministre plénipotentiaire et conseiller d'État. — Mai 1872. — Prix : 
20 cent. 

Voici un opuscule bien modeste, mais du plus haut intérêt, et, nous 
aimons à l'espérer, il aura plus de portée que bon nombre d'ouvrages 
volumineux, prônés par la réclame ou la camaraderie. Nos lecteurs 
sont trop au courant des publications sérieuses, pour qu'il soit né¬ 
cessaire de leur rappeler l'importance des ouvrages de M. Le Play : 
ce sont les théories éminemment sociales et réparatrices, exposées et 
démontrées dans ces ouvrages, qu'il s'agit de faire pénétrer dans les 
classes dirigeantes, afin d'arriver au plus tôt à un résultat pratique. 
A nos yeux, c'est la voie du salut pour la société, et c'est pour cela 
que nous nous faisons un devoir de donner tout notre concours à 
l’œuvre de l’Union de la paix sociale. U y a là un terrain solide sur 
lequel, sans faire aucune concession de convictions religieuses ni de 
principes politiques, les hommes de cœur peuvent et doivent s’en¬ 
tendre pour former, comme le dit excellemment M. le comte de But- 
tenval, « une ligue de bien public, une ligue de réforme , qui tienne tête 
à la ligue des révolutions; une armée pacifique, où chaque individua¬ 
lité, la plus humble comme la plus éminente, puisse prendre sa place 
et avoir son rôle. » On trouvera, à la fin de cette brochure, les statuts 
de VUnion de la paix sociale. Cette société au grand jour, qui affiche 
ses conditions et son but, est le contre-pieds des sociétés secrètes qui 
ont miné les fondements de .tout ordre social : puissent ses généreux 
promoteurs réussir à grouper les hommes de bonne volonté ! Il est temps 
de relever les ruines et de consolider le peu qui reste encore debout. 

PÈLERINAGES ILLUSTRÉS, histoire des sanctuaires de la Mère de Dieu. 
Cinquante-deux gravures en taille douce reproduisant, d'après des dessins 
exacts et des photographies, les principaux sanctuaires et les images miracu¬ 
leuses de la très-sainte Vierge. Texte par J.-M. de Gaulle. 

Nous avons entretenu nos lecteurs des premières livraisons de 
cette belle publication : le réveil si louable de la dévotion des pèleri¬ 
nages nous fait pressentir qu'on sera bien aise d'apprendre que l'éditeur 
s'est entendu avec l'auteur afin que l'ouvrage complet puisse être mis 
en vente en temps opportun pour les étrennes. Toutes les gravures 
sont tirées depuis assez longtemps pour avoir pu sécher, de sorte 
qu'il sera facile de relier ce magnifique volume sans craindre de voir 
ses fines gravures maculer les pages du texte. 


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DEUXIÈME PARTIE 


REVUE 

DBS 

REVUES BIBLIOGRAPHIQUES ET LITTÉRAIRES 


LE BEAU DANS LA NATURE ET DANS LES ARTS, par M. l’abbé 

P. Gaborit, professeur au petit séminaire de Nantes. 2 vol. in-8 de xii-260 et 

388 p. —Prix : 8 fr. 

Dans une première partie Fauteur expose la théorie métaphysique 
du beau ; il y indique la marche qu’on doit suivre pour trouver la vraie 
notion de la beauté et de la laideur. Il examine comment nous consta¬ 
tons la loi de l’expression dans les objets, à savoir dans l’homme, dans 
le règne végétal, dans le règne minéral ; puis, affirmant l’idée des pro¬ 
priétés expressives et des propriétés esthétiques, il énumère les con¬ 
ditions requises pour l’intelligence de l’expression des objets. Vien¬ 
nent ensuite des considérations sur les lois objectives , qui ont trait aux 
caractères du beau proprement dit, du laid et du ridicule, du gracieux 
et du sublime ; sur les lois subjectives , dont la formule est celle-ci : 
« L’homme se prend lui-même comme mesure dans les jugements qu’il 
porte sur les différents êtres dont il apprécie la beauté, et il ne saurait 
prendre un autre terme de comparaison (p. 96-97). » M. l’abbé Gaborit 
examine, à la lumière de sa théorie, le gracieux, le beau et le sublime 
dans l’homme; la beauté et la laideur dans les animaux, dans le règne 
végétal et dans la nature inanimée, et il voit le sublime dans les grands 
spectacles de la création. Mais ce n’est pas tout : comment isoler le 
beau de la nature divine ! L’estimable écrivain, s’élevant aux suprêmes 
hauteurs de Festhétique, signale en Dieu la dernière raison du beau, 
en Dieu qui a exprimé son Verbe dans le monde, et dont la beauté des 
créatures reflète l’idéale beauté. Considérant donc le beau en Dieu, il 
étudie à nouveau, sous le rayon de la lumière infinie, le gracieux, le 
beau et le sublime, et il termine cette première partie par l’exposé des 
théories anciennes et modernes dont le beau a été, comme on dit au¬ 
jourd’hui, Vobjectif. — La seconde partie développe cette théorie mo¬ 
rale : il y a une harmonie divine entre l'homme et la création ; magni¬ 
fique beauté, qui commande à lame de se conformer aux desseins 
t. vu. 18 


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— 274 — 


supérieurs par sa libre union avec Dieu* L'amour du beau nous élève 
jusqu’à lui, refait en nous le sens moral, pourvu que cet amour soit 
légitime et conforme aux dispositions requises. — Une conclusion et 
quelques notes achèvent le volume. 

Le second volume, tout en attestant la parfaite compétence de l’au¬ 
teur en littérature, en musique comme en peinture, sculpture et archi¬ 
tecture, laisse cependant beaucoup à désirer, surtout snus te rapport de 
la méthode. Il y a aussi des lacunes considérables : nos poèmes du 
moyen âge sont à peu près délaissés ; l’art oratoire est omis ; pour la 
magique, 1 auteur développe des considérations parement techniques sur 
la partie scientifique de l’art musical, que les seuls initiés pourront com¬ 
prendre; mais il y a une étude savante, judicieuse et complète sur le J 

plain-chant et une sortie vigoureuse contre la déchéance honteuse de la 
Musique contemporaine. Excepté pour l'architecture, l’auteur ne traite 
pas des condition» du beau dans les «rts ; ü se borne aux ressources 
spéciales de k» pemtarc et aux procédés de la sculpture ; trop sobre 
sa» 1» théorie, B se rejette sur l’btsfcffre raisonnée des périodes de là 
peinture eu Italie et en Fiance, de la sculpture dons l’Inde, dans l’ɬ 
gypte et en Grèce, purs eu Fiance, et enfin de l'architecture dans l'an¬ 
tiquité, su moyen âge et 4 la renaissance ; il finit par une appréciation 
de répoque contemporaine et un- appendice sur les jardin». Se» juge¬ 
ment» en général sont très-surs ; M. l’abbé Gabarit fiiit preuve d’au¬ 
tant d'érudition que d’aptitude artistique. Toujours dirigé parles prin¬ 
cipes élevés du catholicisme, H ear imprègne tout ce qu*9 écrit. 

Burrows D’AirCLiniES£E depuis les origines jusqu’à nos jours, par 

M. I. CawnutÉt. 1 vol. tu-!2 de 244 pages.—frit : 2 fr. 80. , 

Dût périodes comprennent 1» Bretagne indépendante, la Bretagne 
romaine, la» Anglo-Saxons, les Anglo-Saxon» et les Danois, les Nor¬ 
mands, les premiers Pl&ntagenets, les Tudors, le* Stuart» et la. ma i scc 
de Hanovre. Chacune de ces périodes, dans lesquelles la chronologie est 
particulièrement soignée^ se subdivise en chapitres et m termine par 
un coup d’œil qui embrasse, suivant les exigences- diverses des temps, 
les moeurs et coutumes, le gouvernement, l’administrattoa, la législa¬ 
tion, l’administration politique, les arts, les sciences et les lettres, 1 

l’industrie et la commerce, l’agriculture, l’armée et la marine, les pvo- | 

grès ou la décadence de la cèvibsatkm, les associations et les école», ! 

enfin l’état de la. satiété. Des tableaux généalogiques très-exacts, et j 



«bvGoosle-— . 

—-P- 



— 275 — 


qui auraient dâ être indiqués dans la table des matières, sont consa¬ 
crés à chacune des dynasties qui ont oceupé le trône d’Angleterre. 

La méthode qu’a suivie M. Chantrel est excellente. Les divisions et 
les subdivisions sont prises dans la nature même du sujet. Très-lucides 
parce qu elles ne sont pas inutilement compliquées, elles orientent faci¬ 
lement le lectear dans les complications des événements, et les titres 
nombreux des alinéa qui partagent les paragraphes des chapitres, sont 
placés avec raison, non pas à la marge, mais dans le texte, pour saisir 
plus vivement l’attention. Au bas des pages on trouve, suivant l’occa¬ 
sion, quelques citations de sources et plus souvent des renseignements 
sommaires sur les principaux personnages de la Grande-Bretagne, sur 
l’époque de leur naissance et celle de leur mort. De plus, rien n’est 
trop long ni trop court dans les développements de chaque période ; les 
proportions sont bien gardées ; la dernière période, celle qui concerne 
la maison de Hanovre, suffisait à remplir un volume, et toutefois Fau¬ 
teur la connaissait tellement à fond qui! a su dire, sans dépasser les 
limites qui lai étaient imposées, tout ce qu’il fallait apprendre à la jeu 
nesse dans un tel abrégé. 

L’esprit du livre n’est pas moins loua&e que sa méthode : nous 
n'avons exclusivement ici ni une thèse ad probandum, ni un simple 
récit ad narrandtm; nous avons l’un et Tautre dans la mesure com¬ 
mandée parla sagesse-L’auteurn'est pas un impassible témoin de ce 
qu’il raconte, mais il ne disserte pas et ne déclame jamais, il caracté¬ 
rise d'un trait juste et rapide les personnages considérables et les faits 
importants; c’est ainsi qu’il comprend son rôfe de justicier; partout la 
modération l’accompagne ; ne qwid mmis paraît être sa devise. Ce qui 
nous plaît surtout* ce qui mérite les sympathies de toutes les écoles et 
de toutes les familles chrétiennes, c’est le point de vue catholique où 
ii est toujours peur tout apprécier. Et ce point de vue n’est troublé ni 
par l’exaltation du zèle ni par la défaillance des concessions aux pré¬ 
jugés. du jour Chantrel est invariablement catholique avec le pàpe, 
rien'de moins* rian de pki- Jamais donc î! ne se désintéresse des des¬ 
tinées de la religion dans la longue route qu'il parcourt ; il en signale et 
les grandeurs et les épreuves; il montre; en déroulant les vicissitudes 
de cette rade Angleterre* qu’elle m’élève ou s’abaisse à mesure qu’elle 
écoute l’Eglise on la renie ; sam se laisser séduire par le fallacieux 
éclat d’une prospérité matérielle qu’a produite le génié terre-à-terre de 
la pseudo^féfarme, il fait voir les plaies profondes que dissimule une 
fausse globe; ptos* signalant le réveil du catholicisme sur cette terre 


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qiïil illustra si longtemps, il place en regard de l’immense puissance 
de l’Angleterre dans le monde, les légitimes espérances que suscitent, 
pour le prochain triomphe de la vérité dans toutes les parties de l’uni¬ 
vers, l’énergie et l’activité de la race anglo-saxonne mises au service 
des viriles croyances romaines, vers lesquelles se tournent les meil¬ 
leurs de ses enfants. On peut reprocher un jugement trop peu sévfere 
sur Bacon le philosophe. Locke aurait mérité un trait plus vigoureux 
et plus large; on désirerait une restriction à l’éloge de Shakspeare; il 
y aurait aussi quelques modifications à désirer dans l’appréciation du 
règne de Guillaume III et dans le jugement sur Dupleix. 

(Pour ces deux ouvrages , d'après la Bibliographie catholique.) 


LES MERVEILLES DE LOURDES, par Mgr de Ségur. Prix franco : 1 fr. 

Qui diable s’avise de venir, en plein dix-neuvième siècle, nous parler 
des merveilles de Lourdes? C’était bon au temps des premiers siècles 
de l’Église ; mais, aujourd’hui, la plaisanterie est par trop forte ! 

Ainsi raisonne Bel-Esprit, et Bel-Esprit n’a pas tort : il est con¬ 
vaincu. La raison de sa conviction la voici : il ne croit que ce qu’il voit, 
et comme il a souvent la vue courte... tirez vous-même la conclusion. 

Depuis son enfance Bel-Esprit a protesté contre les miracles ; il pro¬ 
teste encore dans son âge mûr et protestera jusqu’à le fin de ses jours. 
Que voulez-vous ? il faut lui pardonner : c’est une habitude. 

Chacun a sa manie ici-bas ; ainsi, la mienne est de croire aux miracles 
et d’y croire sincèrement. Dans ma simplicité, dans ma naïveté, dans 
ma bêtise, comme dira Bel-Esprit, je m'imagine sottement que Dieu 
peut quand il veut, par un acte de toute-puissance et de pure bonté, 
rendre la santé à un corps malade ou nous accorder d’autres faveurs 
spéciales. 

Je m’imagine encore, toujours sottement, que c’est une marque de 
sagesse de se ranger parmi les crédules quand ils sont en grand nombre. 
Ainsi, par exemple, des milliers de témoins affirment avoir vu un 
miracle, mais vu, ce qui s’appelle vu, de leurs yeux tout grands 
ouverts ; alors je m'ajoute au nombre des croyants, par cette raison 
toute simple qu’autant de personnes ne peuvent ni se tromper ni me 
tromper à plaisir. 

Je ne discute jamais les faits quand ils sont bien démontrés, bien 
établis; tout argument doit tomber devant l’évidence d’un fait. 


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— 277 — 


C'est pourquoi, malgré le déplaisir que j'éprouve à contrarier mon 
ami Bel-Esprit, je vais parler « des merveilles de Lourdes. » 

Sous ce titre, Mgr de Ségur a rassemblé dans un petit livre bon 
nombre de miracles opérés dans le sanctuaire béni de la Vierge Imma¬ 
culée. 

L'auteur nous montre d abord les taquineries, les vexations, les per¬ 
sécutions de l'autorité municipale pour empêcher la pauvre petite Ber¬ 
nadette de venir prier au pied des rochers de Massabieille. 

Il faut toujours que les gendarmes se mêlent de dévotion ; et, sous 
l'Empire comme sous la République, M. le préfet les envoie mettre la 
main sur les fanatiques . Puis bien vite on dresse un procès-verbal de 
superstition et de jonglerie, et de là on vous conduit chez le commis¬ 
saire de police, qui, dans sa haute sagesse, vous fait subir un interro¬ 
gatoire en règle comme au premier voyou venu. — On n’en fait pas 
autant pour les banquets républicains. 

Ainsi arriva-t-il en 1858 à la petite Bernadette. Quand on eut 
reconnu la simplicité de l'enfant, quand on se fut bien assuré que l'on 
s’était trompé, on laissa la voyante prier tout à son aise, et la foule que 
les merveilles des apparitions continuelles attirait, cria justement au 
miracle. 

Des guérisons extraordinaires eurent lieu en grand nombre au nom 
de Notre-Dame de Lourdes. Et l'incrédulité, déroutée par ces marques 
d'une puissance occulte dans sa cause, mais visible dans ses effets, 
dut se retrancher derrière son éternel abri, les causes inconnues . 

Ainsi, voilà qui est bien compris : si, après avoir prié la Vierge 
Immaculée de vous accorder une grâce, vous obtenez cette grâce, vous 
la devez à une cause inconnue 1 Si vous partez en pèlerinage étant 
boiteux et que vous en reveniez tout droit, vous le devez encore à une 
cause inconnue ! 

Il faut avouer franchement que ce système des causes inconnues est 
assez bizarre, et la coïncidence entre une prière faite et l'obtention 
d’une grâce demandée plus bizarre encore. 

Pour mon compte personnel, quand je reçois un bienfait de Pierre, 
je ne l'attribue pas à Paul. Bel-Esprit dira là-dessus ce qu’il voudra. 

Mais que conclure de tous les miracles relatés dans le livre de 
Mgr de Ségur, et attestés par les médecins mêmes de la docte faculté, 
sinon que la foi peut transporter les montagnes, que les pèlerinages ne 
sont pas inutiles, que Marie Immaculée est toute-puissante sur le cœur 
de Dieu, et que l'Église catholique possède seule la vérité? 


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— 223 — 


Tous les enfants de Marie, petits et grands, aimeront à Vue les Mer¬ 
veilles de Lourdes. Leur amour pour leur bonne Mène grandira ma 
récit fidèle et émouvant de ses bienfaits, et ils apprendront à joindre le 
nom de Notre-Dame de Lourdes à leurs pieuses invocations. 

XX LIVRE DES ABEILLES, ou Manuel d’apiculture, par M. l'abbé 
Boisst, curé de Montbozon, chanoine honoraire de Montaubaa. 2 veL a«ec 
planches. — Prix : 2 fr. 75. Le 2 e vol. seul, ou appendice, avecplaacbe.; 75 c. 

de livre utile est connu main tenant dans les contrées de la Saône. 
Grâce à la divulgation de cet ouvrage si éminemment pratique et 
agréable à lire, l'apiculture prospère en Franche-Comté. C'est par cen¬ 
taines qu’on compte les beaux ruchers et les apiculteurs habiles. 

On sait que le style de l’ouvrage est varié, dramatique, attachant. 
Les dames aussi s’enthousiasment à la lecture du Livre des AbéiHes. 

L’auteur avait déjà ajouté à sa seconde édition quelques articles 
complémentaires d'un grand intérêt. Aujourd'hui c’est un second vo¬ 
lume ou appendice qu'il publie et qui ouvre une ère nouvelle dans Part 
de traiter les abeilles. L'auteur nous fait marcher de découvertes en 
(découvertes. Leur divulgation aura pour résistai de doubler la multi¬ 
plication des abeilles et les profits de l’apiculteur. 

{Pour les deux ouvrages qui précèdent d’après la France Nouvelle.) 

XKAXIE-A1VTÜ1NETTE, HEINE DE THANCE, .par James de Chàmbiueb. 

2 vol. in-12 de 423-470 pages. 2* édition,revue. — Prix t 7 fr. 

Quelle plus émouvante histoire que celle de Marie-Antoinette, cette 
reine qui a passé par les vicissitudes les plus extrêmes, ^prouvé ce que 
le bonheur a de plus enivrant, le malheur de plus déplorable, et fini 
sur l’échafaud, au milieu des outrages de la multitude, une vie com¬ 
mencée sur le trône, entourée de l’encens des cours, aussi bien que des 
hommages et de l’admiration populaires! 

Vienne, — Versailles, — les Tuileries, — le Temple, —la Concier¬ 
gerie : ces cinq mots forment la division simple et large du livre de 
M. de Chambrier. L’auteur a fidèlement représenté les phases-diverses 
de cette existence, plus grande encore deyant d’infâmes juges et sous le 
coup du dernier supplice que dans tout l’éclat de la puissance et delà 
beauté. On suit, avec un intérêt que chaque incident grandit, la jeune 
reine si fêtée à son entrée en France, si adulée à Versailles*,ai simpleet 
si bonne à Trianon; puis, quand les jours des épseuves ae lèvent, éner- 


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— 278 — 

gique contre l’émeute, exerçant une puissance irrésistible sur Barnave 
«t sur Mirabeau iui-ooême, femme dévoué* an Temple, mère sublime 
devant le tribunal révolutionnaire, sainte et martyre sur la place de la 
Révolution. 

■Ceilwitt excetknt ne peut être oentié à la jeunesse qu'avec discrétion. 

Pour justifier MarierAotomette, pour expliquer certains incidents, 
«n auteur qui vent être complet est nécessairement obligé d’aborder 
{fin» d’un sujet délicat- 

1ZS AHB DIS OtTVHOEHS, par Fauteur de la Vie du B. Pierre Fourieu 
i vol. in-6 de 238 p. avec 1 gravure. 1872. —Prix: 1 tr. 28. 

Sous le titre à’Amis des Ouvriers, l'auteur réunit quatre personnages 
qui, certes, ont bien le droit d’êtte ainsi nommés : l’abbé Joseph Alle¬ 
mand, fondateur de 1 ’Œicure de la Jeunesse à Maraeüie ; l’abbé KoV> 
ping, fondateur des GeseU-Verein, «u associations des compagnons des 
bords du Rhin; le Père Théobald MatJUew, franciscain, fondateur de* 
Sociétés de Um&iraiwe, en Irlande, en AjagMoarc, -en Ecosse et auy 
États-Unis ; enfin le Père van Caloen, jésuite, fondateur, en BdgSque, 
de l'Association de Sa i nt- Frtmço is -Xavier, 

R donne la biographie des .trois premier^» «t quant «u dernier, qui 
est vivant, il parle seulement de lui au point de vue de son nrcfairam» 
fcérie. 

L’auteur présente sur la fondation et la constitution de leurs œuvres, 
et même de celles qui s’y rattachent «u rapprochent, ieu détail* 
les plus essentiels, de manière à pouvoir servir de guide à ceux qui 
voudraient marcher sur les traces de ces amis des ouvriers. 

Les biographies scs* euraes<ïun exposé des priurfpdtoa «roms et 
sociétés ouvrières, et de considérations économiques et morales, qu’un 
style simple et naturel .met à la portée de toutes les inteUigoeee». 

Las hommes de .eœw qui possèdent une certaine influence et cer¬ 
tains moyens d’action trouveront dans ce livre d’utiles indications pur 
le bien à faire. Lee ouvriers apprendront ce qu’ils doivent tenter 
pour améliorer leur position, et à quels généreux efforts se sent livrés 
et se livrent pour les soulager, des chaétiens, de* prêtres, desxeligieu#. 
Tous y puiseront nu plus grand amour de la ce%iotv 

b 


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— 280 — 


LA GUERRE DE CENT ANS, par U. Th. Bachblet, ancien élève de 
l’Ecole normale supérieure, licencié ès lettres, etc. 1 voL in-8 de 271 pages 
avec une gravure. — Prix: 1 fr. fiO. 

La Guerre de cent ans est l’histoire de la délivrance de la France, 
après son envahissement presque complet par les Anglais. 

Au moyen d’une introduction considérable, eu égard à l’étendue de 
l’ouvrage, M. Bachelet embrasse non-seulement ces cent ans, mais 
une période de quatre siècles, à dater de la conquête de l’Angleterre 
par Guillaume le Bâtard, en 1066, conquête qui créa une situation 
difficile et pleine de périls, en faisant du duc de Normandie un vassal 
plus puissant que le roi de France, son suzerain. 

Dans cette lutte, nous n’avions pour nous que la bataille de Bou¬ 
vines, et les Anglais avaient pour eux celles de Crécy, de Poitiers et 
d'Azincourt, lorsque Jeanne d’Arc vint ouvrir la série de triomphes 
qui aboutirent à l’expulsion des Anglais de la Guyenne, après avoir 
procuré la conquête de la Normandie et la reddition de Paris aux Fran¬ 
çais. A la suite de la bataille de Castillon et de la prise de Bordeaux, 
en 1453, les Anglais ne conservèrent plus d’autre place que Calais. 

Nous n’avons pas à affirmer l’intérêt de ce sujet si célèbre, 
ni à faire ressortir les grands épisodes qui s’y rattachent, tels que la 
guerre de la succession de Bretagne et la guerre de Castille. 11 nous 
suffira de dire qu’il est traité ici avec savoir, avec clarté, et dans un 
très-bon style. 

(Pour les trois ouvrages ci-dessus , d'après le Bulletin des publications 

populaires.) 

LE DA RWI N IS ME ET L’ORIGINE DE L'HOMME, par l’abbé A. Le¬ 
comte, docteur ès sciences. 1 vol. in-8 de n-190 pages. Prix : 3 fr. 50. 

Ce livre est la reproduction d’articles qui ont paru l’année dernière 
et cette année dans la Revue catholique de Louvain. Dans la première 
partie, l’auteur établit que le système de Darwin implique nécessaire¬ 
ment l’origine bestiale de l’homme ; dans la seconde, il fait l'exposé et 
la critique générale du darwinisme ; dans la troisième, il expose et 
discute les vues spéciales du système relativement à la généalogie de 
l'homme et au développement de ses facultés mentales. La conclusion 
qui ressort évidemment de cette savante étude est que la doctrine de 
Darwin, si vantée par les matérialistes, conduit à des conséquences 
invraisemblables, à de flagrantes impossibilités, et que son application 


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— 281 — 


à l'homme, qui en est une conséquence nécessaire, en est aussi l’écueil 
le plus insurmontable. C'est une réfutation complète, et, par contre¬ 
coup, une éclatante démonstration de l'origine de l’homme telle que la 
Bible Renseigne. 

LES TOMBES EN BBONZE DES DEUX EVEQUES FONDATEURS 
DE LA CATHÉDRALE D'AMIENS, par l’abbé J. Corblet, in-8 de 48 
pages avec gravures. 

Personne n'était plus capable d'écrire pertinemment cette monogra¬ 
phie, que le savant antiquaire qui dirige la Revue de l'Art chrétien . 
M. Corblet ne s'est pas, du reste, borné à la description des tombes de 
Geoffroy d'Eu et d'Evrard de Fouilloy ; il a profité de l’occasion pour 
donner des notions générales sur les tombes en métal, et a dressé un 
catalogue trè^-curieux des principales tombes de ce genre qui exis¬ 
taient ou qui existent encore en Europe. Il résulte de ce catalogue qu'il 
n'y a plus en France que six tombes en métal : deux en cuivre émaillé 
à l’église de Saint-Denis, deux en bronze à la cathédrale d'Amiens, 
une plaque émaillée au musée du Mans, et une plaque ciselée à l’église 
Saint-Junien, près de Rochechouart. Les archéologues liront avec beau¬ 
coup de plaisir la monographie du savant chanoine d’Amiens. 

[Pour les deux ouvrages ci-dessus, d'après les Annales catholiques.) 

L’ANNÉE TERRIBLE, par Victor Hugo. 

Oh ! cette fois, c'est fini, bien fini I grelôt vide, où ne bruissent plus 
que des rimes sonores ! Désert muet, traversé seulement par ces cris 
sauvages : Mort aux rois ! mort aux prêtres ! Du plus grand de nos 
poètes contemporains, grâce à la démagogie et à l'impiété révolution¬ 
naire, voilà donc ce qui nous reste I — On le sait, nous n'étions pas de 
ceux qui avaient vu dans la satire un renouvellement du génie de Victor 
Hugo, et les Châtiments, sans esprit et sans cœur, avec leurs vengeances 
d'une personnalité mesquine et monotone, ne nous avaient paru qu’une 
autre face de la décadence du poëte. Mais les Châtiments sont un chef- 
d'œuvre si on les compare à l'Année terrible. Quel sujet pourtant que 
cette année, où étaient livrés au jeu des batailles, au jeu plus terrible 
des passions de la rue, l’avenir, l’existence même de la France et du 
monde! Chantée presque au jour le jour, comme l'a fait Victor Hugo, 
d'août 1870 à juillet 1871, de Sedan à la Commune, cette année, sous 
la main d'un vrai Français et d’un vrai poëte, pouvait devenir un poëme 


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— 282 — 

comparable au poëme de Dante, puisqu'il y avait à parwurix et à des¬ 
cendre tous les cercles d'un autre enfer. Mais Victor Hugo n'est plus 
Français; il 11 'est plus que Parisien, Parisien de la Commune, soumet¬ 
tant et sacrifiant le reste de la France à Paris démagogique, devenu 
ainsi, non pas, comme il le ressasse, le berceau de notre avenir, mais le 
tombeau de toutes les croyances, de toutes les institutions qui ont fait 
et qui pourraient refaire encore la patrie si grande; il nîest plus même 
Parisien, il est international et cosmopolite, conviant et provoquant 
tous les peuples à cette république imaginaire qui ne serait bientôt que 
le plus épouvantable et le plus abrutissant césarisme sous la pression 
de la foule ou la verge d'un seul. Plus Français, il n'est plus même 
poete, il n'est plus que lui,-toujours lui, Victor Hugo, non le vanté, 
l’applaudi d'autrefois, mais le banni, le sifflé d'hier et d’aujourd'hui, 
d’aujourd'hui et de demain, se retournant à toutes les étapes pour 
lancer aux expulseurs un trait impuissant, se cabrant soûs les sifflets 9 
comme sous l'aiguillon, et ne répondant que par les hoquets rimés d'une 
colère sénileu La colère, ce serait sa seule muse, si elle avait assez 
d’aile pour s’élever à l'indignation qui fait les beaux vers, c'ést-A-dire 
si elle avait pour point d'appui et d'élan une idée, un principe, et non 
pas seulement un égoïsme blessé ! Il a beau répéter : « Je n’ai point de 
colère (p. 238)! « comme les trembleurs et les lâches qui répètent aussi 
qu’ils n'ont point peur ; il n'a que de la colère, et de la colère la plus 
ridicule et la moins avouable, de la colère prise sous ce képi désigné par 
le général Trochu au rire du monde.De là tant de pièces contre Trochu, 
« participe passé «d* veifoe trop choir (p. 270) ^ Voilà désormais l'esprit 
de Victor Hugo, voüà sa vengeance ! Puis il renvoie Trochu à son cfcs»- 
peiet moins ridicule çpuq le képi, et il évoque à sa place Garibaidi et 
Gambetta. Rochefort et Flourens ! — Rien 4e plus, encore «ne Sois, 
sinon 4e niais appels à .une lumière indéfinie qui 4ait dissiper l’ombra 
4e notre nuit sombre', ûnm des cajoleries à ce Paris qui. en Louis XVL 
a tué la royauté, au lieu que Londres, en Charles I er , n’avait tué q*e la 
soi (p. 202)- sinon, par conséquent, des excuses, des circonstances 
atténuantes, à défaut d'applaudissements impossibles, en faveur des 
pétroleurs et des assassins de h Commune, 4 qui R ne reproche grebm 
que le renversement delà colonne, renversement de sa fameuse ode 
croulant avec elle. 


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— 283 — 


EXPUGATIOIV TOT CATÉCHISME DE CAMBRAI avec preuves, ré- 
ponses aux objections et histoires choisies, par M. l'abbé Alphonse Bourgeois, 
prêtre de Tarchidiocèse de Cambrai, gradué en théologie de lUniversité de 
Louvain. 2 e édition revue et considérablement augmentée, 2 vol. in-12 de 
yi- 508 et 540 pages. — Prix : 6 fr. 

Cet ouvrage est la seconde édition de .la Théologie mise à la partie de 
tout le monde; l’auteur, en modifiant son titre, a tait subir à son muvre 
une révision importante et très-heureuse. En fortifiant ses preuves, en 
ajoutant çà et là quelques traits, il a donné h son fiyre une perfeeton 
relative qui le classe incontestablement parmi les meilleurs du genre. 
Ce n’est pas un travail de haute théologie : c'est one simple explica¬ 
tion du catéchisme; mais cette explication a de précieuses et raies 
qualités ; elle est courte, claire et en môme temps intéressante. N«*s 
regrettons seulement que M. l’abbé Bourgeois, dans ses retouches, «e 
lui ait pas donné, au point de vue scientifique un peu plus d’actua¬ 
lité. U est des attaques que l'impiété et la mauvaise foi font pénétrer 
jusque dans le peuple, et auxquelles il serait bonde répondre, ne fût- 
ce que par une phrase, un moi, et puis la multitude, grâce aux petits 
journaux, est devenue si sotte et si prétentieuse, qu’il faut, en Yv&r 
truisant, lui laisser croire qu’on l’estime savante. 

[Pour ,les deux ouvrages qui précèdent, d'après la Bibliographie 
catholique.) 

HUGUES DE JQLATHSAMHAUSEK,pftr Maurice Détaxa. 1 vol. in-Jtt de 
284 pages. — Prix ; 2 In. 

Eoman historique ayant pour théâtre l’Alsace, et pour -ôiÿet un épi¬ 
sode de la guerre des rustauds, au XVI e siècle. 

Hugues de Bathsamhausen, jeune chevalier appartenant à J une des 
plus illustres familles du paysg se laisse séduire par des promesses qui 
enflamment son ambition. Au lieu de soutenir la cause de sa famille et 
de défendre le château de ses aïeux, il quitte, avec une révoltante tero- 
talit4 ses parents qu’il «désespère et qu’il déshonore. Méprisant les 
malédictions de son père et les larmes de sa mère, il passe dans te 
camp des rustauds, dont il a Je fol espoir de devenir daeL 

Avec sa fierté aristocratique, avec l’élévation d'Âme.qu’ÿ conserve 
malgré tous ses écarts, Hugues ne pouvait manquer tout d’abord d’a¬ 
voir à se repentir de sa conpahle démarche. Tout ce qu’il voit, parmi 
ses pajsans révoltés, n'est propre qu’à lui inspirer du dégoût; moeam 
grossières, rivalités sanglantes, odieuses trahisons,orgies, scènes de 



— 284 — 

pillage, de meurtre, d’incendie. Aigri par ces désillusions, par les re¬ 
mords de sa conscience, par le mépris qu’il s’inspire à lui-même, par 
celui que lui témoigne la noblesse dont il a lâchement déserté le cause* 
le jeune baron de Rathsamhausen ne nourrit plus dans son cœur que 
des désirs de vengeance. 

Mais il apprend qu’une bande de ses hideux compagnons a envahi 
le château de sa famille et assassiné son père.’ Sa malheureuse mère 
n'a consenti à se soustraire aux forcenés que pour essayer de le 
sauver. Elle réussit à arriver jusqu’à lui, elle parle à son cœur. II 
quitte secrètement le camp des révoltés, et va recruter des combat¬ 
tants paçrai les fidèles populations des montagnes. Tandis que Tannée 
du duc de Lorraine est aux prises avec les rustauds, il se précipite 
sur eux, à la tête de ses recrues, se bat comme un lion, et réussit, par 
son intervention, à décider du sort de la bataille en faveur des troupes 
ducales. Réintégré dans son titre de chevalier, réconcilié avec sa mère, 
assuré du pardon de son père, il rentre dans son château. 

Ce roman, dont toute intrigue d’amour a été bannie, n’en est pas 
moins attachant et animé. Il plaira surtout à ceux qui goûtent les récits 
de batailles, les guerres de partisans. Sa moralité est de montrer le 
crime poursuivi par le remords, la paix de la conscience obtenue par le 
repentir et l’expiation. Il y a des scènes saisissantes, fort propres à 
exciter le sentiment du respect et de l’amour filial. 

LES CONQUETES DE L’INDUSTRIE, par E. Rosary. 1 vol. in-4 
de 326 pages, avec 2 gravures. — Prix : 5 fr. 

— L’industrie n’est autre chose que la manière dont l’homme aide 
à la production des richesses de la terre, et les procédés par lesquels 
il les transforme pour les appliquer à ses besoins. L’industrie agricole 
ou l’agriculture a pour but la production, et l’industrie manufacturière 
la transformation des richesses minérales, végétales et animales que 
nous offre la nature. 

L’énumération des matières exposées serait interminable, depuis la 
charrue jusqu’aux aiguilles, depuis la pomme de terre et le vin jusqu’à 
la gravure, depuis la faïence jusqu’au diamant, depuis le chanvre et te 
lin jusqu’à la vapeur de l’électricité. 

Il suffit de savoir que cet ouvrage est une encyclopédie sommaire, 
agricole, industrielle, scientifique, assez élémentaire pour donner le» 
premières notions à ceux qui ne savent rien, assez développée peur 
instruire encore ceux qui savent déjà quelque chose. 


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— 285 — 


CAUSERIES AGRICOLES D’UN VIEUX CULTIVATEUR, par 

F- Laujorrois. 2 vol. in-12 de 144-434 p., avec 13-7 fig. — Prix : 2 fr. 50. 

Ces volumes ne forment point un cours d agriculture. Le titre de 
Causeries agricoles est plus modeste et donne une plus juste idée de 
la façon dont sont présentés les différents sujets : Culture , Machines 
(tome I er ), Animaux , Laiterie, Œnologie, Recettes ménagères (tome II). 

C'est un milieu entre les traités sérieux souvent arides, et les récits 
servant de prétexte à l’enseignement. 

Le but de M. Laujorrois est de faire connaître au petit cultivateur 
différents moyens d’une application aisée et peu coûteuse, qui peuvent 
l'aider dans son labeur, faciliter son travail et en même temps aug¬ 
menter ses produits. La plupart de ces moyens ont été essayés par 
l'auteur, et il indique les résultats qu’il en a recueillis. 

Une vingtaine de figures, réparties dans le texte, frappent les yeux 
et facilitent la compréhension. 

LE DOCTEUR AU VILLAGE, ENTRETIENS FAMILIERS SUR LA 
BOTANIQUE, par Mme Hippolyte Meunier. In-12 de 275 pages, orné de 
nombreuses gravures.— Prix : 1 fr. 25. 

Ce nouveau livre de Mme Meunier, destiné à faire suite aux Entre¬ 
tiens sur Vhygiène, est également digne de recommandation. On y 
trouve habilement résumées sous forme de dialogues intéressants, dans 
an langage clair et dégagé de tout appareil scientifique, les premières 
notions de la botanique et de l’histoire des plantes. Ajoutons que le vif 
mntiment de la nature, qui se montre à chaque page et fait le charme 
du livre, ne va pas sans l’idée de Dieu, rappelant celle du travail et 
dn devoir. 

(Pour les ouvrages qui précèdent, d'après le Bulletin des publica¬ 
tions populaires .) 

DES MOYENS DE DÉVELOPPER PAR L’ÉDUCATION LA DI¬ 
GNITÉ ET LA FERMETÉ DU CARACTERE, par M. l'abbé Ginon, 
curé de Sérézin-sur-Rhône (Isère). Ouvrage qui a remporté le premier prix 
au concours de la Société nationale d’éducation de Lyon de 1871. Paris. 1872. 

L'avenir dépend de l’éducation des jeunes générations ; tous le 
comprennent. Tracer les règles de cette grande science,les emprunter à 
la fois à la raison et [à l’expérience, c’est faire une œuvre louable 
et éminemment utile. Cette œuvre a été accomplie avec bonheur par 
BL l’abbé Ginon, dans un mémoire que recommande uné honorable 
distinction. L’auteur y enseigne l’art difficile de développer la dignité 


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et la fermeté du caractère* Ses- conseils sent pratiques et dénote* 
une connaissance peu. commune des qualités et des défauts dfe l'en¬ 
fance. Parmi les moyens de formation qu'il énnraère, M. l’abbé G&ien 
devait indiquer le travail comme un des plus efficaces : m rr*err saurait 
trop rappeler la salutaire influence à la jeunesse, qns trop souvent la 
méconnaît et se prive par sa faute des avantages les plus préciwnr. 
Cet excellent mémoire sera lu et médité avec fruit par le* parents* et 
par les maîtres qui ont à cœur de remplir dignement leur importante 
mission. ( D f après- les Éludes Religieuses des SSL PP. Jésuites.} 

LES SECTES ET LES SOCIÉTÉS SECRÉTES, POLITIQUES ESB* 
RELIGIEUSES* Essai sur leur histoire depuis lés temps les plus reculés 
jusqu'à la Révolution frangaUe. 1 voL in-S* 

En attendant que nous puissions rendre compte, avec les dévelop¬ 
pements nécessaires?, der oette savante et vivante étude, dès aujour¬ 
d'hui nous lui ferons un .emprunt. Si Ion connaît, à peu près, les lois 
et décrets qui ont organisé la garde nationale, oix ignore généralement 
que cette institution^ si chère a la démagogie et que tant de m n8s 
bourgeois ont longtemps admirée, est d’origine maçonnique. (Te st 
d'une loge qu'elle est sortie. M. le comte Le Goutteux signale les 
empiètements « du tiers «• en 89, et ajoute: 

En vain le clergé et la noblesse prolesteni^la con j urés remportent ; mais ff 
leur faut une force tirée du sein même du peuple qu'ils puisent diriger 3 feur 
gré ou pour oq contre lui, suivant qu'ils le remué ou docile ou. rebefie àtero 
voix, une force qui annule surtout celle du souverain. 

Tout estpoévu^^aeanée c*l èéjk prêle dans le fond dès loges maçonniques, et 
leur grand organisateur aérateur grand chef secret, Shvafiette de Lange, qui se. 
présente alors aux municipes parisiens : « Messieurs, leur dit-il, voici dès cf- 
« toyens que j'ai exercés à manier les armes peur la défense àe 1a pairie; je 
« ne me suis point fait leur major ou leur général, nous sommes tous égaux, 
a je suis simplement caporal, mais fai donné l’exemple ; ordonnez que tous les 
o citoyens le suivent, que la nation prenne les arases* et la liberté est invSfc- 
« cille. » 

Savalette, en tenant ce discours, présente sept ou huit insurgés équipés en 
soldats comme foi; leur aspect et les cris de : Samoa*lupairie 1 excitent l%n- 
thousfasme. Un peuple immense entoure en ce moment les municipes; l&tm 
tien de Savalette est à ttn stent changée en décret. Le lendemain l’armée des 
gardes nationaux est fermée, et fctentff tes provinces en ont des milliers ; mais 
Louis XVI hésite encore à reconnaître te. souveraineté du peuple; if est donc 
temps qu'il éprouve la puissance des conjuré* 

Le lecteur sait-il quel était m Sasraîefte de Lange! Non, sans doute, 
car ce triste, gemmât#?, mort au début delà révolution, a été effacé 


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— 287 — 


par les scélérats plus retentissants qui l'ont suivi. Voici les rensei¬ 
gnements que nous donne sur lui M. Le Coulteux : 

Les frères Savalette de Lange, Court de Gobelin, etc., fondaient aussi à ce 
moment la fameuse Loge des Amis réunis? où ils établirent le régime des Phi- 
lalèthes ou chercheurs de la vérité, loge spécialement fondée pour la corres¬ 
pondance étrangère, et qui eut une si grande influence sur la Révolution. Elle 
reconnaissait pour chef un homme extraordinaire et peu connu, Savalette de 
Lange, chargé de la garde du trésor royal et honoré de toute la confiance du 
roi, et en même temps l'homme de tous les mystères* de toutes les loges, de 
tous les complots. Il avait habilement mélangé tous les systèmes maçonniques 
et martinistes pour créer son régime des Philalèthes; et il avait fait de sa loge, 
pour calmer les soupçons, le rendes-vous des plaisirs et du luxe; tandis qu'à 
son ombre et sous son habile direction grandissait inconnu le comité des Amis 
réunis, oit étaient déposées toutes les archives de la correspondance secrète, 
et où s'élaboraient toutes les instructions qui allaient préparer la révolution. 

Savalette* de Lange n’était point le seul des hauts dignitaires et 
fonctionnaires de la cour de Louis XVI qui appartînt à la franc-maçon¬ 
nerie et eût j wé la raina des institutions monarchiques. Beaucoup 
d'autres étaient dans le même cas, et d'autres encore, sans être précisé¬ 
ment les ennemis dn trône, appartenaient trop complètement aux. loges, 
pour ne pas travailler à l’œuvre de destruction. Plus on étudie cette 
époque, plus il devient évident que le « grand mouvement national 
de 1789 » a été l’œuvre des associations secrètes ci antichrétianie6. 
Ce qu’il y avait à faire, — et c’était beaucoup moins qu’on ne l’a dit, 
— eut été fiât par le roi, s’il avait su ou pu rester le maître. Mais la 
« réforme * était le moindre souci des sectaires; ils voulaient la révo¬ 
lution* tû’apnès l'UuàMr*.) 

CAUSES DE X08 DÉSASTRES, réflexions d'un prisonnier de guerre, par 
un officier supérieur. Prix : 60 cent.; ta douzaine, fifr.; iecemt, 40 fr* 

Cette brochure est due à un officier supérieur d’état-major, qui lavait 
publiée d’abord sous le titre de : Réflexions d'un prisonnier de guerre . 

C’est pendant les heures pénibles de la captivité qu’il a réfléchi sur 
nos désastres et sur leurs causes, sur l'impiété et l’immoralité qui ont 
tué le patriotisme, énervé les âmes et éteint les intelligences, sur notre 
détestable éducation universitaire qui corrompt les générations nou¬ 
velles, sur Pabsenca de discipline et de ce qui est la base de toute dis¬ 
cipline. 

On ne peut pas s’exprimer avec plus de netteté, de précision et de 
chaleur, dans un style plus simple et plus clair ; on ne peut penser ni 
plus sagement ni plus chrétiennememt. (D'après la France Nouvelle.) 






— 288 — 


BULLETIN SOMMAIRE 

DES 

PUBLICATIONS RÉCENTES 


Vénumération que nous faisons ici des ouvrages parus dans le mois n'emporte 
nullement de notre part recommandation de ces ouvrages ; c'est une simple énu¬ 
mération bibliographique pour ceux de nos lecteurs qui veulent se tenir au courant 
de ce qui parait. 


Almanach de là chasse illustre, et 
CARNET DU chasseur ï 3“* année 1873; 
brochure de 80 pages in-8° jésus Prix : 1 fr. 

A M. Adolphe Thierb, président de la 
République, par le vicomte de Lorgeril, 
député ; brochure 4n-18. Prix : 1 fr. 

Année d’expiation et de grâce de 
1870-1871 (T), sermons et oraisons funè¬ 
bres, par M. l’abbé Besson. 1 vol. in-12. 

Prix : 2 fr. 50 

Arm orique et Bretagne, origines ar- 
morico-bretonnes ; ouvrage accompagné de 
documents rares et inédits, par le docteur 
E. Halléguen. 2 vol. in-8°. Prix : 12 fr. 

Catherine Hervet, par madame 
Bourdon. 1 vol. in-12. Prix : 2 fr. 

Domestiques d’aujourd’hui, servi¬ 
teurs d’autrefois. 1 vol. in-12. 

Prix t 1 fr. 50 

Equilibre stable des charpentes en 
fer, bois et fonte, par Eug. Cordier, ar¬ 
chitecte. 1 vol. grand in-4* de 300 pages 
avec vignettes et tableaux numériques. 

Prix relié *. 50 fr. 

Esclave blanc (T), nouvelle peinture 
de l’esclavage en Amérique par Hildreth ; 
roman américain traduit par Félix Nor¬ 
mand. 1 vol. in-12 de 422 pages. ; 

Prix : 1 fr. 25 

Guerre franco-allemande {la), ou¬ 
vrage rédigé par la section historique du 
grand état-m^jor prussien sous la direc¬ 
tion du feld-maréchal comte de Moltke; 
traduction de E. Costa de Serda, capi¬ 
taine d’état-major français. l r * livraison, j 
Prix : \ fr. J 

(L’ouvrage formera 20 livraisons.) 

Histoire de la guerre franco-prus¬ 


sienne et de ses origink ? par Alfred 
Michiels. 1 vol. grand in-8° avec gravures. 

' Prix : 10 fr. 

Homme (1’) devant ses œuvres, par, 
Jean l’Hermite. 1 vol. in-12. Prix : 3 fr. 50 
Homme (P) par Ernest Hello, précédé 
d’une introduction par Henri Lasserre. 

1 vol. in-8° de 448 pages. Prix ï 4 fr. 50 
Homme (1’) pendant les âges de la 
pierre dans les environs de Dinant-sur- 
Meuse, par M. E. Dupont, directeur du 
musée royal d’histoire naturelle à Bruxelles. 

1 beau vol. in-8° avec 41 gravures, 

4 planches et 1 tableau synoptique. 

Prix : 7 fr. 50 
Jeanne Hachette normande (la), par 
G. La valley. 1 vol. in-12. Prix : 1 fr. 50 
Louis XHI et le Béarn, ou rétablisse¬ 
ment du catholicisme en Béarn, par 
M. l’abbé Puyol, chanoine honoraire. 1 vol. 
in-8° de 588 pages. Prix : 7 fr. 50 

Mémoires d’un journaliste, par H. de 
Villemessant. 2“* série ; les hommes de # 
mon temps. 1 vol. in-12. Prix : 3 fr. 

Monsieur de Montalembbrt en 
Franche-Comté, par M. l'abbé Besson. 

1 vol. in-18. Prix : 3 fr. 

Nouveau Jardinier illustré, année 
1873. 1 fort vol. in-12. Prix : 7 fr. 

Origines de la civilisation; état 
primitif de l’homme et mœurs des sau¬ 
vages modernes, par Sir John Lubbock, 
membre de la société royale de Londres. 

1 vol. in-8® de 571 pages avec figures. 

Prix : 15 fr. 

Pater (le), ou instructions sur l’Oraison 
dominioale, par Mgr Piohenot, évêque de 
Tarbes. 1 beau vol. in-12. Prix : 3 fr. 50 


Le Gérant , F. WATTEL1ER. 

PARIS. — IMPRIMERIE JULES LE CLERE ET C 1 *, RUE CASSETTE, 29. 


Tom« VU, — H. 11. 


NoTMBbN 18 ?l« 


REVUE 

BIBLIOGRAPHIQUE ET LITTÉRAIRE 


A NOS AGRÉGÉS. 

Profondément convaincu de la nécessité d’un secours extra* 
ordinaire de la divine Providence pour sauver la France dans la 
crise actuelle, nous avons accepté avec empressement le titre de 
zélateur de la confrérie de l’archange S. Michel, établie, comme 
l’on sait, dans l’antique abbaye duMont-Saint-Michel en Norman¬ 
die, et appelée, & si juste titre, la merveille de l’Occident. 

C’est au commencement du vin' siècle, après trois apparitions 
de S. Michel, que ce rocher fut consacré au saint archange, par 
S. Aubert, douzième évêque d’Avranches. 

L’église bâtie en l’honneur de S. Michel devint bientôt célèbre 
par de nombreux miracles, et on s’y rendait en pèlerinage de 
toutes les contrées de l’Europe. 

Charlemagne, et après lui presque tous les rois de France, 
vinrent prier dans ce pieux sanctuaire. 

C’est là que fut établi, en 1469, l’ordre illustre des chevaliers 
de Saint-Michel, et jusqu’à la Révolution de 1789 on vit les pèle¬ 
rins venir en foule demander, par l’intercession du grand ar¬ 
change, force et patience dans leurs peines, fermeté et courage 
dans les dangers de la patrie. 

Cette année, on a remarqué un retour sensible de piété envers 
le chef de la milice céleste; chaque jour des pèlerins sont venus 
invoquer le secours du grand archange ou le remercier des grâces 
obtenues par son intercession ; les registres de la confrérie se 
sont couverts de noms. 

Pour accomplir notre devoir de zélateur, nous venons engager 
nos agrégés à s’associer à cette pieuse confrérie : dans cette in¬ 
tention nous plaçons ici l’exposé du but de la confrérie, des motifs 
de s’y associer, des conditions requises et des avantages spirituels 
qui y sont attachés: 

T. T1I. SI 




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— 382 — 


I. But de la Confrérie. — Cette Confrérie, approuvée par 
Mgr l’Évêque de Coutances et d’Avranches, le 16 octobre 1867, et 
confirmée par un Bref de N. S. P. le Pape Pie IX, en date du 12 fé¬ 
vrier 1869, a pour but d'honorer les SS. Anges et particulière¬ 
ment S. Michel, et d’obtenir par leur intercession :. 1* une pro¬ 
tection spéciale du Ciel sur l’Église, sur le Souverain-Pontife et 
sur la France; 2* la préservation d’une mort subite et imprévue, 
et surtout la grâce d’une bonne mort; 3° la délivrance des Ames 
du purgatoire. 

II. Motifs de s'y associer. — Les principaux motifs de s’y asso¬ 
cier et d’en procurer F ex tension sont : 1* l’importance des di¬ 
verses fins ci-dessus indiquées ; 2° l’intention de N. S. P. le Pape 
qui exprime formellement dans le Bref précité le désir de voir 

* cette Confrérie prendre de jour en jour de plu6 grands accrois¬ 
sements, et qui, dans cette intention, l’enrichit de plusieurs in¬ 
dulgences plénières et partielles; 3° les secours nombreux et 
puissants que la Confrérie assure, & l’heure de la mort, à toutes 
les personnes qui en font partie, au moyen des prières qui se font 
chaque jour dans ladite Confrérie, pour leur obtenir les gràces 
nécessaires en ce moment suprême; 4° les prières et bonnes 
œuvres faites par les membres de la Confrérie en faveur des Ames 
du purgatoire; 5* les messes qui sont dites au siège de l’Associa¬ 
tion pour les fins de la Confrérie, le mardi de chaque semaine, 
jour consacré aux SS. Anges (1). 

III. Conditions requises. — La seule condition requise pour être 
admis au nombre, des associés, c’est l’inscription du nom de la 
personne au registre général du Mont-Saint-Michel. La remise de 
la petite feuille qu’on a coutume de délivrer n’est pas nécessaire. 
On fait partie de la Confrérie dès qu’on a fait inscrire son nom 
par le directeur ou par un zélateur ou une zélatrice qui a reçu ce 
titre du directeur, et l’on peut ensuite, au jourq e l’on aura choisi, 
gagner l’indulgence plénière de réception. 

.IV. Indulgences accordées aux Associés. — La formalité de 
l’inscription une fois remplie, on peut gagner une indulgence 
plénière: l°lors de la réception ; 2* A la fête principale de la Con¬ 
frérie; 3* le jour de Noël; 4° le jour de l’Assomption de la 

(1)' L’offrande que l’on fait ponr les frais de la Confrérie est b la volonté et 
selon les ressources de chaque personne. 



— 323 — 


Ste Vierge; 5° le jour de S. Michel; 6" le jour de S. Pierre et 
S. Paul ; 7* à l’article de la mort. On gagne aussi les indulgences 
de sept années et de sept quarantaines aux fêtes de la Confrérie, 
ainsi qu’une indulgence de soixante jours chaque fois que V on fait 
une oeuvre quelconque de piété ou de charité. Toutes ces indul¬ 
gences sont applicables aux âmes du purgatoire. 

Le R. P. Robert, supérieur du Mont-Saint-Michel et directeur 
de la Confrérie, a bien voulu nous accorder le pouvoir d’inscrire 
sur un registre déposé chez nous le nom des personnes qui vou¬ 
dront s’agréger à la Confrérie. Voici en quels termes ce droit nous 
est donné : 

« En vertu des pouvoirs qui nous sont conférés par le Bref du 
Souverain-Pontife, en date du 12 février 1869, nous nommons 
zélateurs de la Confrérie de l’Archange Saint-Michel établie dans 
l'ancienne abbâye du Mont-Saint-Michel (Manche), M. Wattelier, 
19, me de Sèvres, et M. Gouverneur, 67, rue du Four, à Paris, et 
toutes les personnes qui se feront inscrire sur ce registre, avant 
le 25'de chaque mois, seront admises â partir du 1 er du mois sui¬ 
vant dans la Confrérie de l’Archange Saint-Michel et jouiront 
alors des avantages spirituels attachés à cette Confrérie. 

< Fait fe Paris, le 16 novembre 1872. 

a Le Supérieur du Mont-Saint-Michel, directeur de ta Confrérie, 

« Robert. » 

Les pèlerinages accomplis cette année avec une ferveur si ad¬ 
mirable, et l’empressement de tous les fidèles pour se rendre à 
l’invitation de NN. SS. les évêques qui les appelaient & des prières 
publiques pour demander au ciel le salut de la France, nous 
donnent la conviction que notre appel sera entendu et que sur¬ 
tout nos agrégés tiendront â se faire inscrire les premiers sur le 
registre qui nous est confié. 

Il suffit pour cela qu’ils veuillent bien nous faire connaître leur 
intention. 


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PREMIÈRE PARTIE 


OUVRAGES ÉDITÉS PAR NOUS OU DONT NOU8 AYONS ACCEPTÉ 
LA PROPAGATION SPÉCIALE. 


LES MAGNIFICENCES DE LA RELIGION, recueil de ce qui a été écrit 
de plus remarquable sur le dogme, sur la morale, sur le culte divin, etc., ou 
répertoire de la prédication, parM. l'abbé Henry; cinquième série. Homélies 
et prônes sur lcsépttres et les évangiles des dimanches de l'année, avec des 
considérations et des instructions sur les différents temps de l'année ecclé¬ 
siastique.— Le temps de l'Avent. i vol. in-8 de 564 p. — Prix : 6 fr.; pour 
E)aos agrégés : 3 fr. 50. 

M. labbé Henry ne donne pas seulement dans ce volume un choix 
très-judicieux d’homélies et de prônes pour tout le temps de l'Avent, 
mais il commence par des extraits des principaux auteurs qui ont trai¬ 
té de cette première partie de l’année ecclésiastique. M. le comte de 
Walsh expose le point de vue poétique de l’Avent; Mgr Gaume fournit 
une instruction sur ce temps de préparation à la fête de Noël ; Godes- 
card explique les motifs qui doivent nous porter à sanctifier l’Avent et 
les exercices de pénitence et de prière propres à cette fin ; Dom Gué- 
ranger développe le sens mystique de l’Avent, et l’abbé Gosselin nous 
fait entrer dans l’esprit de l’Église pendant ce saint temps. Après une 
instruction de Bourdaloue, c’est encore à Mgr Gaume que l’auteur em 
prunte une dissertation très-instructive sur les Quatre-Temps de l’A- 
vent, et M. Gosselin explique l'esprit de l’Église dans l’instruction 
des Quatre-Temps. 

Après cette introduction si remarquable, commence la série des ho¬ 
mélies et des prônes pour chaque dimanche de l’Avent. On trouve d’a¬ 
bord des sermons sur l’épître du dimanche; ensuite l’explication de l’é¬ 
vangile et une série d’homélies empruntées aux meilleurs Sermonaires; 
enfin de courtes instructions pour chaque jour de la semaine. Voici le 
nom des auteurs auxquels M. l’abbé Henry a emprunté les homélies, 
les prônes et les instructions : le cardinal Bellarmin, Billot, Badoire, 
de la Chétardie, Cochin, M. l’abbé Dauphin, Grisot, de la Luzerne, 
Lambert, Monmorel, Reyre, Réguis, Thiebault. 

Ce simple exposé suffit pour faire apprécier l’utilité de cet ouvrage : 


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il épargne des recherches pénibles et économise les frais d'une biblio¬ 
thèque considérable. 

Nous croyons pouvoir prédire un légitime succès à ce volume, si 
digne de figurer dans les Magnificences de la Religion . A. Conari. 


MON DISCOURS à l'Assemblée nationale si j'étais député, par Georges 
Romain. Brochure de 61 p. —Prix : 30 c.; net pour les agrégés : 15 c. 

M. Georges Romain est l'auteur de la piquante brochure intitulée : 
rOpinion de Bismarck sur la République , VEmpire et les Bourbons en 
France . 

Pour tous ceux qui ont lu ce petit chef-d'œuvre du genre, il n'est 
point besoin d'autre recommandation : ils seront avides de se procurer 
le nouvel opuscule d’un auteur qui sait présenter sous une forme si vive 
et si attrayante la réponse au problème de la situation actuelle. Sans 
être jamais trivial, M. Georges Romain expose la vérité d'une manière 
si simple, si claire, que les esprits les moins cultivés peuvent le com¬ 
prendre. Néanmoins, il y a de la profondeur dans ses aperçus, et pour 
ceux qui sont habitués à écrire, il est évident qu’un travail sérieux et 
lent a pu, seul, faire atteindre à l'auteur ce degré de clarté qui donne 
tant de prix à ses remarquables brochures. Nous regrettons qu'il nous 
soit interdit de traiter ici à fond les sujets si graves abordés par 
M. Georges Romain dans son Discours . Afin que nos lecteurs puissent 
s'en faire une juste idée, nous allons citer quelques-unes des der¬ 
nières pages. 

Après avoir reproduit la lettre par laquelle M. le comte de Cham¬ 
bord explique à M. le comte de L.... pourquoi il tient énergiquement 
au drapeau blanc, M. Georges Romain dit : 

Il est inutile, je crois, de rien ajouter à cette lettre. Gomme le Prince, je 
plains ceux qui ne la comprendraient pas. Mais qu'un homme d'Ét&t ne com¬ 
prenne pas l'élévation des pensées, des sentiments qu'elle exprime, cela me 
passe. 

Un membre a gauche. — Nous ne voulons pas du comte de Chambord; avec 
lui il n'y aurait de liberté que pour les dévots. Il a les idées d’un autre âge; il 
est étranger aux besoins de la société moderne, aux questions économiques et 
sociales qui sont à l'ordre du jour. 

M. Georges Romain. —Ce sont là autant d’accusations injustes et de pré¬ 
jugés sans fondement. Un républicain sincère, M. Charles Didier, qui avait eu 
l’occasion de voir à Frohsdorf le comte de Chambord et. d’avoir plusieurs 
entretiens avec lui, a rendu hommage, dans une brochure impartiale, aux qua- 


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lités du Prince, à ses vues élevées, au soin avec lequel il se tient au courant de 
toutes les questions qui intéressent son temps et son pays. 

Un mot d’abord sur les préventions incroyables qu’on a au sujet des senti¬ 
ments religieux du Prince. Ces sentiments, je l’avoue, sont une des raisons qui 
m’attirent vers lui. Peut-être ai-je sur le mérite de la religion des idées un peu 
vieilles; elles étaient, en effet, celles de Bossuet et même de Platon. Les idées 
des radicaux sur ce point sont plus neuves, ce sont celles de Mottu et Bonvalet. 
Mais, soit préjugé d'éducation ou travers de jugement, je vois dans la reli¬ 
gion du Prince une garantie de probité et de vertu rares de nos jours, et qu'on 
ne trouve guère en dehors de l’esprit chrétien. Aussi je serais protestant, juif, 
ou voltairien que je serais encore pour le Prince, dans l’intérêt du relèvement 
moral de mon pays. Je désirerais encore son avènement, parce que l’esprit tolé¬ 
rant, éclairé du Prince est connu. Je sais que sous son règne rien ne me con¬ 
traindrait à partager sa foi. 

Ferme sur les principes, comme l'Eglise elle-même, il est d’une grande pru¬ 
dence, d’une grande mansuétude dans l'application. Il sait, comme Montes¬ 
quieu, que la force de la religion vient de ce qu'on la croit , tandis que la force 
des lois humaines vient de ce qu*on les craint. 

Si vous ne croyez pas à la religion, en effet, vous avez la triste faculté de 
vous moquer d’elle, de l’insulter même, et assez de gens en usent, on en con¬ 
viendra. Le comte de Chambord sait que l'emploi de la force en matière de re¬ 
ligion ne ferait que des hypocrites. Il sait que l'Église, société exclusivement 
spirituelle, n’a d’action sur l’homme que par la parole et la persuasion. 

Un membre a gauche. — Elle a souvent employé la coercition et voudrait 
nous y ramener. 

M. Georges Romain. —Jamais l’Eglise, c'est-à-dire le corps ecclésiastique, 
ne l’a employée et n’a pu l’employer. Ses ennemis ou leurs dupes n’ont pu le 
dire ou le croire que par ignorance ou dans un but de calomnie. La nature 
exclusivement spirituelle de l'Eglise s’y oppose. Jamais le clergé, jamais un 
prêtre, en tant que prêtre et à moins qu’il n’ait eu, comme le Pape à Rome, un 
pouvoir temporel en même temps que spirituel, n’a eu ni pu avoir entre ses 
mains, non-seulement un glaive, mais les clefs d'une prison. Quand la coerci¬ 
tion a été employée en matière religieuse, ç’a été par la société civile, qui 
croyait devoir mettre son bras au service de l'Eglise, dans Vintérêt de VEtat 
intéressé au maintien de la religion et de la morale dont l’Eglise était la gar¬ 
dienne. 

On dit que l’Eglise voudrait nous ramener là aujourd’hui. Franchement en 
a-t-on peur? Est-ce bien là la tendance de la société actuelle? Le prétendre 
ce serait crier au feu pendant le déluge. Il n’y a plus que les radicaux com-s 
muneux qui emploient la coercition. Ils l’exercent sur les prêtres et le 
otages qu'ils fusillent, comme à la rue Haxo ou à la Roquette, et sur les reli¬ 
gieux qui leur servent de cible, comme à Arcueil. 

Tant mieux si le comte de Chambord est un chrétien sincère et convaincu. 
La moralité de son règne y gagnerait. Nous en avons besoin. On ne verrait 
plus sur le trône ou sur les marches du trône les scandales qui l’ont sali sous 
l’empire, sous la monarchie elle-même, mais surtout sous nos trois Répu¬ 
bliques. 

Quant aux incrédules, ils n’ont rien à craindre. Ils continueraient de man¬ 
ger de la charcuterie le vendredi-saint, comme le sénateur Sainte-Beuve, de 
ne croire à rien qu’à la Bourse et à la cuisine, puis de se faire enfouir comme 


D ig itt-zed isy- 1 O O Ç 



les solidaires après leur mort. Ils pourraient continuer à mettre Garibaldi, qui 
ne veut plus de la papauté, au-dessus de Charlemagne, qui l’avait faite indé¬ 
pendante. 

Vous voyez qu’un républicain, qui doit vouloir la liberté pour tout le monde, 
aurait la sienne assurée au point de vue religieux, même sous un roi dévot. Il 
n’aurait pas, sans doute, le droit d’attaquer à chaque instant la religion des 
autres et de les empêcher de la pratiquer ; mais il lui serait loisible de n'en 
avoir aucune lui-même. C'est tout ce qu’il peut raisonnablement demander. 

M. Georges Romain aborde alors la question sociale et économique ; 
il distingue le côté égoïste et monstrueux, de la portion de justice et de 
vérité à laquelle il faut donner satisfaction, et il démontre, par les 
lettres de Mgr le comte de Chambord, que le Prince est parfaitement 
au courant de ces graves questions et que lui seul peut en donner 
la solution, sans secousse et sans bouleversement. Encore une fois, 
nous regrettons de ne pouvoir suivre l’auteur sur ce terrain, mais 
nous regrettons encore plus vivement qu’il n’ait pas le titre nécessaire 
(et qu’il mérite) pour faire entendre à toute la France, du haut de 
la tribune, des accents si patriotiques, des vérités si méconnues et 
qu’il a le talent de rendre accessibles à tout homme de bon sens. 
Nos agrégés s’empresseront sans doute d’assurer à la nouvelle brochure 
de M. Georges Romain le même succès qu’à 1 3 Opinion de Bismarck: 
éclairer les populations, c’est l’œuvre la plus utile en ce moment de 
crise. A. Taunax. 


LES ORATEURS SACRÉS A LA COUR DE LOUIS XIV, par 

M. l’abbé A. Hurel. 2 vol. in-8.—-Prix : 45 fr. 

M. l’abbé Hurel vient de nous donner un livre remarquable au 
double point de vue de la religion et de l’histoire. En commençant 
cette étude sur les orateurs sacrés à là cour de Louis ^QV, le savant 
auteur se demande si on ne l’accusera pas de se détourner des préoc¬ 
cupations qui doivent agiter tous les cœurs et remplir toutes les 
intelligences. Après avoir lu ce livre, nous disons que cette étude, 
loin d’être un simple délassement pour des lecteurs oisifs, est avant 
tout un service rendu à la société tout entière. 

Dans cette étude d’un passé qui semble si loin de nous, que nous 
n’avons souvent connu « qu’à travers ses romans, ses comédies, ses 
correspondances et ses mémoires, » nous trouverons d’utiles leçons, 
car le passé est un arsenal pour le présent. Cette société si brillante, 
si animée, la plus noble de l’univers, ne nous apparaît plus au milieu 


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de ses fêtes mondaines. Nous la voyons ici sous son véritable aspect. 
Elle vient à la suite du grand roi, se presser autour de ces orateurs i 
qui la majesté de Louis XIV n’ôte rien de la sincérité courageuse du 
ministre d’un roi devant qui les rois de la terre ne sont rien. 

M. l'abbé Hurel divise son cadre en trois parties : dans la première, 
il nous fait connaître les prédécesseurs et les contemporains de Bos¬ 
suet. La seconde partie est consacrée tout entière à Bossuet mo¬ 
raliste, politique et panégyriste. Dans la troisième nous voyons appa¬ 
raître les successeurs de Bossuet, parmi lesquels Bourdaloue, Fléchier 
et Massillon brillent d'un éclat particulier. 

Jamais plus brillante étude ne nous a été donnée sur Phistoire 
de la chaire chrétienne. Non-seulement M. Hurel se montre historien 
impartial, mais il y joint une, élégante et sage critique dont la lumière 
nous guide sûrement dans cette étude historique et religieuse. 

Tout est beau dans ce livre, où, au milieu de tous ces orateurs, 
comme un roi dans son empire, nous apparaît Bossuet. Sa figure 
se détache et s'enlève sur toutes les autres avec un tel relief, qu'il 
devient nécessaire de la maintenir au centre de ce mouvement d'élo¬ 
quence sacrée qu'elle domine et protège durant un demi-siècle. 

C'est par une longue étude de ces maîtres que M. Hurel a acquis 
cette distinction de style, cette élégance si rares aujourd’hui, et 
qui rendent cette étude digne des sujets traités, digne surtout de 
Bossuet. Nous souhaitons à ce livre tout le succès qu'il mérite si 
bien, et nous remercions l’auteur du bonheur qu'il nous a procuré. 

L'abbé P. C. 


LC CHRÉTIEN SANCTIFIÉ PAR L’EUCHARISTIE, par M. l’abbé 
Henry. 3« édition. 1 vol. in-18 de 718 p. — Prix : 2 fr. 50 ; pour nos agré¬ 
gés: Ifr. 25. 

Comme l’explique l'auteur lui-même, le but de ce recueil est d'offrir un 
moyen facile et même agréable de bien assister à la messe et de remplir 
tous les autres devoirs envers Jésus-Christ au saint Sacrementde l'autel. 

Dans la première partie on trouve des chapitres très-instructifs 
sur l'institution de l’Eucharistie, la perpétuité du dogme, le pouvoir 
donné par Jésus-Christ à ses ministres de changer le pain en son 
corps et le vin en son sang ; des réflexions, des traits d'histoire corn* 
plètent le premier chapitre. 


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Le deuxième traite de la communion et de ses effets, et des traits 
d’histoire viennent récréer l’esprit en confirmant ce qui a été développé. 
Le troisième chapitre explique l’obligation de la communion annuelle 
et les avantages de la communion fréquente; les conseils du pieux 
auteur à ce sujet sont appuyés par le témoignage de S. François de 
Sales, de S. Alphonse de Liguori, de Bourdaloue, de Fénelon et du 
baron de Géramb. Les chapitres quatre et cinq indiquent les disposi¬ 
tions nécessaires pour la communion, et donnent des formules d’actes 
et d’actions de grâces accompagnées de traits d’histoire. 

Dans la deuxième section de la première partie l’Eucharistie est en¬ 
visagée comme sacrifice. Après des considérations générales, l’auteur 
explique le saint sacrifice de la messe et la manière de bien l’en¬ 
tendre ; des traits d’histoire jettent de la variété dans la lecture de ces 
chapitres. 

La deuxième partie est un choix de réflexions et de traits d’histoire 
empruntés au P. Maccarthy, à M. Auguste Nicolas, à Mgr Gerbet, 
au baron de Géramb, à Bossuet, à Massillon, à Bourdaloue et à 
Fénelon. 

La troisième partie offre des pratiques diverses envers le saint 
Sacrement : sept exercices pour la sainte messe ; sept exercices pour la 
communion, enfin trente et une visites au saint Sacrement et un choix 
d entretiens avec Jésus-Christ, de formules d’amende honorable et des 
prières. Le volume se termine par les hymnes et les proses en l’hon¬ 
neur du saint Sacrement, les vêpres du dimanche et de la sainte Vierge. 

Cette analyse du volume composé par M. l’abbé Henry fera 
apprécier, mieux que tous les éloges, l’utilité de cet ouvrage pour 
toutes les personnes qui ont le bonheur de comprendre les avantages 
de la dévotion envers le saint Sacrement. Jules Quétand. 


VIE MILITAIRE ET RELIGIEUSE AU MOYEN AGE ET A L'ɬ 
POQUE DE LA RENAISSANCE, par Paul Lacroix (bibliophile Jacob), 
conservateur de la bibliothèque de l’Arsenal. Ouvrage illustré de quatorze 
chromolithographies exécutées par F. Kellerhoven, RegameyctL. Allard, et 
de 409 gravures sur bois. 1 vol. in-4, broché 23 fr.; relié dos chagrin, plat 
toile, tranche dorée 33 fr. 

Nous recevons ce volume trop tard pour en parler aussi longuement 
que nous le voudrions et qu’il le mérite ; mais, après l’avoir parcouru 
attentivement, nous croyons devoir le recommander à nos agrégés 


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— 330 — 


comme un des plus beaux livres d'étrennes, et en même temps un des 
ouvrages les plus intéressants et les plus irréprochables en ce genre. 
La rédaction ne blesse nulle part le sentiment chrétien, et le choix des 
gravures indique une attention délicate qui a fait disparaître tout ce 
qui pourrait blesser les regards même de l'enfance : on sait combien il 
est rare de rencontrer ces délicates précautions dans les ouvrages 
illustrés, même quand ils sont inspirés par une pensée chrétienne. Les 
deux volumes déjà publiés par le même éditeur sur le moyen âge, peu¬ 
vent donner une idée de la richesse des illustrations ; il nous semble 
que ce volume l'emporte encore sur les précédents : il y a de vrais 
chefs-d’œuvre presque inconnus, reproduits soit en gravure, Soit en 
chromolithographie avec une perfection admirable. 

Nous avons remarqué surtout parmi les chromolithographies la 
reproduction de la miniature des Heures d’Anne de Bretagne, représen¬ 
tant cette reine entourée de ses patronnes, et plus encore l'admirable 
groupe des élus, extrait du tableau du Jugement dernier de Fra 
Angelico. 

Voici ce que dit M. Rio, dans le second volume de Y Art chrétien , au 
sujet de ce fragment du tableau du Jugement dernier conservé à Flo¬ 
rence, à l'académie des beaux-arts : « C'est sur ce groupe des élus que 
se trouve concentrée presque toute la poésie du tableau. Toutes ces 
têtes tendues avec amour vers le Rédempteur, source de la béatitude 
promise, toutes ces effusions de joyeuse tendresse entre les anges 
gardiens et les justes, cette danse mystique des uns et des autres sur 
un gazon émaillé de fleurs, cette légère flamme sur le front des uns, 
ces roses rouges et blanches sur la tête des autres, la ténuité croissante 
de leurs corps sveltes et lumineux en approchant de la Jérusalem 
céleste dans laquelle ils s'élancent deux à deux en se tenant par la 
main, toute cela jette d'abord le spectateur dans une sorte d'ébahisse¬ 
ment, dont il faut qu’il revienne avant de pouvoir analyser tant de 
beautés, si toutefois des beautés de cet ordre peuvent se prêter à 
l'analyse, n 

Malgré la réduction nécessaire des proportions de ce groupe, la chro¬ 
molithographie, exécutée d’après une photographie du tableau et une 
copie de la peinture par un artiste habile, donne une juste idée de ce 
chef-d'œuvre de Fra Angelico et justifie les éloges que lui décerne le 
juge le plus compétent, M. Rio. 

Quant aux gravures, nous ne savons réellement à laquelle donner la 
préférence ; toutes offrent un vif intérêt sous le rapport artistique ou 


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— 331 — 


historique. Dans les six premiers chapitres, qui traitent : 1° de la 
féodalité au point de vue militaire et religieux ; 2* des guerres et 
armées; 3° de la marine; 4° des croisades; 5° de la chevalerie, des 
duels et tournois; 6° des ordres militaires; on trouve une collection 
admirable de fac-similé de gravures anciennes qui représentent les 
costumes militaires, les armes, les plans et la perspective des ch⬠
teaux forts et des villes fortifiées, les machines de guerre, la manière 
d'attaquer et de défendre les places fortes, les formes des vaisseaux 
aux différents siècles, entre autres les caravelles de l'expédition de 
Christophe Colomb ; la tenue des tournois, les duels judiciaires, etc. 

Dans la seconde partie du volume, qui traite de la vie religieuse, le 
premier chapitre : Liturgie et Cérémonie, met sous les yeux les plus 
curieux dessins extraits des catacombes, la vue des chefs-d’œuvre de 
sculpture,de peinture, d'orfèvrerie, etc., à cette époque de foi. Le second 
chapitre : les Papes , s’ouvre par deux gravures très-remarquables 
d’après les sculptures de la cathédrale de Strasbourg ; ce sont deux 
figures symboliques représentant la Religion juive et la Religion chré¬ 
tienne assistant à la mort du Christ. Ces sculptures du xm* siècle 
sont correctes de dessin, pleines de noblesse et d'un symbolisme admi¬ 
rable. Dans la suite du chapitre on trouve la représentation de tenue 
de conciles, de processions, le portrait remarquable de la grande com¬ 
tesse Mathilde, d'après une miniature contemporaine de la biblio¬ 
thèque du Vatican, le bouclier donné à don Juan d’Autriche par Pie V, 
en récompense de son triomphe à Lepante, etc. 

Le chapitre suivant, qui traite du clergé séculier, est rempli égale¬ 
ment de gravures historiques du plus haut intérêt. Nous avons remar¬ 
qué l'arrivée de S. Géry à Cambrai, avec ure vue de la ville et des 
remparts, d’après un manuscrit de la bibliothèque de Bourgogne ; le 
sacre de Philippe-Auguste à Reims ; le couronnement d’Henri d'Anjou 
comme roi de Pologne, le traité d’Arras conclu en 1191 par l’entremise 
de l’archevêque de Reims entre le comte de Hainaut et Mathilde de 
Portugal. Mais ce que nous avons surtout admiré dans ce chapitre, 
c'est le chef-d'œuvre de la calligraphie au moyen âge, le début de la 
charte de Jean de Bourgogne, conservée aux archives du Nord à Lille ; 
rien ne peut donner une idée de la richesse, de l’élégance, du fini, du 
bon goût et de la pensée dont l’artiste a fait preuve dans les quatre 
lettres ornées du premier mot de cette charte. La gravure, quoique 
réduite au quart de l'original, reproduit fidèlement ce chef-d’œuvre de 
calligraphie. 


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— 332 — 


Dans le chapitre des ordres religieux, un Saint Antoine photographié 
d’après une statuette du xin® siècle, tranche la question, si controversée 
dans Ticonographie chrétienne, sur les emblèmes caractéristiques de 
l’image du grand solitaire : l’animal immonde, le tau triangulaire, la 
clochette et le livre fermé. Plusieurs vues et plans d’abbayes, parmi 
lesquelles celle de Saint-Germain des Prés, telle qu’elle subsistait 
encore au xvu® siècle ; le petit cloître de la Chartreuse de Pavie, chef- 
d’œuvre du xrv* siècle; le réfectoire du prieuré Saint-Martin des Champs 
à Paris, le grand béguinage de Gand et une foule d’autres gravures 
historiques : portraits, costumes, etc., donnent à ce chapitre autant 
d’attrait qu’au précédent. 

Nous sommes obligés pour les chapitres suivants ; institutions cha¬ 
ritables; — pèlerinages ; — hérésies ; — inquisition ; — sépultures et 
funérailles, de nous borner à dire qu’ils offrent une illustration non 
moins riche et peut-être plus intéressante encore. Il y a des curiosités 
presque inconnues jusqu’ici, et la reproduction de chefs-d’ œuvres de l’art 
chrétien. C’est là que se trouve cet admirable groupe des élus dont 
nous avons parlé plus haut. Une gravure qui a presque autant de 
mérite que cette chromolithographie, donne une idée parfaite de la 
peinture à fresque de Simone di Martino, représentant la descente de 
Jésus-Christ aux limbes : nous ne connaissons, comme gravure sur 
bois, rien de plus fini et de plus expressif que les têtes du groupe des 
justes qui reçoivent la visite du Messie. 

Nos lecteurs verront par ce rapide aperçu que ce magnifique volume 
renferme une sorte de musée archéologique et artistique, qui en fait, 
comme nous le disions, le plus beau livre d'étrennes parmi les publica¬ 
tions de cette année. Quant à l’exécution typographique,il est superflu 
d’en parler; les volumes précédents ont prouvé que l’on ne pouvait rien 
concevoir de plus riche et de plus parfait. Ernest Aimé. 


LA SAINTE BIBLE, contenant 1° le texte sacré de la Vulgate; 2° la traduc¬ 
tion française du R. P. de Carrières ; 3° la concordance des livres saints; 
4 ° les commentaires de Ménochius ; 5° des notes historiques et théologiques 
mettant perpétuellement le texte sacré en rapport avec les travaux et les 
découvertes de la science actuelle, par M.l'abbé Drioux. 8 vol. in-8. —Prix: 
36 fr. ; net pour nos agrégés : 27 fr. 

On reconnaît généralement l’importance d’une Bible classique qui 
offre, dans une étendue restreinte, ce qui est nécessaire pour l’intelli- 


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— 333 — 


gence facile du texte sacré. Nous croyons que les éditeurs de cette nou¬ 
velle édition d’un travail connu ont eu une heureuse pensée : il ne 
manquait aux Commentaires de Ménochius qu'un supplément, pour 
joindre à la science solide et sobre de cet interprète des livres sacrés, 
les découvertes de la science moderne, qui ont jeté un jour nouveau sur 
plusieurs points difficiles de l’Écriture. Quant à la traduction du 
R. P. Carrières, elle est sans contredit la plus simple, la plus cor¬ 
recte, la plus claire que nous ayons. Comme nous le disions, il suf¬ 
fisait d’ajouter aux Commentaires ce que Hiistoire nous a appris, de¬ 
puis le xvn e siècle, sur l’Egypte, l’Assyrie et toutes les nations orien¬ 
tales, par la lecture des hiéroglyphes qui couvrent les monuments 
égyptiens, et des caractères cunéiformes des bas-reliefs trouvés dans 
les ruines de Babylone et de Ninive. D fallait aussi enregistrer les 
découvertes de la géologie, science nouvelle qui a joint son témoignage 
à celui de toutes les autres sciences en faveur des récits de Moïse. 
M. l’abbé Drioux est assez connu par ses ouvrages, pour que son nom 
garantisse l'habileté et la saine critique avec lesquelles ces additions 
nécessaires seront rédigées. 

Le premier volume, que nous avons sous les yeux nous permet de 
louer sans restriction l’exécution typographique. Tout en étant com¬ 
pacte comme il le fallait pour ne pas arriver à un nombre de volumes 
exagéré,, cette édition est parfaitement nette et lisible; le papier est 
beau et de bonne qualité : c'est un ouvrage d’étude et de bibliothèque. 

Jules Quétand. 


LE CANTIQUES DES CANTIQUES, appliqué à l'Eucharistie, commen¬ 
taires des trois premiers chapitres, par Mgr de la Boüillerib, évêque de 
Carcassonne. 1 vol. in-12de xxviu-393 p. 1872. — Prix : 3 fr. 

Nous ne voulons pas nous permettre de juger l’œuvre de Mgr de 
Carcassonne ; nos lecteurs seront à même d’apprécier l’esprit et la 
forme de ce beau livre, par l’exposé du plan tracé par le respectable 
auteur et par la citation d’un chapitre complet. 

« On m’a souvent demandé, dit Mgr de la Bouillerie, un commen¬ 
taire du Cantique des Cantiques appliqué à l’Eucharistie. 

« L’Eucharistie et les symboles ont pour moi beaucoup d’attraits. De 
plus, les Pères qui ont commenté le livre des Cantiques n’ont eu garde 
d'y laisser dans l’ombre les aperçus symboliques et eucharistiques qu’il 






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présente aux cœurs chrétiens. Je pouvais donc puiser dans leurs ou¬ 
vrages mille beautés de détail, qui venaient en aide à mon indigence. 

« Enfin, je saisissais ainsi l’occasion d’essayer de faire goûter aux 
âmes pieuses une lecture qui aujourd’hui leur manque beaucoup trop, 
celle de l’un de nos livres saints intrerprété suivant la méthode des 
Pères. 

« Toutefois je ne me dissimulais pas, d’autre part, les difficultés de 
l’œuvre que j'avais en vue. 

- La première et la plus grave était la lettre même du Cantique . 

« L’un des plus évidents et des plus curieux témoignages de l’in¬ 
fluence chrétienne sur les mœurs est à coup sûr cette délicatesse 
exquise d'expressions, qui peu à peu est devenue le charme et l’honneur 
de nos langues modernes. La langue française, pour être bien écrite, 
doit être d’une pureté sans égale, et Boileau n’a peut-être pas suffisam¬ 
ment compris le sens chrétien de ces deux vers : 

Le latin, dans les mots, brave l'honnêteté ; 

Mais le lecteur français veut être respecté. 

« Ce respect, je le répète, si légitime et si chrétien, devenait néces¬ 
sairement une gêne pour un commentaire français du Cantique. 

* Voici la règle que je me suis tracée ; je pars de ce principe, una¬ 
nimement admis par les Pères, que le vrai sens du livre des Cantiques 
en est le sens figuré. Je m’attache donc à ce dernier sens, et c'est lui 
que je traduis en français. C’est également à lui que mes interpréta¬ 
tions se rapportent. 

« Je crois avoir éludé ainsi le péril que pouvaient me présenter quel¬ 
ques expressions du Cantique . » 

Nous choisissons comme citation le chapitre huitième : 

LE SOMMEIL DE L’ÉPOUSE. 

Adjuro vos, filiœ Jérusalem, per capreas cervosque camporum, ne suscitelis, 
neque evigilare facialis dilectam , quoadusque ipsa velit. 

« Je vous adjure, û filles de Jérusalem : n'éveilles pas et ne troubles pas dans son 
repos celle que j'aime, tant qu'elle voudra dormir. » ( Cant . Il, 7.) 

Quand l’âme chrétienne s’est abandonnée entre les main9 de son divin 
Époux, elle s'écrie avec l’apôtre Pierre : « 11 est bon d’être ici ; » et avec le Ro 
psalmiste : « Je dormirai en lui et je me reposerai dans la paix ». 

Doux sommeil que le Seigneur protège contre les bruits et les clameurs du 
monde! Le monde est toujours en éveil. Ses yeux, qui s’ouvrent à toutes les 
convoitises, ne se ferment jamais ; ses pieds se lassent à courir dans les voies 
de l’iniquité. £t lui-même, cherchant en vain le repos, s'indigne contre les 


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âmes qui l’ont trouvée dans le sein de Dieu!.... Mais, semblable à une mère 
tendre qui, de ses mains vigilantes, écarte tout se qui peut nuire au sommeil 
de son enfant, ainsi agit le Seigneur à l'égard de son épouse. 

Il s'adresse à toutes les âmes mondaines et frivoles : « Filles de Jérusalem, 
tous que la vanité a séduites et qui vous fatiguez à suivre le mensonge, ne 
troublez pas du moins celle qui préféré la paix. Tant qu'elle voudra dormir, 
appuyée sur mon cœur, ne réveillez pas celle que j’aime. » 

Le repos de cette âme est si cher au Seigneur qu’il le préfère, pour elle, aux 
œuvres extérieures les plus saintes. 

Tandis que, dans la maison de Béthanie, Marthe servait son divin Maître 
avec tant d’ardeur et de zèle, Marie, prosternée à ses pieds, y dormait du sommeil 
de l'amour. Marthe osa bien accuser sa sœur <fune indolence coupable et de¬ 
mander à Jésus que sa sœur lui vînt en aide pour partager ses soins hospita¬ 
liers. Mais le Sauveur la reprit et se montra sévère : « Marthe, Marthe, vous 
avez trop de soucis et vous vous troublez pour trop de choses. Celle qui dort à 
mes pieds a choisi la bonne part!... Ne réveillez pas celle que j’aime. » 

Mais qui dira ce qu'est le sommeil de Pâme, lorsqu’elle s’endort entre les 
bras de son Dieu?..* Ce n'est pas ce vain sommeil des sens qui livre notre es¬ 
prit à des songes trompeurs : l’âme ici est dans la vérité. 

Ce n’est pas le sommeil de la mort; car l'âme n’a pas brisé les liens qui 
l'unissent à la vie, & moins que, avec S. Paul, vous ne disiez que ceux-là 
sont morts, dont la vie est cachée avec Jésus-Christ en Dieu ! Heureux 
morts qui, même ici-bas et dans des corps mortels, possèdent déjà une vie 
meilleure!... Non, le sommeil de l’âme n’est ni celui des sens ni celui de Ja 
mort. L’âme, ainsi endormie, vit et veille plus que jamais ! Ce sommeil, bien 
loin de la jeter dans les ténèbres, l’illumine; et, loin d'assoupir notre esprit, il 
le ravit jusqu’aux régions célestes!... Ce sommeil n’a plus le souvenir des faux 
biens et des fausses joies du monde!... Ce sommeil ne laisse plus de place à la 
tentation qui séduit; car, dès lors qu’on ne se sent plus vivre, comment senti- 
rait-on ce qui est pour la vie un péril !... Ce sommeil est une douce oraison 
où, sans mouvement, sans bruit, tans paroles et sans actes, l’âme s'unit à Dieu 
et se repose en lui!... Ce sommeil enfin, c'est l’extase, où ce n'est plus l'âme 
qui vit, mais Jésus-Christ qui vit en elle!... O délicieux sommeil qui ne 
doit pas être interrompu, parce que le Seigneur le veut ainsi ! Fantômes im¬ 
purs qui troublez les sens, pensées frivoles qui dissipez l’esprit, désirs confus 
qui agitez le cœur, ne vous approchez plus de cette âme que le Seigneur a en¬ 
dormie, ne réveillez pas celle qu'il aime. 

Mais en quels lieux, Seigneur, l’âme goûtera-t-elle ce sommeilsi enviable?... 
Tant qu'elle habite les basses régions du monde, tant qu'elle respire une atmos¬ 
phère pesante et malsaine, elle ne peut pas s'endormir en vous! Il faut qu’elle 
gravisse la montagne, là où l’air est plus pur et où le ciel est plus proche!... 

Serait-ce pour la guider vers ces hauteurs sublimes que le Seigneur invo¬ 
querait à son aide les cerfs et les chevreaux des champs ? a Par les cerfs et les 
chevreaux, » dit-il. 11 semble confier l'âme qu'il aime, et à leurs pieds agiles 
pour la précéder dans le chemin, et à leurs yeux perçants pour la diriger vers 
la cime !... Si ce sommeil de l’âme était déjà celui du ciel, elle demanderait les 
ailes de la colombe, elle volerait et se reposerait. 

Mais le sommeil n'est encore que sur la montagne. Elle suivra les chevreaux 
et les cerfs, ou plutôt elle suivra les bons anges dont ceux-ci ne sont que la 
figure, elle suivra les bons anges qui, plus rapides et plus fidèles, la conduiront 
jusqu'au sommet!... Là, le Seigneur demeure seul avec elle !... Il congédie les 
anges et les députe vers d’autres lieux! 11 congédie les chevreaux et les cerfs» 


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— 336 — 


Fuyez maintenant, dit-il; éloignez-vous; n’entraînez plus dans vos élansi'âme 
qui dort sur la montagne!... Ne réveillez pas celle que j'aime. 

Le sommeil est sur la montagne !... Et cependant j’ose demander encore 
quelle montagne ! C’est le Roi psalmiste qui me répond : « Quel est celui, dit- 
il, qui habitera votre tabernacle, Seigneur, ou se reposera sur votre sainte 
montagne?» Le tabernacle et la montagne ne font qu'un !... Si Dieu vous a fait 
naître au fond de la vallée, ne quittez pas votre humble demeure, n’essayez pas 
de monter plus haut. La véritable montagne, c'est l’autel ! C’est là aussi que 
les anges vous portent et que le Seigneur vous attend! O âme heureuse, rece¬ 
vez d'abord en vous-même le Dieu du tabernacle ! puis, vous remettant entre 
ses mains, endormez-vous en lui! Dormez, mais que votre cœur veille; dormez, 
mais, après le sommeil, levez-vous avec plus de courage pour accomplir cha - 
cun de vos devoirs!... Le Seigneur, dans sa bonté, ne vous mesure pas le 
temps du repos; car il est prodigue de ses dons!... Ecoutez sa douce parole : 
« Aussi longtemps qu’elle le voudra, dit-i), ne réveillez pas celle que j’aime. » 


L’ANNÉE D’EXPIATION ET DE GRACE 1870-1671. Sermons et oral 
sons funèbres, par M. l’abbé Besson, supérieur du collège de Saint-François- 
Xavier. 1872. 1 vol. in-12. — Prix : 2fr. 50. 

Les discours que nous offre M. Besson ont été prononcés la plupart 
dans l’église métropolitaine de Besançon, pendant que la Prusse assié¬ 
geait nos places fortes et examinait si le moment psychologique était 
venu de bombarder les ambulances et les monuments publics. La ville 
de Besançon elle-même était entourée par l’ennemi. L'auteur novs dit 
lui-même que c est au milieu du tumulte des armes, et comme pour 
raffermir les cœurs dans les Appréhensions d'un siège ou d'un blocus 
qui n’ont pas duré moins de cinq mois, qu'il a prononcé ces discours. 

Il était naturel, au milieu d’un si grand malheur, d’en rechercher les 
causes et d'en étudier les remèdes. C'est ce que fait M. Besson, en nous 
montrant le péché des nations. Nous sommes punis, parce que nous 
avons oublié Dieu et sa justice, c’est le premier degré du mal ; nous 
avons fait la guerre à Dieu et à son Église, voilà le comble et le dernier 
terme. Oui, notre siècle avait oublié Dieu, c’est là le signe caractéris¬ 
tique de cette misérable civilisation tant vantée et dont nous sommes 
les victimes. Nous avons banni Dieu de notre intelligence et de notre 
cœur. Dieu alors a obscurci notre intelligence et endurci notre cœur. 
Non content d’oublier Dieu, nous avons voulu lui faire la guerre ; ne 
pouvant pas l’atteindre, nous nous sommes tournés contre son Église. 
Ici l’auteur nous rappelle tous les scandales dont nous avons donné 
l’exemple au monde. 


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— 337 — 

En attaquant TEglise, la France s’est montrée infidèle à sa vocation : 
elle avait été créée et mise au monde pour servir l’Eglise. C’est pour 
cet oubli qu'elle a été châtiée. L'envie enfin, ce monstre qui a causé la 
chute de nos premiers parents, nous a précipités nous aussi dans cet 
abîme, d’où nous ne sortirons que si nous reconstituons la famille, si 
nous nous adressons à nos vrais alliés, qui sont ici-bas les justes qui 
prient, qui souffrent et qui s'immolent pour la patrie, et dans le ciel 
tous les bienheureux et les anges préposés à notre garde. 

Dans un sixième discours, l’éloquent conférencier nous rappelle le 
plus grand de nos devoirs, le courage chrétien et patriotique : il faut 
pr.er et agir nous-mêmes. 

La seconde partie renferme des oraisons funèbres et des discours rap¬ 
pelant à ceux qui survivent le courage des soldats chrétiens pendant 
cette fatale mais héroïque campagne de l'Est. Ici c’est de l'histoire, une 
histoire sanglante mais glorieuse pour l’armée française. En lisant ces 
pages éloquentes il semblait que nous nous retrouvions encore au mi¬ 
lieu de nos soldats accablés par le froid, la fatigue et la faim, se battant 
quand même, et mourant en demandant pardon à Dieufet en invoquant 
Marie. L’abbé P. C. 


LIVRE DANGEREUX 

L'INSTRUCTION DU PEUPLE, par Emile de Lavelete. 

L’auteur est un partisan fanatique de l’instruction obligatoire et laïque 
surtout; il a horreur de l’intervention du clergé catholique et des cor¬ 
porations religieuses dans renseignement. Nous respectons, nous, sin¬ 
cèrement, la liberté des opinions et surtout la liberté de conscience ; 
aussi nous n'aurions pas à stigmatiser ce livre, si M. Emile de Lave- 
leye se bornait à exprimer ses opinions et à développer ses théories. 
Mais quand l’histoire est dénaturée, quand la calomnie est employée 
comme arme de guerre, notre devoir est de flétrir ces procédés inspirés 
par la haine et un fanatisme aveugle. 

L’auteur ose dire : - Dans les pays catholiques le clergé veut se ser¬ 
vir du suffrage de la foule pour supprimer les libertés modernes. » fl 
est faux que le clergé soit ennemi de la liberté : c’est lui dont l’action 
puissante a aboli Pesclavage, c’est lui qui a fait triompher le grand prin¬ 
cipe de l’égalité des hommes devant la loi comme devant Dieu; les Ca- 

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— 838 — 


hiers du clergé, rédigés pour l'Assemblée des Etats généraux de 1789, 
attestent l'esprit vraiment libéral dont ce corps respectable a toujours 
étéanimé. Enfin la constitution belge, rédigée sous l'influence de l'es¬ 
prit clérical (selon le style de l'auteur), est, de l'aveu de tous, la plus 
franchement libérale qui existe ; l'histoire et les faits contemporains 
protestent donc contre la calomnie par laquelle l'auteur s'efforce de 
rendre le clergé catholique suspect et odieux. 

M. Émile de Laveleye dit ailleurs (p. 70) : « Le prêtre catholique 
puise la réprobation des libertés modernes dans les études du séminaire, 
dans ses lectures, dans toute l'histoire ecclesiastique depuis que S. Au¬ 
gustin, vers la fin de sa vie, a déchaîné l'intolérance. Le mouvement des 
idées l’effraye ; les progrès de la science critique et des sciences natu¬ 
relles lui inspirent une sourde inquiétude et une répulsion invincible . 
I! voudrait en arrêter l'essor, comme Jadis on supprimait les hérésies, 
en mettant le glaive de l'État aux ordres de l’Église. » 

H fhut vraiment compter sur l’aveuglement et l'ignorance de ses lec. 
tours : pour oser énoncer une contre-vérité si choquante. Eh! qui ne sait 
qu'on enseigne (et avec autant de succès que dans les lycées) les sciences 
naturelles dans les petits séminaires et les collèges ecclésiastiques! Les 
pillards de -la Commune n'ont-ils pas trouvé un magnifique cabinet de 
physique chez les Pères Jésuites de la rue Lhoraondî N'y a-t-il pas des 
religieux et des prêtres nombreux dont les ouvrages tiennent un rang 
distingué parmi les publications les plus récentes sur la Paléontologie 
et la Géologie! N'est-ce pas Bossuet qui a écrit le premier traité d’ana¬ 
tomie en français! portant là, comme partout, les lumières de son 
génie, il a, du premier coup, atteint une telle perfection, que toutes les 
corrections amenées par deux siècles d'études peuvent se renfermer 
dans deux ou trois pages. N’est-ce pas Dabbé Hauy, qui a créé la 
science de la cristallographie! N'est-ce pas l'abbé Nollet, qui sous 
Louis XV, a vulgarisé la connaissance de la physique et surtout des 
phénomènes de l’électricité! De nos jours qui tient le premier rang dans 
le monde scientifique? Un religieux jésuite, le R. P. Secchi, que l'ex¬ 
position universelle a fait connaître, même aux lecteurs du Siècle . Enfin 
le journal scientifique fbndé à Paris par le respectable abbé Moigno et 
le cours public de science vulgarisée qu’il vient d’ouvrir cette année 
même dans la capitale, n*On voilà-t-il pas plus qu'il n'en faut pour con¬ 
vaincre tout homme de bonne foi de la fausseté évidente de cette accu¬ 
sation d’obscurantisme jetée, avec tant de cynisme, au clergé catholique ? 

A}la page 227 f nous trouvons encore une assertion aussi impu- 


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* 39 .— 

dente : « Dans tous les Etats italiens successivement, réunis, au 
Piémont, le nouveau gouvernement trouva l’enseignement abandonné 
à la direction du clergé séculier et régulier, et il est à remarquer que 
l’ignorance était d’autant plus générale et plus épaisse que cette do¬ 
mination de l’Église était plus ancienne et plus exclusive. » 
Évidemment Rome est bien la ville de l’Italie où - la domination de 
l’Eglise est la plus ancienne et la plus exclusive. » Eh bien I l’auteur 
qui traite, avec tant d’étalage de statistique, cette grave question de 
renseignement primaire, ignore-t-il donc ce que le Piémont a trouvé 
dans cette capitale de la chrétienté? Ignore-t-il ou veut-il dissimuler 
sciemment que Rome tenait le premier rang entre toutes les villes du 
monde, pour la diffusion de l’enseignement primaire gratuit? Indépen¬ 
damment des écoles ouvertes pendant la journée, les écoles du soir 
fondées à Milan par S. Charles Borromée et introduites à Rome par un 
pauvre sculpteur, rassemblaient plus de 1,500 jeunes gens. Une asso¬ 
ciation pieuse fournissait gratuitement les plumes, l’encre et les livres- 
A toutes les écoles gratuites se joignaient 242 écoles où les enfants ne 
payaient que un ou deux francs par mois. Enfin, d’après la statistique 
de 1856, la population des écoles primaires s’élevait à 23,000 enfants, 
ce qui est beaucoup plus que la huitième partie de la population 
fixe de la ville. Or, d'après les enquêtes anglaises, ce chiffre de la 
huitième partie de la population est le maximum qu*bn puisse espérer 
^atteindre. Ce maximum était dépassé â Rome et l’auteur ose écrire : 
« L’ignorance était d'autant plus générale et plus épaisse que la domî- 
« nation de l’Église était plus générale et plus exclusive. » 

Si les bornes de cet article nous le permettaient, nous prouverions, 
Phistoire en main, avec des statistiques officielles, que l’instruction a 
toujours été la plus grande préoccupation du clergé ; nous montrerions 
partout les couvents, les abbayes ouvrant des écoles gratuites, et 
comme il s’agit du développement intellectuel, de la supériorité pour 
la science, nous établirions, par des chiffres incontestables, que l’en¬ 
seignement secondaire et les hautes études étaient dans un état bien 
plus prospère avant 1789 que de nos jours. Certes, notre dévouement 
à la réforme et au progrès de l’enseignement primaire est une garantie 
de l’importance que nous y attachons; mais il nous paraît puéril de 
juger de la supériorité intellectuelle d’une nation par le nombre d in¬ 
dividus qui savent écrire leur nom et lire plus ou moins correctement. 
C’est par la perfection des œuvres littéraires, par une science pro¬ 
fonde, par le génie des inventions et des découvertes, en un mot, c’est 


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— 840 — 

par la diffusion du haut enseignement qu’un peuple se place à la tête 
du mouvement intellectuel et de la civilisation : rôle sublime et glo¬ 
rieux de la France à travers les siècles. 

Mais ce ne sont pas là les préoccupations de l’auteur et des hommes 
de son école; leur fanatisme'les aveulge, ils n’ont qu’un but : éteindre 
la foi dans le cœur des énfants par le moyen de l’enseignement. 
M. Émile Laveleye dit clairement qu’à ses yeux la seule religion pure 
c’est le déisme, et son rêve pour l’avenir c’est de voir, à la place de 
l’Eglise, « la religion pure, humaine, morale, la religion politique, qui 
ne doit faire qu’un avec l’État » (p. 68). Voilà donc le but de l’ensei¬ 
gnement gratuit, obligatoire, laïque, c’est de replonger notre nation 
sous le joug abrutissant du César pontife, c’est de détruire la civilisa¬ 
tion et la liberté chrétienne, pour restaurer le despotisme de l’État. 
Voilà comment les ennemis de la religion entendent le progrès. 

E. Qurx. 


Un ecclésiastique de nos agrégés, directeur à Paris d’un cercle 
d’Alsaciens-Lorrains, nous prie d’offrir à celui qui voudra bien lui 
venir en aide dans son Œuvie, un exemplaire de l 'Histoire religieuse, 
politique et littéraire de la Compagnie de Jésus, par L. Crétineau 
Joly, en six volumes in 8°, brochés et non coupés. 




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DEUXIÈME PARTIE 


REVUE 

DES 

REVUES BIBLIOGRAPHIQUES ET LITTÉRAIRES 


GOMME ON SERVAIT AUTREFOIS. — Le marquis de Montcalra; le 
maréchal de Bellefonds, par le P. Sommervogel, de la compagnie de Jésus. 
1 vol. in-i2de260. 1872. — Prix : 2 fr. 

Deux biographies qui n’ont pas d’autres liens entre elles que la va¬ 
leur militaire et l’esprit chrétien de deux grands capitaines. 

Le marquis de Montcalm naquit près de Nîmes en 1712, et vécut 
moins de cinquante ans. Il prit part aux différentes guerres que la 
France soutint contre l’Allemagne, de 1733 à 1742. Les cinq ou six 
années suivantes, il fit échec aux Espagnols et aux Italiens dans nos 
provinces méridionales. Rarement mis en évidence par ses emplois et 
ses grades, il trouva moyen cependant de se distinguer partout. Mais 
les trois dernières années de sa vie furent de beaucoup les plus bril¬ 
lantes et suffirent à l’immortaliser. Nos possessions du Canada étaient 
alors menacées par les Anglais, Il y fut envoyé comme général en chef 
pour secourir et seconder le gouverneur M. de Vaudreuil. C'est là 
qu'après des succès étonnants et d’inévitables revers, il fut frappé sur 
le champ de bataille, quatre jouçs avant la reddition de Québec, une 
année avant la perte définitive de la colonie. Il mourut comme il avait 
vécu, heureux de servir la France, mais plus heureux encore de servir 
Dieu. Son nom a pri3 possession de l'histoire « entouré de la double 
auréole du succès et du malheur. » 

Le marquis de Bellefonds joua un rôle sinon plus glorieux, du moins 
plus éclatant. H était originaire du Berry. Né en 1630, il entra de 
bonne heure au service et prit part à toutes les campagnes qui illus¬ 
trèrent les premières années de Louis XIV. Nous le voyons, sauf le 
temps de ses exils, occuper presque toujours quelque emploi à la cour. 
Il est mêlé à tout le mouvement politique de l'époque. Ses relations 
sont très-étendues, les sympathies qu’il recueille, fort nombreuses.C’est 
un des grands seigneurs le plus en vue; c’est aussi un des plus chré- 


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tiens, car au milieu de ses agitations, de son luxe, de ses folles dé¬ 
penses, signe caractéristique du memeat* il pousse la foi jusqu’à la 
piété, la piété jusqu’à la mortification la plus édifiante. Il entretient 
une correspondance avec le P. Le Vallois, son directeur, avec Bossuet, 
avec Thumble religieuse qui fut Mlle de la Vallière. Il mourut au ch⬠
teau de Vincennes, dont il était gouverneur, en 1694. - Si sa noble 
physionomie, dit très-bien le biographe, emprunte quelque éclat aux 
personnages illustres pannilesquelsila vécu, 3 n'en est pas moins vrai 
que c'est à l'élévation de son caractère et à ses mâles, vertus qu'il en 
doit les plus beaux rayons (p. 257). * 

HISTOIRE ANECDOTIQUE et illustrée de la guerre de 1870-71 et de la 

Commune en 1871, parM. le vicomte de la Vaucerie. 2 vol. iu-4 devn-232 
£ pages chacun. 1872. — Prix : 7 fr. 

« Les quelques histoires générales de la guerre que nous connais¬ 
sons, dit l’auteur, sont -écrites dans un tel esprit de parti, avec des 
idées républicaines si avancées, et une haine si prononcée contre tout 
ee qui touche de près ou de loin à la religion, que de semblables livres 
ne peuvent être admis dans les familles chrétiennes. U nous a semblé 
cependant que nous ne pouvions abandonner à la démagogie et à I’irré- 
ligkxi le soin de parler seules au peuple de ses maux et de son avenir, 
de ses désastres et de ses espérances (p. 5). » De tels sentiments ho¬ 
norent un écrivain et sont; assurément la meilleure recommandation de 
son travail, auquel d’ailleurs n’en manquent point d'autres. Ainsi un 
de ses avantages pour les lectures de famille, pour l'amusement des 
enfants, pour l'instruction de tous, ce sont les nombreuses gravures 
qui accompagnent le texte et mettent sous les yeux les portraits des 
principaux personnages, les champs de bataille, les scènes de l'enrôle¬ 
ment, du bivouac et de rambulanoe, et pour ce qui concerner©dîeu9eet 
sacrilège Commune, les prisons ou elleenferma nos martyrs, les barba¬ 
ries qu'elle exerça sur les personnes, les ravages sur les monuments, et 
aussi les séances des tribunaux jugeant ces criminels ; au résumé, un 
musée où rien d'intéressant n’a été oublié, et qui deviendra plus pré¬ 
cieux à mesure que le temps nous éloignera de ces tristes événements. 

On n’attaid pas de nous sans doute que nous refassions, même en 
abzégé, toute cette histoire à la suite de M. de la Vaunerie. Ce serait 
besogne superflue ; sans écarter de l'enchaînement régulier des faits* 
il incline du coté anecdotique, ainsi que l'annonce le titre. 

Dans notre dernière guerre, dans les excès de la Commune, une 


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— 343 — 

lettre écrite par un des acteurs du drame, un article de journal inspiré 
par les faits de la journée, une note prise sous une impression du mo¬ 
ment, peuvent donner au récit général une physionomie de vérité que 
les grandes allures de l’histoire fournissent bien rarement* L'auteur 
l’a senti, et nous en félicitons lui et son œuvre. — Il recueille surtout 
ce qui honore la religion. — « La France militaire a été vaincue, 
disait naguère un homme politique, mais non la France chrétienne. » 
Parole pleine d’exactitude, puisque aucun péril, aucune persécution, ni 
la mitraille ni le mauvais vouloir ni les outrages n'ont pu éloigner du 
champ de nos désastres le dévouement admirable des frères, la charité 
des sœurs, l'intrépidité des religieux et des aumôniers. M. de Bismark 
l'a dit : l’ennemi le plus inflexible qu'il ait rencontré sur notre sol, c'est 
le clergé ; témoignage que recueillera l'histoire, et qui répondrait suf¬ 
fisamment aux calomnies jacobines, si d'ailleurs les exploits des soldats 
catholiques de Charette, de Cathelineau, de de Sonis, n’étaient là pour 
démontrer que le patriotisme le plus généreux, le plus ardent n’est 
point dans les hurlements de ïa.Éarsextlaîie^otx dans les phrases des 
avocats, mais au fond du cœuf chrétien." C ^ ^ % 

Le volume de la Guerre se divise en den parties^ ÎÀ première, qui 
renferme douze chapitres et dix-sept gravures, décrit la camji)agAedu 
Rhin depuis la déclaration de guerre jusqu’à la bataille (la capitulation 
plutôt) de Sedan, qui devait être Voccasion de la chute de l’empire; 
nous ne disons pas la cause. 

La seconde partie raconte l’installation de la république au 4 sep¬ 
tembre, et le siège de Paris, qui, disons-le avec orgueil, fut héroïqtie 
dans ces circonstances et dans cette crise de l’investissement par les 
Allemands. Sans la démagogie qui l’assiégeait à l’intérieur, divisait et 
paralysait ses forces, il n’eût peut-être pas succombé. 

Quant au volume consacré à la Commune, il a dix-sept chapitres et 
trente-trois gravures. M. de la Vaunerie expose les faits avec une 
grande netteté, beaucoup d’ordre, et donne sur les persécutions dirigées 
contre l'Eglise un ensemble de détails plus complet, ce nous semble, 
qu’on ne l'avait fait encore. 

« Prenez-y garde pendant qu’il est temps encore, s'écrie en terminant 
M. de la Vaunerie, tout peut être sauvé si vous le voulez. Pourquoi 
l’édifice social menace-t-il de s’écrouler! parce que vous avez retiré son 
grand fondement, qui est Jésus-Christ, Rendez Jésus-Christ à la so¬ 
ciété, et vous replacerez tout dans son ordre. » (T. tl, p. 22 fl.) 


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LLTÏuES DE S. IGNACE DE LOYOLA, fondateur de la compagnie de 

Jésus, traduites en français, par le P. Marcel Bouix, de la même compa¬ 
gnie. i vol. in-8 de xn-644 p. 1870.—Prix : 7 fr. 50. 

A coté d’une admirable énergie, on découvre dans S. Ignace cette 
tendresse de cœur, cette douceur aimable envers les personnes, cette 
compatissance évangélique pour toutes les misères, morales surtout, 
qui sont l’apanage universel des parfaits et des saints. Nulle part ces 
belles et surnaturelles qualités ne se font mieux jour que dans les 
lettres intimes du serviteur de Jésus-Christ, épanchant son âme dans 
celle de ses frères, prodiguant les consolations, multipliant les avis, 
s’inquiétant, comme une mère, de l'état spirituel de ses enfants, et 
s’efforçant d’étendre sur tous les maux le baume de sa charité, sur 
toutes les ténèbres la lumière de ses inspirations et de ses conseils. 
Ces lettres, perdues dans nombre d'ouvrages devenus assez rares, 
écrites ordinairement en espagnol ou en latin, restaient en quelque 
sorte inaccessibles aü public. En 1804, il en parut à Bologne un recueil 
^publié par le P. Menchaca, mais en langue latine, recueil qui ne pou¬ 
vait être complet, car celui-ci même ne l’est pas, quoiqu’il soit beau¬ 
coup plus riche. « A notre grand regret, nous dit le P. Bouix, nous 
n'offrons au public qu'une minime partie de la correspondance de 
; S. Ignace. Nous publions ce que nous avons pu recueillir, mais nous 
avons l’espoir d’augmenter notablement ce recueil en puisant à de 
nouvelles sources que notre publication nous ouvrira sans doute, 
“(p. C.) « Il est à propos d’avertir que bon nombre des pièces contenues 
dans ce volume considérable, bien que rentrant dans le sujet pour les 
explications historiques, appartiennent à des personnages autres que 
S. Ignace : S. François Xavier, le cardinal Polus, Pierre de Leyde, 
S. François de Borgia, dona Juana de Cardone, le cardinal de Sainte- 
Croix, le P. Michel deTorrès, le P. Laynez, S. Thomas de Villeneuve, 
le roi de Portugal Jean III, Marguerite d’Autriche, Ferdinand, roi des 
Romains, etc. L’ouvrage n’en souffre pas, loin de là. Ces lettres même, 
se rattachant par tous les points à la correspondance du saint, étaient 
nécessaires à connaître, et, dans tous les cas, sont des monuments 
qu’il est utile de reproduire et de conserver. 

' Le traducteur le fait observer à bon droit en commençant son tra¬ 
vail : séculier, religieux, membre de la hiérarchie ecclésiastique, quel 
que soit le rang, la place ou le caractère que l’on ait dans l’Eglise de 
Dieu, pour peu que l'on possède le goût des choses saintes, il est 


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impossible de n'être pas ému à la parole d'un saint dont le regard est 
constamment fixé sur la majesté infinie de Dieu. 

« Avec quelle joie, écrit S. François Xavier à S. Ignace (en 
janvier 1552, et du Japon), avec quelle joie j'ai Iules nombreuses sen¬ 
tences que renferment vos lettres, et qui respirent votre douceur et 
votre piété ! Je les lis, relis, les médite avec extrême profit pour mon 
âme, et je ne cesse d’y trouver, pour ainsi parler, un goût toujours 
nouveau. « Cette appréciation d’un si grand saint et d’un tel homme 
de goût est la meilleure recommandation du présent livre. 

L’exécution en a été faite avec soin. On y suit l'ordre chronolo¬ 
gique ; en tête de chaque lettre est placé un sommaire qui en donne 
l'analyse. Outre les lettres publiées déjà par le P. Menchaca ou par 
les divers historiens du saint, le P. Genelli entre autres (1848) et 
Cienfuegos (1754), le traducteur en imprime, pour la première fois, 
quelques-unes provenant soit des archives du Gésuà Rome, soit d'un 
manuscrit de la bibliothèque de la rue Richelieu, et de diverses autres 
sources. Ces sources sont, d’ailleurs, indiquées à chaque lettre. 

Quant au mérite de J a traduction, on sait quel est le genre du 
P. Bouix, bien connu pour ses travaux sur Ste Thérèse : clair, mais 
un peu pesant, n’ayant pas toujours le sentiment ni le respect des 
nuances délicates; ce qui, dans ses publications précédentes, l'a con¬ 
duit à plus d'un contre-sens, à plus d'une erreur grammaticale. N'ayant 
ici ni les textes latins ni les textes castillans sous les yeux, il nous est 
impossible de répondre de la fidélité de la version ni de la critique ; 
ce que nous pouvons dire, c'est que le volume se lit avec charme. 

Si l'étude des origines de la compagnie de Jésus y trouve de très- 
précieux éléments, si l'histoire générale même peut en profiter pour 
mieux faire connaître le caractère de certains personnages célèbres, 
Philippe II entre autres, la piété s'en nourrira plus avidement encore. 
Le parfum de la sainteté l’embaume de la première ligne à la dernière. 
Et quels exemples ! outre l'héroïsme de François Xavier, c'est le 
P. Laynez, cet homme si puissant en œuvres et si haut placé dans la 
vénération de son siècle, suppliant qu’on le punisse d’une faute légère 
en le jetant jusqu'à la mort dans les bas offices de la maison et en le 
regardant « comme l’ordure du monde » (p. 432). Dieu seul et la diffu¬ 
sion de son royaume sur la terre, voilà ce qui préoccupe exclusivement 
ces grandes âmes, plus ardentes au bien à mesure qu’elles lui font 
plus de sacrifices et qu’elles en multiplient davantage l'épanouissement. 

(Pour les ouvrages qui précèdent d'après la Bibliographie catholique.) 


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LE DROIT AU CRIME ou la morale d'un athée, pur le docteur ftotî. 

I vol. in-JL—Prix: 1 fir. 50. 

Durant la Commune, I athéisme pratique s’est étalé sans pudeur aux 
yeux de la France indignée; il s'est montré dans toute sa nudité, et 
sous cette forme brutale il a conquis les sympathies des intelligences 
dépravées. 

Mais qu’a donc l’athéisme de si grand, de si sublime, de si incompré¬ 
hensible?...Voltaire I*aurait-il prouvé? Écoutons le père de l'incrédulité : 

« Je ne voudrais pas, dit-il, avoir aflaire à un prince athée qui trou¬ 
verait son intérêt à me faire piler dans un mortier ; je suis bien sûr que 
je serais pilé. Je ne voudrais pas, si j’étais souverain, avoir affaire àdes 
courtisans athée3 dont l’intérêt serait de m’empoisonner; il me faudrait 
prendre au hasard des contre-poisons tous les jours. » 

L'athéisme est donc une doctrine nuisible et avilissante. Avilissante 
au point de ne reconnaître en nous que le jeu des organes : « Héroïsme 
ou bassesse, abnégation ou lâcheté ne sont que les effets d’impulsions 
machinales. Vous êtes égoïste ou dévoué comme vous êtes brun ou 
blond: affaire de tempérament. « 

Tel est le langage des positivistes . 

D’autres ajoutent que - l’homme tombe dans le vice comme le caillou 

tombe dans un gouffre, sous l’empire fatal de lois irrésistibles.. * 

— Que deviennent alors le code pénal et ses jugements, si l’assassin 
tue fatalement et nécessairement! 

Il importe donc de protester hautement contre l’athéisme. D faut dé¬ 
raciner cet arbre pourri dont les fruits sont des fruits de mort. Il faut 
mettre la cognée au tronc et arracher les racines. 

Mais les thèses philosophiques sont peu goûtées de nos jours. On 
court après la distraction, et les pourquoi? et les comment? et les donc 
des philosophes ou des docteurs sont peu propres à nous distraire. 

M. Roux l’a fort bien compris. 

Dans son livre du Droit au crime, il nous donne, sous une forme 
dramatique et intéressante, une démonstration rigoureuse des perni¬ 
cieux effets de l’athéisme. H nous peint « la figure d’un athée spécu¬ 
latif et pratique, réalisant dans ses maximes et sa conduite les der¬ 
nières conséquences de son affreux système. 

“ Je fais comparaître, dit l’auteur, l’impitoyable et parfait égoïste, 
qui, avec préméditation, fût-ce dans la boue et dans le sang, marche 
droit à son but, en disant au fond du cœur : « Pour me gratifier d’un 


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- bénéfice ou m’épargner un dommage, périsse, s’il le faut, tout le genre 
« humain ! » 

Le personnage d’Antonio est en effet un triste héros de roman, triste 
par sou caractère vil et repoussant. C’est une abjecte figure, mais elle 
frappe d'autant plus qu’elle est plus Tare, heureusement pour l’hu¬ 
manité 

Loin de ménager les teintes et de graduer les couleurs, l’auteur noos 
montre Antonio tout <f« ne pièce, avec sa bassesse et sa scélératesse. 
« A la délicatesse du pinceau il a préféré ta brutalité du scapel. » 

En faisant l’atrtopsiedu cadavre de l'athéisme, il a réussi à dégoûter le 
lecteur. Et si sa modestie l’a empêché de se déclarer un habile romancier, 
la critique le déclare un habile observateur des passions humaines. 

La critique dira aussi que la description de Venise, de ses palais, 
de ses monuments, est un beau morceau de littérature. 

Le style de l’ouvrage a quelque chose de la fraîcheur, de la grâce,de 
la beauté des rivages de Tltalie, et il règne partout, dans ce roman, 
comme un reflet du ciel de Naples et du soleil de l’Adriatique. 

{D'après la France nouvelle.) 

LES TROIS RÈGNES DE LA NATURE. Simples récits sur l’histoire 

naturelle, par E. Cortambert et Richard Cortambert. i vol. in-12 de 318 p. 

avec 213 gravures dans le texte. 1870. — Prix : i fr. 50. 

Comme on peut le présumer d’aprè3 le titre, cet ouvrage se divise 
tout naturellement en trois parties : 

Règne minéral : des montagnes, des pierres et des terres, des 
matières minérales combustibles et fossiles. 

Règne végétal : distribution générale et composition des végétaux ; 
plantes phanérogames ; plantes cryptogames. 

Règne animal : organisation des animaux ; distribution géographi¬ 
que des animaux ; classification des animaux : zoophytes, animaux 
articulés, mollusques, animaux vertébrés (poiæons, reptiles, oiseaux, 
mammifères). 

Les mêmes matières sont exposées dans un grand nombre de petits 
traités élémentaires. Mais celui-ci mérite d’être signalé, comme bien 
fiait dans ses étroites limites et bien écrit dans sa simplicité. 

D se recommande en outre par la grande quantité de vignettes 
répandues dans le texte : plusieurs sont très-bonnes, et toutes sont 
d’une valeur suffisante. 

La vue de ces vignettes apprendrait, à elle seule, quelque chose à 
des gens complètement illettrés. Chez ceux qui ont reçu des notions 


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même très-médiocres, elle excitera le désir de lire le texte, et d'avoir 
l'explication des « images « qui auront frappé tout d'abord. 

LA SCIENCE AtJ VILLAGE, par E. Rosary. 1 vol. in-8 de 236 p. avec 
gravure. 4870. — Prix : 1 fr. 50. 

Sous la forme de lettres à sa sœur, une jeune fille, en vacances à la 
campagne, raconte ce que lui apprend son oncle, sur la pluie, la neige, 
le brouillard, les étoiles, le tonnerre et l'électricité, l'arc-en-ciel, en un 
mot sur les principaux phénomènes de la nature, et ce que sa grand' 
mère lui dit sur la vie et l’organisation des plantes. Cette science, fa¬ 
milièrement exposée, est à la portée de la jeune élève, et la conclusion 
tirée de chaque leçon est toujours un hommage au Créateur. 

Le livre de M. Rosary donne l'instruction suffisante pour écarter 
les préjugés si généralement répandus sur les faits naturels dans le 
village. 

Quoique ces notions en elles-mêmes soient utiles pour tout le 
monde, on comprend que l'enveloppe dont elles sont ici revêtues, les 
fera surtout agréer aux jeunes filles. 

(Pour ces deux ouvrages , d'après le Bulletin des publications popu¬ 
laires.) 

CHANT DE LA SIBYLLE HÉBRAÏQUE, document le plus ancien, le 
plus important et le moins contesté des livres sibyllins, texte grec et tra¬ 
duction française, par M. l’abbé Blanc, curé de Domazan (Gard), avec notes 
deM. Alexandre, membre de l'Institut, de M. l’abbé Blanc et de M. Bon 
netty, directeur des Annales de philosophie chrétienne. In-8de 82 p. 1869. 

Un fait domine toutes les questions soulevées par les oracles sibyllins 
et leur donne une véritable importance, c'est le reflet de la révélation 
pénétrant presque constamment leurs plus mystérieuses obscurités. 
S'ils ont été composés avant l'ère chrétienne, s'ils s’accordent avec notre 
manière d'interpréter la Bible, s'ils confirment quelques-uns des 
dogmes catholiques, leur importance devient incontestable.— Le petit 
poëme connu sous le nom de Chant de la Sibylle hébraïque , traduit en 
latin et enrichi de commentaires par M. Alexandre, remonte au n* siècle 
avant Jésus-Christ. C’est un mélange un peu confus de vérités et 
d’erreurs, d’événements historiques et de fables, de traits originaux et 
d'emprunts sacrés et profanes; mais au milieu de ce tissu incorrect, l'au¬ 
teur, qui était un juif helléniste de l'école d’Alexandrie, devine d'une 
manière assez nette la grande figure du Rédempteur à venir et la scène 
émouvante du jugement dernier. Ce document, très-remarquable d’ail- 


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leurs par le style, peut être recommandé aux savants comme un 
morceau de choix. 

LA SELON LE CŒUR DE DIEU, ou devoirs de la mère chré¬ 

tienne envers ses enfants par un missionnaire de N.-D. de la Salette. 1 vol. 

in-12 de xvi-522 p. 1870. — Prix : 2 fr. 

« C'est ordinairement, a écrit le P. Ventura, la femme qui fait le 
bonheur ou le malheur de la famille, et qui est le grand instrument, le 
grand levier de sa moralité ou de sa corruption. Souvent la famille tout 
entière n'est que ce que la femme la fait; elle n’est que le miroir fidèle 
de ses bonnes qualités ou de ses défauts, de ses vertus ou de ses vices. » 
Le P. Lacordaire remarque quelque part qu'une mère admirable se 
trouve presque toujours au berceau des saints. « Vous concevez très- 
bien, dit-il encore dans une de ses lettres, que le fils d'une mère pieuse 
a plus de grâces que le fils d'une mère mondaine, uniquement occupée 
de ses vanités, parce que, le fils étant le sang de la mère, Dieu regarde 
l’un dans l’autre. « Il en est même ainsi généralement des hommes qui 
se sont fait un nom honorable. BufFon l'avait remarqué. On lit dans les 
Mémoires et Souvenirs de M. de Candolle, publiés en 1862 : - J'ai ouï 
dire à M. Dupont (de Nemours) que tous les hommes distingués qu'il 
avait connus avaient eu des mères de mérite et d’esprit. Je n'ose me 
mettre dans ce rang, mais je puis dire que les aimables encouragements 
de ma mère ont eu une grande part au développement de mon enfance 
et de mon adolescence. » La première éducation importe extrêmement ; 
elle déteint sur l'existence entière, et cette éducation, c'est la mère qui 
la donne ; une image très-exacte nous représente la suçant avec le lait. 
Dieu s'est servi des mères, dans notre malheureuse patrie, pour sauver 
la foi du naufrage de la révolution. La secte antichrétienne le sent 
bien : il est effrayant de constater avec quel ensemble elle agit partout 
contre nos communautés religieuses enseignantes ; elle sent parfaite¬ 
ment que là est le nœud de l'avenir. Ne nous endormons donc pas, 
nous qui voulons conserver l’héritage de Dieu sur la terre. Il nous faut 
des mères chrétiennes, des mères selon le cœur de Dieu . L'apostolat qui 
se dirige de ce côté est peut-être de tous le plus urgent, le plus indis¬ 
pensable, comme il sera le plus salutaire et le plus fécond. 

Or voici sur ces matières un ouvrage profond, qu’on vient de réim¬ 
primer et qui méritait cette distinction, car il est plein de choses, de 
choses excellentes; il justifie complètement son titre, et, grâce aux 
prières dont on l’a enrichi, il peut servir encore de manuel de piété pour 
l'assistance aux saints offices et la réception des sacrements. 


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— s«o — 


Soins corporels, soins spirituels, c'est la division naturelle et juste de 
ces vingt-six chapitres, suivis de vingt et quelques autres, qui en amt 
comme la continuation et le développement pour la vie entière tant de 
la mère que de l’enfant, et même de toute la famille : tels les chapitres 
sur la vocation (p. 254), sur la prière en commun (p. 305), sur les de¬ 
voirs envers les domestiques (p. 336), devoirs si facilement oubliés, si 
rarement accomplis dans leur plénitude. — Les idées de l’auteur, 
émises dans un bon style, sont non-seulement justes et exce 1 lentes, 
mais très-faciles à mettre en pratique; les éclaircissements et les con¬ 
seils qu’il donne à la mère sur chacun des points qu’il traite, ne sont 
point de nature à effrayer les personnes engagées dans le monde actif, 
ou même dans les affaires, et ils offrent un. faisceau d’instructions que 
nous ne saurions trop recommander. 

La mère qui chercherait habituellement auprès d’un tel guide la di¬ 
rection de ses pensées et de sa vigilante action se sanctifierait elkr 
même d’abord, et sanctifierait, non moins certainement» les êtres si- 
chers que Dieu lui a remis un jour pour qu’elle les lui ramène au ciel 
après le pèlerinage de l’épreuve ; l’institutrice s’y formerait à plusieurs 
des vertus essentielles de sa vocation. 

LE CŒUR EUCHARISTIQUE, ou le Cœur de Jésus dans le Saint-Sacre¬ 
ments, par le P. Blot., missionnaire. 2 vol. in-i2 de 424 et 400 p. 1872.— 
Prix. : 7 fr. 

Le culte du Sacré-Cœur en général, c’est le cultede l’amour de Jésus 
pour nous, « amour créé, dit le F. Blot, amour incréé, amour humain 
et amour divin, à cause des deux natures que Notre-Seigneur unit en 
sa personne. » Le culte du Cœur eucharistique, c’est le culte de œt 
amour rayonnant, pour ainsi dire, du tabernacle, et pénétrant nos 
âmes plus particulièrement encore dans la sainte communion. 

Le sacrifice du Calvaire est déjà loin dans le passé; les douces com¬ 
munications du ciel ne sont qu’une espérance; l’Eucharistie, c’est le 
bienfait présent et en quelque sorte palpable, et répondant d’une ma¬ 
nière merveilleuse à toutes les aspirations de notre âme. Posséder le 
cœur d’un Dieu, savoir qu’il bat pour nous, qu’il veille sur nous, qu’il 
se livre pour nous continuellement, sans se lasser des tiédeurs, sans 
reculer devant les ingratitudes et les profanations, y a-t-il quelque 
chose au monde qui puisse nous émouvoir davantage, nous encourager 
plus fortement, nous fournir dans nos luttes un secours plus efficace? 
Y a-t-il quelque chose qui puisse mieux nous pénétrer de nos devoirs? 


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Goosle 


— 351 — 


Car un si grand honneur et une aussi grande miséricorde appellent un 
retour et nous imposent des obligations. Ces obligations se résument 
en quelques mots : amour, reconnaissance, honneur, réparation, prière ; 
mais ces quelques mots renferment la religion tout entière. Donc 
point de dévotion plus belle ni plus douce ni plus féconde. 

Assurément un tel sujet pouvait bien fournir la matière d’un livre : 
le P. Blot lui a consacré deux volumes. Dans le premier, ce que le 
Cœur eucharistique de Jésus fait pour nous; dans le second, ce que 
nous devons faire pour lui. Nous en avons donné l’abrégé au courant 
des lignes précédentes. C’est, malgré quelques faiblesses, une œuvre 
importante et très-digne d’éloges. Le plan est heureux ; les détails abon¬ 
dent; le style correct. Le Saint-Père en a approuvé l’idée; plusieurs 
évêques en ont loué l’exécution. 

(Pour le s d-dessus, d’après la Bibliographie catholique.) 


BULLETIN SOMMAIRE 

*K3 

PUBLICATIONS RÉCENTES 


l'énumération qm a nous faisan s ici des ouvrages parus dans te mais n'emporte 
nullement de notre part recommandation de ces ouvrages ; c'est une simple énu¬ 
mération bibliographique pour ceux de nos lecteurs qui veulent se tenir au courant 
de es qui parait. 


Duqubssx. et la marina de son 
tûmp&,par A. Jal, officier de ia Légion d'hon- 
«eqr. 2 voL grand in-8° orné» de nom¬ 
breux fac-similé d’autographes et de deux 
gravures sur bois. Prix : lGfr. 

Antoine Goldow ou un jeune croisé de 
18 ans, par le B. P. Franco, de la compa¬ 
gnie de Jésua. 1 vol. in-12 de 380 pages. 

Prix : 2 fr. 

Axr DE* PROJECTIONS (T), par l’abbé 
Moigno. 1 vol in-12de 154 pages avec 103 
gravures sur bois. Prix;2 ir. 50 

Blanche et Noise, par Mme de Stolz. 
1 vol. iu-12 de 320 pages,orné de 5é vi¬ 
gnettes. Prix : 2 fr. 25 

Chateau de Chanttllt pendant la ré¬ 
volution (le), pas A. SoreL 1 vol. in-8® Ae 
300 pages. Prix : 5 fr. 


Cœub eucharistique (le), on le Cœur de 
Jésus dans le Saint-Sacrement par le P. 
Blot, missionnaire apostolique. î vol. in-12 
d’ensemble 880 pages. Prix : 7 fr. 

Dictature de cinq mois, mémoire pour 
servir à l’histoire du gouvernement de la 
défense nationale, par Al. Glais-Bizoin. 
1 vol. in-12. Prix : 3 fr. 50 

Education libérale (1*), l’hygiène, la 
morale, les études, par Victor de Laprade, 
de r Académie française. 1 vol. In-12 de 
300 page*. Prix : 3 fr. 50 

Éléments de thermodynamique, par 
J. Moutier, ancien élève de l’école poly¬ 
technique. 1 vol. de 104 pages. Prix : 

2 fr. 50 

Esprit db l'imitation (T), étude ponr 
servir d’introduction à l’Imitation de J.Ch 


iy-Gooc 


— 352 — 


méditée par l’abbé Herbet, missionnaire 
apostolique. 1 vol. in-12 de 220 pages. 
r Prix : 1 fr. 50 

Evangéline, poëme de Longfellow, ou¬ 
vrage traduit de l’anglais par Ch. Brunei. 
1 vol. petit in-8 orné de nombreuses vi¬ 
gnettes. P r ' x •' 3 fr. 

Filleul de Beaumarchais (le), par A. 
de Pontmartin. 1 vol. in-(2 de 308 pages. 

Prix : 3 fr. 50 

France a Lourdes (la;, compte rendu of¬ 
ficiel publié par le comité de la manifesta¬ 
tion. 1 vol. in-12 de 192 pages. Prix: 1 fr. 50 

Harmonies providentielles (les), par 
Ch. Levêque. 1 vol. in-12 accompagné 
de 4- eaux-fortes. Prix : 2 fr. 25 

Histoire du gouvernement parle¬ 
mentaire en France (1814-1848), par 
Duvergier do Hauranne, tome 10 et der¬ 
nier. 1 vol. in-8 de 710 pages. Prix : 7 fr. 50 

Histoire romaine, par Théodore Momn- 
sen, traduite par C. A. Alexandre, prési¬ 
dent à la cour d’appel de Paris; tome 8. 
1 vol. in-8 de 340 pages. Prix : 5 fr. 

Humbles (les), par François Coppéo, 1 vol. 
in-12 de 160 pages. Prix : 3 fr. 

Instruction du peuple (T), par Emile 
de Laveleye. 1 vol. in-8 de 493 pages. 

J Prix : 7 fr. 50 

Jeunes francs-tireurs (les), par C. A. 
Henry, traduit de l’anglais par Mme L. 
Rousseau. 1 vol. in-8 orné de 20 gravures. 

Prix : 5 fr. 

Lumière (la), notes d’un cours de neuf 
leçons sur le rôle scientifique de l’imagina¬ 
tion, par M. John Tyndall; traduit par 
l’abbé Raillaud. 1 vol. in-12 de 180 pages. 

Prix : 2 fr. 

Madame Récamier, les amis de sa jeu¬ 
nesse et sa correspondance intime, par l’au¬ 
teur des Souvenirs de Mme Récamier. 1 vol. 
in-8 do 411 pages. Prix : 7 fr. 50 

Mémoires d’un journaliste, par H. do 
Villemessant; 2 e série: les hommes de mon 
temps. 1 vol. in-12 de 344 pages. Prix : 

3fr. 

Menaces et promesses de N.-D. de la 
Salette, par F. Delbreil. 1 vol. in-12 de 
440 pages. Prix ; 3 fr. 

Merveilles de l’héroïsme, par Armand 
Renaud. 1 vol. in-12 orné de 30 vignettes. 

Prix : 2 fr. 25. 

Mon discours a l’Assemblée natio¬ 
nale si j’étais député, par Georges Ro¬ 
main, auteur de l’Opinion de Bismarok. 
I brochure in-32 de 64 pages. Prix : 25 c. 


grand in-8 orné de nombreuses gravures 
sur bois et de 7 cartes en couleur. Prix ; 

9 fr. 

Musée des archives nationales, do¬ 
cuments originaux inédits de l’histoire de 
France depuis l’époque mérovingienne jus¬ 
qu’à la révolution française; ouvrage enri¬ 
chi de 1,200 fac-similé des autographes les 
lus importants. 1 magnifique vol. in-4 
e 800 pages. Prix : 40 fr. 

Naufragés de l’ile de Bornéo (les), 
par Mayne Reid. 1 vol. in-8 orné de belles 
gravures hors texte par Ferat. 1 vol. in-8. 

Prix : 7 fr. 

Petite et Grande, par Mlle Julie Gou¬ 
raud 1 vol. in-12 de 330 pages, orné de 
51 vignettes. Prix : 2 fr. 25 

Photomicographie en cent tableaux, 
pour projections, par M. Jules Giraud. 1 vol. 
in-12 de 56 pages. Prix : 1 fr. 50 

Plantes étudiées au microscope, par 
J. Girard.1 vol. in-12 orné de 100 vignettes. 

Prix : 2 fr. 25 

Politique d’un soldat (la), par Saint- 
Genest. 1 vol. in-12 de 300 pages. Prix : 

3 fr. 

Récréations dramatiques des pension¬ 
nats et des familles pour jeunes gens. 1 vol. 
in-8 de 580 pages. Prix : 5 fr. 

Religion (la), la patrie et la famille 
dans l’éducation de la jeunesse, trois dis¬ 
cours prononcés en 1871-72 par le père 
Lecuyer, prieur de l’éoolo Àlbert-le Grand 
à Arcueil. 1 vol. in-12 do 68 pages. Prix : 

1 fr. 

Restauration française, par A. Blano 
de Bonnet. 1 vol. in-8 de 480 pages. Prix : 

5 fr. 

Soirées a la maison (les), par Mme la 
comtesse de Sannois. 1 vol. m-12 orné de 
42 vignettes. Prix î 2 fr. 25 

Souvenirs de la maréchale princesse 
de Beauveau, suivi des Mémoires du ma¬ 
réchal de Beauveau. 1 beau vol. gr. in-8 
de 350 pages. Prix . 10 fr. 

Souvenirs et correspondance tirés 
des papiers do Mme Récamier. 2 vol. in-8 
d’ensemble 1040 pages. Prix : 15 fr. 

Travaux publics des Etats-Unis d’A¬ 
mérique en 1870, rapport de mission par 
M. Maléz.ieux, ingénieur en chef. 1 fort vol. 
grand in-4 aveo atlas de 61 planches. 

Prix : 70 fr. 

Vapeur (la), par M. Guillemin. 1 vol. 
in-12 orné de 95 vignettes. Prix : 2 fr. 25 

Vie sauvage (la), par F. de Lanoye. 
1 vol. in-12 orné de 35 vignettes. Prix î 

2 fr. 25 


Montagnes (les), par Albert Dupaigne 
professeur au collège Stanislas. 1 fort vol. 

Le Gérant, F. WATTEL1ER. 

PARIS* — IMPRIMER!® JULES LE CLEKR ST C 1 *, RUE CASSETTE, 29. 






i orne VII. — X. 12. 


Décembre 2 892. 


REVUE 

BIBLIOGRAPHIQUE ET LITTÉRAIRE 


A NOS AGRÉGÉS. 

La bienveillance soutenue avec laquelle nos agrégés veulent 
bien accueillir nos communications nous inspire la confiance 
d’appeler de nouveau leur attention sur une de nos publications 
les plus importantes, surtout en ce moment. Nous voulons parler 
de V Ecole primaire, qui va commencer au premier janvier sa 
septième année. Nous avons expliqué, dans notre livraison du 
mois d’août de cette année, le plan de cette publication, destinée 
surtout aux instituteurs, et l’on aura remarqué l’esprit franche¬ 
ment catholique qui préside & la rédaction. Nous rappellerons ici, 
en quelques mots, les motifs qui doivent déterminer nos agrégés 
à nous venir efficacement en aide pour la propagation de cet 
excellent recueil. Nous n’avons pas hésité & faire d’immenses sa¬ 
crifices personnels pour le maintenir dans les circonstances si 
difficiles des malheureuses années que nous vénons de traverser : 
nous avons senti que la ligue des ennemis de la religion et de 
l’ordre social s’attachant spécialement & corrompre l’enseigne¬ 
ment primaire, c’était là qu’il fallait concentrer nos efforts, afin 
de résister à une propagande redoutable, dont le triomphe serait 
la ruine irrémédiable de la société. Pour réussir il faut une ré¬ 
daction vraiment supérieure et surtout pratique. Le suffrage 
éclatant arraché à H. Duruy, malgré ses préventions anticatho¬ 
liques, est la meilleure preuve que cette première condition a été 
remplie. 

11 faut de plus le bon marché, parce que l’instituteur est réel¬ 
lement pauvre : le prix de 6 francs par an, y compris les frais de 
poste, est assurément le plus bas possible. 

Nous ne craignons pas de nous faire illusion sur l’importance 
et le mérite de cette publication, car nous avons pour nous le té¬ 
moignage éclatant rendu, après mûr examen et délibération, par 
T. vu. 53 


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— 354 — 


l’éminente Société générale d’éducation et d’enseignement, qui 
a pour président M. Cornudet, et pour vice-présidents MM. de 
Melun, Michel, l’abbé Thenon, Cbesnelong et Baudon. Or cette 
Société, dans son Bulletin, a bien voulu consacrer une note très- 
explicite, dans laquelle, après «voir analysé plusieurs années de 
Y Ecole primaire , on conclut par ces mots : V Ecole primaire a le * 

DROIT d’attendre DES CATHOLIQUES QU’lLS LA SOUTIENNENT ET LA 
PROPAGENT. 

Appuyé sur un si éclatant témoignage, nous osons espérer que 
nos agrégés voudront bien soutenir et propager Y Ecole primaire , 
en faisant prendre les abonnements les plus nombreux possible 
pou l’année qui va s’onvrir, et au besoin en payant eux-mêmes 
ce* abonnements, afin de faire pénétrer plus sûrement et plus fa¬ 
cilement cbeo les instituteurs oe guide catholique, antidote néces¬ 
saire centre les suggestions auxquelles ils sont exposés par la 
propagande antisociale et antichrétienne. 


Nous avons reçu de très-nombreuses réponses & notre appel en 
faveur de la confrérie de Saint-Michel. Nous espérons avoir en¬ 
core à inscrire sur notre registre un très-grand nombre de noms; 
nous prions nos agrégés de vouloir bien indiquer exactement les 
adresses des personnes qui voudront s’affilier à cette confrérie. 

PREMIÈRE PARTIE 

ouvrages édités par nous ou dont nous avons accepté. 

LA PROPAGATION SPÉCIALE. 


EXPOSÉ RAISONNÉ DE LA DOCTRINE CHRÉTIENNE , par M. l'abbé 
Laneyrie. 1 vol. in-i2de yiu- 460 p.—Prix : 3 fr.;pour nos agrégés : i fr. 25. 

Sous ce titre modeste, voici un opuscule précieux pour le» catho¬ 
liques de nos jours r obligés à défendre continuellement leur foi contre; 
les subtilités des dissidents ou de» incrédules instruits, et contra 


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— 3B5 — 

l'ignorance, les préjugés et les préventions dû plus grand nombre. 
Comme le dit Fauteur dans son avant-propos, les catholiques pourront 
trouver dans ce petit livre très-substantiel la preuve « que toute» leB 
croyances catholiques sont fondées sur la parole de Dieu; sur la foi 
de la primitive Église, et souvent même ne sonf que de simples con¬ 
clusions du bon sens. » 

Àrchiprêtre de Colmar, l'auteur nous avertit encore que ce livre 
n'èst rien autre chose qu'un court résumé de se» instructions pasto¬ 
rales : c'est donc le fruit d'une longue expérience dans le saint 
ministère. Il porte, d'ailleurs, le sceau d'une respectable et éminente 
approbation ; voici en quels termes l'archevêque cardinal de Bordeaux 
recommande ce pieux ouvrage : « Dans sa brièveté savante* il est plus 
complet qu'une foule d’ouvrages analogues. Les chapitiressur Y usage 
dé la langue latine dans les offices, sur le célibat ecclésiastique, 
Y abrégé de PHistoire de la religion ; sont dè belles- pages et d'une 
utilité incontestable, même dàns lès paroisses qui ne renferment pas 
de protestants. * 

Outre ces questions qui ont, à bon droit, attiré d'une, manière 
toute spéciale l’attention et mérité les éloges d'un éminent cardinal, 
il en est une foule d'autres à P ordre du jour> pour parler le langage de 
l'époque, et que le pieux et savant auteur a traitées avec autant de 
précision que de lucidité; telles que : Yinfaillibilité de l'Église, la 
lecture de V Écriture sainte , \$t pouvoir temporel du Pape, le protestan¬ 
tisme , Y immortalité de Pâme, V éternité des récompenses et des peines^ 
1 e célibat ecclésiastique* » 

Nous dëvotts nous borner à ces indications sommaires. Ce livre est 
un résumé succinct qui ne se prête pas aux citations textuelles II faut 
lire soi-même cet enchaînement serré d'arguments et de preuves 
fortifié de l’autorité des textes et des auteurs les plus respectables.. 

Pour rendre notre pensée par une image, nous dirons que, dans ces 
jours de combat, Y exposé raisonné delà doctrine chrétienne est 1$ 
bouclier et le glaive dont tout bon soldat catholique ne doit jamais 
se 1 séparer. Au Taunay. 


LA FRANCE INDUSTRIELLE, par M. Paul Poiré. Grand iu«&de v-800 p< 
1873.—Prix: 10 fr. 

Voilà un ouvrage dont Pétude, je ne dis pas seulement là lecture, 
nous a vivement intéressé. Style clair, précis, méthode simple et 


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— 866 — 

sûre sont les qualités qui recommandent tout d’abord ce livre à la 
jeunesse studieuse et que les personnes plus instruites ne dédaigneront 
pas de consulter. On y trouvera à chaque pas des aperçus intéressants 
et surtout très-pratiques. Aujourd’hui que l'industrie a pris un tel 
développement que toute la richesse de la France s’y trouve con¬ 
damnée, il n’est permis à personne d’ignorer les procédés dont elle se 
sert pour produire ces immenses ressources, qui sont le salut de notre 
patrie pour le présent et l’espoir de son avenir. Malheureusement 
fétude de l’industrie en France et ailleurs n’occupe qu’une place 
insignifiante dans l’instruction, d’ailleurs si variée, de nos lycées et 
de nos institutions. La plupart des élèves achèvent leurs études sans 
même avoir un aperçu de la manière d’ont l’homme transforme les 
matières premières pour les faire servir aux différents besoins de 
la vie II n’y a pas jusqu’à la vie de ces hommes simples et laborieux, 
dont le génie inventif dota l’humanité de procédés qui ont révolutionné 
l’industrie, qui ne soit souvent complètement inconnue, meme de la 
nation qui leur a donné le jour. Cependant il y a là tout un ensei- 

^Noujb appelons donc de tous nos vœux le succès de cet ouvrage destiné 
à relever l’industrie dans l’esprit de bien des gens qui n’y voient, la 
plupart du temps, qu’un ensemble de procédés empiriques et soumis 
à aucune loi. Il n’est plus permis d’ignorer qu’à notre époque la 
physique et la chimie surtout ont porté la lumière partout, et 
ont fait de l’industrie une véritable science. Nous regrettons seulement 
que l’ouvrage deM.Poiré ne soit pas à la portée de toutes les bourses, 
et nous demandons à l’auteur qu’il en fasse un abrégé substantiel qui 
puisse pénétrer jusqu’au fond de l’atelier le plus humble. 

Disons maintenant un mot du plan général de l’ouvrage, pour que 
le lecteur puisse s’en faire une juste idée. 

L’auteur a divisé son œuvre en six livres, dont chacun correspond 
à un besoin particulier de la vie de l’homme sur la terre. 

1* L’homme, vivant en société, doit d’abord tirer de la terre les 
matériaux qui lui sont nécessaires pour ses besoins multiples. Le 
sol sur lequel il vit renferme, à des profondeurs souvent considé¬ 
rables, des richesses qu’il faudra d’abord lui arracher; c’est là le 
but des industries extractives : 

2» Il faut transformer ces matériaux et les approprier a nos différents 
usages • mais alors l’homme a besoin d’instruments de nature diverse, 
d'outils’, de machines, de produits chimiques, de là les industries prépa- 


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— 357 — 


raloires , que Fauteur divise en industries préparatoires mécaniques, et 
en industries préparatoires chimiques; 

3° Les matières premières, qui servent à l'alimentation de l'homme 
et que celui-ci transforme pour son industrie en farines, conserves, 
sucres, etc. 

4° Le quatrième livre renferme les industries du vêtement et de la 
toilette, qui comprennent toutes les filatures, teintures, chaussures, et 
en un môt tout ce qui se rattache au vêtement et à la toilette. 

5° Mais les vêtements ne suffisent pas à l'homme, il faut qu'il se 
loge, qu’il s'abrite, qu^il embellisse ses demeures, j’allais dire ses 
prisons, qu’il les rende plus commodes et plus confortables : de là les 
industries du logement et de Vameublement et tout ce qui s'y rattache. 

6° Enfin, dans le sixième livre, l'auteur décrit les industries qui 
donnent satisfaction aux besoins intellectuels , telles que la papeterie, 
l'imprimerie, la gravure, etc. 

Tel est, en résumé, le but que s'est proposé M. P. Poiré. Nous 
croyons que non-seulement il l'a atteint, mais qu'il a rendu un grand 
service aux études en les dotant d’un bon et excellent traité sur la 
matière; aussi apprenons-nous avec la plus grande satisfaction que 
le public lui fait l’accueil qu’il mérite. L’abbé L.-M. Piogbr. 


LES MAGNIFICENCES DE LA RELIGION, ou recueil de ce qui a été 

écrit de plus remarquable sur le dogme, sur la morale, sur le culte divin, etc., 
et répertoire de la prédication, par M. l’abbé Henry. Cinquième série : le 
temps deNoël. 1 vol. in-8 de 607 pr.—Prix : 5 fr.; pour nos agrégés : 3 fr. 50. 

Nous avons expliqué dans notre numéro du mois de novembre le 
plan suivi par M. l'abbé Henry dans ce travail remarquable, si bien 
intitulé : Magnificcnces'de la religion . Comme les considérations et ins¬ 
tructions sur le temps de Noël se trouvent dans la dix-huitième série 
avant la fête de la Nativité de Notre-Seigneur Jésus-Christ, le volume 
dont nous rendons compte aujourd’hui commence par les extraits et ci¬ 
tations pour le dimanche dans l’Octave de Noël. Il y a pour les prédica¬ 
teurs et pour les pieux fidèles une abondance admirable de considé¬ 
rations et d'instructions relatives à ce dimanche : Une homélie de 
Thibault développe lepître du jour, en montrant dans le mystère de l'In¬ 
carnation le profond abaissement du Verbe étemel et la sublime élé¬ 
vation de l'homme; — un prône de Cochin nous explique comment, en 
devenant enfant de l’homme, Jésus-Christ nous rend enfants de Dieu; 


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— 358 — 


les privilèges ineffables de cette glorieuse adoption et la coupable 
indifférence de ceux qui négligent d’en apprécier le bienfait; — nous 
trouvons de plus, un projet de prône sur la même épître, par Grisot; — 
enfin un autre sujet tiré de cette épître. 

Pour l’Evangile du jour, nous avons l’explication des prophéties de 
Siméon et d’Anne sur Jésus-Christ, par de la Luzerne ; — une homélie 
de Thiébault sur l'accomplissement de la loi, les dispositions avec 
lesquelles nous devons l'observer et les motifs que nous propose 
1 Evangile pour nous y porter; — une autre homélie de Lambert , qui 
explique comment Jésus-Christ est venu pour la ruine et la résurrec¬ 
tion de plusieurs; — une troisième homélie de Reyre, expliquant le 
même Évangile. Puis trois prônes de Réguis , de Badoire , de Monmorel, 
1° sur la connaissance de Jésus-Christ; 2® sur la naissance de 
Jésus-Christ considérée comme sujet de crainte salutaire; 3° sur 
l’usage que nous devons faire des contradictions. Enfin de courtes ins¬ 
tructions sur chaque jour de la semaine par Monmorel , et l’indication de 
quatre autres sujets tirés de l’Évangile, complètent les matériaux 
fournis pour cette première semaine après Noël. 

Pour le dimanche ientre la Circoncision et l’Epiphanie, on trouve une 
instruction sur l’épître et un prône sur l’évangile, par Guillois) de 
plus, un prône de Réguis sur notre vie considérée comme un voyage 
vers la patrie céleste. 

Le dimanche dans l’Octave de l’Épiphanie et les trois dimanches 
après l’Épiphanie sont traités avec autant d’ampleur et d'intelligence 
que le dimanche dans l’Octave de Noël : M. l'abbé Henry a été modeste 
en donnant à son recueil le titre de 'Répertoire ; il aurait pu l’intituler 
sans exagération : Trésor de la prédication . Nous ne pouvons que nous 
associer aux témoignages si flatteurs reçus par le Jrespectable auteur 
et former des vœux bien sincères pour que ce trésor enrichisse la bi¬ 
bliothèque non-seulement des prêtres, mais des familles chrétiennes. 

A. Conari. 


1/AUTOPSIE DE Z/HOMME-rEOaSE, par M. Pàbbé P. Moniquet, du 
clergé de Paris, i vol. de 200 p.w Prix : 2 fr. 

Nous féliciterons d’abord l’abbé Moniquet de s'être fait l'avocat 
philosophe et chrétien, contre M. Dumas, de cette pauvre femme, 
tant avilie par cet écrivain dans son roman VHomme-Femme. 

T3ien que les erreurs du romancier aient été promptement relevées 
par des écrivains catholiques, une réfutation directe et quasi-officielle * 


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389 — 


par un apôtre de la vérité, nous a paru bien convenable et [pleine 
d'à-propos. 

H fallait clairement démontrer à M. Dumas, que si « la démangeai¬ 
son Ta pris-» de nous prouver avec autres choses « paradoxales, in¬ 
convenantes, monstrueuses » que la femme « est l'éternelle messaline 
avant comme après le Christ », il s est grandement trompé. 

C est ce que l'abbé Moniquet s'est chargé de lui apprendre, en 
répondant à ce curieux roman, par la dissection des idées mêmes du 
roman qu’il approuve ou qu'il réfute, suivant qu’elles sont justes ou 
erronées. Son argumentation est claire, facile, variée et remplie d’in, 
térêt. En polémiste habile et courtois, il a donné à son ouvrage une 
forme qui plaît au lecteur, et qui, par ses prévenances, est bien de 
nature à convaincre un contradicteur de bonne foi. Nous oserions 
presque dire que la plume de cet excellent défenseur de la femmese 
rapproche trop de la souplesse des phrases du romancier. D'autres 
peut-être»trouveront là un mérite de l'ouvrage; mais pour nous,dès 
l'instant que nous avons sous sous les yeux une réfutation d'erreurs, 
il nous semble qu'un argument plus .serré eût mieux démontré la 
valeur des opinions de M. Dumas. 

L'auteur de Y Autopsie de V Homme-Femme nous permettra de re¬ 
gretter d'avoir oublié dans son ouvrage de rappeler à,M. Dumas et de 
lui prouver au besoin que, quoi qu'il en dise, la femme n'a pas une 
origine et une fin moins nobles que l’homme : pas plus que ce dernier, 
elle ^'appartient à la race simique et n'eut une guenon pour mère™ 

Si nous n'étions convaincu que l'auteur a visé à la brièveté dans 
aon ouvrage, nous ferions remarquer encore que ses preuves auraient 
grandi de force et de persuasion, si, dans ses réfutations, il avait 
plus longuement exposé nos dogmes catholiques. M. Dumas et ses 
lecteurs ignorent ou méconnaissent nos saintes vérités; il importait 
donc de les instruire ou de les confondre. C’était d'autant plus le cas, 
que les lecteurs de M. Dumas étaient naturellement curieux de con¬ 
naître le livre de Y Autopsie et s'attendaient moins à prendre un remède 
ai efficace, après avoir avalé un poison si violent. 

A ces quelques observations près, nous ne craignons pas d'affirmer 
que Y Autopsie de V Homme-Femme est un excellent et intéressant 
petit ouvrage d’actualité, véritablement utile aux lecteurs de M. Du¬ 
mas, et enfin assez instructif pour quiconque veut avoir une idée du 
roman de M^Dumas sans se donner la jpeme de.le lire. 

L. B., prêtre agrégé à l'œuvre des Agrégations. 


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360 — 


LA SAINTE COMMUNION, conférences aux dames du monde, par 
Mgr Làhdriot. 1 yoI. in-12 de vi-448 p. — Prix : 3 fr. 

Nous n'avons rien à apprendre à nos lecteurs sur la tendre piété et 
le talent du vénérable auteur dont nous venons de citer le nom. Pour 
ce livre, nous dirons qu'il semble écrit avec la plume de l'aile d'un sé¬ 
raphin. C'est un chant plutôt qu'une dissertation. On n'analyse pas 
l'harmonie; il faut la répéter telle qu'on Ta entendue pour la faire com¬ 
prendre. 

D'un autre côté, les bornes de cette Revue ne permettent pas les 
longues citations, auxquelles nous nous laisserions facilement en¬ 
traîner après avoir lu le livre..., nous allions dire le poëme, du pieux 
et éloquent prélat. Il faut donc nous restreindre à citer la conclusion de 
ce poétique traité de l'Eucharistie présenté aux gens du monde : 

« L’âme cherche le repos, la paix et la tranquillité ; elle fait même 
tout pour arriver à cet heureux état; car la paix et le repos c'est l'ini¬ 
tiation de l'étemelle béatitude dans un repos sans fin. Ici-bas l'âme 
n’a guère de repos; tout l’agite, la bouleverse; elle est ballottée par 
les choses, les hommes, les événements. Le cœur de Dieu seul peut 
nous donner un vrai repos, qui n'est qu'une étape avant l’arrivée dans 
la patrie. Le cœur de Dieu seul peut nous protéger efficacement contre 
les angoisses du dehors et du dedans. L'âme a besoin d’huile, de sua¬ 
vité et de parfum ; car il y a tant de froissements sur la terre, tant 
d'engrenages qui vous heurteraient violemment! L’âme se briserait 
sans cette douceur intime qui calme et assouplit. L’odeur qui nous ar¬ 
rive des choses de ce monde soulèverait parfois le cœur de dégoût ; 
l’âme a besoin des parfums du ciel ; elle a besoin de nourriture contre 
les défaillances, de refuge contre les assauts du dehors, de secours contre 
les périls et les tentations, et de sagesse pour se diriger au milieu des 
écueils. Fille du ciel, il lui faut un héritage céleste, même en ce monde; 
il lui faut un trésor, et comme elle est saintement ambitieuse, il lui 
fautDieupoursa possession et une possession pour ainsi dire exclusive. 
H faut qu’elle puisse dire : « O Dieu, vous êtes ma propriété; vous êtes 
mon Dieu, mon Dieu à moi. * Car Dieu est si bon, si puissant et si 
riche, qu'il peut se donner et se donne en effet à chaque âme comme s'il 
n’existait que pour elle, comme s'il était seul en ce monde avec cette 
âme bien-aimée. Et dans les moments les plus doux de la plus intime 
union, il se fait autour de Dieu et de cette âme comme une solitude 
d’amour, et la jouissance divine a tous les charmes de l'amour exclusif. 


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301 — 


«.Enfin Famé s’écrie : 0 Dieu , vous êtes celui dans lequel mon 

âme est fixée avec fermeté , celui dans lequel mon esprit et mon cœur sont 
toujours enracinés d y une manière immobile. Voilà bien le dernier effet 
deFEucharistie! lime semble voir un arbre majestueux dont les ra¬ 
cines sont enfoncées dans un terrain solide et fécond. Les racines vont 
chercher la vie à des profondeurs que l’homme ne soupçonne pas d'a¬ 
bord. Get arbre se couvre de fleurs, de feuilles et de fruits. Ceux qui ne 
connaissent pas les secrets de sa végétation peuvent croire que le tronc 
vigoureux et les branches trouvent leur vie en eux-mêmes; ils ne savent 
point que la vie leur arrive des racines, et que ces racines plongent 
dans un sol arrosé par des eaux souterraines. 

« Ainsi l'Eucharistie est le sol divin des âmes sérieusement chré¬ 
tiennes, et ces âmes se développent comme un grand arbre. Elles ont 
des feuilles et des fleurs, c'est-à-dire toutes les grâces et les charmes 
delà vertu; mais surtout elles amènent en abondance des fruits sa¬ 
voureux, qui paraissent en leur temps. Le secret de cette végétation 
divine est dans ces paroles de S. Bonaventure : « Ces âmes ont l'esprit 
« et le cœur enracinés dans le sol eucharistique. » Aussi elles ont toutes 
les propriétés des grands arbres, elles résistent aux orages; elles 
donnent de la fraîcheur aux passants ; elles sont l'ornement du jardin 
de l'Église ; elles s’épanouissent comme les belles fleurs des pays 
orientaux, et produisent comme elles de ces fruits succulents dont l’in¬ 
térieur renferme une délicieuse liqueur. 

« Je termine ces entretiens sur la sainte communion. Je les ai com¬ 
posés dans un moment de tristesse et de grande douleur, alors que mon 
pauvre diocèse était écrasé, et que les ruines de la patrie étaient encore 
fumantes. Je les ai écrits en ces longs jours d'hiver, qui semblaient 
marcher encore plus lentement qu'à l'ordinaire. Cependant ce travail 
m'a procuré de douces émotions; il a charmé ma tristesse et relevé 
mon courage abattu. Il m'a fait du bien aussi, parce qu'il m'a constam - 
ment rapproché de Dieu, et, comme dit S. Thomas, quand l’âme s'at¬ 
tache à Dieu, elle sent un très-grand plaisir, et ce plaisir chasse la 
tristesse et la diminue. » 


i 


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— 362 — 


CHOIX SE DÉVOTIONS EN EHONNEUR SE LA TRÈS-SAINTE 

VIERGE, par M. l’abbé Henri. 1 vol. in-18 de 721 p. — Prix : 2 fr. 50 ; 

pour nos agrégés : i fr. 25. 

Nous avons beaucoup d’ouvrages sur la très-sainte Vierge ; mais 
nous ne craignons pas de dire que celui-ci est des plus complets, des 
plus solides et des plus édifiants. L’auteur commence par des ré¬ 
flexions préliminaires dans lesquelles il explique la puissance de Marie 
et sa bonté pour nous secourir ; il entre, ensuite dans l’exposition des 
dévotions et des pratiques en l’honneur de la très-sainte Vierge, toutes 
recueillies dans les auteurs les plus estimés et enrichies, pour la plu- 
.part, de nombreuses indulgences. 

Beauooup.de fidèles seront heureux de trouver sur ces pieuses pla¬ 
stiques, qui leur sont chères et familières, des notions historiques, de 
pieux commentaires, des méthodes sûres pour en tirer de plus grands 
«fruits. .Naturellement le chapelet et le scapulaire tiennent le premier 
trang parmi les dévotions en l'honneur de la très-sainte Vierge. L’ar- 
chiconfrérie de Notre-Dame des Victoires, le dogme de l!Immaculéç- 
jConception et les pratiques qui s'y rattachent, les fêtes de la Nativité, 
de l’Annonciation, de la Purification et de l’Assomption; — sept for¬ 
mules de neuvaines; — la dévotion des quinze samedis; — le mois de 
Jdarie ; — la dévotion à Notre-Dame des sept douleurs ; — le culte du 
saint cœur de Marie; — plusieurs formules de consécration à la 
aainte Vierge; — des considérations sur le saint nom de Marie; — la 
Salutation angélique ; — ïAngélus; — le Petit-Office; — le Magnificat; 
— le Salve Regina; •— le Regina cœli ; — VInviolata; — les messes en 
l’honnneur de Marie; — les cantiques; — les congrégations; —les 
pèlerinages; — les indulgences de la PortioncuLe; — un choix de 
prières empruntées aux saints ; — les hymnes et les litanies en l’hon¬ 
neur de la sainte Vierge : tels sont les principaux sqjets.traités dans 
ce volume; cette énumération suffit pour justifier ce que nous disions 
en commençant.: ce recueil est l’un des plus complets sur les dévorions 
en l’honneur de la très-sainte Vierge. 

Suivant la méthode des autres volumes dont nous avons rendu 
compte dans nos livraisons d’octobre et de novembre, M. l’abbé Henry 
soutient l’attention du lecteur par des traits d’histoire heureusement 
choisis ; qu’il nous suffise de citer, pour l’ouvrage dont nous parlons 
aujourd’hui, les récits si émouvants et non moins édifiants des ba¬ 
tailles de Muret et de Lcpante, la victoire prodigieuse de Sobieski, 


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— 3 ï3 — 


les sièges de Belgrade et de la Rochelle, les anecdotes relatives à 
M. Gaulthier de Claubry et aux artistes Haydn et Mozart; la con¬ 
version de M. Alphonse de Ratisbonne et quelques guérisons remar¬ 
quables et authentiques; quant à l'orthodoxie, qui est la première con¬ 
dition d'un ouvrage de ce genre, elle est suffisamment garantie par la 
science et la piété de l'auteur ; elle est d’ailleurs attestée par l'approba¬ 
tion de Mgr l'évêque de Saint-Dié, qui recommande la lecture de ce 
charmant volume aux fidèles de son diocèse. Jules Quétand. 


QUELQUES MOTS SUR LTNSTRUC.TION PUBLIQUE EN FRANGE, 

par Michel Buéal, professeur au collège de France. 1 vol. in-12. — Prix : 

3 fr. 50. 

J.-J. Rousseau, un jour, dans une conversation avec Bernardin de 
Saint-Pierre, contredit par ce dernier sur je ne sais plus quelle 
question de science, lui fit cette réponse : « Vous avez tort, mais 
j'aime mieux vous donner raison, car il me faudrait six mois pour vous 
réfuter. » 

C'est l'argument dont on serait tenté de se servir chaque fois qu’il 
vous tombe entre les mains une de ces productions malsaines de la 
libre pensée, qui remettent sans cesse en question, avec une audace 
infatigable, les vérités les plus évidentes et les principes les mieux 
établis. Il faudrait en effet, pour les réfuter, reprendre par le détail 
toute la chaîne des arguments fournis par nos grands écrivains 
catholiques, la démonstration étant parfaitement faite et péremp¬ 
toire, il serait aussi téméraire qu'inutile de l’entreprendre de nouveau; 
il suffit d'y renvoyer le lecteur. 

C'est ce que nous ferons en*peu de mots. 

Le livre de M. Bréal est un livre écrit par un homme très-lettré, 
très-universitaire, qui connaît à fond les choses dont il parle et qui a 
acquis d'ailleurs l'autorité d'une voix quasi officielle, grâce aux larges 
emprunts qu'une circulaire ministérielle lui a faits tout récemment; 
mais c'est une raison de plus pour signaler le danger des doctrines 
qu'il tend à faire prévaloir. 

Faisons d’abord une juste part à l’éloge. L'auteur parle en homme 
compétent, tant qu'il ne s'agit que d’instruction, et surtout d'instruction 
primaire. Sa qualité de professeur de faculté ne lui a pas dérobé le 
sens de l’enseignement élémentaire ; il connaît bien les défauts de 
notre enseignement primaire; il a d'excellents chapitres sur l'ensei- 



gnement de la langue française, de la géographie et des autres parties 
du programme ; les réformes provoquées par les pédagogues allemands 
ne lui sont pas inconnues; il voudrait, comme tous les hommes qui 
connaissent bien les vices de notre système scolaire, voir l'école sortir 
de l'ornière des abstractions et employer une méthode moins artifi¬ 
cielle. Tout cela est excellent, quoique peu neuf; mais il n'est pas 
inutile de le redire, et Ton doit savoir gré à l'auteur, tout en faisant 
un plaidoyer pro domo sua, [de n'avoir pas hésité à signaler les côtés 
défectueux de l'édifice universitaire. 

Les remèdes qu'il a indiqués sont-ils suffisants, et sont-ils de nature 
à rétablir ce grand malade qu’auscultait d'une manière si originale, 
il y a peu de jours, M. L. Veuillot? — Hélas! nous craignons bien 
que le malade, même galvanisé par cette électricité négative, ne se 
lève dans sa fureur et dans sa misère, soutenu par cette force factice, 
pour aggraver sa maladie par de nouveaux excès. 

M. Bréal veut l'école laïque, c'est-à-dire l’école sans enseignement 
religieux; pour lui l'instituteur est un professeur de science, rien de 
plus; il est chargé d'instruire, il n'a pas mission d 'élever. Nous 
aurons des enfants, instruits, nous n'aurons pas d’enfants élevés. Dans 
cinq ans, dans dix ans une force terrible et multipliée à l'infini 
sera jetée dans la mêlée sociale ; contre quoi va-t-elle se tourner? Ne 
le niez pas, car c’est là votre espérance : elle se tournera contre la 
société chrétienne, et logiquement enfin contre toute société orga¬ 
nisée. L'homme est une force fatalement agissante; il agit en raison 
de ses appétits ou de ses croyances. Vous lui avez ôté les croyances 
chrétiennes; il s'en est fait d'autres au gré de ses instincts pervers 
et de ses passions : et vous voulez que, tout-puissant par le nombre 
et par l'intelligence, il ne marche pas avec un formidable ensemble au 
sac d’une société qui fait obstacle à toutes ses convoitises? 

Le sophisme de Venseignement laique vient de Rousseau, à qui nous 
devons la plupart des grandes erreurs qui troublent et menacent ce 
' siècle. L’auteur de Y Émile ne voulait pas qu'on parlât à l’enfant de 
Dieu avant douze ans. Etait-ce là une erreur fondée sur ce défaut de 
jugement dont le philosophe de Genève a donné tant de preuves, ou 
bien n'était-ce pas plutôt le parti pris d'un déiste qui voulait modeler 
l’enfant à son image? Je ne résous pas la question. Mais ce qu'il y a 
de certain, c'est que les sectes socialistes et athées et l'Internationale, 
ses héritières, ne se cachent nullement pour donner à ce faux les prin¬ 
cipales conséquences logiques qu'il renferme. Ils ne veulent pas de 


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— 365 — 


Dieu dans l'éducation, parce qu'ils ne veulent pas de Dieu dans 
l'homme, ni plus tôt ni plus tard. Certains écrivains, obligés par posi¬ 
tion à une certaine décence, peuvent essayer de voiler ce but in¬ 
avouable, mais il n’en est pas moins l'objectif de leurs efforts. 

Et ils savent bien ce qu'ils font, en effet. C'est l'enfant qui met 
l'homme debout, bon ou mauvais, qui donne le branle à toute sa vie, 
et ce n'est que par exception que peut sortir un homme de foi d'une 
jeunesse incroyante et impie. Les sectaires veulent d'abord soustraire 
l’enfant à la famille par l'instruction obligatoire, afin de le soustraire 
par là même au souffle du christianisme, qui subsiste encore dans cette 
antique et vénérable institution, créée par Dieu lui-même. Ils s’en 
empareront donc par la force toute-puissante de la loi, et ils comptent 
achever leur œuvre en le plongeant jusqu'à 1 âge adulte dans l’école 
sans Dieu. Il en sortira marqué de leur empreinte, n'en doutez pas; 
l'expérience le prouve. L'enfant n'apporte pas la vérité en naissant; 
il en a la capacité , il n'en a pas la notion; si vous ne la lui donnez 
pas, il Tignorera donc. Mais ce n'est pas tout : la vie humaine est 
fondée sur des habitudes; si l'enfant n’a pas V habitude de la vérité, il 
prendra celle de l'erreur, car il faut bien qu’il pense quelque chose et 
que quelque chose vienne alimenter son esprit; il pensera donc mal; 
pensant mal, il agira mal aussi, il aura des habitudes de mauvaise 
conduite dont héritera sa vie entière. Par la double influence des idées 
et de l’habitude, voilà donc un être humain conquis à l’incrédulité et 
à la haine, ou tout au moins à l'indifférence de la vérité et du bien ; 
voilà une unité de plus ajoutée à l’armée des niais et des pervers dont 
les sectaires ont besoin pour accomplir leur œuvre de démolition. 

Si encore ces prétendus réformateurs, après avoir détruit, pouvaient 
mettre au jour au moins une idée présentable un véritable principe pé¬ 
dagogique auquel on pût donner une application utile ! Mais ils sont 
condamnés à l'impuissance, parce que rien n'est applicable ni fécond 
que le vrai. 

Veut-on savoir comment notre auteur entend réaliser l'éducation 
intellectuelle et morale des enfants î Ce sera à l'aide de Robinson Crusoé 
et des Contes de Perrault , ni plus ni moins. Voilà le fond d'enseigne- 
gnement destiné à remplacer tout le christianisme et toute la littérature 
chrétienne. Ces deux livres seront le texte principal des explications 
du maître; c'est à l’aide des idées et des exemples qu'ils renferment 
que l'école développera l’intelligence et la moralité de l'enfant. Cela 
d'ailleurs, ineptie à part, mène bien au but que l'on poursuit : on 


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— 366 — 


veut faire le vide dans l’âme de l’enfant ; on veut en chasser les idées 
chrétiennes, afin qu’il échappe à leur influence. On amuse son intelli¬ 
gence par un jouet : le moyen n’est, en effet, pas mal choisi. 

Ce qui épouvante surtout les ennemis de la religion, ce qui leur donne 
des craintes sur le résultat final de leurs efforts, voulez-vous savoir ce 
que c’est? C’est la crainte de la grâce divine; ils la nient, ils la mépri¬ 
sent tout haut, mais ils y croient ; voilà pourquoi ils cherchent à la 
bannir de l’éducation, car elle est l’antidote tout-puissant du poison 
qu’ils veulent inoculer : sûrs que, par l’école laïque r l’enfant échappera à 
la connaissance et à l’influence de la vérité, ils ne se promettent pas 
moins de le soustraire par ce moyen à la grâce de Dieu. Ils auront en 
quelque sorte enchaîné sa bonté, ils se seront vengés de lui. Cela est 
monstrueux, cela est satanique, mais c’est vrai. 11 n’y a pas d’incrédule 
dans la véritable acception du mot : l'idée de Dieu s’impose irrésisti¬ 
blement à toute créature humaine* Les incrédules ne sont que des ré¬ 
voltés ; à l’exemple de leur ancêtre, ils blasphèment Dieu, mais ils ne 
peuvent méconnaître son existence. 

Nous ne prêtons ni à M. Bréal ni à son livre ces effets détestables, 
mais ils y conduiraient logiquement ceux qui en embrasseraient les 
doctrines. 

Au reste, si l’auteur n'affiche pas ouvertementces doctrines extrêmes, 
sa haine contre l’Eglise et la vérité n’en est pas moins très-réelle, et elle 
le conduit, comme elle en a conduit beaucoup d’autres avant lui, à nier 
les vérités et les faits les plus éclatants, parce qu’ils l’offusquent. 
Ainsi, selon M. Bréal, l’Église a toujours cherché à étouffer l’instruc¬ 
tion, les écoles ont été établies en dehors d’elle et malgré elle ; le pro- 
- testantisme seul, inspiré par Luther, est le véritable créateur des écoles; 
les écoles tendent à se séparer de l’Eglise, parce qu’elles sont nées 
sans elle, etc. A toutcela on a répondu mille fois, preuves en main, que 
les écoles du moyen âge ont conservé les lumières au milieu 
d’une société barbare, que les écoles ont toujours existé à coté des 
églises et des cathédrales, que dans chaque village même une école 
tenue par un clerc, le magister , sous l’inspiration du curé, n'a jamais 
laissé le peuple dans l’ignorance, que ces grandes institutions ont pris, 
au xvii® siècle, sous l’influence du vénérable de la Salle, une forme 
et reçu une impulsion définitives qu elles conservent encore, etc. 
RT. Bréal sait probablement tout cela, mais il désire que son public 
l’ignore, et même croie le contraire, et c’est pourquoi il n'a pas honte 
de faire une aussi grave offense à la vérité. 


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B fout conclure. Le livre de M. Bréal est écrit avec talent et il rerc- 
férme, nous lè répétons, un certain nombre d'observations utilès 
au point de vue dé la réforme dans lè mode d’enseignement ; mais si 
nous le considérons au point de vue des doctrines sur Tédueation 
publique, nous devons le signaler comme un livre pernicieux, dont on 
doit fuir la lecture comme on fuirait une source limpide mais em¬ 
poisonnée, E. Qtnx. 

QUESTIONS SCOLAIRES, à propos du livre de M. Bréal, par M. Baudet. 

4 vol. in-12. 


Ce livre est une apologie et comme une paraphrase du livre de 
M. Bréal. H fait l’éloge des quelques idées vraies qui s’y rencontrent, 
et du plus grand nombre d'erreurs qui s'y pressent. Les deux auteurs 
sont protestants, à la manière de M. le pasteur Coquerel fils, ce 
semble. Ce renseignement suffit. 

Un mot cependant sur une phrase caractéristique qui est de M. Bréal, 
et que le Pylade de cet Oreste universitaire cite avec admiration : 

« Toutes les qualités du cœur ne nous sauveraient pas : une expé^ 
rience vieille comme l’humanité nous apprend que lè succès ici^bas 
n’appartient ni aux âmes aimantes ni aux cœurs les plus généreux; 
c'est AUX INTELLIGENCES LES PLUS AI9UISÊES ET LES 


PLUS ACTIVES qu'est dévolu x’empire du monde! U... » 

Non pas! s’il vous plaît, Messieurs. Une « expérience vieille comme 
inhumanité et l’histoire de tous les temps prouvent au contraire que 
le succès réel et définitif appartient à la justice, qui tient dans les 
amples plis de son manteau la grandeur d’âme et la charité. 

Les pharisiens,. qui ont fait mourir le Christ, étaient des esprits 
aiguisés; aiguisées aussi étaient les intelligences des philosophes et 
des sophistes qui ont continué à travers les âges la périlleuse entrer 
prise des pharisiens ; ils ont souvent eu le dessus, il est vrai ; ils 
ont pu pousser à bout leurs haines sataniques et goûter l'âpre joie du 
triomphe. Mais après? Après avoir servi d’instrument à la justice 
divine, ils ont disparu, eux et leurs œuvres, devant le courroux formi¬ 
dable du grand Dieu qui « précipite dans la mer le cheval et le 
cavalier et qui les y engloutit comme une pierre. » Esprit aiguisés* 
verges vous êtes, verges, vous serez jetées au feu! E. Q. 


\ 


L’ARMORIAL OU BIBLIOPHILE, 

Les livres ont leur histoire, et il n’est indifférent à aucun lecteur dè 
savoir qui, avant lui, a travaillé, ri, pleuré, pensé sur les pages qu'il 


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— 368 — 

feuillette. M. Bachelie, Deffonne, réminent libraire, répond donc i 
un vœu des bibliophiles en leur offrant un recueil des marques em¬ 
preintes sur la reliure; certificats d’origine qui donnent tant de prix 
aux livres sortis de collections renommées. 

**Le soin [avec lequel ont été reproduits ces fers, fait une œuvre d’art 
de VArmorial du bibliophile, titre assez impropre d’ailleurs, car 
l’amateur y trouvera non un recueil de blasons, mais les signatures et 
marques héraldiques ou non des collectionneurs d’autrefois, depuis 
le semis d'abeilles du roi Louis XII jusqu’aux monogrammes deM. le 
duc d’Aumale et de M. Léménic. 

Les notices dont M. Joannes Guigard a accompagné chaque fer sont, 
dans les trois premiers cahiers, sinon toujours intéressantes, au moins 
convenables et conformes à l’objet de l’ouvrage. Pourquoi, dans le 
quatrième, a-t-il changé de ton et de chanson! 

« Quoiqu’il n’eût aucun de ses ancêtres, que nous sachions, ayant 
participé à ces carnavals armés qu’on appelle croisades, Charles 
Nodier n’en timbrait pas moins ses livres d’un sceau d’une charmante 
simplicité qui montre l’homme tout entier : ni or, ni gueules, rien 
d’héraldique. Ex musœo Caroli Nodier; c’est tout. * 

« François de Toumon, selon les biographes, passe pour une des 
gloires de la France. Nous ne nous y opposons pas. En somme, voici 
son bilan. 

« Fonde l’imprimerie royale; — crée la chambre ardente; — établit 
un collège à Toumon; — introduit chez nous Vengeance de Loyola. » 

Et à propos des livres de Mme de Pompadour: « Ainsi parlait 
la belle courtisane au petit-fils de S. Louis. — Au fait était-il bien le 
fils de ce pieux monarque , celui qui entretenait pour son usage 
particulier 

Maints troupeaux de jouvencelles 
Toutes jeunes, toutes belles. 

« Il faudrait voir. Une messaline peut seule vicier toute une dynas¬ 
tie. » 

Ces appréciations historiques, qui traînent depuis Dulaure dans les 
bas-fonds de la littérature à bon marché, ne sont pas dignes du public 
auquel elles s’adressent. M. Guigard sacrifie au goût du jour, 
comme il eût, il y a cent ans, brûlé de l’encens aux pieds de la 
Pompadour. Il aura beau faire; il ne fera pas un goût démocratique 
et radical du noble goût des livres, si bien nommé par un illustre 
bibliophile, le marquis de Paudray, la passsion des honnêtes gens. 


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DEUXIÈME PARTIE 


REVUE 

DES 

REVUES BIBLIOGRAPHIQUES ET LITTÉRAIRES 


LE LIVRE DES FAMILLES, ou précis d'enseignements moraux sur les 
maximes de l'honnête homme, par M. Le Sage, avocat et ancien maire de 
la ville de Dinan. 4* édition. 1 vol. i-n8 de 304 p. — Prix : 2 fr. 

Il existe un petit poëme fort connu attribué à Fénelon, bien que 
nous n’ayons pu le trouver dans la collection de ses œuvres, et qui 
commence ainsi : 

Craignez an Dieu vengeur et tout ce qui le blesse, 

C'est là le premier pas qui mèue à 1a sagesse. 

Trente-cinq préceptes semblables, chacun composé de deux vers 
élégants et corrects, résument tous les devoirs de la vie religieuse, 
politique, sociale et de famille, sous le titre général de Maximes de 
rhonnête homme . Le P. Blanchard, professeur de rhétorique à Meti;* 
mort en 1797, en avait fait le sujet d’un ouvrage extrêmement intéres¬ 
sant, que plusieurs fois il remania et comme titre et comme fond, et qui 
enfin est resté sous le nom à 1 École des Mœurs; trois ou six volumes, sui¬ 
vant l’édition. Rarement on a écrit un livre plus attrayant, plus com¬ 
plet, plus utile; l’anecdote s’y joint au précepte, la finesse des re¬ 
marques au bon sens solide que le présent ne paraît guère avoir hérité 
de nos pères, et tout cela dans un style familier, mais vivant et char¬ 
mant. VÉcole des Mœurs a presque disparu sous l’avalanche de traités 
à peu près semblables, édités depuis trente ans, et qui sont loin de la 
valoir. 

Ç*a donc été une excellente pensée de tirer de l’oubli un tel ouvrage 
et de l’offrir non-seulement à la jeunesse, mais aux pères et aux mères 
aux maîtres et aux maîtresses, à toute personne en état de lire et de 
porter intérêt à la direction de sa propre conduite. Le succès a répondu 
pleinement aux espérances de M. Le Sage, puisque nous voici en pré¬ 
sence d’une quatrième édition. — Au reste, ce n’est pas l’ouvrage pri- 


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— 370 — 


mitif, tel quel, qu'on a reproduit ; outre qu'il est notablement abrégé, 
on l’a complètement remanié, afin de le mettre mieux en rapport avec 
les besoins de la société et des mœurs actuelles. On a jugé également 
utile d’emprunter aux auteurs catholiques les plus célèbres de notre âge 
quelques-uns de leurs plus beaux passages, à mesure que la matière 
y amenait; c’est, toutefois, la jeunesse principalement que l’écrivain a 
en vue; il estime, à bon droit, qu a elle surtout il est urgent de penser 
si nous avons souci de la régénération du monde, si nécessaire, hélas! 

« Le Livre des Familles mérite son nom, écrit Mgr l'évêque de Saint- 
Brieuc (4 octobre 1867). On peut le mettre avec confiance entre les 
mains des parents et des enfants : chacun y trouvera d’excellents avis, 
de saines et utiles pensées, de nobles sentiments. Pour moi, en le 
lisant, j'ai senti à chaque page l’accent d'un cœur pénétré d’un vif 
amour du bien, p. 7. « Cet éloge est tout à fait mérité, et rend, mieux 
que nous ne l’eussions pu faire nous-même, notre appréciation per¬ 
sonnelle. La dernière partie de l’œuvre du P. Blanchard, où se con¬ 
dense dans un tableau final l’esprit de tout l'ouvrage, a été reproduite 
intégralement, et M. Le Sage y joint des notices sur les divers auteurs 
cités par son prédécesseur ou par lui. loi, il nous semble par trop inco¬ 
lore; certains noms, ceux, par exemple, de Duclos-Pineau (et non 
Pinot, p. 295J* de Casimir-Delavigne, de MM. Thiers, Dupin, Lamar¬ 
tine, exigeaient, selon nous, quelques mots destinés à prémunir le lec- 
teu^çontre leur esprit et beaucoup de leurs écrits. Les citations ne 
sont justifiées par aucune indication de nature à faciliter la recherche 
du texte dont on peut désirer d’avoir la suite; quelquefois même, 
comme à la page 32, elles suivent sans guillemets et se confondent 
avec le travail propre de l’auteur. Nous osons à peine signaler quelques 
autres négligences très-légères; ainsi, Maupertuis a perdu depuis long, 
temps le Monsieur , et quand on nous dit qu’il accompagnait le roi de 
Prusse à la guerre, ne devrait-on pas apprendre au lecteur peu instruit 
qui était ce roi, à quelle époque et à qui il faisait la guerre ? Une demi- 
ligne y suffirait (p. 73), et c’est une occasion d’agrandir sans fatigue le 
petit trésor des connaissances de l’enfant. 

( D'après la Bibliographie’catholique.) 

UE COBPS HUMAIN, par M. A. Le Pileur, docteur en médecine. 1 vol. 
in-12, de 342 p,, avec 45 vignettes. — Prix : 3 fr. 00. 

Après avoir rappelé l'idée que les anciens se faisaient du corps hu- 
mqîn, M. Le Pileur donne, dans son introduction, des notions sommaires 



— 371 — 


d'anatomie générale, et les renseignements préliminaires qui mettent 
le lecteur à mêine de comprendre ce qui doit suivre. 

11 parle ensuite de la forme du corps, de sa beauté. 11 étudie sa struc¬ 
ture, consacre un chapitre à la colonne vertébrale, au thorax, au 
membre supérieur et au membre inférieur, un autre au mouvement, un 
autre à la tête. Viennent alors trois études sur la digestion, la respi¬ 
ration, la circulation ; une sur le système nerveux ; une sur chacun 
des cinq sens ; une sur la parole, et une enfin sur la physionomie. 

Au point de vue scientifique, cet ouvrage ne fournit que des données 
sûres. On a évité d'y aborder les parties de la physiologie qu'il vaut 
mieux ne pas mettre sous les yeux des jeunes lecteurs. L'auteur met 
en relief tout ce qu'a d'admirable, d'ingénieux, de merveilleusement 
combiné la structure du corps humain ; mais il est à regretter qu’il ne 
fasse pas remonter l'admiration, la gratitude jusqu'à Dieu. Il s'arrête 
à ce mot derrière lequel il n'y a rien : la nature . 

RECUEIL GÉNÉRAL ET ALPHABÉTIQUE DES LOIS ET DÉCI¬ 
SIONS SUR LA CHASSE, par L. Bruno* 1 vol. in-i* de 74 p. — Prix : 

i fr. 50. 

Ce recueil fait connaître les circonstances dans lesquelles le chasseur 
est ou n'est pas en délit, et lui apprend, en conséquence, ce qu'il doit 
éviter pour sa sécurité. 

En*outre on y trouvera un travail dû aux soins des professeurs du 
Muséum d’histoire naturelle, à savoir, la classification par région des 
oiseaux sédentaires et des oiseaux de passage, et la désignation des es¬ 
pèces qui peuvent être considérées comme nuisibles. Le tout est suivi 
d'un tableau des époques et amorces pour chaque espèce de poisson. 

GUERRE DE 1*70-71 ; CAUSES ET REMÈDES DE NOS DÉSASTRES, 

par M. Batiffol. 1 vol. in-12, de 352 p. — Prix : 2 fr. 

L’auteur s’élève dans un esprit éminemment conservateur contre le 
culte du succès quand même, c'est-à-dire du succès qui ne s'appuie pas 
sur la justice et la légalité. Ainsi il représente la guerre d'Italie comme 
le point de départ de la décadence de l'empire. Il flétrit aussi la politique 
astucieuse du roi d'Italie, quoique favorisée jusqu’ici par les événements. 
Il apprécie enfin l'insurrection et la révolution du 4 septembre comme 
actes illégaux et criminels. Une réflexion est la conclusion endtre his¬ 
toire depuis quatre-vingts ans : « Grâce à toutes nos révolutions, nous 





— 372 — 


avons amoindri notre territoire depuis trois quarts de siècle, tandis 
qu'autour de nous presque tous les peuples qui nous avoisinent ont 
agrandi le leur. » 

ÇPour ces trois ouvrages , d'après le Bulletin des publications populaires.) 

LE R. P. EUDES, ses vertus, par le R. P. Héramboubg. T vol. —Prix : 

Au nombre des grandes figures chrétiennes qui ont honoré le xvn e 
siècle, il en est une qui, pour être moins connue, n’en est pas moins 
belle : c’est la noble et douce figure du P. Eudes, fondateur de la con¬ 
grégation de Jésus et de Marie. La vie de cet homme de Dieu, ses ver¬ 
tus, ses missions, ses travaux de tous genres sont relatés avec soin 
dans l'ouvrage du P. de Hérambourg. Le style est d'une remarquable 
simplicité; mais des actions qui brillent par elles-mêmes de l'éclat de 
la sainteté n'ont pas besoin des ornements de l’éloquence. 

AUX SOUVERAINS DE L’EUROPE. L’unité italienne est-elle possible, 
par M. Moens. I vol. — Prix : 3 fr. 

Cet ouvrage aura certainement un grand et légitime succès : le nom 
seul de l’auteur en est une garantie. On se rappelle les poursuites ju¬ 
diciaires dont l’ambassadeur d’Italie menaça, il y a trois mois à peine, 
le jeune publiciste belge pour sa courageuse défense de la Papauté. 
M. Moens n'a pas reculé devant les menaces; son livre le prouve. Il 
porte haut et ferme le drapeau de la foi, du devoir et de l'honneur. Il 
flétrit énergiquement le spoliateur; il preuve que, si le monde court à sa 
perte, c'est par l'unité italienne, unité fondée sur le parjure. 

Le roi d'Italie est réduit, pour soutenir son trône chancelant, à tendre 
la main aux sociétés secrètes, à les implorer, à vivre de leur vie. Il a 
ouvert au socialisme les portes de l’Europe. Le flot démagogique monte, 
et nul, en c^ monde, ne peut le retenir. Un homme peut s'y opposer 
encore, un homme peut nous ramener le calme et la paix. Mais il est 
captif, il est prisonnier du roi parjure. Pie IX sauvera la société sur le 
bord de l’abîme; mais, pour entreprendre cette grande œuvre et cette 
noble tâche, il faut qu’il soit libre et indépendant. L’Italie cependant 
avance à grands pas dans la voie du déshonneur et du crime : le drapeau 
de l’Église ne saurait mêler ses plis glorieux à l’étendard maçonnique 
devant ]pquel Victor-Emmanuel est forcé de s’incliner. 

A chaque ligne de ce remarquable écrit, se dégagent ce tact exquis, 
cette élévation de sentiments auxquels on atteint rarement. D’un style 


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— 373 — 


élégant et facile, le sujet, quelque aride qu’il soit, prend une grâce par¬ 
ticulière qu’on ne rencontre guère dans les ouvrages de ce genre. 

La discussion en est claire et la logique impitoyable. L’auteur prend 
les ennemis de la religion et de la papauté corps à corps. Il montre 
l'abîme qu’ils préparent et où s’engloutiront irrévocablement trônes et 
dynasties. 

Sous le rapport de l’exécution, ce volume est un chef-d’œuvre typo¬ 
graphique. ( D'après la France nouvelle.) 

DU TABAC, son histoire, ses propriétés, son usage nuisible à la santé, à la 

morale et aux grands intérêts sociaux, par A. Gaffard, d’Aurillac. 1 vol. 

in-18 de 184 p. — Prix : 1 fr. 50. . 

L’association française contre l’abus du tabac et des boissons alcoo¬ 
liques avait ouvert un concours pour le meilleur ouvrage sur cette ma¬ 
tière. Dans sa séance du 6 juin 1872, elle a décerné le premier prix à 
M. Auguste Gaffard, d'Aurillac. 

Ce petit livre, écrit avec conscience, également recommandable au 
point de vue de la science et de la morale nous paraît digne en effet de 
la distinction particulière dont il a été l’objet. Nous n’hésitons pas à 
recommander cette étude sur le tabac comme la plus complète et la 
plus utile qui ait paru jusqu’à présent. C’est une bonne œuvre que de 
travailler à la faire connaître. 

HONNEUR ET PATRIE, par G. Fallet. 1 vol. in-8 de 190 p., avec une 
gravure. — Prix : 1 fr. 

Sous ce titre, ou plutôt sous cette devise, M. Fallet a groupé de 
courts récits empruntés à l’histoire de France. 

On a suivi l’ordre chronologique. Aux combats soutenus par Charles 
Martel contre les Sarrasins, et par les comtes de Paris contre les Nor¬ 
mands, succèdent des épisodes de la guerre de cent ans, des expédi¬ 
tions d’Italie, de la lutte contre la maison d’Autriche, des dissensions 
religieuses de la fin du xvi° siècle. Pour le règne de Louis XIV, des 
notices spéciales sont consacrées à Vauban, Catinat, Villars et Féne¬ 
lon ; pour le xviii* siècle, à la défense héroïque du Canada par Mont* 
calm, ainsi qu’aux campagnes victorieuses du bailli de Sufiren dans 
les mers du Nord. Cette publication est faite dans un esprit religieux 
et patriotique et les jeunes gens pourront y puiser de salutaires inspi¬ 
rations. (D'après le Bulletin des publications populaires .) 


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LE SERMON SUR LA MONTAGNE, avec des réflations dogmatises et 
morales, par Mgr Ginoulhiac, archevêque de Lyon. 1 beau voL in-18 
Jésus, vélin. — Prix : 3 fr. 

Le nom du savant archevêque de Lyon est la meilleure iiecommanda- 
tion pour ce livre auprès du public auquel il s’adresse. L’ouvrage se 
divise en trois parties, dans lesquelles le respectable auteur étadie 
successivement les préceptes de la loi chrétienne, son esprit, la manière 
de l’accomplir, et enfin son autorité et sa nécessité absolue. C’est un 
commentaire lumineux et précis des paroles du divin Maître ; c’est un 
résumé substantiel de la morale évangélique, dans ses grands traits, 
dans ses principes les plus purs et les plus élevés. Qu’on lise surtout 
les chapitres qui torchent aux points les plus délicats, aux préceptes 
de la charité, de l’amour des ennemis, et Ton verra avec quelle sagesse, 
avec quelle sûreté de coup d’œil, l’illustre théologien sait déterminer les 
obligations du chrétien, et discerner la limite qui sépare le devoir du 
simple conseil. 

Que d’illusions ne se fait-on pas à cet égard! Que de subtilités! que 
de vains prétextes pour échapper à l’austérité de la loi chrétienne ! On 
se sent devenir meilleur à la lecture de ces pages fortifiantes ; on suit 
pas à pas, pour ainsi dire, le développement de la conscience et le pro¬ 
grès de Taine, sous l’inspiration toute-puissante de la grâce. 

Et puis ce livre ne vient-il pas à son heure ? Ne nous berçons pas 
d’illusions : la conscience vraiment chrétienne, la conscience qui de¬ 
mande un changement absolu ne se contente pas de moins ; celle qui 
progresse au lieu de décroître, et dont les exigences augmentent au lieu 
de diminuer ; celle iqm demande -d une manière positive, et non pour la 
forme seulement, l'exécution du devoir ; celle qui ne fait grâce à aucune 
injustice, à aucun mensonge, à aucune lâcheté; oeUe- <jui inspire des 
résolutions viriles et qui dicte parfois de douloureux sacrifices'; cette 
conscience-là, on la rencontre rarement de nos jours» Il importé donc 
de relever la conscienoe; mais elle ne se redressera qu’à la condition de 
redevenir fortement chrétienne. Le beau livresque nous an&onço&econ¬ 
tribuera puissamment à cette grande œuvra., 

{D'après îa Semaine catholique de Lyon.) 


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— 376 — 


NOUVELLES ANDALOUSES, scènes de mteurs contemporaines, pàr 

Feman Caballero, traduites de l’espagnol, avec l’autorisation de l'auteur, 

par M. Germond de Lavigne. 1 vol. in-12 de xvi-370 p. 1869. —Prix : 1 fr. 

Il n’y aurait qu’à applaudir à cette Bibliothèque des romans étran¬ 
gers, publiée dans d’extraordinaires conditions de bon marché et qui 
est déjà fort riche, si tous ses volumes ressemblaient à celui-ci. Mal¬ 
heureusement on y prend de toutes mains comme de toutes nations, 
et toutes les mains qui offrent ne sont pas également propres et pures. 
Ici quelle fraîcheur, quelle honnêteté, quel parfum de bon goût, 
quels tableaux aimables et charmants I Rien qui offense la conscience 
et la morale ; rien qui ne soit plein de respect pour la religion et qui 
n’apprenne à détester ce qui est mal, ce qui pervertit, ce qui abaisse, 
le • tout sans prédication, simplement par le jeu des personnages et 
dans l’entraînement du dialogue. St quelle finesse aussi ! quel crayon 
délicat 1 comme on arrive sûrement aux sentiments intimes des 
acteurel 

Tontes les règles de l’art n’y sont pas observées sans doute 5 lés 
épisodes he s’enchaînent pas toujours avec habileté ; les récits se ter¬ 
minent trop brusquement, souvent à l’endroit même où le coeur refuse¬ 
rait de s’en détacher et s’attend à jouir encore ; mais ces défauts (tout 
compensés par des qualités trop rares pour qu’on s’y arrête. Feman 
Caballero est un maître dans l'école dés gracieux conteurs; la réputa¬ 
tion qu’il s’eit acquise- en Espagne et en France le montre assez ; 
il est peu de nonm plus populaire» dans la saine littérature du joAr. 

Le seôrèt de pseudonyme n’en est plus un, et puisque les indiscré¬ 
tions du Dictionnaire des Contemporains ont ouvert'la porte de cette 
paisible retraite de l’Akttzar de Sévillè, Où l’auteur cultive avec tant 
de succès la littérature de son pays d’adoption, Maté Bohl de Alton, 
fille du cornai de Hambourg à Cadix; ne peut trouver mauvais qùe 
nous la saluions sous son vrai nom, en glissant nos humbles félicita¬ 
tions parmi miles qui lui arrivent chaque jour, et de .tous les points du 
monde ou se sont répandus ses livres délicieux. Ce sont des scènes 
d’amour que Mme Bohl aime à reproduire, —■ du moins y en 4-bàl 
partout, — mais d’amour honnête, au but avouable. Parfois même On 
s’étonnera qu’une femme y prenne si parfaitement le rôle de l'homme» 
et décrive seahéroïnes avec une touche achnirative qui semblerait devoir 
être étrangère à son sexe. L’indication seule, que nous faisons en 
ce moment avertit assez que les Nouvelles Andalousie, sans présenter 


— 370 — 


de mauvais en elles-mêmes, ne sauraient être lues indifféremment 
par tous, encore moins par toutes. Il y faut quelque âge et point 
d'imagination facile à prendre feu. Les personnes trop jeunes ne se 
défendraient guère d'une émotion qui a ses périls. 

Quant à la pensée, nous l’avons dit, elle est franchement chré¬ 
tienne ; les héros ont Dieu présent, et leurs discours savent l’honorer. 
Les proverbes, qui abondent, ainsi qu'il convient dans la patrie de 
Sancho Pança, n’ont pour objet que le culte de la vertu et les leçons 
d'une sage et morale expérience. « Je t’ai donné la croyance chrétienne 
qu3 j’avais reçue de mon père, et cela suffit pour faire d’un homme 
un homme de bien. C’est là le premier but en ce monde, et ceux qui 
ont la croyance chrétienne peuvent aller la figure découverte, et non 
le chapeau rabattu sur les yeux. Ne crois pas, mon enfant, ce que 
te diront plus de quatre imbéciles qui ont appris leurs doctrines dans 
le français et dans l'anglais, que les faits de Dieu ont vieilli. Ils 
ne vieilliront jamais, attendu que Dieu naît à chaque heure ; il ne 
mange ni ne boit, mais il juge ce qu’il voit. Le mensonge ne gagne 
rien à être jeune, et la vérité ne perd pas pour être vieille (p. 345). « 
C’èst un simple paysan qui tient ce noble langage à son fils adoptif 
prêt à se lancer dans les grandes villes. Et cet autre encourageant le 
repentir : « Ne parlons plus du passé : lorsque le lièvre est parti, les 
pièges sont inutiles. Je ne suis pas de ceux qui mettent en morceaux 
l’arbre tombé, ou qui doublent la charge de la mule qui s’agenouille. Le 
repentir est un baptême, il rouvre la porte du bercail (page 148). » 
Ailleurs, contre les horreurs de la guerre : « Quand donc Dieu per¬ 
mettra-t-il à la civilisation de se jeter dans les bras du christianisme, 
son père, et de s’entendre avec lui pour que les hommes n aient plus à 
prendre les armes que volontairement, dans le seul but d’entourer 
le trône pour lui faire honneur, et la justice pour la faire forte (p. 30) î » 
Ailleurs encore (p. 88) : ** Un homme bienfaisant ne comprendra pas 
qu’on se plaigne de l'ingratitude, qu’il a trouvée plus rare qu’on ne la 
fait, et qui importe si peu. « Ici (page 120), c’est un hommage à laPro- 
vidence, renouvelant chaque jour le miracle de la multiplication des pains 
en faveur des familles pauvres et laborieuses. Là (page 127) on voit 
fidèlement noté ce sentiment amer surgissant, chez l'homme de petite 
vertu, chaque fois que, dans ses relations avec un autre, il a avec 
la supériorité matérielle l'infériorité morale : « De ce sentiment naît 
une hostilité qui nécessairement dégénère en despotisme. »—L'auteur 
aime à revenir aux belles cérémonies de l'Église, aux touchantes ma 


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— 377 — 


nifestations de la foi dans les campagnes andalouses, car c'est le 
village qu'elle visite de préférence, et son talent s'y délecte. Nous ne 
connaissons pas de plus poétique peinture d'une soirée de printemps 
que celle de la page 168. — Quant à la gaieté, elle fait irruption 
par moments : l'histoire du paysan enrichi, Don Judas Tadeo Barbo, est 
un modèle de bouffonnerie et de situation grotesque, où le bon goût, 
du reste, n'a jamais d'épreuves à subir. La scène en diligence 
(p. 190 et suiv.) n'est pas moins réussie. Pour ceux qui ont fré¬ 
quenté les vieilles diligences d’Espagne, attelées quelquefois de vingt- 
deux mules, quelquefois de huit ou dix bœufs, la vérité devient 
saisissante. En toute occasion, et nous l’en félicitons, Mme Bohl 
flétrit, comme il le mérite, ce type hideux du parvenu ladre, libérâtre et 
impie, qui de France a traversé les Pyrénées pour s’installer jusque 
dans les montagnes de ce pays dont M. d'Arlincourt a judicieusement 
écrit : « A une époque où toutes les empreintes s'effacent sous le double 
marteau de la civilisation et de l’incrédulité, il est touchant et beau de 
voir une nation conserver un caractère stable et des opinions immua¬ 
bles. » Quant à la traduction de M. de Lavigne, si elle est exacte, nous 
l’aurions voulue plus élégante en maint endroit. Le volume est, toute¬ 
fois, d'une lecture courante et agréable, et précédé d’une excellente 
introduction du traducteur. 

SCIENCE ET FOI, par le docteur Damoiseau, d'Alençon. 1 vol. in-8. de 

380 p. — Prix : 6 fr. 

Introduire pratiquement l’idée de Dieu dans la science, telle est la 
préoccupation constante de l'auteur de ce livre. Science et Foi , deux 
sœurs en effet essentiellement inséparables : ce qui a fait dire à un 
savant prêtre de l’Oratoire, que pour arriver à la science il faut la foi. 
Certes il a fallu du courage au P. Gratry pour jeter à la face du savoir 
contemporain une vérité si étrange; mais il en faut encore plus, ce me 
semble, au docteur Damoiseau pour entrer dans la même lice. 

Un savant qui montre une telle puissance de principes est certes 
bien autorisé à aborder certaines questions interdites à des médecins 
athées ou matérialistes, telles que la question capitale du bien et du 
mal, et celles qui traitent de Vesprit, de la vie et de la mort . Celui-là 
est bien propre à nous tracer le vrai idéal du médecin, à faire justice 
du matérialisme contemporain, à stigmatiser l'enseignement médical 
dans ses conditions actuelles, enfin à relever la dignité professionnelle 
du médecin en France. 


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— 378 


Au surplus, le nom de l’auteur n'est pas nouveau dans le monde 
savant : il est attaché à plusieurs découvertes qui ne sont pas sans 
importance. Son lit chirurgical , sa loi des courbes qui circonscrit les 
épanchements pleurétiques, sa terabdelle, le plus puissant des aspira¬ 
teurs qui, depuis vingt ans, sauve dans le département de l’Orne, 
chaque année, un certain nombre de personnes frappées d’apoplexie, 
et qui aurait conservé tant d’hommes précieux à la science dans notre 
capitale, n’était la jalousie, cette vieille sotte de tous les ans, qui ne 
pardonne pas à celui qui l’offusque. 

Urit enim fulgore suo qui prægravat artes 
Infra sepositas. (Hor.) 

A ces travaux utiles ajoutons le dernier service rendu à la science par 
l'auteur de ce livre essentiellement rénovateur. 

La science médicale a infiniment plus de rapports qu'on ne pense 
avec le divin. D’où cet axiome : le vrai médecin ne doit considérer le 
corps de l’homme que dans la lumière de l’Homme-Dieu, qui seul le 
rend intelligible. Nous devons à la * foi scientifique * la meilleure part 
de nos progrès. Ce qu’il faut, c’est que ceux qui ont des convictions se 
lèvent pour les affirmer. ( D'après le journal intitulé V Union médicale .) 


LE MUSÉE DES ARCHIVES NATIONALES, documents originaux 
inédits de l’hisloire de France, avec 4200 fac-similé d’autographes, i vol. 
in-4° de 800 pages. — Prix : 40 fr. 

Dans les jours mauvais que nous traversons, c’est une consolation 
de pouvoir relire avec orgueil les noms de nos rois, de nos hommes de 
guerre ou d’État, qui avaient fait de la France la première nation du 
monde ! Eh bien ! entre tous les dépôts où nous aimons à nous res¬ 
souvenir du passé, il faut placer en premier ligne les archives nationales. 

On a, depuis environ cinq années, extrait des riches oollections de 
toutes sortes conservées à l’hôtel Soubise les pièces les plus importantes 
et les plus rares, pour en former un musée paléographique. C’est une 
vraie galerie d’histoire de France composée à l’aide d'autographes. Il y 
a là des diplômes qui remontent jusqu a Clotaire II et à Dagobert I er , 
et cette série se déroule à travers douze siècles et .amène le visiteur 
jusqu a la Révolution et au premier Empire. C'est un autre musée de 


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— 379 — 


Versailles; mais les tableaux, an lieu d’être l'oeuvre de pinceaux 
modernes, ont été tracés par des contemporains. 

MM. les archivistes des archives nationales ont eu l’heureuse et 
toute patriotique idée de donner au public comme une sorte de photo¬ 
graphie du musée Soubise. Pour accomplir cette œuvre difficile, ils ont 
fait appel à l’habileté et au talent bien connu de M. Henri Plon. L’ou¬ 
vrage est fait et admirablement réussi. Toutes les pièces exposées au 
nouveau musée y sont décrites, analysées par ordre chronologique et 
accompagnées de 1,200 fac-similé des autographes les plus précieux. 

La curieuse publication de M. Plon abonde aussi en signatures de 
personnages célèbres, reproduites avec une scrupuleuse fidélité. 

Ce volume du Musée des Archives nationales a sa place marquée 
dans la bibliothèque du savant, comme aussi dans le cabinet del’a- 
mateur qui aime son pays. (D'après la France nouvelle.) 


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PUBLICATIONS RÉCENTES 


L'énumération que nous faisons ici des ouvrages parus dans le mois n'emporte 
nullement de notre part recommandation de ces ouvrages ; c'est une simple énu¬ 
mération bibliographique pour ceux de nos lecteurs qui veulent se tenir au courant 


de ce qui parait. 

Ans spirituels pour les âmes qui 
aspirent à la perfection; tome III. 1 vol. 
in-18 de 490 pages. Prix : 2 fr.50 

Belport, Reims, Sedan ; le 7« corps de 
Tannée du Rhin ; par le prince Georges 
Bibesco, officier supérieur de l’armée fran¬ 
çaise, attaché du 7* corps. 1 vol. in-8° ac- 
oompagné de six cartes et tableaux. 
Prix : 6 fr. 

Dictionnaire littéraire et histori¬ 
que de la Grèce, de Rome, et du moyen 
âge, enrichi de tableaux synoptiques em¬ 
brassant l’histoire de tous les siècles avant 
et après Jésus-Christ, par T. Mello. 1 beau 
vol. grand in-8°. Prix : 10 fr. 

Doctrines positivistes en France (les), 
par M. l’abbé Guthlin, professeur de phi¬ 
losophie. 1 vol. in-8°. Prix : 6 fr. 

Etats-Unis de l’ Amérique septentrio¬ 
nale (les), leurs origines, leur émancipation 
et leurs progrès, par Ad. Frout de Font- 
pertuis. 1 vol. in-8°. Prix : 8 fr. 

Eve et ses filles, par l’abbé Petitalot, 
1 vol. in-12. Prix : 3 fr. 

Forts par la Foi, par Marie Guerrier 
de Haupt, lauréat de l’Académie française, 
1 vol. in-12 de 380 pages. Prix : 3 fr. 

Histoire de Grégoire VII, par M. Vil- 
lemain. 2 vol. in-8°. Prix : 15 fr. 

Idées subversives de notre temps 
(les), étude sur la société française de 
1830 à 18?i,par Charles Louandre. 1 vol. 
in-12. Prix : 1 fr.25 

Jeunes francs-tireurs (les), par C. A. 
Henty; ouvrage traduit de l’anglais avec 
l’autorisation de l'autour, par Mme L. Rous¬ 
seau. 1 vol. in-8° de 300 pages orné de 
20 vignettes. Prix î 5 fr. 

Journal d’une mère pendant le 
siège de Paris, par Marie Lebran. 1 vol. 
in-12 de 380 pages. Prix : 3 fr. 

Lourdes, pèlerinages et pèlerins, par 
Jean Loyseau. 1 vol. in-18 de 100 pages. 
Prix : 1 f r . 

Méditations chrétiennes, par l’abbé 
Bautain, précédées d’une introduction par 
Mgr Hacquard, évêque de Verdun. 1 vol. 
in-12. Prix î 3 fr.50 

Merveilles de l’art hollandais , 
exposées à Amsterdam en 1872, par 


Henry Havard. 1 vol. in-4° jésus grandes 
marges, avec cinq photographies. 

Prix : 35 fr. 

Notre-Dame du Pont-Main, avec un 
aperçu pes pèlerinages en général et des 
apparitions de la sainte Vierge jusqu'à nos 
jours, par M. l’abbé V. Postel, anoien vi¬ 
caire général. 1 vol. in*12 de 500 pages. 
Prix ï 3 fr.50 

Œuvres de François de Pange 
(1789-1796), recueillies et publiées avec 
une étude sur sa vie et ses œuvres, des 
notes, et une table analytique, par L. Beeq 
de Fouquières. 1 vol. in-12. Prix : 3 fr.50 

Pierre le Peillabot (1789-1795), par 
Aug. de Barthélemy. 1 vol. in-12 de 
352 pages. Prix : 3 fr. 

Révolutionnaires (les) (1789-1795), par 
Jules Courtet, ancien sous-préfet. 1 vol. 
in-8°. Prix î 6 fr. 

Russie libre (la), ouvrage traduit de 

l’anglais par Emile Jonveaux. 1 vol. in-8° 
de 490 pages, orné de 75 gravures sur bois. 
Prix : 10 fr. 

Science et Foi, études par le docteur 
Damoiseau, président de la société locale 
des médecins de l’Orne. 1 vol. in-8° de 
380 pages. Prix : 6 fr. 

Sœur Eugénie, ou la vie et les lettres 
d’une Sœur de charité, trad.de l’anglais par 
M. l’abbé Abel Gaveau, 1 joli vol. petit 
in-8°. Prix : o fr. 

Théâtre chez sot, par Mlle Zénaïde 
Fleuriot. 1 vol. in-12. Prix : 2 fr. 

Tour du Monde (le), nouveau journal 
de voyages publié sous la direction de 

M. Edouard Charton et illustré par nos 
plus célèbres artistes, année 1872 (treizième 
année). 2 vol. in-4° de 432 pages chaoun. 
Prix: 25 fr. 

Vie militaire et religieuse au moyen 
âge et à l’époque de la Renaissance, par 
Paul Lacroix (bibliophile Jacob), conserva¬ 
teur de la Bibliothèque nationale de l’Ar¬ 
senal . 1 vol. in-4° de 575 pages, orné de 
14 chromolithographies exécutées par F. 
Kellerhoven et de 409 gravures sur bois. 
Prix : 25 fr. 

Voyage aux pays bouges, par un con¬ 
servateur rédaoteur du Français . 1 vol. 
in-12. Prix: 3 fr. 


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TABLE ALPHABÉTIQUE DES OUVRAGES 

* 

DONT IL A ÉTÉ RENDU COMPTE DANS LES DOUZE NUMEROS DE L’ANNÉE 1872 


A 


Abbé de Beaumont (P), par le P. de 
l'Ermite. 253 

A ceux qui souffrent. Consolations par 
MgrdeSégur. 187 

Action individuelle dans l'éducation chré¬ 
tienne, par l'abbé Courtade. 48 

Amis des Ouvriers, par l'auteur de la vie 
du bienheureux Pierre Fourrier. 279 
Ancienneté de l'homme (P). 52 

Année (P) d'expiation et de grâce 1870- 
1871, par M. l’abbé Besson. 336 

Année de Marie, par M. Pabbé Beaulieu. 

119 

Année terrible (P), par Victor Hugo. 281 
Antonio Perez : Philippe 11 et le royaume 
d'Aragon, par le marquis de Pidal. 


A quoi sert un chapelet. 140 

Armée de Mac-Mahon (P) et la bataille 
de Beaumont, par Pabbé Defourny. 210 
Articles organiques devant l'histoire, le 
droit et la discipline de l'Eglise, par 
l’abbé Hébrard. 4 8 


Assemblées municipales sous Louis XVI. 

par M. le vicomte de Luçay. 120 

Aujourd'hui et demain, par Pierre Le¬ 
brun. 2T 


Autorité et liberté. Conférences de Mgr 
Landriot. 212 

Autopsie fl) de Phomme-femme, par 
M. l'abbé Moniquet, du clergé de Paris. 


Armorial (P) du bibliophile. 367 

Aux souverains de l'Europe, par Moens. 

372 


B 


Beau (le) dans la nature et dans les arts, 

E ar Pabbé u abolit. 273 

le (la) sans la Bible, par M. Goinet. 

310 

Bienfaiteurs de l'humanité. 155 

Bombonnel le tueur de panthères, par 
lui-même. 60 

Bourdaloue. disposé en sujets de lecture, 
par l'abbé Herbet, 30 

Bourgeois et ouvriers. 82 

Boutades, clergé et politique, par Elie 
Redon. 115 


C 

Caissier (le) Peters ou la Némésis chré¬ 
tienne, par Charles de Travenet. 91 


Calvaire (le), par Pabbé A. Henri. 295 
Cantique des Cantiques, par Mgr de la 
Bouillerie. 333 

Captivité h Ulm (la), par le P. Joseph. 

ISO 

Cardinal de Bérulle (le), par M. Nourris- 
son. 51 

Causes de nos désastres; réflexions d’un 
prisonnier de guerre, par un officier 
supérieur. 287 

Causeries agricoles d'un vieux cultiva¬ 
teur. par F. Laujorrois. 285 

Ce qu*il nous faut; lettres aux paysans, 
par un de leurs frères. 118 

Chapelle Saint-Hyacinthe, souvenirs du 
catéchisme de la Madeleine. 184 
Charles le Téméraire, par Walter Scott. 

51 

Choix d’un état (le), par Desormes. 57 
Chrétien sanctifié par l'Eucharistie (le), 
par t'abbé Henry. 328. 

Cœur Eucharistique (le), ou le Cœur de 
Jésus dans le Saint-Sacrement, par le 
P. Biol. 350 

Cœur de Jésus, par le P. Desjardins. 187 
Cœur de Jésus (le) et nos souffrances. 


Colonies françaises, par de Longeville. 

219 

Comme on servait autrefois,par le P. Soin- 
mervogel. 341 

Comte de Chambord (le) et ses ancêtres. 
„ « 241 

Conférences et lectures, par Augustin 
Cochin. 148 

Confession d’un ouvrier, par E. Sou- 
vestre. 183 

Conjuration antichrétienne contre l'Ame 
des enfants. 156 

Connaissance du Cœur de Noire-Seigneur 
Jésus-Christ percé par la lance. 143 

Conseils aux jeunes gens sur l'étude de 
l’histoire, par Mgr Dupanloup. 296 

Conquête (la) de Constantinople, par 
Geoffroy de Villehardouin. 297 

Corps (le) humain, par M. A. Le Pileur, 
professeur en médecine. 370 

Conquêtes de l’industrie (les), par E. Ro- 
sary. 284 

Cours élémentaire de droit usuel. 155 

Cours de littérature poétique, par un 
professeur de littérature. 37 

Cours de philosophie adopté au pro¬ 
gramme du baccalauréat, par Farges. 


Critiques et réfutations, par Henri de 
Lépinois. 40 

Croisés (les) de Saint-Pierre, par le 
P. Franoj. 


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382 


Culture (la) en billons, d’après la mé¬ 
thode de H. Oecrombecque. 149 
Choix de dévotions en l’honneur de la 
Très-Sainte Vierge, par M. l’abbé 
Henry. 362 

D 

Danger et salut. 300 

Darwinisme et l’origine de l’homme, par 
l’abbé A. Lecomte. 380 

De la condition légale des communautés 
en France, par Cn. Jacquier. 181 
De la souveraineté nationale, Léon Glas. 

288 

De l'éducation chrétienne, par M. l’abbé 
Verniolles. 134 

De 1'fispritrSaint et du miracle. 134 
Désert de glaces, par Jules Vernes. 2ÊH 
Des moyens de développer par l’éduca¬ 
tion la dignité et la fermeté du carac¬ 
tère, par l’abbé Ginon. 285 

Deux ans dans l’Afrique orientale, par B. 

Jouveaux. t *29 

Deux dindons et un Champenois. 213 
Deux mois de prison sous la Commune, 
par P. Perny. M 35 

Deux orphelins, par Hme4e Sainte-Marie. 

Devoirs des chrétiens devant finftdllibi- 
lité. 133 

Dieu et l'esprit humain, par l’abbé Fer¬ 
rée 38 

Dieu d’autrefois (le), par Conrad de Bo- 
* lande ü. 131 

Dieu et l’ouvrier, par de Plasman. 209 
Dieu nouveau (le), par Griser. 913 
Discours et conférences sur l’éducatiou. 

244 

Distributions de prix (livres pour). 204 
Docteur au village (le) ; entretiens sur la 
botanique, par Mme Hippolyte Meunier. 

285 

Droit au crime (le), par le docteur Roux. 

346 

Droit chemin (le), par M. F. Lemarié- 
Dechamptenay. 31 

Duc de Broglie (le), par M. Guixot. 84 
Du devoir dans les épreuves de l’Eglise. 

125 

Du drapeau blanc et de la proclamation 
de Chambord. 137-293 

Du tabac. 373 

Du zèle de la perfection religieuse, par 
le P. Bayma. 252 


Ecole polytechnique (1’), par un ancien 
officier. 217 

Ecole primaire (1*). Revue des intérêts 
chrétiens de l’enseignement. 225 
Eglise patronale de Sainte-Geneviève, 
par M. l’abbé Bonnefoy. 29 

Election de M. Littré h l’Académie, par 
Mgr Dupanloup. 25 

Elévations poétiques et religieuses, par 
Marie Jenna. ' 240 


Eu route pour la grande Chartreuse. 135 
Entretiens théologiques, par le P. Marie- 
Antoine. 55 

Epilogue de l’art Chrétien, par Rio. 130 
Episodes et souvenirs de la guerre de 
Prusse, par Max de Montrond. 312 
Episodes du temps de la Commune. 159 
Eut (1’) sans Dieu, par A. Nicolas. 301 
Etude des fleurs, par M. l’abbé Cariot. 186 
Etude sur Jean Bart, par Lebleu. 152 
Excursion (une) en Espagne, par Reinhold 
Baumstack. 316 

Explication du catéchisme de Cambrai, 
par l’abbé Alphonse Bourgeois. 283 
Exposé raisonné de la doctrine chré¬ 
tienne, par M. i’abbé Laneyrie. 354 

F 

Falsification des substances sacramentelles 
(de la), par le R. P. de Gard. 59 
Fastes et légendes du Saint-Sacrement, 
par J.-M. de Gaulle. 167 

Femme chrétienne (la), par l’abbé Oza- 
nam. 180 

Femmes pieuses de la France (les). 27 
Filleul de Beaumarchais (te), jpar A. de 
Ponlmartin. 313 

France armée (la) : le soldat, sa position, 
son devoir. 15 

France sans Dieu (U), par F. M. 55 
Frères (les) des Écoles chrétiennes, par 
d’Arsac. §17 

France (la) industrielle, par M. Panl 
Poiré. 355 


G 

Guerre de cent ans (la), par M. Thomas 
Bachelet. 280 

Guerre de 1870-71. Causes et remèdes 
de nos désastres, par M. Batiffol. 371 

H 

Harmonies de la nature, par Teulières. 

81 

Hébreux dans lïsthme de Suez (les), par 
le D r James. 205 

Heures de loisir, par M. l’abbé Gounelie. 

29 

Histoire anecdotique et illustrée de le 
guerre de 1870-71 et de la Commune en 
1871, par le vicomte de la Yaussarie. 

342 

Histoire anecdotique de l'armée du Rhin. 

247 

Histoire complète de S. Paul, par l’abbé 
Maistre. . . 77 

Histoire d’Angleterre depuis les origines 
jusqu’à nos jours, parJ.Chantrel. 274^1 
Histoire de l’église Notre-Dame des Vic¬ 
toires, par Lambert. 214 

Histoire de Nicole de Vervins. 332 

Histoire des évêques de Marseille. 153 
Histoire de Sle Catherine de Sienne. 151 


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— 333 — 


Histoire des premiers siècles du christia¬ 
nisme. 28 

Histoire générale de la guerre 1870-71, 
par L. Dussieux. 189 

Histoire nationale des naufrages, par 
Charles d’Héricourt. M 

Histoire populaire de la Prusse, par La¬ 
mothe. 94 

Histoire populaire des garibaldiens. 209 
Histoire populaire des zouaves pontifi¬ 
caux, par Maillard. 208 

Histoire du grand et admirable S. Jean, 
par M. l’abbé Maistre. 101 

Homme ( 1 ), par Ernest Helio. 317 
Homme (n et la béte. 21 

Honneur et patrie. 373 

Hugues de Rathsamhausen, par Maurice 
de Hégem. 283 

I 

Instruction du peuple, par M. Emile de 
Laveleye. 337 

Internationale (V) et la guerre de 1870-71, 
par Desdouits. 54 

Isabelle aux blanches mains, par Ga^ 
bnelle d’Etbampes. 188 

Isabelle de France et la cour de S. Louis, 
par Mme de la Riçhacdays. 90 

Ivan le Terrible, par ToUtoy, 916 


Jean de Namnr, par Mlle Pichard. 150 
Journal de ce qui s’est passé h la tour 
du Temple pendant la captivité de 
Louis XVI, par Cléry. 36 

Journal d’un aumônier militaire. 81 
Joqrnat d’un diplomate en Italie, par 
n. d’Ideville. 306 

Journal du siège de Paris, par Michel 
Cornudet. 190 

Jour du Seigneur, par Ernest Hello. 57 


Légendes historiques de Ste Geneviève, 
parDelalain. 315 

Lendemain de la mort. 24 

Lettre de S. Ignace de Loyola, par le père 
Marcel Bouix. 344 

Lettres sur les prophéties, par M. l’abbé 
Chabaut*. 122 

Libéralisme (le), franc-maçonnerie (la\ 
Eglise catholique (F), par le chanoine 
Labis. 65 

Livre des abeilles (le), par M. I’abbé 
Boissy. 278 

Livre des figures prophétiques, par l’abbé 
Maistre. 292 

Livre des familles, par M. Le Sage. 369 
Louis XIII et le Béarn, par l’abbé Pujol. 

311 


Madame Agnès, par Dubois. 87 

Magnificence de la religion, par M. Tabbé 


Magnificences de la religion. Temps do 
Noël, par M. l’abbé Henry. 357 

Ma^on forestière, par Mlle Bomotte. 151 
Maître Michel le Nobletz, par Perdrigeon. 

57 

Manuel de Gymnastique, par G. Vergnes 

93 

Manuel de l’amateur des jardins, par 
Decaisne. 82 

Manuel de la science pratique du prêtre 
par l’abbé de Rivière. 203 

Manuel du zouave pontifical. 221 

Marie-Antoinette, reine de France, par 
James de Chombrier. 278 

Marie-Caroline d’Autriche, par Pierre 
Ulloa. 147 

Ma sortie de Mazas, par Joseph de Nargal. 

116 

Mémoires de Turenne,par Napoléon. 314 
Mémoires du R. P. de Bengy. 127 
Ménilmontant sous la Commnne. car 
M. l’abbé Tassy. ’ 104 

Mère selon le cœur de Dieu (la), par un 
missionnaire de Notre-Dame de la Sa- 
lette. 348 

Merveilles (les) de Lourdes, par Mgr de 
Séaur. 276 

Mes héritages, par Zénalde Fieuriot. 251 
Miracles de If.'-D. de Lourdes, par Artus. 

206 

Miracle de 6 . Dominique à Soriano, par 
le R. P. Rouard de Gard. 186 

Modèles de charité, ou vie de Mme de 
Méjanes. 58 

Mœurs pittoresques des insectes, par Vic¬ 
tor Rendu. 25 

Mois de Marie, par le R. P. Coste. 158 
Mois de Marie des églises et des cha¬ 
pelles. 99 

Mois du Sacré-Cœur. 142 

Monarchie légitime et monarchie bâtarde. 
* 138 

Monde moderne (le), par Henri de Rian- 
cey. 207 

Mon discours h l’Assemblée nationale, si 
j’étais député, par Georges Romain. 

325 

Mgr Darboy, esquisses familières, par 
A. Pierron. I 84 

Morts héroïques pendant la guerre 1870, 
par C. Daulnoy. 170 

Musée des archives nationales, par H. 
Plon. 378 

N 

Neuilly sous la Commune. 55 

Ni fanatiques ni lâches, par l’abbé Ber¬ 
nard. 87 

Nouveau guide historique de l’étranger h 
Lyon. 24 « 

Nouvelles, par Venet. 249 

Nouvelles andalouses, par M. Germond 
de la Vigne. 375 


Opinion de Bismarck sur la république 
par G. Romain. P. 10 


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— 384 — 


Orateurs sacrés (les) h la cour de 
Louis XIV, par l N abbé Hurel. 327 

Origines de la foi chrétien ne dans les 
Gaules, par l’abbé Corblet. 247 


Pape et le roi d’Italie h Rome, par Nuny. 

Parfum du Pater , par l’abbé Peyson. 238 
Paris et ses organes, ses fonctions, par 
Maxime du Camp. 308 

Paul Seigneret, séminariste de Saint- 
Sulpice, fusillé h Belle ville, par un di¬ 
recteur du séminaire de Saint-Sulpice. 

68 

Pèlerinages illustrés, par J.-M. de Gaulle. 

43 

Pèlerinages illustrés, par J.-M. de Gaulle, 
avec 32 gravures. 272 

Pensées chrétiennes sur les événements, 
par Mgr Landriot. 118 

Petit catéchisme politique, par de Ker- 
naeret. 219 

Philon Binôme, et le jeu de la fortune, 
par G. de la Landelle. 188 

Pitcrain ou les suites d’une révolte, par 
Mme de Gaulle. 116 

Pompéi, les Catacombes, l’Alhambra, par 
Delagrèze. 248 

Pouvoir et liberté, par Jean Lovseau. 

146 

Prairies et plantes, fourrages, par Ed. 
Vianne. 

Prédiction d’un prophète qui n’en est pas 
un. 152 

Prêtres et nobles, par Mgr de Ségur. 49. 
Pr sonniers français h Kalk et au Grem- 
berg, près Cologne, par l’abbô Déblayé. 

117 

Prix de Boston (le), par Graffigny; les 
Frères h l’Académie, par Abel George. 

239 

Protestants revenus h la foi catholique, 
par l’abbé. Henri. 7 y 


Quatre saisons, 


par Paulin 


Teulières. 

^ , 213 

Question des. pnnces d’Orléans, par le 

chevaligtGotfgénot des Mousseaux. 100 
Quelaues mois sufj’jnstruction publique 
en France, par Michel Bréal, professeur 
au collège de France. * 363 

Question (la) ou^père.-par Mgr Mermillod, 

302 

Questions scolaires, par M. Baudry. 367 
R 


Ravageurs (les), récits de l’oncle Paul 
sur les insectes nuisibles h l’agricul¬ 
ture, par Henri Fabre. 121 

Récits évangéliques, par l’abbé A. Cheval- 
lier. 


Recueil général et alphabétique des lois 
sur la chasse, par L. Bruno. * 371 

Régénération du monde, par Joseph de 
Félicité. . 39 

Reine de mai, par M. Ecrevisse. 124 
Reine d^s mers fia), par Mme Barcé. 208 
Reine Marie Leckzinska, par la comtesse 
d’Armaiilé. 28 

Religion en Ubleaux (fe), par le P. La¬ 
coste. 92 

Remède suprême, par de Girardin. 317 
Renaissance, chansons du peuple, par 
Achille du Clésieux. V 9 fie 

Révérend Père Eudes, ses vertus, par le 
R. P. Hérambourg. 372 

Rendez-vous de famille (le), par A. De- 
veille. 191 

Richesses du globe (les), par Faller. 182 
Rome souterraine, par J. Spencer North- 
cote. 2 ij 8 

S 

Sagesse et bonheur, par Cbampaguac. 

210 

Sainte Bible de Carrières, par l’abbé 
Drioux. 332 

Sainte (la) communion. Conférences aux 
dames du monde, p. Mgr Landriot. 360 
S. Cloud, patron des doutiers 92 

S. Joseph, patron de l’Église universelle. 

71 

Science au village, par E. Rosrary. 348 
Science et foi, par le docteur Damoiseau, 
o . 377 

Sectes et les sociétés secrètes, politiques 
et littéraires. 286 

Sixte-Quint, par M. le baron Hubner. 

119 

Sodome, Ninive, Jérusalem, par Mme de 
Godefroy Mesnilglaise. 18 

Solidaires (les), par Jean Grange. 114 
Solution aux questions sociales, par le 
vicomte d’Anlhenaise. 168 

Souvenirs de ma jeunesse au temps de la 
Restauration, par le comte L. de Carné. 

305 

Souvenirs des ambulances, par A.-S. de 
Doncourt. 172 

Souvenirs du fort de l’Est, par l'abbé 
Bonhomme. 83 

Souvenirs d’un otage de la Commune, 
par un Frère des écoles. 175 

360 

Sermon (le) sur la montagne, par Mgr Gl- 
rouilbac. 374 

T 


Théâtres des évènements racontés dans 
les divines Écritures, par le docteur 
Gratz. 85 

Théorie (la) géogéhique, par l'abbé 
Choyer. 312 

Tombeau glorieux de J.-M.-B. Vianney, 
par l’abbé J.-H. Olivier. 46 

Le Gérant , F. WATTEL1ER._ 


PARIS. — IMPRIMERIE JULES LE CLERK Er C ,# , RUE CASSETTB, 29. 


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